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Privatiser Hydro / La situation au Québec
Jounaliste : CLAUDINE MAGNY Novembre 2002
Le réseau québécois de transport d'électricité est l'un des plus vastes du continent nord-américain. Il est constitué de plus de 30 000 kilomètres de lignes à haute tension, auxquelles s'ajoutent les 100 000 kilomètres de lignes de distribution qui assurent le relais jusqu'aux consommateurs québécois.

Mises bout à bout, les lignes de ce réseau pourraient faire un peu plus de trois fois le tour de la terre au niveau de l'équateur !

La situation au Québec


1962. Les Québécois disent oui au fameux slogan « Maîtres chez nous » de « l'équipe du tonnerre » de Jean Lesage. Basé sur une nouvelle forme de nationalisme, ce projet politique s'appuie sur l'idée que les Québécois doivent dorénavant devenir les seuls maîtres de leur grand territoire. C'est ainsi qu'Hydro-Québec est officiellement créée.

Aux yeux du Parti libéral, la nationalisation de l'électricité s'avérait nécessaire face à l'incapacité du secteur privé d'électrifier les régions éloignées et elle permettait d'offrir aux consommateurs des tarifs plus abordables.



Or, voilà que depuis une dizaine d'années, d'importants changements ont cours à la société d'État : restructuration, déréglementation, retour à la production privée, adhésion d'Hydro-Québec à la FERC (organisme réglementaire du marché électrique américain). Si certains y voient seulement un vent de changement, pour d'autres il n'y a pas de doute : Hydro-Québec adhère à l'importante vague de déréglementation qui déferle sur l'Amérique du Nord, et ce dans un seul but : celui de se diriger, lentement mais sûrement, vers la fin de son monopole. Bref, vers sa privatisation.





Pour...

« On a commencé à déréglementer par le biais de l'organisme fédéral américain, qui a voulu diviser l'Amérique du Nord en plusieurs régions. Or, parmi ces régions-là, il y avait des régions canadiennes. Le Canada ne peut plus se permettre, et en particulier les entreprises provinciales, d'être des îlots.

C'est pour ça qu'il y a de plus en plus d'interconnexions entre l'Amérique du Nord et les États-Unis, entre BC Hydro et la Californie, entre Ontario Hydro et Hydro-Québec, et avec le centre et la côte est des États-Unis… »

- Michel Boucher, professeur de science économique à l'École nationale d'administration publique.

Contre...

« De plus en plus, on fait des petites centrales privées, de plus en plus on donne la place à la production privée — il y a des chiffres là-dessus — donc on privatise Hydro-Québec en partie. Mais plus que cela : quand on sépare Hydro-Québec en petits morceaux, on la prépare à une privatisation.

Or, moi j'aimerais qu'on me montre un seul exemple de privatisation qui ait mené à une diminution de tarifs. »

- Gaétan Breton, professeur au Département des sciences comptables de l'Université du Québec à Montréal.

 

 

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