31 mai 2011
Ira, n'ira pas
Sarah Palin captive de nouveau les médias américains en cultivant l'ambiguïté à propos de sa possible candidature à l'investiture républicaine en vue des élections présidentielles de 2012. Il faut dire que les candidats en lice jusqu'à maintenant ne soulèvent pas les passions.
Alors, les républicains, en quête de victoire dans un peu plus de 17 mois, se tournent vers des candidats qui ont un potentiel de popularité, sinon de populisme. Parmi eux, Chris Christie, le gouverneur du New Jersey, bien connu pour son franc-parler, mais toujours pas intéressé, dit-il; Rudy Giuliani, ancien maire de New York, qui a un grand sourire depuis qu'on le courtise; l'ancien gouverneur de Floride Jeb Bush et l'actuel gouverneur du Texas Rick Perry.
Et s'ajoute bien opportunément à la mêlée Sarah Palin, l'ancienne gouverneure de l'Alaska et ancienne candidate à la vice-présidence de John McCain. On n'entendait plus parler d'elle. Elle est toujours présente à la chaîne d'informations télévisées de droite Fox News, elle commente aussi l'actualité à la demande, mais elle avait délaissé le circuit des apparitions payantes dans les assemblées du Tea Party et elle n'avait pas l'air d'être en train de garnir ses coffres en vue d'une campagne toujours coûteuse.
Mais soudainement, la machine à rumeurs s'est emballée. Mme Palin et son époux ont acheté une maison en Arizona, ce qui serait une bien meilleure base que l'Alaska pour faire campagne, et elle entreprend cette semaine une tournée en autobus de la côte est des États-Unis.
Cet autobus dans lequel elle a pris place avec une partie de sa famille, il a un drapeau américain peint à l'avant et une fresque reprenant les premiers mots de la constitution américaine, « We the people », avec la cloche de la liberté sur le côté. Le slogan « One Nation » s'affiche en grosses lettres, mais ce n'est pas un autobus de campagne a dit Sarah Palin le plus sérieusement du monde...
Ceux qui croient que Sarah Palin est idiote ont tort, et cette tournée où elle est littéralement poursuivie par des dizaines de journalistes et de photographes le montre bien. Mme Palin se promène en autobus comme on met le gros orteil dans la piscine, pour être certain qu'on ne fera pas un arrêt cardiaque en y plongeant...
Elle évalue ses chances devant le désert de candidats équipés pour gagner, et les sondages lui indiquent qu'elle a raison. Celui de la maison Gallup, effectué du 20 au 24 mai dernier auprès de 971 républicains ou sympathisants républicains, la place au deuxième rang, à 15 % derrière Mitt Romney, l'ancien gouverneur du Massachusetts, qui recueille 17 %. Alors, Sarah Palin ira, elle plongera...
Ou alors l'explication est toute autre. Sarah Palin n'ira pas, mais l'intérêt que suscite le suspense lui permet de reconstruire la marque Palin, qui palissait à vue d'oeil. Est-ce une coïncidence que sa tournée « non électorale » lui fait rencontrer Donald Trump, un autre maître du bluff, qui s'est servi de sa possible candidature pour promouvoir son émission de téléréalité?
Qu'elle se présente ou pas, Sarah Palin montre bien qu'elle marche au rythme de sa propre musique, et que sa décision, quand elle viendra (plutôt tôt que tard, les républicains n'ont déjà plus de patience), aura été savamment orchestrée.
Écoutez les reportages de Manon Globensky sur notre page
« International »
Elle a fait ses débuts comme reporter radio en 1986. Elle a occupé le poste de correspondante parlementaire à Ottawa de 1994 à 2004, tout en faisant quelques couvertures à l'étranger. Ainsi, elle s'est rendue au Kosovo en 1999, en Afghanistan en 2001 et 2006, au Koweït et en Irak en 2003. Elle était également sur place lors du départ du président Jean-Bertrand Aristide d'Haïti, en 2004.
Lorsqu'elle était correspondante au Proche-Orient de 2004 à 2007, Manon Globensky a suivi le retrait israélien de la bande de Gaza, l'élection du Hamas lors des législatives palestiniennes et les récentes tensions entre le Fatah et le Hamas. Elle a aussi couvert les élections présidentielles en Égypte, les importants changements politiques au Liban et la guerre entre le Hezbollah et Israël en 2006.
Elle a ensuite été la correspondante de la radio de Radio-Canada à Paris pendant trois ans. Elle y a couvert l'actualité dans toute l'Europe.
