30 juin 2010
Tout ça pour ça? Pas exactement
On a le droit d'être déçu ou sceptique quant aux résultats du Sommet du G20 à Toronto.
On a aussi le droit de dire « tout ça pour ça? », en voyant les chefs d'État et de gouvernement prendre leurs distances du communiqué final avant même qu'on ait eu le temps de le distribuer aux diverses délégations.
Mais ce qu'il ne faut surtout pas faire, c'est jeter le bébé avec l'eau du bain et condamner trop vite une toute jeune institution internationale.
Le G20 existe depuis une décennie au niveau des ministres des Finances – Paul Martin peut, à juste titre, en revendiquer la paternité –, mais il n'existe que depuis un an et demi au niveau des chefs d'État et de gouvernement. La rencontre de Toronto n'était que le quatrième Sommet du G20 au plus haut niveau, et le premier depuis que le groupe est devenu, selon les mots du communiqué final, « la principale tribune pour la coopération économique internationale ».
Il est loin d'être facile de faire naître un nouvel organisme et de lui confier de telles responsabilités en si peu de temps. Surtout quand il regroupe autant de pays et de situations différentes.
Il y a des pays qui sont encore – nominalement, en tout cas – sous un régime communiste, comme la Chine. Il y a des pays où la démocratie est bien établie, d'autres où elle est relativement jeune, comme en Indonésie ou en Russie, et d'autres encore où elle est quasi inexistante, comme en Arabie saoudite. De même, la situation économique de tous ces pays va de ceux qui ont des surplus, comme la Chine, aux déficits quasi insurmontables d'autres pays, comme le Japon.
S'attendre à ce que tous ces pays souverains acceptent une ligne de conduite unique, dictée par le G20, quelles que soient leurs conditions particulières, est complètement illusoire. Mais ça ne signifie pas qu'un sommet comme celui de Toronto est inutile.
D'abord, on peut y faire valider des idées qui serviront aujourd'hui à certains pays, mais qui seront disponibles pour les autres, si nécessaire, un de ces jours. Ainsi, le Canada a un système bancaire qui est sorti de la crise en santé, alors que plusieurs autres pays ont dû voler au secours de leurs grandes banques.
L'idée d'une taxe bancaire a donc été validée par le G20. Certains pays s'en serviront tout de suite, d'autres se disent que ce n'est pas utile dans leurs circonstances particulières. Mais il reste qu'on a validé un nouvel outil.
De même, les sommets peuvent servir à annoncer qu'on va parler de certains sujets. Ainsi, le président français Nicolas Sarkozy, qui sera le président du prochain sommet, a beaucoup insisté lors de sa conférence de presse finale sur le fait qu'il allait soumettre l'idée d'une taxe, non plus sur les banques, mais sur les transactions bancaires, en 2011.
C'est exactement comme ça qu'on fait avancer les choses sur la scène internationale : on le place à l'ordre du jour, on en discute et, au bout d'un certain temps, cela peut devenir réalité.
Même si les engagements pris dans les communiqués ne sont pas obligatoires, ils donnent quand même une idée de la volonté de la communauté internationale. Une sorte de norme qu'on peut transgresser sans sanctions formelles, certes, mais en s'exposant tout de même à certaines difficultés.
Ce n'est pas une discipline de fer, mais c'est une certaine discipline. On ne peut s'attendre à beaucoup plus d'un organisme qui n'a pas deux ans et qui a quand même permis à tous ces pays de s'entendre sur certains grands principes pendant la pire crise économique depuis la grande dépression des années 1930.
Tout ça pour ça? On peut aussi dire : c'est déjà ça!
Pendant 30 ans, Michel C. Auger a couvert l'actualité politique québécoise et canadienne pour une multitude de médias écrits, autant en français qu'en anglais. Il aura passé dix ans à la Tribune de la presse à Ottawa ce qui lui aura permis de couvrir huit campagnes fédérales, six élections au Québec, sans oublier trois référendums, plusieurs élections présidentielles aux États-Unis et même celle... d'un pape.
Mais la politique n'est pas son seul intérêt. Il a également été affecté à la couverture de la Cour suprême du Canada dans les années qui ont suivi l'adoption de la Charte canadienne des droits et libertés. Il a également assuré la couverture de plusieurs grandes commissions d'enquête, dont celle sur le dopage dans le sport qui avait suivi la disqualification du sprinter Ben Johnson et la commission Keable sur les activités des services de sécurité au Québec après la crise d'Octobre 1970.
