24 mars 2011
En Libye, l'improvisation
La Libye sera-t-elle un autre clou dans le cercueil de l'impérialisme occidental et du néocolonialisme? Posée de cette façon provocatrice et outrancière, la question ressemble à de la rhétorique gauchiste. Mais derrière la formulation caricaturale, c'est un vrai problème qui se pose.
Voilà des puissances occidentales - États-Unis, France, Grande-Bretagne, avec quelques soutiens, qu'ils soient italiens ou canadiens - engagées, après un vote à la va-vite au Conseil de sécurité, et avec l'abstention humiliante de cinq poids lourds internationaux (Chine, Inde, Russie, Brésil, Allemagne), dans un combat aux alliés mal connus, aux objectifs mal définis... et où la chaîne de commandement n'était même pas arrêtée au moment du déclenchement de l'attaque!
Au moment d'écrire ces lignes (le mercredi 23 mars), les pays membres de l'OTAN se chamaillaient encore, réunis pendant plus de 48 heures derrière des portes closes à Bruxelles pour savoir qui exactement allait mener la suite des opérations et quel serait au juste le « chapeau » politique qui piloterait toute cette aventure.
Quels objectifs?
Incertitude, d'abord, sur les objectifs. Instaurer une zone d'exclusion aérienne, clouer au sol les avions et les hélicoptères de Kadhafi? Fort bien. Après quatre jours d'opérations aériennes, cela semblait chose faite... Mais l'autre objectif, celui, primordial, de « protéger les civils », inscrit depuis 2005 comme obligation dans les textes de l'ONU, et repris dans cette résolution 1973 du 17 mars qui autorise l'intervention aérienne en Libye, n'était manifestement pas atteint. Et ce, malgré le succès « technique » de l'embargo aérien...
Que dire, en effet, de la situation à Misrata, cinq jours après le début des opérations aériennes, où les tanks de Kadhafi soumettaient cette ville importante (la troisième du pays) à un siège, et où la situation humanitaire était décrite comme « critique » par un médecin sur place interviewé par Delphine Minoui, collaboratrice de Radio-Canada?
Autre flou sur les objectifs : veut-on, oui ou non, en finir avec le colonel Kadhafi... et y mettre tous les moyens? Les dirigeants occidentaux ont multiplié les déclarations sur ce sujet, certains disant « oui », d'autres « peut-être »... mais personne voulant, en tout cas, le faire soi-même. Puisque, après tout, « ce n'est pas à nous à faire ça, c'est au peuple libyen de se débarrasser de son dictateur ».
L'intervention aérienne a certes, dans les premiers jours, permis d'éviter que ne retombe Benghazi, le bastion rebelle, à l'est du pays, aux mains des pro-Kadhafi. Mais elle n'a pas pour autant renversé le cours des événements de façon décisive, comme l'espéraient les « alliés ».
Cette intervention limitée de l'Occident pourrait avoir pour effet pervers non pas de faire gagner la rébellion en privant le régime de son avantage militaire aérien, mais plutôt de « figer » la situation sur le terrain, dans une impasse et un blocage mutuel des forces en présence. Ce qui pourrait signifier, à terme, une partition de facto de la Libye.
Rêver en couleurs
C'est sur ce fond d'impasse stratégique sur le terrain que les Occidentaux, entre ONU et OTAN, ont étalé leurs divisions, les Allemands se désolidarisant publiquement des Français en plein Conseil de sécurité, puis agissant – avec les Turcs, semble-t-il – pour bloquer la mise en place d'une structure politique qui chapeauterait l'intervention des alliés... Intervention qui, aux dernières nouvelles, passerait sous la direction « technique », mais non « politique », de l'OTAN.
Ceux qui ont décrit l'intervention en Libye comme une simple opération humanitaire, doublée d'un petit « coup de pouce » stratégique aux insurgés, qui suffirait, par la magie de quelques bombardements et quelques patrouilles aériennes, à faire sauter le « verrou Kadhafi » ont probablement rêvé en couleurs.
Même sans avoir mis les pieds au sol, les forces occidentales ont sans doute mis le doigt dans un engrenage. À la clé, un blocage prolongé sur le terrain, ou pire encore : un désastre humanitaire qui se produirait malgré l'intervention aérienne, et contre lequel, à défaut de pouvoir intervenir au sol, on ne pourrait rien faire.
