Imprimer cette page

Mardi 18 juin 2013 1 h 09 HAE


Pour en discuter avec nous...

Cet espace de dialogue, de réflexion et de débat d'idées est aussi le vôtre. Nos carnetiers sont là, non pour mettre de l'avant leurs opinions, mais pour lancer une discussion et vous permettre de vous exprimer sur les événements marquants qui surviennent ici ou ailleurs dans le monde. Nous lisons tous les commentaires reçus, mais nous modérons chacun des carnets pour ne retenir que les commentaires les plus pertinents selon les sujets abordés. Seules les interventions signées et faites dans le respect d'autrui sont retenues. Pour en savoir plus, lisez
la nétiquette.
Bonne réflexion!

Veuillez noter que les forums de discussion des Carnets sont ouverts pendant deux semaines.

Carnet Sophie Langlois

4 août 2011

L'indifférence qui tue


Les grands yeux souffrants de la petite Baraatou vont me hanter pour toujours. Elle avait deux ans, mais avait l'air d'un poupon. Quand elle est morte, elle pesait 5 kilos, le poids d'un bébé canadien de trois mois. La souffrance, l'agonie d'un enfant qui est en train de mourir de faim sont inimaginables. C'est une des plus grandes violences que nous imposons aux petits innocents de notre planète.  
 
La petite Baraatou est presque morte devant la lentille de notre caméra. Ce regard prématurément vieilli d'un enfant qui a trop souffert, vous l'avez déjà vu à la télé. Trop souvent, apparemment. Vous ne voulez plus le voir. Ce n'est pas que l'image soit trop difficile à regarder, mais, semble-t-il, elle ne vous touche plus.  
 
En ce moment, 500 000 enfants de moins de cinq ans sont dans un état critique dans la Corne de l'Afrique. Mais, à entendre les tribunes téléphoniques des derniers jours, il faudrait les laisser mourir sans rien faire. Cette usure de l'opinion publique freine les médias. Peu d'entre eux jugent que cela vaut le coût d'envoyer des journalistes sur place. Les ONG ne savent plus quel saint prier pour vous convaincre de faire un don. Pourquoi?  
 
Ce qui tue ces Africains, ce n'est pas la sécheresse cyclique, c'est l'extrême pauvreté. Et l'indifférence. 
 
Dans presque tous les pays d'Afrique, la modernité cohabite avec l'âge de pierre. Le Kenya, locomotive économique de l'Afrique de l'Est, a un gouvernement organisé et bien financé, contrairement à la Somalie, où le chaos règne depuis 20 ans. Mais le Kenya a aussi des populations en détresse. Pourquoi?  
 
Loin de la capitale, Nairobi, des millions de Kényans vivent sans eau ni électricité, d'une agriculture de subsistance. Dès qu'ils perdent leurs récoltes, ils meurent de faim. Il n'y a pas de pénurie. Dans les villes, les épiceries et les restaurants ne manquent de rien. Mais ces réfugiés de la faim fuient leurs champs vides parce que c'est tout ce qu'ils ont pour se nourrir. Ils n'ont pas un cent pour acheter un grain de riz.  
 
Les milliards d'aide au développement versés par nos pays depuis 50 ans n'ont pas réussi à bâtir des économies rurales assez solides pour résister aux cycles de la nature et aux fluctuations des marchés mondiaux. C'est un échec monstrueux et il faut se poser des questions (dont celle de nos subventions qui tuent l'agriculture des pays pauvres). Mais l'aide au développement et l'aide d'urgence, ce sont deux choses complètement différentes.  
 
Des dizaines de milliers d'êtres humains peuvent être sauvés par les ONG qui interviennent dans l'urgence en Somalie et dans les pays voisins. On n'a pas encore trouvé le moyen de bien aider les Africains de façon durable. Mais dans l'urgence, les ONG sont d'une efficacité redoutable. En période de crise, vos dons sauvent des vies, c'est indéniable. Sans doute pas autant qu'on le souhaiterait. Mais pouvons-nous laisser des enfants mourir de faim sous prétexte que nos dons ne sont pas rentables à 100 %?  


Regardez les reportages de Sophie Langlois sur notre page
« International »

Vous avez des questions, des remarques ou voulez me suggérer des thèmes que je n'ai pas abordés?

Écrivez-moi à : carnets@radio-canada.ca
Sophie Langlois commence à Radio-Canada en 1993 comme reporter à la radio, à Québec. Elle devient ensuite journaliste pour l'émission Enjeux. Puis elle se consacre aux enquêtes économiques pour le service des nouvelles de la télévision, à Montréal. Pendant cette période, elle lève le voile sur le scandale de Cinar, une enquête qui lui a valu le prix Judith-Jasmin en 2000.  
 
