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La situation au Québec
1962. Les Québécois
disent oui au fameux slogan « Maîtres chez nous »
de « l'équipe du tonnerre » de Jean
Lesage. Basé sur une nouvelle forme de nationalisme, ce projet
politique s'appuie sur l'idée que les Québécois
doivent dorénavant devenir les seuls maîtres de leur
grand territoire. C'est ainsi qu'Hydro-Québec est officiellement
créée.
Aux yeux du Parti libéral, la nationalisation
de l'électricité s'avérait nécessaire
face à l'incapacité du secteur privé d'électrifier
les régions éloignées et elle permettait
d'offrir aux consommateurs des tarifs plus abordables.
Or, voilà que depuis une dizaine d'années, d'importants
changements ont cours à la société d'État
: restructuration, déréglementation, retour à
la production privée, adhésion d'Hydro-Québec
à la FERC (organisme réglementaire du marché
électrique américain). Si certains y voient seulement
un vent de changement, pour d'autres il n'y a pas de doute : Hydro-Québec
adhère à l'importante vague de déréglementation
qui déferle sur l'Amérique du Nord, et ce dans un
seul but : celui de se diriger, lentement mais sûrement, vers
la fin de son monopole. Bref, vers sa privatisation.
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Pour...
« On a commencé à
déréglementer par le biais de l'organisme fédéral
américain, qui a voulu diviser l'Amérique du
Nord en plusieurs régions. Or, parmi ces régions-là,
il y avait des régions canadiennes. Le Canada ne peut
plus se permettre, et en particulier les entreprises provinciales,
d'être des îlots.
C'est pour ça qu'il y a de plus
en plus d'interconnexions entre l'Amérique du Nord
et les États-Unis, entre BC Hydro et la Californie,
entre Ontario Hydro et Hydro-Québec, et avec le centre
et la côte est des États-Unis
»
- Michel Boucher, professeur
de science économique à l'École nationale
d'administration publique.
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Contre...
« De plus en plus, on fait des
petites centrales privées, de plus en plus on donne
la place à la production privée il y
a des chiffres là-dessus donc on privatise Hydro-Québec
en partie. Mais plus que cela : quand on sépare Hydro-Québec
en petits morceaux, on la prépare à une privatisation.
Or, moi j'aimerais qu'on me montre un
seul exemple de privatisation qui ait mené à
une diminution de tarifs. »
- Gaétan Breton, professeur
au Département des sciences comptables de l'Université
du Québec à Montréal.
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