Quant à l'analyse selon laquelle il s'agirait d'une intervention bien huilée et planifiée des « agents politiques et financiers » anglo-américano-occidentaux, pour mettre la main sur le pétrole et installer à Tripoli un régime à leur main... ce n'est pas – mais absolument pas – ça qu'on voit en ce moment!
Le déclin de l'Empire occidental?
En fait, les Occidentaux ont été entraînés dans cette affaire à leur corps défendant.
L'improvisation « macho » et théâtrale d'un certain Nicolas Sarkozy y a été pour beaucoup dans cette précipitation et cette improvisation. Les Américains, qui veulent le plus vite possible quitter ce bateau brinquebalant, les Britanniques et les autres avancent dans le brouillard, sans trop savoir ce que sera l'étape suivante.
Ils sont empêtrés. Ils se déchirent entre eux sur la place publique, sous l'oeil officiellement « scandalisé », mais, en réalité, intéressé et goguenard des Russes, des Chinois, des Turcs et de tous ceux qui ont dit « non » à cette équipée.
Les Arabes? Malgré les appels de la Ligue arabe qui se disait, au départ, être partisane d'une telle intervention, la coalition cherche encore désespérément de vrais partenaires de cette région du monde, pour rendre l'intervention plus crédible et plus légitime.
Le pétrole libyen? Il n'est pas si important qu'on le dit (entre 1 % et 2 % du total mondial). Et pas plus qu'en Irak, ce ne seront pas les Occidentaux qui ramasseront le morceau à la fin. Je parierais plutôt sur des compagnies énergétiques russes et chinoises!
Ce à quoi on assiste, dans les sables de Libye, c'est peut-être à un nouvel épisode du « déclin de l'Empire occidental ». Cet empire qui, jadis peut-être, put commander aux éléments et aux roitelets d'Arabie... mais qui n'en est manifestement plus capable aujourd'hui.
Écoutez les analyses de François Brousseau sur notre page
« International »
François Brousseau est le chroniqueur-analyste de Radio-Canada pour les affaires internationales.
François Brousseau est souvent allé sur le terrain à l'étranger. Il a notamment signé, surtout dans Le Devoir, des reportages d'Haïti, d'Italie, de Pologne, de l'ex-Tchécoslovaquie et de l'ex-Yougoslavie, d'Israël, de Taïwan et de Cuba. Au fil des ans, il a pu interviewer des personnalités comme Mikhaïl Gorbatchev, Lech Walesa, Jean-Bertrand Aristide, Kim Dae-Jung, Shimon Peres, Ariel Sharon, José Ramos-Horta, Oscar Arias et Giulio Andreotti.
Entré à l'emploi de la première chaîne radio de Radio-Canada en 2002, il avait déjà une longue expérience en journalisme écrit. Il a notamment fait sa marque comme reporter et éditorialiste aux affaires internationales pour le quotidien Le Devoir de 1991 à 1997, journal dans lequel il a également tenu une chronique hebdomadaire de 2005 à 2007.
En 1994, il a reçu la Bourse Michener pour journalistes. Cette récompense lui a permis de mener un séjour prolongé de recherche en Italie et de ramener plusieurs reportages de ce pays.
Après un mandat de trois ans (1997-2000) comme directeur des communications à la Délégation générale du Québec à New York, il est revenu à Montréal où il a retrouvé sa passion: le journalisme. D'abord à l'écrit en tant que reporter au magazine L'actualité en 2001-2002. Il a été récipiendaire, à ce titre, d'un National Magazine Award pour l'article «Sommes-nous seuls dans l'Univers?», paru en août 2001. Mais aussi et surtout à la radio, qui est devenue, à partir de 2002, son nouveau médium de prédilection.
En 2003 et en 2004, il a été responsable de la revue de presse internationale quotidienne à l'émission Maisonneuve en direct. De 2004 à l'automne 2007, il était responsable des affectations des correspondants, envoyés spéciaux et collaborateurs à l'information internationale pour les nouvelles à la radio.
Passionné des cultures étrangères, François Brousseau parle six langues: français, anglais, espagnol, italien, portugais et polonais.
