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Avant même le début officiel de la campagne référendaire, le camp du non lance sa grande offensive. La stratégie est simple: démolir les thèses économiques du oui et attaquer sans relâche et sans merci la crédibilité de Jacques Parizeau.
Le premier rassemblement du non
« On jurerait que, pour Jacques Parizeau, l’échec de ces offres est planifié et programmé. C’est tout ce qui l’intéresse. L’échec des discussions avec nos voisins, c’est tout ce qu’il pratique. Il est incapable d’avoir la crédibilité de négocier de bonne foi, de façon constructive. » - Daniel Johnson, chef du Parti libéral du Québec (PLQ) et porte-parole du camp du oui (1995)
« On va garder le dollar canadien, l’espace économique canadien, l’ALENA, la citoyenneté, les passeports, etc. Ils font des excès d’enthousiasme. Je comprends leur fierté, ils sont fiers d’être Canadiens, eux aussi! » - Jean Charest, chef du Parti progressiste- conservateur du Canada (PCC) (1995).
Au début de la campagne, en octobre 1995, le oui bat de l’aile. Du côté du non, tout va selon le plan de match. La stratégie agressive des fédéralistes porte ses fruits. Ces derniers sont si certains de la victoire qu’ils se partagent déjà la gloire anticipée. Daniel Johnson, chef du Parti libéral du Québec, mène la campagne. Il n’est pas très charismatique, mais tous respectent sa compétence, surtout en économie.
Le camp du non
Un rassemblement impressionnant de politiciens de Québec et d’Ottawa et de gens d’affaires. Toutefois, malgré cette apparence de force, c’est une coalition fragile. La loi référendaire forçant les fédéralistes de toutes tendances à faire campagne sous la même bannière, plusieurs d’entre eux sont des adversaires en temps normaux. Mais pour l’instant, c’est sans conséquence, puisque le non a le vent dans les voiles.
Quant à Jean Chrétien, un des politiciens les plus combatifs et aguerris du pays, il s’est laissé convaincre par ses conseillers de se faire discret, et s’acquitte de bonne grâce de ce rôle secondaire. Tout baigne dans l’harmonie. Mais Daniel Johnson et Jean Chrétien n’ont aucune idée de la tempête qui va s’abattre sur eux…
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