13 avril 2010
Empêcher Al-Qaïda d’avoir la bombe!
Le chef de la Maison-Blanche, Barack Obama, préside les 12 et 13 avril un sommet sur la sécurité nucléaire à Washington.
Y participent 47 pays et 3 organismes internationaux. La grande majorité des nations sont représentées par leur chef d'État ou de gouvernement.
Washington présente l'événement comme le plus important rassemblement international sous l'égide des États-Unis depuis la conférence de San Francisco en 1945, qui a donné naissance à l'Organisation des Nations unies.
Un objectif ambitieux
L'objectif principal recherché par le président Obama : empêcher des groupes terroristes comme Al-Qaïda de se procurer du matériel nucléaire en vue de commettre des attentats aux États-Unis ou ailleurs dans le monde.
La crainte est apparue au lendemain de l'effondrement de l'Union soviétique, mais les États-Unis et la Russie semblent avoir réussi à contrôler l'essentiel des matériaux nucléaires des anciennes républiques soviétiques.
Des experts internationaux estiment cependant qu'il y a 18 cas recensés de « disparition » de matériel nucléaire dans le monde depuis 20 ans.
La menace d'attentat est jugée très sérieuse par l'administration Obama, même si a priori aucun groupe terroriste n'aurait encore réussi à mettre la main sur du matériel nucléaire.
La « bombe sale »
Le président américain a affirmé qu'Oussama ben Laden n'aurait aucun scrupule à utiliser un engin nucléaire ou une « bombe sale » aux effets dévastateurs.
Une « bombe sale » serait une bombe rudimentaire, fabriquée avec un détonateur conventionnel dans un petit conteneur de plutonium ou d'uranium.
Son explosion disperserait des radiations très puissantes pouvant causer la mort ou des cancers chez des centaines de milliers, voire des millions, de personnes dans une région densément peuplée.
Son utilisation dans le métro, le port ou la gare centrale d'une grande ville contaminerait aussi la zone frappée pendant des décennies.
Des pays à risques
Aujourd'hui, la menace de « disparition » de matériel nucléaire semble surtout venir du Pakistan et de l'Inde.
Ces deux pays voisins sont en pleine course aux armements nucléaires. Ils soutiennent que leurs installations sont sous haute surveillance, mais on sait qu'Al-Qaïda et les talibans sont bien implantés au Pakistan.
On peut aussi penser à la Corée du Nord, qui maîtrise déjà la filière nucléaire, mais qui n'a pas été invitée au sommet.
Le cas de l'Iran
Le président Obama se sert aussi de ce sommet pour consolider le projet de nouvelles sanctions contre l'Iran, soupçonné par les États-Unis de vouloir se doter de la bombe atomique.
Téhéran affirme que son programme est uniquement civil dans le but de produire de l'électricité.
L'Iran n'a pas été invité à la réunion de Washington. Le régime des ayatollahs maintient le ton du défi et soutient qu'il ne se sentira pas lié par les conclusions d'un sommet réglé d'avance par les États-Unis.
Le président Obama a rencontré, en marge du sommet, son homologue chinois Hu Jintao, dont le rôle sera déterminant dans l'adoption de nouvelles sanctions contre le régime iranien.
La Chine a évolué dans ce dossier. Elle est maintenant prête à discuter de sanctions, mais elle se garde bien d'en préciser la nature et souligne toujours sa préférence pour une solution diplomatique.
Israël sans son premier ministre
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a renoncé à participer au sommet, comme s'il craignait de devoir s'expliquer sur le programme nucléaire de son pays.
Israël maintient une politique d'ambiguïté sur la question. Le gouvernement israélien refuse de démentir ou de confirmer qu'il détient l'arme atomique, même si la plupart des experts internationaux estiment que le pays possède des centaines d'ogives.
Israël est représenté par le vice-premier ministre, Dan Méridor.
Le Canada en exemple
Le premier ministre canadien, Stephen Harper, a profité du sommet pour annoncer que les résidus de combustible nucléaire des laboratoires de Chalk River, en Ontario, seront rapatriés aux États-Unis sur une période de huit ans, de 2010 à 2018.
Une fois en sol américain, ces résidus d'uranium hautement enrichi seront transformés pour ne plus pouvoir servir à la fabrication d'armes nucléaires.
Le Chili et l'Ukraine ont également annoncé leur intention de se débarrasser de leur uranium enrichi dans les prochaines années.