27 mars 2011
Faudrait-il le traiter de cynique parce qu'il dit la vérité?
Je crois que non. Beaucoup de peuples dans le monde vivent sous la botte des dictatures et occupations étrangères mais sont abandonnés malgré leurs cris de détresse. Palestiniens, Afghans, Congolais etc. sont-ils les grands oubliés de ces brusques sursauts "humanitaires"?
Reconnaissez que ces "interventions humanitaires" que vous acclamez tant sont dictées par des intérêts obscures sans lesquels elles n'auraient jamais eu lieu.
Albert Kapepa, Lubumbashi, RDC
27 mars 2011
L'otan qui s'allie avec al qaida pour renverser Kadhafi, c'est vraiment la fin de l'occident, la mort du bon sens, le debut d'un chaos sans fin.
Comment l'otan a pu faire cette incroyable imbécilité de donner la Libye au djiadhiste quelle combat depuis 9 ans en Irak et en afghanistan. Le sacrifice des 160 soldats canadiens n'a maintenant plus aucune signification réel, trahi par l'avidité aveugle de Sarkozy à soutirer le pétrole des mains des Italiens.
Il ne reste maintenant plus à l'OTAN qu'à fournir les bombes aux terroriste.
Jean-Francois Morissette, Arvida
25 mars 2011
«Les groupes terroristes étaient sur le point d'être vaincus.
Il y avait une proposition pour qu'une équipe d'enquête de l'ONU se rende sur place.
Il y avait des propositions de médiation et de discussions pacifiques».
ça aussi c'est un odieux mensonge i, Monsieur Serge Charbonneau .
jamil amara, Qc
25 mars 2011
La critique est facile pour Mr Francois Brousseau, et l'art difficile pour ce jeux de mots avec un certain film Canadien "Le déclin de l'Empire Americain".
Etait il préférable qu'une fois encore l'on reste spectateurs face à un massacre annoncé!.Vous n'aimez peut etre pas Mr Sarkozy , mais il a eu au moins les "Couilles" de le faire et ca coute moins cher que de maintenir 4000 soldats Francais en Afghanistan pour pas grand chose.Vous pourriez peut être demander l'avis aux personnes concernées c'est à dire les Lybiens (qui se taisent tellement ils ont peur de leur dictateur)
jean-claude Ragris, BERN
25 mars 2011
Je suis d'accord avec vous sur la plupart de ce que vous avancez sur l'opération mais sans partager votre point de vue sur la vraie cause de cette guerre : Je suis Congolais d'origine vivant en Europe et j'ai vecu la terrible guerre d'agression du Congo (1998-2003). La principale leçon que j'en retire est que l'occident n'a jamais, même pas en rêve, cherché la paix et la démocratie en Afrique. Il ne vient que pour se servir même au prix de massacres et génocides, soutenant qui ils veulent peu importe ce que pense la population !!! Voilà la dure réalité que vous devez apprendre à communiquer à vos lecteurs. On ne me l'a pas raconté, je l'ai vecu moi-même !
kelly Chrisanthe, Bruxelles
25 mars 2011
«ONU et OTAN, ont étalé leurs divisions, les Allemands se désolidarisant publiquement des Français...»
C'est l'hypocrisie qui est difficile à porter. Voilà pourquoi on se désolidarise. On craint de devoir subir la honte lorsque cette hypocrisie qui aura fait ce nouveau massacre sera dénoncé. Tôt ou tard les atrocités vont sortir et les mensonges seront clairement dénoncés. Plusieurs ne sont pas vraiment à l'aise avec la honte qui pointe à l'horizon. Tuer pour sauver des vies... un moment donné, c'est dur à porter!
Il y a aussi, bien sûr, les intérêts... Toujours très compliqués les intérêts. On peut simplifier en parlant du pétrole, mais ne rien mettre de plus nuancé autour de l'os du pétrole c'est un peu "simpliste". Les enjeux géostratégiques et politiques à long terme, ne sont pas facile à décoder. Il faudrait pouvoir assister à ces réunions des maîtres du monde qui se tiennent derrières de luxueuses portes closes très étanches.
Oui, ceux qui voyaient la petite opération «humanitaire» pour faire tomber le «sanguinaire» rêvaient en couleur. Le massacre en progression était évident. Et il est en cours. C'est un nouveau carnage. On nous le fait applaudir en nous faisant répéter «Kadhafi tire sur son peuple sans défense».