Correspondante parlementaire à l'Assemblée nationale pendant plus de cinq ans (de 2000 à 2005), elle couvre aussi les suites du terrible tsunami en Indonésie et la grippe aviaire au Vietnam.  
 
Elle devient correspondante à Washington en 2006, où elle rend compte notamment de la spectaculaire chute de popularité de George W. Bush.  
 
Depuis août 2007, Sophie Langlois est la correspondante de Radio-Canada pour l'Afrique. Elle nous fait découvrir non seulement les conflits qui ravagent le continent noir, mais aussi le quotidien de 800 millions d'Africains, leur courage, leur dignité et leur sourire.

12 août 2011

Je suis d'accord avec toi Madame, je pense que chaque citoyen doit aider ces enfants, même juste avec sensibilisation 

ghazaly ahmed, Maroc

12 août 2011

Je suis d'accord avec vous, cette misère est insupportable certes mais je me pose quelques questions. Sans doute est-ce mon ignorance de l'histoire et de la géogrpahie du continent africain, j'ouvre la question à tous ici sur ce forum. Peut-on croire que ces pays, touchées régulièrement par la sécheresse et les intempéries de toutes sortes, ont une réelle capacité d'auto-subsistence ? Peut-on croire que si l'on offre une aide maintenant, que dans 3 ou 5 ans, ces mêmes pays auront trouvé une autonomie autosubsistante ? Ou au contraire, la région étant non propice à l'habitation, ils seront toujours dépendant des ONG et des pays plus riches? Je pose cette question, car lorsque je regarde Haiti, malgré tous les efforts, ils sont toujours dépendant des ONG. Est-ce le même cas pour certains pays africains ?

Christiane benny, Montreal

11 août 2011

Bonjour. Fatal Misconception de Matthew Connelly répond partiellement à cette question. Ces famines et autres revers de la nature font le bonheur de ceux qui souhaitent réduire la population de la terre.

Fernand St-Georges, Québec

10 août 2011

J'admire madame Langlois depuis longtemps. Ses topos sont directs,et remplis d'humanité. Je la trouve intelligente et humble, laissant toute la place à son sujet. Encore une fois elle me renverse: c'est enfin une EXPLICATION à toutes ses famines en Afrique, qui me semblaient tellement étranges et désespérantes, car elles ne se règlent jamais, même dans certains pays pas si pauvres. Mais s' il n'existe aucune bouée de sauvetage à l'agriculture....on comprend mieux. Merci de nous l'avoir expliqué.

sylvie sylvie melançon, montreal

9 août 2011

Je me suis souvent demandé, si a part le creusage de puits d eau si la communauté internationale ne pourrait pas utiliser des centrales nucléaires pour dessaler l eau de mer et irriguer certaines zone aride ou a problemes de l Afrique. Je ne propose pas une multiplication des sites nucléaires, mais je pense que ceux qui sont superflues comme ici Gentilly ou d autres qui, malgré le risque servent a des fins de revenus...seraient plus utiles a sauver des vies et a en garantir la survie....Juste un idée comme ca....L histoire du poisson et de la canne a peche.

Normand Lemay, Trois-Rivieres

8 août 2011

Il ne s'agit pas d'indifférence Mme Langlois, mais les gens qui ont donné beaucoup d'argent à l'Éthiopie dans les années 80, se sont rendus compte que les denrées avaient été prises en otage par des milices militaires ou le pouvoir en place, et que ces mêmes dirigeants utilisaient ces denrées comme des armes contre leur propre population. On se fait "avoir" une fois, pas deux. 
Les problèmes des africains resteront intacts tant et aussi longtemps qu'ils ne se prendront pas en charge. Les africains que je connais me le disent sans arrêt. La mentalité est que dès que quelque chose ne va pas, les blancs vont les aider. Certains sont fatigués de cette mentalité de colonisés. 
 
Dans le cas de la sècheresse actuelle, il y a certes un facteur "naturel" qui a déclenché la crise, mais les structures politiques restent les mêmes. 
 
Pour que les gens donnent à nouveau, ils veulent avoir une garantie à toute épreuve que leur argent ira bien aux sinistrés et non dans l'administration de l'ONG ou du gouvernement en place là-bas.

Diane Richer, Montréal

8 août 2011

Plusieurs commentaires touchants, laissés ici dans la section commentaire de votre blogue. Je vais dans le même sens que Fabienne Couturier et Alain Blanchette: en bref, comment aider?  
 