Au cours des 15 dernières années, il a rédigé des chroniques pour plusieurs journaux dont Le Journal de Montréal, Le Soleil, The Edmonton Journal et The Globe and Mail et tenu un blogue sur Cyberpresse.ca.
Au printemps de 2007, il est devenu chef de bureau de Radio-Canada à l'Assemblée nationale, après des années à commenter l'actualité sur les ondes autant de Radio-Canada, de RDI, de CBC, de Télé-Québec et de TVA, où il a coanimé l'émission d'affaires publiques Larocque-Auger avec Paul Larocque.
Comme analyste politique à Radio-Canada, depuis l'automne 2008, Michel C. Auger suit de près la politique provinciale, fédérale et américaine.
Il tient maintenant ce carnet sur Radio-Canada.ca, en partie pour ne pas trop s'ennuyer de l'écriture...
11 juillet 2010
Les discours de chefs d'états ou de politiciens sont du bla bla pour les peuples. G8 ou G20 ne servent qu'à entretenir l'illusion qu'on prend en compte les besoins des populations. Durant ce temps, on fait comme les magiciens, on détourne l'attention des travailleurs avec le jeu, le sport pour les détrousser. Évidemment, ça ne se fait pas tout seul, il faut bien que quelqu'un tienne le sac, les banquiers. Ensuite on partage le butin et le tour est joué. Quand on ramasse des milliards, faire disparaître quelques millions est un jeu d'enfant. On finira par vendre des parcs immobiliers, si ce n'est pas déjà fait car magouiller se fait toujours en cachette. Dites-moi M.Auger, pourquoi les banques font des prêts hypothécaires en se faisant endosser par la SCHL? Le gouvernement peut prêter en se servant des banques comme agent et en leur donnant une commission. C'est facile de mettre de l' argent sur le marché , de prêter avec rien et d'empocher des bénéfices. Et en plus un bénéfice supplémentaire avec une inflation transformée en hausse hypothécaire. Quand le travailleur a plus d'argent, c'est de l'inflattion qu'on doit lui enlever. Quel vol! Et pourquoi on n'en parle pas? On a peur. Ceux qui ont invité Léo- Paul Lauzon au canal 35 ou V ont vu leurs emissions radiées des ondes. Chut! Le peuple ne doit pas savoir, on doit le culpabiliser, le curé Bouchard sait comment. On a un gros problème, nos chefs syndicalistes sont égoïstes et n'instruisent pas le peuple. Peut-être que leur position est trop confortable? Qu'en pensez-vous M.Auger? Bonne question pour cet été. Êtes-vous capable de répondre M.Auger?
Jean Lespérance, Montréal Québec
3 juillet 2010
Effectivement plusieurs mentionnent ici même leurs exaspérations concernant le néo-capitalisme. Et je crois que les manifestants transportent les mêmes propos.
Nous étions capables, de 1960 à 1990, de bonifier les avantages sociaux des travailleurs et de faire face à l'innovation.
À ce moment là, effectivement les industries étaient plus implantées sur le sol Québécois.
De 1990 à 2008 nous avons opté pour une politique de programmes sociaux pour alléger le fardeau fiscal des familles et des ainés.
Il est évident et nous ne pouvons pas nier le fait de la modernisation depuis 1960.
Nous ne pouvons pas nier non plus que la mondialisation à accéléré les effets d'une conjoncture économique internationale qui ruine la classe moyenne occidentale.
D'où selon moi il est important de conserver les marchés d'emploi actuels, mais de ne pas réduire la classe moyenne à la pauvreté.
Nous avons les meilleurs conditions géographiques pour produire et fabriquer chez nous.
Et nourrir un assisté social et un homme au chômage exige que 3 personnes cotise pour ses revenus.
Ajoutez cela le travail au noir, et biensûr vous avez les conditions idéale de l'érodement social.
D'où vient mon idée de projet de loi contre l'érodement social. La comptabilité en ligne pour les fraudeurs ou les suspectés de fraude. L'accusation de gangstérisme aux fraudeurs récidivistes aidés par des prêtes-noms. Et à ajouter une interdiction qu'une compagnie parte ailleurs pour un moindre salaire. Dans ce cas, émettre des amandes et le droit exclusif de conserver le droit d'exploiter l'usine mise sous tutelle.