2 juin 2011
Madame Globensky,
Comme je sais que vous aimez beaucoup Sarah Palin, j’ai très longuement réfléchi avant de prendre part au débat et j’ai longuement pesé le pour et le contre. Après avoir cogité heures après heures, minutes après minutes, secondes après secondes (je vous fais grâce des nanosecondes). Après avoir consulté les oracles et analysé les rouages de la clepsydre. Après avoir observé ma boule de cristal par une nuit sans Lune. Après avoir joué des Tarots de Marseille, puis des runes et enfin du Yi King…
Je suis parvenu aux conclusions suivantes, je vous en offre la primeur, elles sont sans appel : madame Palin ferait tout aussi bien de ne pas être candidate à l’investiture suprême.
Comme j’avais encore le soupçon d’un doute, je suis allé consulter à grands frais une authentique médium descendante directe de la tradition divinatoire des prêtresses de la reine d’Egypte Hatchepsout à fin qu’elle communique avec les spectres de : George Washington, John Adams, franklin Roosevelt, JFK et Ronald Reagan… lesquels ne confirment pas que la magistrature suprême pour Sarah Palin soit dans les plans actuels de l’Amérique.
Voici pourquoi en ce sens, je pense qu’il serait mieux pour le bien de l’humanité toute entière que madame Palin prît le parti de ne point partir en campagne. Au terme de cet exercice, j’ai pris quant à moi pour parti de me verser un petit « Tea » en partie vert et japonais, excellent pour la digestion et pour ses anti-oxydants.
Serge Drouginsky, Longueuil
1 juin 2011
Elle profite du train électoral du parti républicain pour solidifier sa marque dans les medias américains comme commentatrice et analyste politique. Elle n'a plus d'avenir comme candidate crédible et elle a choisi l'Arizona qui est l'endroit de retraités milionnaires ce qu'elle veut devenir et rester comme employé du réseau Fox qui ne tolère pas les employés qui aspirent à la politique (il leur demande de quitter leur emploi (comme Mike Huckabee qui a choisi de garder son émission) et elle choisit de parcourir le nord-est américain pour développer un nouveau marché pour son émission a Fox News.
Otis Bois, Montreal
1 juin 2011
Il faudra bien un jour que nos intellos médiatiques et institutionnels québécois admettent qu'une analyse des EU selon le cadre pseudo-marxiste distillé par les universités francophones ne permet pas de saisir ce qui se passe là-bas. Cette condescendance intrinsèque pour les WASP, les puritains (Mayflower) et ce qu'on nomme "Droite Religieuse" (garantissant à jamais qu'on ne la comprendra pas ...) occulte tout un pan cette société, nous expose à tous les présupposés pervers d'une vision du monde qu'on croit si "supérieure et civilisée" qu'elle nous rend ridicule. Le Québec intello est un grand naïf, niais et réactionnaire.
Tout en réalisant que "l'Amérique profonde", comme cet Arizona désertique, a ses défauts comme tout le monde, il faut s'ouvrir à ce qu'elle a de légitime, d'original et de vivant. Sinon, on ne comprend rien, ni à Sarah Palin, ni à Glenn Beck, ni à Gingrich, Jeb Bush ou à notre bon "preacher" Huckabee. Vous discuteriez 5 minutes avec l'un d'eux et vous seriez complètement ébahie par leur argumentaire, que vous réduisez à priori à du populisme intéressé et stupide. Non pas qu'ils aient parfaitement raison en tout, mais que votre incapacité de considérer que ces gens réfléchissent, différemment de vous certes, vous met dans une piètre situation en tant que journaliste "professionnel".
Oui, votre point de vue est riche et "informé", vous avez des choses à dire, pertinentes. Mais essayez de réduire ces gens ainsi (le circuit des "apparitions payantes", Clinton et Gore en vivent ... et si Fox se peinture à droite, mais pas si loin du centre !!, CBS et MSNBC sont pas mal à gauche merci !!), par une description au vocabulaire assassin et choisi (bravo, belle prestation toute en retenue ...) ne renseignera pas vraiment la cohorte qui s'abreuve à vos propos.
Sarah Palin est une industrie, elle peut se contenter d'être "King Maker" et ce sera rentable.
Franc Laplante, Rep
1 juin 2011
Je serais tres surpris de voir Sarah Palin dans la course a la présidence , elle aurait beaucoup trop a perdre si elle se faisait battre a plate couture par monsieur Obama , elle fait beaucoup d`argent présentement pour faire ce qu`elle fait et elle a l`air d`avoir du plaisir , elle ne risquera pas de perdre des $$$ en allant se faire tailler en pieces dans une élection .
Michel Edoin, trois rivieres

