CHAPITRE 3
Le retour du « héros »

- Résumé

- Introduction

- La confrontation

- Le virage

- La coalition du oui


La coalition du oui

Jacques Parizeau est furieux. Son entourage est ébranlé. Les ponts entre les deux chefs sont rompus. Le conseiller spécial de M. Parizeau, Jean-François Lisée, prépare une note confidentielle qui examine froidement toutes les options pour survivre à cette crise. Pour lui, il est alors clair que Lucien Bouchard est le maître du jeu:

« Une tentative de remariage entre vous et M. Bouchard manquerait de crédibilité […]
Pour débloquer le jeu, il faut créer un mouvement réel, énorme, qui accapare toute l’attention. Alors, dramatisez. Faites-en un autre événement historique. »
- Jean-François Lisée, conseillé spécial de Jacques Parizeau

C’est ce que fait Parizeau. Il amorce son propre virage stratégique en attirant au camp du oui un nouveau joueur: Mario Dumont. Par ce geste, il croit avoir repris la maîtrise du jeu sans donner l’impression d’avoir cédé à Lucien Bouchard.

Chef de l’Action démocratique, Mario Dumont incarne l’ambivalence de nombreux Québécois qui hésitent devant la souveraineté. Comme Lucien Bouchard, il exige une négociation de partenariat avec le Canada. Mais, cette fois, Jacques Parizeau accepte de modifier sa stratégie.

« Dans la mesure où il est clair que beaucoup de gens aimeraient qu’avant de partir, on fasse une dernière proposition au Canada, moi, je suis tout à fait disposé à accepter ça, mais à une condition: si ça ne marche pas, on fait la souveraineté quand même. »
- Jacques Parizeau

Le 12 juin 1995, dans un cadre digne d’un grand traité international, les trois chefs célèbrent la naissance de la coalition souverainiste. Cette coalition tiendra jusqu’au soir du référendum.

La coalition souverainiste est née (Le téléjournal, 12 juin 1995)

L’entente tripartite

Dans l’éventualité d’un oui au référendum, l’Assemblée nationale pourrait proclamer la souveraineté du Québec, mais devrait, au préalable, offrir au Canada de négocier un traité de partenariat économique et politique. Le Québec serait souverain tout en demeurant associé économiquement et politiquement avec le Canada.

Pour les fédéralistes, l’entente du 12 juin n’est qu’une astuce, un mirage. Mais pour la consule générale des États-Unis à Québec, il en est tout autrement: son rapport remis au secrétariat d’État est prophétique. On peut y lire:

« Les Canadiens feraient bien d’attacher leurs ceintures. Le train vers la souveraineté vient de quitter la gare et prend de la vitesse. Nous avons de la chance de n’être que témoins; il est fort probable que ça va brasser. » - Marie Huhtala, consule générale des États-Unis à Québec (1995)


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Le retour du « héros »

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