8 septembre 2010
Banque du Canada : dernière hausse?
Malgré l'absence de pression inflationniste et malgré le ralentissement économique en cours au Canada depuis le fort rebond de la croissance en début d'année, la Banque du Canada a choisi d'augmenter son taux directeur pour une troisième fois de suite, de 0,25 point à 1 %.
Cette décision était attendue : 12 économistes sur 17, sondés par la firme Bloomberg, avaient prédit cette nouvelle hausse du taux directeur.
La Banque du Canada explique dans son communiqué que « la consommation et l'investissement ont évolué largement comme prévu », et elle « s'attend à ce que la consommation progresse toujours vigoureusement et à ce que l'investissement des entreprises augmente fortement ».
Toutefois, la banque centrale voit que la reprise mondiale « demeure inégale », en particulier aux États-Unis, où « les indicateurs récents laissent entrevoir une reprise plus modeste à court terme ».
Ralentissement au Canada
« La Banque prévoit maintenant que la reprise économique au Canada sera légèrement plus graduelle qu'elle ne l'avait projeté dans la livraison de juillet du Rapport sur la politique monétaire, peut-on lire dans le communiqué de l'institution, en raison essentiellement de l'affaiblissement des perspectives concernant l'activité aux États-Unis. »
Cela dit, il se peut fort bien que la Banque du Canada suspende la remontée des taux d'intérêt. La croissance du PIB au Canada est tombée à 2 % en variation annualisée au deuxième trimestre, et la demande américaine laisse perplexe. Chez nos voisins du sud, d'ailleurs, la Réserve fédérale n'est pas du tout sur le point d'augmenter son taux directeur, maintenu dans une fourchette de 0 à 0,25 %.
La Banque affirme que « toute nouvelle réduction du degré de détente monétaire devra être évaluée avec soin, à la lumière de l'incertitude inhabituelle pesant sur les perspectives ».
Des avis partagés
Selon les économistes de la Banque Royale, « les incertitudes significatives sur les perspectives à court terme pour l'économie mondiale comme pour l'économie canadienne suggèrent la suspension de la hausse des taux d'intérêt jusqu'à ce que ces inquiétudes s'évanouissent ».
Son de cloche semblable chez Desjardins, qui croit que « les autorités monétaires pourraient, dans ces circonstances, juger plus prudent de procéder dès octobre à une pause dans leur cycle de resserrement monétaire. La poursuite du resserrement monétaire pourrait être envisagée au printemps prochain, soit lorsque les perspectives économiques nord-américaines seront plus solides ».
À la Banque de Montréal, il n'est pas clair que la Banque va cesser d'augmenter les taux. « Il semble qu'il faudra un ralentissement plus important de la consommation domestique que ce que nous avons vu jusqu'à maintenant pour pousser la banque centrale à stopper la hausse de son taux directeur. »
Regardez RDI en direct sur l'économie, animée par Gérald Fillion
Retrouvez Gérald Fillion au Téléjournal (à 21 h HE à RDI et 22 h HE à la Première Chaîne), au Téléjournal Montréal (18 h HE), dans les les téléjournaux de plusieurs stations du réseau et à RDI (16 h 15, 17 h 15 et 18 h 30). On peut aussi l'entendre à la radio, à Classe économique et dans les émissions du retour à la maison partout au pays.
9 septembre 2010
Je ne crois pas que ce sera la dernière hausse, grâce aux beaux efforts de la Banque du Canada et de la SCHL les canadiens sont maintenant sur-endettés. Le taux moyen d'endettement des ménages était de 146% des revenus à la fin 2009 et sera sans doute pas loin de 160% à la fin de cette années, un taux semblable aux Américains avant leur débâcle immobilière... C'est la croissance de cet endettement qui a soutenu l'économie Canadienne durant la récession et nous a fait paraitre mieux que les américains.
C'était de la poudre au yeux, Il y a là potentiel pour une crise majeure.
En haussant ses taux la banque du Canada essaie de contenir le monstre qu'elle a elle même contribué à créer. Bonne chance...
Si elle cesse de hausser les taux c'est que la crise (et l'éclatement de la bulle immobilière) Canadienne aura commencé. La chute drastique des ventes de maisons depuis quelques mois laisse croire que c'est le cas.
