Nouvelles
/ dossiers / OGM  


Les OGM
une révolution génétique au menu

Multinationales productrices

Le débat sur les OGM n'est pas que scientifique; il est aussi économique, et les enjeux financiers sont de taille. Si les multinationales productrices d'OGM promettent aux agriculteurs qui se « convertissent » à l'agriculture transgénique des économies substantielles, reposant sur une productivité accrue ainsi que sur des économies en insecticides et en pesticides, elles espèrent pour leur part réaliser des profits colossaux à la mesure de leurs investissements. À titre d'exemple, on estime à 1 milliard de dollars le budget consacré par Monsanto à la recherche.

Certains détracteurs voient d'ailleurs dans cette industrie une structure impérialiste, dominée fortement par les États-Unis, qui viserait à contrôler l'agriculture à la grandeur de la planète. Actuellement, un petit groupe de multinationales contrôlent la quasi-totalité du marché mondial. Elles produisent la totalité des plantes transgéniques et le quart des semences transgéniques. Fait intéressant, elles contrôlent également près de 70 % du marché des pesticides.

La firme américaine Monsanto, chef de file dans son domaine, produit par exemple Round Up, un herbicide dit total parce qu'il tue toutes les plantes. Elle a également créé le soja Roundup Ready, le coton Roundup Ready et le canola Roundup Ready, rendus insensibles à ce produit grâce aux manipulations génétiques. Un agriculteur qui achète la plante transgénique se voit obligé d'acheter l'herbicide.

Par ailleurs, les semences modifiées génétiquement sont protégées par des brevets. Les fermiers doivent donc s'engager par écrit à ne pas récupérer les graines au terme de leur récolte, ce qui les oblige à s'approvisionner chaque année. Les multinationales dépensent beaucoup d'énergie pour s'assurer que cette mesure est respectée, entre autres en visitant les champs de leurs clients. Dans cette optique, Monsanto a acheté la technologie à l'origine du gène Terminator, capable de stériliser une semence au terme de la première récolte. La multinationale a reculé, en raison du tollé suscité chez les agriculteurs. Cette technologie aurait eu un impact principalement auprès des agriculteurs des pays en développement, qui récupèrent souvent les graines, faute d'argent pour en acheter de nouvelles. La compagnie travaille maintenant à créer des semences transgéniques qui cesseront après la première récolte de présenter la caractéristique qui les distingue d'une semence ordinaire.

Suite du dossier


Autres sections

Repères
ABC des OGM
Des produits aux grandes vertus?
Des « bombes » biologiques?
Quels sont les aliments les plus susceptibles d'être modifiés génétiquement?
Petite chronologie
Royaume-Uni : semeur de troubles
Pays exportateurs
Sommet de Montréal
Qui entérine les OGM au Canada?
Des animaux génétiquement modifiés?
Perspectives d'avenir
Espoirs ou inquiétudes?
Hyperliens

Retour aux dossiers

Dernière mise à jour le 13 avril 2000