31 janvier 2011
La crise égyptienne vue de Washington
Voici les déclarations américaines relativement à la crise égyptienne depuis la semaine dernière. De vendredi à dimanche, on note une lente évolution, mais aussi une grande prudence.
Jeudi soir 27 janvier 2011
Entrevue du vice-président Joe Biden à NewsHour, sur PBS
Le vice-président refuse de dire qu'Hosni Moubarak devrait être vu comme un dictateur. Il rappelle que le président égyptien est un allié des États-Unis et laisse entendre que les États-Unis croient que le raïs va répondre aux besoins exprimés par les manifestants.
Vendredi matin 28 janvier 2011
Déclaration de la secrétaire d'État Hillary Clinton
« Nous continuons à suivre la situation de très près. Nous sommes profondément inquiets à propos de l'utilisation de la violence par la police et les forces de sécurité contre les manifestants, et nous demandons au gouvernement égyptien de tout faire en son pouvoir pour restreindre les forces de sécurité. De la même façon, les manifestants ne devraient pas avoir recours à la violence. »
Vendredi après-midi 28 janvier 2011
Séance d'information du secrétaire de presse de la Maison-Blanche, Robert Gibbs (retardée de plusieurs heures en espérant l'allocution d'Hosni Moubarak, sans succès)
« Les demandes légitimes qui font surface doivent être prises en compte immédiatement. La violence n'est pas la réponse. »
Il lance l'avertissement suivant : les États-Unis pourraient réexaminer leur politique d'aide sur la base de la réponse du gouvernement égyptien aux événements des jours à venir.
Vendredi soir 28 janvier 2011
Déclaration du président Barack Obama (après une conversation de 30 minutes avec Hosni Moubarak)
« Quand le président Moubarak s'est adressé au peuple égyptien, il a promis une meilleure démocratie et de meilleures perspectives économiques. [...] Je lui ai dit qu'il a la responsabilité de donner du sens à ces mots, de poser des gestes concrets pour transformer ses mots en actions. La violence n'est pas une réponse aux demandes des Égyptiens, et la suppression des idées ne les élimine pas. »
Samedi matin 29 janvier 2011
Microbillet du porte-parole du département d'État, Philip J. Crowley
« Il ne s'agit pas simplement de remanier les cartes », écrit-il en réaction à la nomination d'Omar Suleiman comme vice-président. « Les Égyptiens n'acceptent plus le statu quo. Ils attendent de leur gouvernement qu'il instaure un processus pour mettre en oeuvre de vraies réformes. »
Samedi après-midi 29 janvier 2011
Communiqué de la Maison-Blanche (après une réunion du président Obama et de son conseil de sécurité)
Washington renouvelle son appel « à la retenue, à soutenir les droits universels et à soutenir des mesures concrètes qui feront avancer les réformes politiques en Égypte. »
Dimanche matin 30 janvier 2011
Déclaration de la secrétaire d'État Hillary Clinton
Mme Clinton participe à toutes les émissions hebdomadaires de télévision. Ici à Meet the press, sur NBC
« Si ce gouvernement, en réponse aux besoins de son peuple, pose des gestes qui entraînent une transition ordonnée vers un régime démocratique, ce sera dans l'intérêt supérieur de tous, y compris du gouvernement actuel. » Elle a aussi demandé des élections justes et libres.
Le président Obama s'est entretenu au téléphone notamment avec les premiers ministres turc et britannique et avec le roi d'Arabie saoudite. En fin de journée, la Maison-Blanche exprimait aussi son souhait pour cette transition ordonnée.
Lundi après-midi 31 janvier 2011
Séance d'information du secrétaire de presse de la Maison-Blanche, Robert Gibbs
Il explique que cette transition ordonnée veut dire qu'il doit y avoir des rencontres entre le gouvernement et des représentants multiples de la société égyptienne, y compris des groupes d'opposition. Il doit y avoir des élections présidentielles et parlementaires libres et équitables en septembre prochain et des changements constitutionnels pour améliorer le processus démocratique.
Écoutez les reportages de Manon Globensky sur notre page
« International »
Elle a fait ses débuts comme reporter radio en 1986. Elle a occupé le poste de correspondante parlementaire à Ottawa de 1994 à 2004, tout en faisant quelques couvertures à l'étranger. Ainsi, elle s'est rendue au Kosovo en 1999, en Afghanistan en 2001 et 2006, au Koweït et en Irak en 2003. Elle était également sur place lors du départ du président Jean-Bertrand Aristide d'Haïti, en 2004.
Lorsqu'elle était correspondante au Proche-Orient de 2004 à 2007, Manon Globensky a suivi le retrait israélien de la bande de Gaza, l'élection du Hamas lors des législatives palestiniennes et les récentes tensions entre le Fatah et le Hamas. Elle a aussi couvert les élections présidentielles en Égypte, les importants changements politiques au Liban et la guerre entre le Hezbollah et Israël en 2006.
