Les États-Unis
Washington. La capitale de la plus grande puissance de la planète. Les pays s’y bousculent pour se faire entendre. Comme simple province, le Québec n’a droit à aucune représentation diplomatique.
Qu’importe, Jacques Parizeau doit séduire les Américains, car un Québec indépendant ne pourrait pas survivre sans leur bienveillance et leur appui. C’est un défi de taille pour le chef souverainiste, qui se bute contre deux ambassadeurs et contre le poids de l’histoire.
L’ambassadeur canadien et neveu du premier ministre Jean Chrétien, Raymond Chrétien, occupe tout le terrain diplomatique. L’ambassade est située à deux pas du Capitole, ce qui témoigne des liens étroits entre les deux pays. Ses diplomates ont en effet un accès privilégié aux plus hauts niveaux de l’administration américaine.
« Les États-Unis constituent une terre très infertile pour toutes les questions, les idées d’indépendance, de souveraineté […]. La guerre civile américaine n’est pas si ancienne, et les Américains se souviennent de l’horrible résultat […], du conflit le plus sanglant de leur histoire: plus de 500 000 morts lors de la guerre. Alors, toute situation qui ressemble un peu à ce qu’ils ont vécu avant la guerre civile leur fait peur, crée beaucoup d’émotions. » - Raymond Chrétien, ambassadeur du Canada à Washington (1995)
Du côté américain, James Blanchard, l’ambassadeur au Canada et ami personnel du président Bill Clinton, appuie le Canada sans réserve, même si la position officielle des États-Unis demeure qu’il appartient aux Canadiens de décider de leur avenir. Pour Jacques Parizeau, James Blanchard sera un problème constant.
« Ce mantra était utilisé par les souverainistes qui disaient: “les États-Unis s’en fichent” ou “nos relations avec les États-Unis vont s’améliorer si nous quittons le Canada” ou encore, “rien ne changera” […] “Les Américains sont probablement secrètement de notre côté parce que nous les aimons tellement”.» - James Blanchard, ambassadeur des États-Unis à Ottawa (1995)
Jacques Parizeau n’est pas au bout de ses peines. Il doit aussi faire face à un autre adversaire qui ternit la réputation du Québec à l’étranger, et surtout aux États-Unis, les Cris de la baie James.
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