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Comme on dit à Paris: « Who is next? »:
quel pays sera la prochaine cible du terrorisme? Et l'on craint
fort que la réponse ne soit inscrite dans le passé
récent. La France a été le premier pays occidental
frappé par le terrorisme islamiste lors de deux vagues d'attentats
en 1985, puis en 1996. Bilan: 28 morts et 800 blessés. Et
surtout, une société profondément marquée.
Ainsi, on a pu entendre le ministre
de la santé, Bernard Kouchner, annoncer une augmentation
de la chloration de l'eau à travers la France pour prévenir
une attaque bactérienne, par la toxine botulique en particulier.
Simple mesure de prudence! Comme l'installation de radars de proximité
autour de l'usine de retraitement de déchets nucléaires
de La Hague, dans le nord du pays, usine près de laquelle
on a aussi positionné des avions de chasse. On n'est jamais
trop prudent! Il faut dire que si un gros avion de ligne venait
éventrer cette usine, les retombées radioactives sur
l'Europe seraient 60 fois plus importantes que celles provoquées
lors du plus grave accident nucléaire civil de l'histoire,
à Tchernobyl.
Mesures sur
mesures sur
mesures
Ces mesures s'ajoutent comme des
strates géologiques à toutes celles mises en place
depuis 1986, et qui ont modifié la vie quotidienne dans le
pays qui a inventé la notion des Droits de l'Homme. Enlèvement
des poubelles sur les grandes artères, dans les lieux touristiques,
le métro et les gares, en somme là où on en
aurait le plus besoin. À propos, les toilettes publiques
aussi ont été scellées! Devant les garderies,
écoles et lycées, on ne s'étonne plus de voir
installées en permanence depuis quinze ans des clôtures
métalliques dont le but est d'éviter qu'on y gare
une voiture bourrée d'explosifs. Le public s'est également
habitué en prenant le métro, tous les matins, à
arriver face à face avec deux ou trois soldats portant des
mitraillettes: simple routine. On fouille les sacs à l'entrée
des grands magasins (et non pas à la sortie comme cela se
fait ailleurs dans le monde); rien de plus normal!
Les sondages indiquent qu'une très
forte majorité des Français approuve ces mesures et
en redemande à la faveur des attentats du 11 septembre: déjà
que les policiers avaient obtenu l'extension à quatre jours
de la garde à vue (période pendant laquelle la police
peut détenir une personne pour l'interroger sans avoir à
l'accuser de quoi que ce soit) et la possibilité de priver
les suspects de la présence d'un avocat pendant trois jours.
Voilà que le gouvernement annonce que les policiers pourront
fouiller dans le courrier électronique ou dans les coffres
des voitures quand ils le voudront, avec un minimum de contraintes
légales. Les protestations des défenseurs des droits
de la personne n'ont provoqué aucun mouvement d'opposition
digne de mention.
Psychose ou panique?
Depuis la découverte des premières
infestations à l'anthrax aux États-Unis, il y a eu
plus de mille alertes en France, toutes fausses. Jusqu'au palais
présidentiel de l'Élysée où plusieurs
gardes ont été hospitalisés, il y a quelques
jours. Simple précaution. Comme, sans doute, la multiplication
par dix des ventes d'antibiotiques en France.
Les experts se demandent s'il convient de parler de psychose. Ou
s'il vaudrait mieux utiliser le mot panique. Ou si tout cela n'est
que le fruit d'une campagne nourrie par les médias. Quoi
qu'il en soit, on sent la France au bord de l'angoisse, d'autant
plus que l'« Encyclopédie du djihad »,
le manuel de guerre de ben Laden dont le magazine français
VSD a publié des extraits il y a deux semaines a confirmé
ses craintes: on y trouve une liste des pays à frapper. Par
ordre de priorité: les États-Unis, la Grande-Bretagne...
et la France. Ensuite, l'Allemagne, la Turquie et la Russie.
Bonne nouvelle: pas un mot sur le Canada!
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