Au-delà de notre culpabilité à vivre dans des pays riches... nous restons sensibles à ces êtres qui meurent à l'autre bout de la planète. C'est si complexe... et si simple à la fois. L'accès à l'information vient-elle avec une responsabilité?

Geneviève Thibault, Québec

8 août 2011

Le commentaire de madame Langlois traduit bien mon état d'âme. Merci pour cette réflexion critique qui devrait tous nous interpeller.

DAVE HOLMES, Gatineau

8 août 2011

Cela me dépasse de constater l'échec de l'expérience humaine sur cette bonne vieille terre. L'égo des hommes atteint probablement des proportions jamais vues. Le capitalisme se meurt et j'applaudis à sa déconfiture car il nous a condutt à perdre de vue la valeur d'une vie humaine. On se bat tous les jours pour notre survie ou la survie d'une idéologie cachant toujours le mercantilisme qui l'a fait naitre. J'ai le goût de me réfugier sur mon île déserte et de fermer le son de toutes les télés et ordis de ce monde afin de ne plus entendre les échos de la bêtise inhumaine.

Jean-Paul Pépin, Sherbrooke

7 août 2011

Vous êtes vous demandés ce que ça prend pour vivre, et ensuite realisez que cela est totallement égocentrique par la suite? 
 
Lorsque l'on voit cette misère qui gagne chaque jour de nouvelles familles vous êtes-vous parfois demandé ce que vous pouviez faire? 
 
Évidemment de votre perspective et vie à vie le respect des gens défavorisés vous y voyez un échec de continuer de commenter ce type de misère tout à fait extrême. 
 
Sachez que vous n'êtes pas seul à être tourmenté face cette situation plus que pénible et que nous souhaiterions à personne, à moins d'aimer la souffrance. 
 
Cependant puisque vous souhaitez tout comme moi et plusieurs aider malgré tout, savez que malgré tous les efforts, ils ne pourront pas tous être sauvés, j'aimerais tout de même que vous nous donniez le nom d'organismes qui les soutiennent présentement.. 
 
Cela pourrait peut-être inciter quelques personnes à donner généreusement à ces organismes qui ont tant de besoin et qui peine à sauver 10% de la population de la corne africaine... 
 
Merci de prendre position, j'admire votre courage!

Stéphane Fraser, longueuil

7 août 2011

Madame Langlois, 
 
Je suis touché par ce que vous écrivez. Il n'est pas vrai que tous soient indifférents cependant. Dans le cas précis de cette crise humanitaire, j'ai répondu rapidement aux demandes d'un organisme international. 
Par ailleurs, je suis inondé de demandes d'aide qui arrivent presque toutes les semaines et pour des causes qui nous semblent toute aussi valables le unes que les autres? Combien coûtent ces campagnes? Qui les orchestrent et dans quel but? Il faut choisir... ce qui n'est pas toujours facile. À qui faire confiance? 
Et puis les médias nous informent que des centres de distribution sur le terrain sont pillés, que des intérêts politiques ou idéologiques nient la réalité, que des membres de l'élite détournent à leur profit une bonne partie de l'aide extérieure, que juste en face de la Somalie, de riches émirs investissent des fortunes dans la construction d'immeubles et d'îles artificielles, et quoi encore... 
Oui j'aide, je veux continuer à aider, mais je suis bien prêt parfois de désespérer de notre humanité et ma confiance est mise à rude épreuve.  
Continuez cependant à nous offrir vos reportages bien faits et de qualité . Dîtes-nous ce qui fonctionne au milieu de tant de tourmente. Montrez-nous ce qui peut nous aider à garder espoir malgré tout.

Alain Blanchette, Montréal

7 août 2011

L'Afrique est à l'origine de l'histoire de l'humanité et ça toujours été le continent où y'a eu le plus de surexploitation autant au niveau des richesses naturelles que de ses peuples. Puis depuis les cinq dernières décennies, c'est devenu une forme de poubelle du monde avec les agissements sans scrupules des riches provenant des autres continents. Maintenant il ne reste que l'extrême pauvreté, dans un climat aride, où règne une sauvage et inhumaine indifférence ...

Stéphane Bastien, Acton Vale, Québec.

7 août 2011

@Victor Nazaire 
 
Je ne veux pas vous faire la morale. Qui peut faire la morale d'ailleurs. 
 
J'espère qu'un jour vous aurez l'occasion de vivre un moment dans un pays vraiment pauvre, de voir le nombre d'heures que les gens doivent consacrer pour répondre aux besoins les plus élémentaires. 
 
Pour moi, un enfant qui souffre et qui meurt au Québec ou en Somalie ou ailleurs, c'est la même chose.  
 