Pourquoi pas une réponse face au capitalisme sauvage??? vous l'avez sous le nez!
Stéphane Fraser, Longueuil
2 juillet 2010
Je viens de relire les témoignages des Québécoises et Québécois arrêtés et incarcérés à Torontonamo, en fin de semaine.
Tout d'abord, je me demande comment on a pu déposer des accusations de «Complot en vue de commettre un acte criminel» contre ces jeunes que l'on arrêtait dans des gymnases, en plein sommeil. Je plains le bouffon de procureur qui devra plaider ça...
Il est clair que l'on cherchait à justifier les énormes moyens mis en oeuvre par le plus grand nombre d'arrestations possibles et que les policiers ont fait dans la facilité. En effet, il aurait été gênant de se retrouver avec 30 casseurs derrière les barreaux après une telle crise de paranoïa... Donc, pour boucler les quotas, on arrêtait tout ce qui bougeait ou qui était considéré subversif... et quoi de plus dangereux et criminel qu'un Québécois, pour des boeufs de l'Ouest ? «Retournez faire vos crimes au Québec» entendait-on !
Les conservateurs qui ont pondu cette stratégie et ce plan de fou sont de dangereux malades qui s'appuient sur de PORCS triés sur le volet afin d'étendre leur hégémonie et leur dictature. C'est à ce point que nous sommes rendus.
Je suppose qu'un tel commentaire de ma part est propre à me valoir une mise sous surveillance du SCRS... mais ça demeure mon droit légitime de m'indigner.
Jean-Pierre Pineau, Rimouski
2 juillet 2010
Les sommets servent à concocter des plans
pour essayer de trouver des moyens de renflouer les coffres des états sans taxer les prtrolières et les banques. Or cela est devenu impossible. Les banquiers achètent les politiciens avec peu mais c'est insuffisant pour combler les besoins de la population. Il ne leur reste plus que les pétrolières à taxer.
Les grands pays n'ont plus d'industries manufacturières, alors on ne peut pas taxer ce qui n'existe plus. On finira par taxer les transactions bancaires, non pas parce que c'est inscrit sur un agenda, mais parce qu'il est devenu impossible de faire autrement.
Mais il est vrai que le fait d'en parler c'est quand même bon signe même si je crois qu'il est trop tard pour redresser la situation.
Les dégâts sont trop importants pour des cataplasmes de pacotille, la dépression est amorcée et ne peut pas s'arrêter sans changer tout le système bancaire mondial basé sur le mensonge et la fraude. L'argent n'est pas la véritable richesse, c'est le savoir-faire et la création de biens. Les sommets sont trop peu et trop insignifiants. Ce n'est pas le sommet qui a persuadé l'Angleterre de taxer les banques, c'est tout simplement l'obligation. Notre gouvernement se pète les bretelles à grand frais en prétendant contrôler la situation à coups de matraques et d'arrestations arbitraires. Bilan peu positif, s'il en est un, parce qu'on n'a pas calculé grand chose lors de ce sommet.
Jean Lespérance, Montréal Québec
2 juillet 2010
Vous passez sous silence les arrestations arbitraire monsieur Auger, pourtant il me semble y avoir un méchant problème à ce niveau. Vous ne parlez pas non plus du coût exorbitant de la sécurité et tous les gestes antidémocratiques posés par les autorités, ça ne semble pas vous dérangez que des citoyens se fassent séquestrer sans raison.
Juste pour ces raison ces sommets devraient disparaitre, de toute façon ça ne sert que les mieux nantis de notre planète.
Michel Deschenes, St-Eustache
1 juillet 2010
En lisant votre article qui traite du constat du capitalisme et de ses méfaits, je dois vous
informer qu'un livre récemment paru explique très bien le fonctionnement de ce phénomène.
Ce livre : "Le dernier Testamenet de l'Occident" traite de fond en comble ce sujet en détail
en expliquant les causes, sa nature et les conséquences de ses effets qui se traduisent par le matérialisme.
Lucie Jouret, Montreal
1 juillet 2010
Les pions (nous autres) sur l'échiquier politico-socio-économique n'avons rien à dire. On exige seulement que nous payons des sommes exhorbitantes pour des soi-disant retombées économiques dont nous ne profiterons même pas. Les pions se font débarquer de l'échiquier par les fous, les tours et les cavaliers, et ce depuis plus de mille ans. Et on nous bassine encore avec la démocratie!
