19 juillet 2010
Le sida de nouveau sous les projecteurs
J'aime l'appeler « le Mondial du sida ». Et cette année, avec la Coupe du monde de soccer en Afrique du Sud, l'un des pays les plus touchés par l'épidémie, le rapprochement est encore plus frappant.
La Conférence internationale sur le sida, qui a commencé hier soir à Vienne, en Autriche, est en effet le grand moment de la lutte contre la maladie. Chercheurs, professionnels de la médecine et de la santé, personnes atteintes, activistes, politiciens, humanitaires, des célébrités engagées dans la cause, comme Bill Clinton ou Bill Gates : tout le monde est là, tous les deux ans, pour parler et reparler du virus de l'immunodéficience humaine et des ravages qu'il cause.
Certains trouveront que c'est trop.
Des progrès, enfin...
Mais contrairement à l'impression qu'on peut avoir dans les pays riches, le sida n'est pas de l'histoire ancienne. Il est encore de grande actualité dans les pays pauvres, les plus durement frappés. Il est même en pleine expansion dans certaines régions, comme l'Europe de l'Est, la Russie en tête, et l'Asie centrale.
Au moins, on commence à entendre de bonnes nouvelles. À l'échelle de la planète, l'épidémie plafonne. Dans certains pays, notamment en Afrique, le nombre de nouvelles infections diminue. Et comme il y a de plus en plus de malades en traitement (l'OMS en annonce aujourd'hui 5,2 millions, soit 12 fois plus qu'en 2003), la mortalité a commencé à diminuer.
On est pourtant loin de pouvoir crier victoire. Il faudrait traiter au moins deux fois plus de malades. Mais on commence à voir le bout d'un tunnel qui a été très, très long : officiellement, le sida a fait son apparition sur l'écran radar de la médecine en 1981.
Des inquiétudes, encore...
Ces (assez) bonnes nouvelles s'accompagnent, à Vienne, de certaines inquiétudes. On se demande si les pays donateurs vont continuer de l'être à la hauteur de besoins qui ne cessent d'augmenter. À lui seul, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme aurait besoin de 17 à 20 milliards de dollars pour la période 2011-2013. Son directeur a bien peur de ne pouvoir réunir cette somme.
Les gains effectués depuis quelques années pourraient donc être remis en cause si l'on ne poursuit pas les efforts. Ce serait d'une grande tristesse. La vie de millions de personnes, femmes, hommes, enfants de tous âges est en cause.
Et il n'y a pas que l'argent qui cause des inquiétudes. Le non-respect des droits des personnes touchées par la maladie, la discrimination et le rejet qui les frappent, la criminalisation de l'homosexualité ou de la prise de drogues qui existe dans de nombreux pays, les restrictions imposées aux voyageurs porteurs du virus : tout cela alimente et aggrave l'épidémie. En ce domaine, les progrès sont encore très lents.
C'est pour toutes ces raisons - les progrès qu'on a faits et les batailles qu'il faudra mener sur tous les plans pour continuer d'en faire - que ces Conférences internationales sur le sida sont utiles. Et même nécessaires.
Et qu'on ne vienne pas me dire qu'on en fait trop pour le sida!
Une note en terminant : le site web de Radio-Canada propose de nombreux documents intéressants sur le sida depuis le début de l'épidémie, notamment le dossier préparé par les Archives en 2007 et le dossier « Planète sida » que j'avais réalisé en 2006 pour marquer les 25 ans de l'épidémie.
Écoutez Les années lumière, animée par Yanick Villedieu
Après ses études à l'École supérieure de journalisme de Lille, en France, et quelques années de journalisme général, Yanick Villedieu a commencé à faire du journalisme scientifique et médical au milieu des années 70. Au magazine Québec Science notamment, puis, pendant deux ans, à la télévision de Radio-Canada, à l'émission Science-Réalité.
Depuis 1982, il a animé à la radio de Radio-Canada l'émission Aujourd'hui la science, devenu Les années lumière. Il collabore également au magazine L'actualité.
Les champs d'intérêt principaux de Yanick Villedieu sont la médecine et la biologie - deux des domaines les plus fascinants et les plus actifs de la science contemporaine -, notamment ces grandes questions de l'heure que sont le cerveau, le cancer, le sida, la génétique fondamentale et appliquée...
Il a publié quatre livres: Demain la santé (Québec-Science Éditeur, 1976), Le Québec sur le pouce (Éditeur officiel du Québec, 1978 et 1984), La Médecine en observation (Les Éditions du Boréal, 1991) et Un jour la santé (Les Éditions du Boréal, 2002).
21 juillet 2010
D,entrée de jeu M. De Villedieu, je vous remercie d'oser faire un carnet comme à toutes les années sur cette conférence anuelle.
IL y a déjà plusieurs jours que vous avez mit ce carnet en ligne et il n'y a aucun commentaires, vraiment c'est désolant.
Au Québec actuellement il en coûte 150 millions de dollars par année pour les traitements à la tri-thérapie pour celles et ceux qui sont infectés au HIV ou au Sida.
Réjean Thomas, fondateur de la Clinique Actuel et pionnier 'une réponse médicale digne des médecins les plus dévoués demande un ajout de 10 millions de dollars par année pour la prévention des ITS (Infection transmise sexuellement), le budget de prévention n'a guère augmenté depuis les années 80. Le taux d'individus infectés et sur la tri-thérapie augmente à chaque année les coûts liés à cette maladie.
Pourtant comme ont peut le constater en Afrique la prévention fonctionne, c'est mathématiquement indéniable.
Quelle est donc cette stratégie gouverne mentale de ne pas investir en amont, en prévention et de payer la facture en aval en traitement.
Je craint fort que si le gouvernement n'investit pas dans la prévention, nous assisterons à des coupures au niveau des traitements.
Michel Maheu, Rivière Rouge Qc
21 juillet 2010
Faut surtout pas trop aider à la prévention, faut pas trouver trop vite une cure pour le sida!
Les marchands de pilules font des affaires d'or présentement alors s'il fallait enrayer le sida, les causes comme la variole, les profits tomberaient un peu trop pour ses compagnies!
Richard Denis, Montreal
21 juillet 2010
T'as pas rap dans l'deck.
Debloies Gilles, Quebec













