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Mercredi 19 juin 2013 20 h 44 HAE


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Cet espace de dialogue, de réflexion et de débat d'idées est aussi le vôtre. Nos carnetiers sont là, non pour mettre de l'avant leurs opinions, mais pour lancer une discussion et vous permettre de vous exprimer sur les événements marquants qui surviennent ici ou ailleurs dans le monde. Nous lisons tous les commentaires reçus, mais nous modérons chacun des carnets pour ne retenir que les commentaires les plus pertinents selon les sujets abordés. Seules les interventions signées et faites dans le respect d'autrui sont retenues. Pour en savoir plus, lisez
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Carnet Yanick Villedieu

13 mai 2011

Vers une « autre science »?


Une « autre science » est-elle possible? Pendant trois jours, au cours du Congrès de l'ACFAS qui s'est tenu cette semaine à l'Université de Sherbrooke et à Bishop's, des chercheurs se sont posé cette question.  
 
Ils ont parlé de science « collaborative », « inclusive », « engagée ». De « citoyenneté scientifique ». De « démocratie scientifique ». Ils ont fait la critique de la « marchandisation » de la science « néolibérale ». 
 
Le savoir, pour faire quoi? 
 
Car il y a débat, pour ne pas dire controverse. Se pose en effet la question de la place de la science dans notre société et du rôle des chercheurs d'universités, universités qui sont des institutions publiques ou financées par des deniers publics. Au service de qui, la science et les scientifiques? D'intérêts privés? Ou de la société tout entière? 
 
Dans le coin droit, un « référentiel » très en vogue : celui de l'économie du savoir, ou de l'économie fondée sur le savoir. Le savoir doit être utile, rentable, les fruits de la recherche doivent pouvoir être brevetés et commercialisés, le savoir privatisé. Et la compétition féroce. Ce concept d'économie du savoir a été mis de l'avant par l'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économique, dite aussi le club des pays riches, au milieu des années 1990. 
 
Dans le coin gauche, un autre « référentiel » : celui de sociétés du savoir. La recherche, ici, doit être au service du développement humain et social, de la justice, de l'amélioration de l'environnement et de la santé, de la paix, du rapprochement entre le Nord et le Sud.  
 
On ne parle plus tant d'innovation technologique que d'innovation sociale. Au lieu de compétition, entre les chercheurs, entre les universités, entre les pays ou les blocs de pays, on parle de partage et de solidarité. Ce concept de sociétés du savoir a été élaboré, au milieu des années 2000, par une autre grande organisation internationale, l'UNESCO. 
 
Grandes questions 
 
Idéalistes? Naïfs? Voire en retard d'une guerre? Les chercheurs qui veulent lancer ce débat sur la place publique et dans les universités ne sont-ils que cela? Ou au contraire, arrivent-ils à point nommé pour lancer une discussion essentielle? Et pour promouvoir, comme ils l'ont dit tout au long de ces trois journées de colloque, une « autre science »? En tout cas, ils ont lancé mardi l'Association science et bien commun pour que ces discussions se poursuivent au-delà de leur colloque. 
 
Grandes questions, sur lesquelles j'aimerais vous lire ici. Et que nous aborderons — entre autres sujets — dans notre émission spéciale ACFAS 2011, enregistrée jeudi en public.


Écoutez Les années lumière, animée par Yanick Villedieu

Vous avez des questions, des remarques ou voulez me suggérer des thèmes que je n'ai pas abordés?

Écrivez-moi à : carnets@radio-canada.ca

Après ses études à l'École supérieure de journalisme de Lille, en France, et quelques années de journalisme général, Yanick Villedieu a commencé à faire du journalisme scientifique et médical au milieu des années 70. Au magazine Québec Science notamment, puis, pendant deux ans, à la télévision de Radio-Canada, à l'émission Science-Réalité.

Depuis 1982, il a animé à la radio de Radio-Canada l'émission Aujourd'hui la science, devenu Les années lumière. Il collabore également au magazine L'actualité.

Les champs d'intérêt principaux de Yanick Villedieu sont la médecine et la biologie - deux des domaines les plus fascinants et les plus actifs de la science contemporaine -, notamment ces grandes questions de l'heure que sont le cerveau, le cancer, le sida, la génétique fondamentale et appliquée...

Il a publié quatre livres: Demain la santé (Québec-Science Éditeur, 1976), Le Québec sur le pouce (Éditeur officiel du Québec, 1978 et 1984), La Médecine en observation (Les Éditions du Boréal, 1991) et Un jour la santé (Les Éditions du Boréal, 2002).

27 mai 2011

Ces notions de brevets qu'on qualifie d'exagérés est surtout un cadeau de nos voisins du sud. J'admire beaucoup le principe australien du brevet qui donne l'exclusivité économique d'une découverte à son créateur pendant 8 ans avant que ça tombe dans le domaine public. Ça me semble équilibré entre la rentabilisation de la recherche et son usage ultérieur par la société. Ils ont le sens de l'humour aussi à ce propos: un Australien a breveté, avec succès, la roue en 2001. Depuis 2009, on peut s'en servir sans craintes de poursuites en Australie. :D 
 
@Anik: http://www.haarp.alaska.edu/haarp/gen.html 
 
Le reste, c'est du conspirationisme paranoïaque.

Jean Dufour, Montréal

24 mai 2011

Merci de me faire enfin comprendre ce qu'on entend par "économie du savoir". Je suis professeur de biologie au niveau collégial. Je me passionne pour l'évolution, l'environnement et le développement durable. Ces trois thèmes concourent à l'émancipation de citoyens responsables.  
 