Marie-Anne Bouchat, Chelmsford, ON
1 juillet 2010
Malheureusement... les discussions tenues lors de ces sommets semblent anodines et projettent l'apparence d'un Country Club où 20 puissances économiques de la Planète échangent des cartes d'affaires, comme à la Chambre de Commerce. Qui pis est, la présence des dirigeants de certains états attire tous leurs opposants directs et respectifs, en plus des manifestants altermondistes et autres groupes de pressions internationaux. Il n'en reste qu'une impression de désinformation, de propagande et des reportages axés sur la paranoïa qui s'installe sur les populations hôtes.
S'il ne s'agissait que de cela, ça pourrait encore passer, puisqu'il y a des retombées positives... Il faut envisager les objectifs de politique intérieure visés par les gouvernements hôtes. Or, notre gouvernement fédéral avait certainement son agenda politique en décrétant que le sommet aurait lieu à Toronto. De là à croire à la provocation pure, il n'y a qu'un pas rapidement franchi pour qui s'intéresse à la politique canadienne récente. L'énorme publicité sur les frais engagés pour la «sécurité», la loi modifiée par McGuinty et l'interprétation qui en fut faite par la Police sentent l'arnaque politique. Dans quelques semaines, on découvrira des films d'agents provocateurs. Les grands titres ? 900 arrestations ! C'est un quota spectaculaire mais nous sommes peu à savoir, via la Presse, que l'on arrachait des gens à des manifestations légales, voire des Sit-in, pour les enfourner dans les paniers à salade : ça facilite le travail lorsque 70 personnes sont «prélevées» à la fois... Tous des casseurs ? Hum ! Tout ça pour quoi ? Simplement parce qu'il n'y avait pas assez de grabuge au goût des autorités afin de justifier la paranoïa qu'ils nourissaient dans la placide population canadienne. La provocation ne payait pas suffisamment, faut-il croire.
Notre problème, au Canada comme en Occident, en est un de contrôle de l'opinion et tout événement international semble mené pour combler les besoins des gouvernants locaux, à chaque sommet.
Jean-Pierre Pineau, Rimouski
30 juin 2010
Tant et aussi longtemps que ces sommets seront le théâtre d'affrontement violents. Un chèque en blanc pour la brutalité policière. Tant et aussi longtemps que la sécurité sera le principal centre d'intérêt de ces sommets. Pour moi aucune de ces discussions de « haut-niveau » n'aura la moindre crédibilité.
Je n'ai aucune confiance dans de tels débats et je n'en vois pas même l'intérêt. Je ne vois que la vitrine d'une société de classe que j'ai personnellement combattu lorsque j'avais quelques années de moins.
Aujourd'hui cette société de classe-là baigne dans L'opulence et elle se sert de tout le monde : armée, police, journalistes, médias et j'en passe, pour faire parler d'elle. Montrer combien elle existe et établir comme une évidence le fait qu'elle doit continuer de prospérer.
Désolé, mais pour moi, ces sommets de Toronto et de Hunsville sont à oublier. Heureusement que nous avons la visite de la Reine et la Coupe du monde de soccer pour nous consoler.
Serge Drouginsky, Longueuil
30 juin 2010
Le fait de vouloir taxer les transactions bancaires des gouvernements ne réduira en rien leurs déficits à long terme et l'idée saugrenue de Sarko ne servira qu'à remuer un peu de vent sans plus selon son habitude.
Yvon ROY, Mtl
30 juin 2010
Réduire les déficits = couper dans les programmes aux citoyens et taxer davantage et celà pour plaire au Fond Monétaire International
De sombres jours s'annoncent pour la classe moyenne.
Why Should We Trust the IMF?
Is advice from the IMF better than advice from a drunk in the street? That is the question that people around the world should be asking as the International Monetary Fund dishes out its prescription for austerity. The IMF program calls for cutbacks in government support for healthcare, pensions, and a wide range of other public services. It also calls for weakening labor market regulations that provide workers with job security.
http://www.huffingtonpost.com/dean-baker/why-should-we-trust-the-i_b_629391.html
Richard Denis, Montreal