Serge Charbonneau
Québec
Serge Charbonneau, Québec
25 mars 2011
Vous êtes cyniques : je préfère une ONU qui obtient une résolution même avec l'abstention des russes et des chinois (humiliant pour qui, au fait ?), mais qui sauve des gens !
Et si au passage, notre royal histrion joue sa carte électorale, il recevra peut-être un jour un prix Nobel pour avoir sauvé des milliers d"insurgés. Auriez vous déjà oublié Srebrenica ?
antoine turuban, TALANT - France
25 mars 2011
Il était parmi les premiers à réclamer notre aide. Il avait le désire de vivre dans un pays libre où la justice n'est pas affaire d'un seul homme (en outre un psychopathe). http://www.livestream.com/libya17feb
Cette révolution mérite non seulement notre respect et admiration mais aussi notre soutien!
Bravo la coalition ! et je suis de gauche!!!!
Yann Bouteiller, gatineau
24 mars 2011
Encore un article de gauchisme à son paroxysme.
Est-ce que la montée de Airbus doit-être interprété comme "le déclin de Boeing"? Non, de nouveaux joueurs arrivent et d'autres arriveront bientôt de Chine dans le monde de l'aviation.
Il en va de même pour ce que vous décrivez "déclin de l'empire occidental". Ce monde occidental a mené l'ex-URSS et bien des pays dans le monde vers la démocratie et le capitalisme. Ce que vous décrivez comme un déclin occidental est plutôt une montée en puissance de la démocratie, de la liberté et du libre-marché où il y a désormais plus de joueurs.
La Libye c'est un coup de dé qu'on devait de tenter. La victoire n'est pas certaine car celle-ci dépend de la volonté du peuple de Libye.
De même nous avons donné un coup de pouce aux révolutions d'Égypte et de Tunisie en assistant devant nos Téléviseurs et en manifestant de toutes sortes de façon notre appui.
Mais si vous voulez que l'occident montre sa puissance alors allez voir en Irak et vous verrez que Saddam Hussein a été pendu, qu'il y a une démocratie et que ce début de démocratie a donné le ton à bien des peuples arables.
Oui je suis de droite.
Carl Bilodeau, St-Bruno de Montarville
24 mars 2011
Merci bien M. Brousseau pour cette analyse très pertinente qui évite l'écueil si courant de la rprésentation manichéenne du monde. Pour avoir lu dans Rue 89 (je crois) le rôle d'entremetteur joué par Bernard-Henry Lévy entre l'Opposition libyenne et Sarkozi, un truc que Jean-Paul Sarte n'aurait pas hésité à qualifier d'événement relevant de la pure "contigence", nous voilà coïncé avec un énorme problème. Évidemment, la solution Afghane de 2001 vient tout de suite à l'esprit, mais qui va oser encadrer les rebelles avec des forces spéciales capables de diriger des frappes chirurgicales pendant un offensive rebelle. Les Américains? Impossible. Ne reste plus que la Légion étrangère et les SAS. Sarkozi et Cameron oseront-ils? j'en doute. Wait and See...
Bigras Pierre, St-Émile-de-Suffolk
24 mars 2011
Merci pour cet éclairage cru mais réaliste.
Je pourrais ajouter que Mr Sarkosy aille se présenter aux futures élections démocratiques en Lybie ou il serait acclamé, il parait qu'il va y avoir un poste à pouvoir. Nous on n'en veut plus. On est de plus en plus nombreux à avoir honte de ce pantin gesticulant, de cette girouette agitée qui tourne la tête des Français, conduit notre politique étrangère dans le mur sous les conseils de quelque écrivaillon en mal d'autopromotion, et donne au final une image déplorable de notre pays.
jean CIACCAFAVA, noumea
24 mars 2011
Monsieur Brousseau dit:
«En fait, les Occidentaux ont été entraînés dans cette affaire à leur corps défendant.»
