Au
pays, quatre agences suivent de près le dossier des OGM :
Agriculture et agroalimentaire
Canada, Environnement
Canada, l'Agence
canadienne d'inspection des aliments et Santé
Canada, dont le rôle est prépondérant. Ces
organismes ne réalisent pas d'études scientifiques
indépendantes sur les effets des OGM.
Ils
s'en remettent plutôt aux recherches réalisées
par les compagnies productrices, qui doivent démontrer que
leurs OGM sont aussi nourrissants que les produits traditionnels
et qu'ils ne sont pas toxiques.
Pour certains, qui accusent le gouvernement de veiller aux intérêts
des grandes entreprises avant ceux des consommateurs, cela équivaut
cependant à confier au renard la garde du poulailler...
Alors
que les demandes de commercialisation augmentent, les hauts fonctionnaires
de Santé Canada admettent ne pas avoir les fonds et les effectifs
nécessaires pour évaluer adéquatement les OGM.
Des centaines de plantes trangéniques attendent d'être
testées en champ. Une fois sur le marché, les
OGM sont soumis à la Loi
sur les aliments et drogues, qui ne prévoit l'étiquetage
obligatoire que lorsque le produit présente un danger, comme
dans le cas des allergies. En l'absence de ce risque, la mesure
est volontaire, contrairement aux pays de l'Union européenne.
En
juin dernier, le Bloc québécois a pour sa part réclamé
l'étiquetage obligatoire des OGM. Il a d'ailleurs été
le premier parti à exprimer sa
position et à exiger des actions concrètes du
gouvernement fédéral. En février, à
la demande de trois ministres fédéraux, un comité
scientifique a été formé pour étudier
les effets potentiels des aliments transgéniques sur la santé
humaine et sur l'environnement. Le groupe d'experts tentera également
d'évaluer la pertinence de mettre sur pied de nouvelles politiques
sur les OGM. Ottawa annonce par ailleurs en mars que le comité
parlementaire de l'agriculture se penchera sur les OGM à
partir de la mi-mai.
D'ici
l'établissement de nouvelles règles gouvernementales,
les compagnies canadiennes sont libres de tracer elles-mêmes
leur ligne de conduite. La filiale de
McCain au pays a pour sa part décidé que les pommes
de terre génétiquement modifiées n'entreraient
plus dans la composition de ses produits.