Elle a ensuite été la correspondante de la radio de Radio-Canada à Paris pendant trois ans. Elle y a couvert l'actualité dans toute l'Europe.
4 février 2011
Croire que les États Unies se préoccupe de démocratie, y compris chez eux, est d'une grande naïveté. Cela témoigne de l'efficacité de la propagande.
« entre les Accords de paix de Camp David en 1978 et l'An 2000 (l'année pour laquelle les chiffres les plus récents sont disponibles) les États-Unis ont apporté une aide aux forces armées égyptiennes pour la somme totale de 38 milliards de dollars. L'Égypte a ainsi reçu, chaque année, une aide de deux milliards de dollars dont 1.3 milliard sous la forme d'un financement extérieur pour la défense et environ 815 millions de dollars pour un fonds d'aide économique, la plaçant, après Israël, au second rang des pays récipiendaires de l'aide militaire et économique régulière des États-Unis (tableau 1). De plus, en 1990, les Étatsuniens ont effacé une dette cumulée pour des dépenses militaires de ce pays de l'ordre de 7.1 milliards de dollars et ce pour compenser le coût engendré pour la participation de ce pays à l'Opération Desert Shield. De plus, L'Égypte a reçu, à chaque année, du Pentagone une aide pour l'achat d'équipements militaires non prévus totalisant des centaines de millions de dollars...» (FAS). Jules Dufour
denis miron, montbeillard
4 février 2011
#1
«C'est un paradoxe que la nation qui a tant fait pour intégrer les droits de l'homme dans ses documents fondateurs se soit toujours opposé à la mise en place d'un cadre international pour protéger ces mêmes principes et valeurs.» Amnesty International - "United States of America - Rights for All" Oct. 1998
« Les États-Unis préfèrent compter avec des alliés sûrs plutôt que sur des voisins démocratiques ». Le président Lyndon Johnson 1964 (la doctrine Johnson)
Faut-il croire toutes ces déclarations publiques de l'administration étasunienne relatives à la crise égyptienne actuelle ? Absolument pas. Tout cela, c'est de l'image et Obama excelle à ce jeu d'illusions.
denis miron, montbeillard
1 février 2011
Les Etats aurait du retirer une lecon des événemets de 1975....quand s est terminé leur support au Gouvernement pourris de Saigon......
Ils avaient tellement le nez dedans....qu on voyait a la TV les soldats américains jeter par dessus bord les hélicopteres qu ils n avaient plus assez de place pour les ranger....
Un produit qu il serait bon pour eux d exporter serait la Démocratie....c est pas bon juste pour les Américains. Je comprend que dans certains cas qu ils ne peuvent pas faire autrement en attendant des changements de la situation (Kharzai?...) mais avec la crise d aujhourdui, on voit tres bien de quel coté ce trouve le bien du peuple Egyptien....
Normand Lemay, Trois-Rivieres
1 février 2011
Simplement quelques observations:
1- Aujourd'hui, premier février, c'est une journée test:
pour l'opposition à Mubarak (combien de participants?),
pour l'armée égyptienne (respect de leur engagement à éviter la confrontation violente?)
et pour Mubarak lui-même (il comprendra enfin que son avenir est derrière lui?).
2- En Israel, on est inquiet, avec raison. Il est dommage que l'État israélien n'ait pas profité des trente dernières années pour construire une paix durable.
3- La diplomatie américaine n'a pas vu venir et tarde à réagir. C'est vrai. Mais, la diplomatie européenne n'a rien vu non plus et tarde encore davantage. Et que dire des Russes et des Chinois ... et des anciens alliés non-alignés.
-Il est assez ironique d'entendre le gouvernement iranien soutenir les manifestants!
Laurent Emond, Québec
31 janvier 2011
oh que ca patine a washington, on doit y être en train de sauver du temps pour regarder les c.v. des remplacants potentiels et "fideles" des u.s.a. ca doit faire du surtemps a la c.i.a.c'est temps si, a suivre.
Alain Dumas, Sherbrooke
31 janvier 2011
Je n’ai pas attendu le 31 janvier pour écrire à peu près la même chose que celle dite par le secrétaire de presse Robert Gibbs.
Voici ce que j’écrivais sur le carnet de Sophie Langlois le 27 janvier (mon texte rédigé le 26) :
« La bonne nouvelle, car c’en est une, est qu’il est prévu en septembre 2011, des élections présidentielles multipartites, selon toutes vraisemblances Moubarak ne devrait pas se représenter, il va si je ne m’abuse avoir 83 ans. Aussi nul besoin de partir une révolution maintenant puisque avant la fin de l’année la tête du pays devrait avoir changée. Il ne nous reste plus qu’à prier et nous croiser les doigts pour que le peuple souverain égyptien soit guidé d’une main heureuse et qu’il fasse le bon choix. »
Bravo pour cet assemblage de déclarations qui nous instruit quant à l’art et la manière de procéder dans les belles administrations.
Serge Drouginsky, Longueuil