Je suis en total désaccord avec M. Brousseau sur ce point. Les Occidentaux, France en tête et ÉU (Clinton) plus hypocritement se sont précipités dans cette tuerie dès les premiers jours. Personne ne les a "entraînés ". Même que personne ne pouvait les retenir. Ils ont eu cette envie irrépressible d'aller sauver ce peuple "élu" de la Libye. On peut tuer des manifestants partout ailleurs (sauf en Côte d'Ivoire et en Syrie) et on ne lèvera pas le petit doigt.
Étrange avec quelle acuité Monsieur Brousseau peut déceler le «goguenard » des regards de certains sombres (sic) régimes.
« l'oeil officiellement « scandalisé », mais, en réalité, intéressé et goguenard des Russes, des Chinois, des Turcs et de tous ceux qui ont dit « non » à cette équipée. »
Jamais aucun gouvernement de l'axe du bien n'aurait « l'oeil officiellement « scandalisé », mais, en réalité, intéressé et goguenard ».
Imaginez lire « l'oeil officiellement « scandalisé », mais, en réalité, intéressé et goguenard des États-Unis ». Wow! Anti-américanisme «primaire»! Jamais les États-Unis n'ont été, de toute leur Histoire, intéressés et goguenards !
Serge Charbonneau
Québec
Serge Charbonneau, Québec
24 mars 2011
Simplement merci à François Brousseau pour cet autre son de cloche fort pertinent et objectif. Il est rassurant de pouvoir lire l'avis éclairé de gens neutres et compétents tel que vous.
Stéphane Bastien, Acton Vale, Québec
24 mars 2011
La meilleure façon de « protéger les civils » aurait été de ne pas faire la guerre.
Les groupes terroristes étaient sur le point d'être vaincus.
Il y avait une proposition pour qu'une équipe d'enquête de l'ONU se rende sur place.
Il y avait des propositions de médiation et de discussions pacifiques.
On a préféré passer aux nuits de bombardement intense.
Ce n'est pas en bombardant massivement que l'on «protège des civils».
Les bombardements massifs sont des tueries massives.
De toute évidence, le prétexte de «protéger les civils» est un odieux mensonge.
On vise plutôt carrément à renverser le gouvernement libyen et même à assassiner ses dirigeants.
Lorsqu'on fait la guerre, les situations humanitaires sont toujours «critiques».
La guerre blesse horriblement et tue, c'est prouvé.
Nous n'avons nul besoin de témoignage de médecin pour en être conscient.
En utilisant massivement ses armes contre la Libye, l'Occident favorisait la guerre et non la Paix et favorisait par le fait même, la crise humanitaire qu'elle dit hypocritement vouloir éviter.
Toute cette guerre repose sur le mantra aiguillant le jugement qui dit «Kadhafi tire sur son peuple sans défense» C'est le mensonge qui sert à faire cette nouvelle guerre impériale.
Il n'y a aucun flou. On veut éliminer Mouammar Kadhafi et sa famille.
Et après Saddam, après Kadhafi, pourquoi pas el-Assad, puis Chávez et Morales et tous ces déplaisants qui empêchent la bonne marche de l'empire du bien.
You are with us or with the terrorrist!
Depuis le 11 septembre, il n'y a pas d'entre-deux. Le gris à disparu. Le monde est noir ou blanc. Et ici, nous sommes les bons et notre armée purifie le monde de tous ces méchants. Leur but est bien sûr «humanitaire»... Comme si le monde se souciait vraiment de la souffrance humaine !
Il faut sortir de la caricature et voir les choses en face. Nous vivons dans un monde où l'hypocrisie prévaut et où on tue sous le prétexte de sauver des vies!
Serge Charbonneau
Québec
Serge Charbonneau, Québec
24 mars 2011
Le ministre Canadien de la défense fait un point quotidien sur les « soi-disant » opérations en Libye. Ce ne sont pas des opérations mais plus tôt une agression contre un pays souverain. Qu'il enlève l'écriteau derrière lui. Qu'on ait le mandat de l'ONU ou non, un pays ne peut pas être attaqué de la sorte quand ce pays a déclaré un cessez-le-feu dès la résolution.
Les rebelles ont été accueillis a Paris par le président français, Sarkozy, et il a promis de les protéger contre les troupes nationales. Qu'est-ce qui se cache en dessous de la rapidité de l'intervention militaire des Occidentaux ? Comme en Irak, nous finirons toujours par le savoir.
Kabeya Gaspard, Oshawa, ON