PS Si vous voulez parler de corruption, je crois qu'il faudrait parler aussi de celle de nos gouvernements, de nos fonds de retraire et de nos entreprises qui ne se gênent pas pour corrompre les dirigeants des pays les plus pauvres.

Laurent Emond, Québec

6 août 2011

Bonjour, 
Je suis absolument outrée par ce qui se passe depuis trop longtemps en Afrique. Vous semblez dire que l'aide à long terme ne donne rien, et je suis assez d'accord avec vous. Maintenant, il y a urgence, mais nous avons vu que, en Haïti, par exemple, l'aide ne s'est pas traduite en actions concertées. 
À quel organisme donner pour être certain que l'argent sera bien utilisé? Qu'il ne servira pas à payer des coordonnateurs ou des pots-de-vin, mais à acheter de la nourriture qui sera effectivement distribuée?

Fabienne Couturier, Montréal

6 août 2011

Merci de votre carnet, du rappel que nous sommes tous un peu coupable de ne rien faire, de laisser nos gouvernements ne rien faire. Ou pire encore.  
 
Et que dire du comportement de certaines de nos entreprises en Afrique ? Nos médias en parlent très peu.

Laurent Emond, Québec

5 août 2011

Vous avez raison Mme Langlois, il est très difficile de voir ces enfants qui meurent devant les caméras. Mais vous avez aussi raison de dire qu'il faut continuer à montrer toute cette soufrance tant qu'elle ne sera pas éliminée. Loin des yeux loin du coeur...il ne faut surtout pas oublier ou faire comme si tous ces drames n'existaient pas.

Line Marchetere, Baie-Comeau

5 août 2011

Chère Sophie mes salutations, je tiens à vous félicité pour votre travail de claire voyance que vous faîtes en Afrique. Ça nous ouvre les yeux pour comprendre la réalité africaine. Je crois que nous ici en occident nous prenons conscience de nos frères africains et nous remédierons la situation au plus vite que possible. Merci Sophie 
www.claudemakengo.com

CLAUDE BISHOP MAKENGO NKANSA, MONTRÉAL

5 août 2011

Votre billet exprime exactement ce que je ressens présentement. À la toute dernière question je réponds: Non. Chaque vie vaut son pesant d'or, et nous sommes tous égaux sur cette terre. Soyons solidaires! Si, un jour, les rôles tendaient à s'inverser, si c'était nous qui avions désespérément besoin d'aide, nous nous attendrions à de la compassion du reste du monde. Et ce ne serait que la moindre des choses, n'est-ce pas?

Fanny Goulet, Val-d'Or

5 août 2011

Bonjour Mme Langlois, 
Je vous écris à nouveau pour vous dire que je suis toujours extremement touché par vos articles sur l'Afrique. 
Ces familles, ces enfants touchés par la pauvreté, la famine. 
Je suis au Congo pour quelques temps et ici, nous cotoyons cette pauvreté tous les jours. Et elle nous touche. 
Pouvez-vous nous dire à quels organismes devrait-on donner pour leur venir en aide. 
 
Josée Boulianne 
Pointe-Noire, Congo.

Josée Boulianne, québec

5 août 2011

Pas très «sexy» la famine, la détresse, l'Afrique subsaharienne... Comme vous, je me désole du silence, de l'indifférence, du moi-je-ne-donne- que-si-mon- don-est-versé-à-100%... 
En 1973 j'habitais le Sénégal, pays corrompu à l'os mais politiquement stable. J'ai été témoin à sept ans de cette «injustice» climatique, de l'avancée du désert, de la famine, de la mort qui rôde, des carcasses et des volées de charognards. Cette mort qui rôde, elle se lovait aussi dans les bras des mères assoiffées, affamées qui allaitaient souvent deux enfants, l'un par devant, l'autre par derrière, accrochés au mamelon d'un sein plat comme une pâte à pizza. J'habitais Louga.  
De retour au Québec, j'ai tenté de sensibiliser au gaspillage mes camarades de classe, leur racontant la faim, leur décrivant la maladie et la mort qui ne m'a pas emportée parce que je suis de race blanche. Je me souviens les avoir vus jeter le contenu de leur boîte à lunch en prenant soin d'écraser leurs sandwichs pour bien me montrer que de toute façon cela ne changeait rien au sort d'un tiers de l'humanité, qu'ils mangent ou jettent leur dîner.  
Aujourd'hui, le regard du Nord-Américain n'a pas beaucoup changé et d'emblé il sait que s'il donne ne serait-ce qu'un peu, au final, ce ne sera que partie remise car la guerre civile, les conflits armés, les guerres de clans sont, avant le climat, l'ennemi du paysan. Et tant que l'Occident spéculera, pillera l'Afrique, désinformera ses populations tout en engraissant les fantoches qu'il met au pouvoir en attisant les rivalités tribales pour son propre compte, l'Afrique continuera de ne cultiver que 6% de ses terres arables et se mourra faute de stabilité politique, de greniers non pillés, de récoltes abandonnées.  
Car la sécheresse, elle, sera toujours au rendez-vous. 

