| |
Écoute
du sujet: Les affaires et la vie, samedi 6 mars
Durée: 30 min
Cela fera bientôt 10 ans que l'industrie de la haute
technologie prend son essor en Inde. Avec plus de 500 000
travailleurs dans ce secteur, l'Inde est devenue un géant
des technologies de l'information (TI). D'ici quelques années,
ce nombre pourrait même doubler. L'impact de la forte
croissance du secteur informatique se fait particulièrement
sentir à Bangalore, où se concentre 35 %
de l'industrie. À titre d'exemples, la compagnie montréalaise
CGI possède deux bureaux en Inde, et le géant
indien Infosys, avec des bureaux dans 16 pays, emploie 23 000
personnes qui vivent essentiellement de la création
de logiciels pour des multinationales américaines.

Mais la tendance s'étend maintenant à toutes
les grandes villes du pays. Or, la délocalisation d'entreprises
(outsourcing) n'est pas étrangère à
ce phénomène dont bénéficie l'Inde.
Mot à la mode, il désigne le transfert vers
l'étranger d'emplois initialement occupés localement.
En somme, les pays développés, États-Unis
et Royaume-Uni en tête, perdent des emplois qu'ils occupaient
il n'y a pas si longtemps. La situation préoccupe la
classe politique américaine au point que le Sénat
vient de proposer une loi restreignant la délocalisation
des opérations du gouvernement fédéral
à l'étranger.
Alors que nous avons l'habitude de voir des emplois manufacturiers
ou de bas niveau partir vers les pays en développement,
l'Inde attire pour la première fois des emplois de
chercheurs de haut niveau. Une aubaine pour les multinationales:
ces chercheurs peuvent gagner cinq ou six fois moins qu'un
chercheur américain. Mais l'Inde ne pourrait bien être
qu'une étape dans cette course au profit des grandes
entreprises d'informatique. Le vice-président d'Infosys
explique que sa compagnie lorgne déjà vers la
Chine et l'Europe de l'Est pour y déplacer, éventuellement,
certains emplois.
Quel sera l'impact de cette révolution informatique
sur l'Inde et sur l'Occident? Comment réagissent les
Indiens eux-mêmes, et quel débat cela suscite-t-il
chez nous, en particulier aux États-Unis? L'Inde vivra-t-elle
bientôt ses propres délocalisations d'emplois
vers des cieux plus économiques?
Quelques
chiffres:
Salaire moyen d'un ingénieur américain:
70 000 $US
Salaire moyen d'un ingénieur indien:
8000 $US
Principaux employeurs américains en Inde:
General Electric, 17 800 employés; Hewlett-Packard,
11 000 employés; IBM, 6000 employés; American
Express, 4000 employés; Dell, 3800 employés.
Nombre de diplômés indiens anglophones
de haut niveau par an: 250 000
Nombre d'ingénieurs diplômés chaque
année: 290 000
Rendement de 1 $ investi en Inde: 1,46 $US,
soit 1,13 $US aux États-Unis, et 0,33 $US
en Inde (source: McKinsey Global Institute)
Taux de croissance des TI en Inde en 2002:
30 %
Exportations de logiciels par l'Inde: 20 %
du niveau mondial
En bref:
Il n'aura fallu qu'une décennie pour que l'Inde ne
récolte la palme en matière de sous-traitance
de services informatiques. Au début des années
90, bon nombre de grandes entreprises américaines,
poussées par un objectif de rentabilité, ont
transféré leurs centres d'appels ou de saisie
de données en Inde, qui fournissait une main-d'œuvre
très économique. Au fil des années, les
multinationales ont poussé plus loin le phénomène
de délocalisation, trouvant en Inde un bassin
de diplômés qualifiés, parfaitement aptes
à assumer des emplois de haut niveau à un moindre
coût. En 2002, le secteur des nouvelles technologies
en Inde a enregistré une hausse de 30 %.
Les affaires et la vie, samedi 6 mars
Durée:
30 min
|
|