Les écologistes redoutent notamment le phénomène
de pollution génétique : le gène résistant
aux herbicides qui appartient à la plante modifiée
pourrait être transmis, par le vent, l'eau ou les insectes,
à d'autres plantes, qui deviendraient à leur tour
génétiquement modifiées. Dans le cas où
le gène se transmettrait à un végétal
utile, par exemple, d'un maïs transgénique à
un maïs « normal », les écologistes
craignent une uniformisation des aliments, ce qui serait une menace
à la biodiversité.
Ils
soulèvent aussi le risque de rendre indestructibles des plantes
indésirables ou de rendre nuisibles des plantes qui étaient
au départ utiles dans leur écosystème. Le problème
est illustré par des études, menées notamment
au Danemark, sur le colza génétiquement modifié,
dont le gène de résistance à un herbicide a
été propagé à des mauvaises herbes par
des abeilles sur plusieurs kilomètres. Les écologistes
craignent également que les gènes résistant
aux herbicides polluent l'eau et le sol.
Quant à la diminution de l'utilisation des herbicides et
des pesticides, les opposants aux OGM n'y croient pas. Ils craignent
au contraire une utilisation accrue de ces produits. D'habitude,
dans le cas d'un herbicide total, c'est-à-dire qui tue toutes
les plantes, comme le Roundup de Monsanto (qui a également
créé des plantes résistantes au pesticide qu'elle
fabrique), ce genre d'herbicide n'est utilisé que lorsque
la plante est sortie de terre. Mais avec une plante résistante,
la tentation d'utiliser l'herbicide à n'importe quel stade
de la production peut être plus forte, une tendance qui sera
encore plus accentuée si on se retrouve avec des mauvaises
herbes rendues elles aussi insensibles. Si cela ne s'est pas encore
produit, le Département
de l'Agriculture des États-Unis a tout de même
conclu à une diminution négligeable de la quantité
de pesticides utilisée dans les champs de maïs et de
soja génétiquement modifiés, mais il existe
de tels écarts d'une région à l'autre du pays
qu'il est difficile de tirer des conclusions.
La résistance des plantes à certains insectes constitue
une autre source d'inquiétude : les uns croient que
ces insectes pourraient disparaître, ce qui menacerait la
biodiversité de la planète. Les autres craignent plutôt
que certaines espèces d'insectes deviennent insensibles à
la toxine produite par les plantes. En outre, il est possible que
des insectes qui ne sont pas nuisibles ou même qui sont utiles
soient eux aussi détruits. Les environnementalistes citent
l'exemple de la chenille du papillon monarque, qui est morte après
avoir été nourrie avec du maïs génétiquement
modifié lors d'une étude en laboratoire menée
à l'université Cornell, aux États-Unis.
Les
écologistes soulignent également les risques pour
la santé humaine, puisqu'on ignore l'effet qu'auront ces
végétaux « mutants » sur la
chaîne alimentaire. Ils soulèvent aussi le risque d'allergie
que poserait, tant pour les animaux que pour les humains, une plante
qui contiendrait un gène d'un aliment allergène, comme
le blé ou l'arachide. Une expérience a démontré
qu'un soja dans lequel on avait introduit un gène de noix
de Grenoble provoquait des réactions chez une personne allergique
à ce type de noix. Le produit n'a donc pas été
commercialisé.
D'autre part, l'introduction dans les OGM d'un gène de résistance
aux antibiotiques pourrait rendre les individus insensibles à
ces médicaments. C'est d'ailleurs cette crainte qui fait
du maïs BT l'un des OGM les plus contestés. On y introduit
un gène marqueur, qui résiste à un antibiotique
de la même famille que la pénicilline, pour vérifier
le succès de la transgénèse. Or, certains posent
l'hypothèse d'une diffusion possible de ce gène aux
animaux, puis aux humains. La situation est d'autant plus préoccupante
que l'efficacité des antibiotiques a diminué au cours
des dernières années.