Pierre Brasseur, Vaudreuil
9 septembre 2010
la Banque du Canada a beau être un oganisme public, sous les ordres du Parlement fédéral, mais dans les faits, cette Banque ne sert pas véritablement les intérêts des canadiens mais plutot des banques canadiennes...et celà n'est pas peu dire. Combien de passés gouverneurs de la Banque du Canada ont confirmé qu'à chasque fois qu'une banque effectue un prêt, en fait, elle vient de créer cet argent de toute pièce. Mais cette question de la création de l'argent est primordiale dans la compréhension du système monétaire. Et pour comprendre un système, il faudrait avant tout que nous l'explique. Or, une demande en ce sens a été faite dernièrement au Gouverneur de la Banque du Canada afin d'établir un programme national d'éducation financière ou monétaire qui pourrait être répandu dans nos é.coles et universités sur précisément cette question: Qui crée l'argent et dans quelle conditions? Monsieur le Gouverneur Marc Carney a répondu clairement par la négative en précisant: "Il n'appartient pas à la Banque de faire l'éducation financière du peuple..." J'ai le document pour ceux qui le désire. Voilà pourquoi je disais au début dfe mon article: La Banque du Canada n'est pas au service des canadiens mais plutot des banques canadiennes, créatrices de l'argent-dettes et provocatrices de toutes les crises financières que nous connaissons.
Martin Lacoursière, Rouyn-Noranda
8 septembre 2010
Si on résume :
– Un taux directeur de 1% pour nos banques – qui d'apparence sont plutôt en bonne santé – est un taux « tout à fait » concurrentiel, sans que ces dernières ne soient obligées de refiler l'intégral de la facture aux clients, c'est à dire : nous le peuple.
– Bien sûr, comme personne ne sait exactement ce vers quoi on s'en va. On peut compter sur la Banque du Canada pour ajuster le tir au besoin. Voilà qui est très rassurant. Je m'en vais derechef faire le plein d'obligations d'épargne du Canada, je suis confiant que sur de tels taux, qu'elles soient encore honorables longtemps.
– Reste bien sûr la question des liquidités et la capacité des ordres bancaires de constituer des réserves sans pour autant léser les aimables clients qui ont besoin de « cash » pour leurs divers investissements. Jusqu'à présent – chez-nous – tout va bien. Pas comme nos dépensiers et faiseurs de déficit que sont nos voisins du Sud ! Et de toute façon pour que tout se basse bien – chez-nous – on ajustera le taux directeur au besoin.
– Bref, le degré de détente monétaire, c'est un peu comme pour les changements climatiques. On ne sait pas si ce sera vite plus haut ou alors plus bas. Ce qu'on sait c'est que ça devrait un jour finir par changer. Et qu'il faudra bien tôt ou tard en telle occurrence mettre plus d'argent en circulation. Sans bien sûr nous enliser dans une inflation galopante. Juste assez pour être sûr d'une augmentation raisonnable des prix toujours intéressante pour celles et ceux qui prélèvent des bénéfices.
– Pouvons-nous réclamer rien de plus ? Nous sommes en de si bonnes mains. Nous voguons déjà dans les nuages presque aux seuils d'entrée du Nirvana. Bientôt nous serons un Paradis..... fiscal peut-être ! Enfin ! Nous le sommes presque déjà... il y a tant d'honnêtes corporations qui ne payent pas déjà ce qu'il se doit.
Ces propos ne reflètent que sens d'un humour malhabile mâtiné de bouffonnerie douteuse. je m'en excuse d'avance auprès de celles et ceux qui avaient assez de temps à perdre pour me lire.
Serge Drouginsky, Longueuil
8 septembre 2010
J'adresse une prière au Ciel. Mon Dieu, protégez-nous de la grande nouillerie. La Banque du Canada face aux banques est comme la Régie de l'énergie au Québec face à Hydro-Québec, elle dit toujours oui à toutes les demandes qui lui sont faites. Les banques veulent être assurées de ne pas perdre un seul dollar au moindre signe d'une reprise économique. Le moindre profit sera qualifié d'inflation qui sera transformé en hausse hypothécaire. C'est ainsi qu'on tue dans l'oeuf toute reprise économique réelle.
Même si 1/4 de point c'est peu, c'est encore trop en période de crise camouflée. Rien à faire, le GBS ou gros bon sens n'est pas à l'hoirizon.
Jean Lespérance, Montréal Québec