Geneviève Forest, Montréal

5 août 2011

Ce n'est pas ce que vous croyez : nous sommes très sensibles à ce problème. Mais voilà qu'ici les effondrements de toutes sortes exigent des augmentations un peu partout. Le prix de l'essence et son effet sur les autres factures vident le portefeuille. Et ce n'est pas fini , les hausses de toutes sortes nous attendent encore dans les mois à venir. Il faut en ces temps difficiles penser à notre propre survie, à nos proches aussi. Alors, les grandes entreprises comme les pétrolières prendront sûrement la relève en faisant de généreux dons. Après tout, ils ont notre argent.

Danielle Turcotte, Montréal

4 août 2011

J'établis une distinction entre être indifférent et être dans l'impuissance. Je suis conscient des souffrances qu'endurent nos frères et soeurs de l'Afrique. Comme depuis le temps je suis conscient de la souffrance qu'on retrouve aussi chez nous. La faim est une forme de détresse parmi d'autres. Et pour dire les choses honnêtement ma confiance dans les ONG est limité. 
 
Je suis au nombre des citoyens qui ont été généreux pour Haïti et je relevais aujourd'hui aux informations de Radio-Canada, qu'il y avait toujours 700 000 haïtiens qui vivent dans des camps de fortune. Que la population est encore confronté au cholera. Il est évident que toutes l'aide offerte par les citoyens, sans oublier l'aide soi-disant prodiguée par les gouvernements n'est jamais arrivée. 
 
L'augmentation des prix des aliments et perceptible même ici. Chaque semaine comme personne aux revenus modestes, je dois procéder à des arbitrages. Certaines gentes ne s'en sortent tout simplement pas. 
 
Nous ne sommes pas indifférents, nous sommes juste confrontés à l'impossibilité d'agir pour le bien de tous. Celles et ceux qui travaillent pour les ONG ont un emploi. On les paye pour aider (ils se plaindront bien sûr qu'on ne les paye jamais assez). La dette des États-Unis va pouvoir allégrement bientôt dépasser 16 000 milliards de dollars. Combien de personnes du tiers-monde pouvez-vous nourrir avec 16 000 milliards ? 
 
Les « esprits supérieurs » qui sont actuellement dépositaires des leviers de l'économie de marché sont puissants, ils ne sont pas indifférents, ils ignorent seulement tout ce qui ne leur ressemble pas. Personnellement je ne suis pas indifférent, je ne peux tout simplement rien faire de plus si on ne fait rien de plus pour moi. Nous sommes tous logés à la même enseigne et personne sur cette terre ne devrait être traité comme un inférieur.  
 
L'ensemble des médias pourraient donner l'exemple en boycottant les riches, les puissants, les vedettes millionnaires et tous ces soi-disant brillants qui vivent à crédit.

Serge Drouginsky, Longueuil

4 août 2011

Madame Langlois, 
 
Continuez à nous secouer. De notre mode de vie dont nous ne souhaitons qu'il se poursuive le plus longtemps possible. De nos habitudes nord-américaines desquelles nous ne pouvons pas entrevoir les modifier. De notre "blindage" face aux images de la mort d'enfants en direct. Venez nous bouleverser et, peut-être, nous permettre de revoir nos priorités. Merci! 
 
M-A Dupont, Sherbrooke

Marie-Andrée Dupont, Sherbrooke

4 août 2011

Sophie Langlois, 
Je suis devenu un sans-pitie : 
 
1) Sans pitie pour ces enfants parce qu on ne produit pas autant d enfants quand on est misereux 
 
2) Sans pitie parce que comme vous l avez bien souligne a la capitale du Kenya les Kenyans de la classe aisee ne font rien pourleurs propres compatriotes 
 
3) Sans pitie parce que la corruption des elites politiques bouffe l argent de l aide au developpement en voitures de luxe, en residences de luxe, en residences de luxe a l etranger 
 
4) Sans pitie parce que les salaires des gestionnaires d ONGs depaasent les 100 000 dollars l an ; quelle indecence ! 

Victor Nazaire, Ottawa

2012

  • septembre
  • août
  • juillet
  • juin
  • mai
  • avril
  • mars
  • février
  • janvier

2011

2010

2009