Je tente d'inculquer ou de stimuler l'esprit critique de mes étudiants et de mieux leur faire comprendre ce qu'est la science. Science et environnement vont selon moi de paire avec l'économie. Mais pas celle des profits à court terme, des profits à tout prix, des profits toujours croissants pour les actionaires. La science au profit du mieux-être de tous, au profit de l'équité, voilà ce qui, à long terme, pourrait assurer un avenir prometteur à tous et pour de nombreuses générations.

Patrice Babeux, Québec

24 mai 2011

Bonjour M. Villedieu. Je me demandais si vous connaissez des liens ou informations sur le projet HAARP. Je suis curieuse car dans mon entourage ça crée une polémique.  
 
Merci bien à vous et continuez votre excellent travail.

Anik St-Martin, montreal

18 mai 2011

Il faut admettre les énormes efforts de nos chercheurs dans tous les domaines (haute technologie-santé-etc) dont nous bénéficions tous... toutefois, il n'y a qu'un domaine qui n'évolue pas depuis 500 ans, celui du pouvoir laissé entre les mains des banquiers de créer l'argent sous forme de dettes-intérêts. 90% des problèmes que nous connaissons ont pour origine cette manière de créer l'argent. Il y a des chercheurs en économie qui ont produit d'intéressants travaux, le prix nobel Maurice Allais, l'ingénieur-cénomiste C.H. Douglass, etc. Mais leurs travaux allaient à l'encontre de l'argent-dette des banquiers actuellement en vigueur... conclusion: seul un peuple éclairé pourra donner droit de cité à de véritables chercheurs en économie et en matière monétaire.

Martin Lacoursière, Rouyn-Noranda

15 mai 2011

J’ai toujours admiré Benjamin Franklin, non seulement l’homme politique, l’humaniste, le diplomate et plus encore l’homme d’esprit amoureux des arts et des sciences. Il aurait pu élaborer une fortune sur sa découverte du paratonnerre. Pourtant sa passion, était l’électricité, toutes ces choses incroyables que cela pourrait engendrer. Il ne s’est pas trompé. Le partage était pour lui, l’occasion de confronter, progresser, apprendre des autres. Si ses découvertes permirent de rendre des gens heureux, les aider dans leurs affaires, contribuèrent au bien-être de la société. Tout cela allait de soit. Diffusait le dessin parfait d’une science généreuse. 
 
Franklin était un rêveur conscient de la réalité de son époque, de l’environnement de son temps, des disparités qui existent entre individus. C’était un visionnaire. Il estimait que les choses de la science sont faites pour servir et pour le plaisir. Le rêve est-il mort ou est-il encore incréé ? 
 
Depuis le 18ième siècle, on ne saurait nier quantité d’avancées, si ce n’est que le bien de tous n’à guère été le credo observé. Le bien dans ce cas est un aléa, il se produit au hasard sans avoir été l’objectif recherché. Il reste d’immenses disparités qui ressemblent à des gouffres qu’on ne franchira qu’en restaurant des ponts. Si l’instruction humaine a progressé, qu’on soit parvenu à presque éradiquer certains maux, d’autres fléaux sont apparus, certains pires. Beaucoup de personnes verront leur épanouissement humain compromis par le manque d’instruction. 
 
La communauté scientifique n’est pas seule, elle n’a pas tous les pouvoirs. Elle dispose pourtant d’un petit avantage. Elle possède ce don, les femmes et les hommes de science sont instruits. Je songe que ceux et celles qui ont reçu ce don doivent contribuer autant que faire se peut à instruire les autres, servir notre genre pour donner raison à Franklin. Ainsi prouver que nous ne sommes pas venus ici seulement pour rien comme un avatar parmi d’autres sur le chemin pavée d’embûches des l’évolutions.

Serge Drouginsky, Longueuil

14 mai 2011

Tout change constamment, même la science. La véritable science n'est pas binaire. Un jour viendra où toute science, des mathématiques à la sociologie, ne sera qu'un seul corpus de connaissances au service de l'ensemble des êtres. Bien peu de vérités sont absolues, et elles seront connues par l'ensemble.

JF Duranleau, Saint-Lambert

14 mai 2011

Il faut des deux types de science, évidemment! 
 
L'humain est de nature compétitive (comme tous les vivants...), alors il lui faut cette composante motivatrice. 
 
Mais l'humain a aussi une conscience collective (seul, il ne survit pas), alors collectivement, il doit s'assumer. 
 
Il est bien évident que les multinationales tirent les Universités de leur bord, alors les États doivent tirer en sens inverse pour rétablir l'équilibre. 
 
Tout miser sur l'une ou l'autre science est perdant d'avance.

Y. Poudédok, ste-julienne

14 mai 2011

On peut bien rêêêêêver de ''démocratie scientifique'', si nous ne vivons pas en vraie démocratie, si les gens officiellement au pouvoir ne sont que les marionnettes des financiers et des multinationales alors, la science ou ce qui en reste, est aux très bas services des dessins du capitalisme débridé, aux services des exploiteurs de l'humanité et de la biosphère entière. 
 
Dans le monde de la consommation où nous vivons, est-il possible de faire réaliser à une majorité que le matérialisme est un piège qui a pour conséquence l'établissement d'une gouvernance mondiale 'fasciste' à peine voilée ?!? 
 
La Vraie Modernité exige l'usage de la raison dans le respect mutuel, ce dont nous nous éloignons à vitesse grand 'V'. 
 
Le pouvoir est déjà entre des mains machiavéliques, des gens se servant des technologies pour dominer dans la tromperie.  
 
Qui encourage allègrement le 'créationnisme', le retour aux archaïsmes des temps de la grande noirceur ? 
 
Désespoir !!!!! (bon colloque quand même, là)

Robert Paradis, Boucherville

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