L'Ukraine a connu le 26 avril 1986 le pire accident nucléaire civil de l'histoire, lors de l'explosion d'un réacteur à la centrale de Tchernobyl. L'accident a fait au moins 4000 morts parmi les victimes de radiation, dans les années subséquentes.
La Russie et les États-Unis ont aussi signé un accord de réduction de leurs stocks de plutonium de qualité militaire. Les deux pays se débarrasseront de 34 tonnes de plutonium en le brûlant dans des réacteurs nucléaires.
Au-delà de ces exemples, le président Obama souhaite des engagements concrets des pays participants pour rendre le monde plus sûr.
Les dirigeants des 47 pays et des trois organisations internationales ont pris l'engagement de faire l'inventaire et de sécuriser les matériaux nucléaires à travers le monde d'ici quatre ans.
Ils promettent de renforcer le rôle et le budget de l'AIEA, l'Agence internationale de l'énergie atomique, basée à Vienne.
Il y aura un suivi, lors d'un autre sommet sur la sécurité nucléaire dans deux ans en Corée du Sud.
Pensez-vous que le sommet dépassera le niveau des bonnes intentions, et que les nations participantes réaliseront les objectifs fixés dans cette réunion?
Regardez les reportages d'Hugues Poulin sur notre page
« International »
Entré à Radio-Canada en 1974, il est d'abord recherchiste, rédacteur et reporter pour la télé et la radio à Montréal. De 1982 à 1989, il est affecté à la politique canadienne, en plus d'être responsable de la couverture de l'actualité en Amérique latine, à partir de Montréal. Il est envoyé spécial pour couvrir la guerre civile au Salvador et la révolution sandiniste au Nicaragua.
Nommé correspondant à Washington en 1989, il couvre notamment la première guerre du Golfe. Il suit la campagne présidentielle qui voit l'élection de Bill Clinton.
En 1994, Hugues Poulin part pour Paris, d'où il couvre l'Europe jusqu'en 2000. L'élection de Jacques Chirac à la présidence, les grandes grèves en France et l'élection de Vladimir Poutine en Russie font partie de ses souvenirs. Il passe aussi plusieurs mois dans les Balkans lors du conflit au Kosovo.
En 2001, il devient grand reporter à l'émission Zone libre à la télévision de Radio-Canada. Il se rend notamment au Pakistan, près de la frontière afghane, dans la foulée des attentats du 11 septembre.
À peine un an plus tard, il repart, cette fois à Jérusalem, pour la radio de Radio-Canada. Il est au coeur de la deuxième intifada palestinienne et de la construction d'une barrière de sécurité par Israël. Il y reste jusqu'en 2004, effectuant aussi des reportages en Irak, notamment lors de la capture de Saddam Hussein.
De 2004 à 2007, Hugues Poulin est correspondant en Europe pour la radio de Radio-Canada. Il réalise des reportages sur la mort de Jean-Paul II et sur le 20e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Il couvre aussi l'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir en France.
Depuis août 2007, il est correspondant à Washington pour la télévision de Radio-Canada.
19 avril 2010
quel tristesse de caché autant de vérité
le poid de cette responsabilté
merite que d'autre media volent la place a TVA
dommage que tant de travail pour rien dire
tout les nouveeles sont pareil
on appelle son le silence de la dictature
Alain Marquis, Montreal
16 avril 2010
Pauvre Obama ! Israél est pour Obama une épine dans le pieds. L'Iran et ses ambitions nucléaires est le résultat d'une bétise de la France qui a vendu la bombe à Israél. Ce pays n'acceptera jamais de se départir de sa bombe et c'est à peu prés certain que l'Iran aura sa bombe si ce n'est déja fait. Obama est en train de placer tous les pays en état de responsabilité pour pouvoir se dégager si l'Iran acquiere la bombe . Israél avec sa bombe est aussi dangereux que l'Iran pourrait l'être. Les deux pays ont des religieux fanatiques qui sont trés influents et ces gens sont prêts à tout pour faire avancer leur agenda. Esperons qu'ils n'aurons jamais le contrôle, car ils n'hésiteraient pas à l'utiliser. Quand à Al Qaeda, cette nébuleuse est, il ne faut pas l'oublier,le résultat des insultes et injures faites aux musulmans par un certain général israélien qui d'ailleurs n'est jamais mort. Je ne voudrais pas habiter New york si Al Qaeda met la main sur une bombe.
gerald fremont, Montreal
15 avril 2010
A la retraite, vous me permettrez de douter sur l'efficacité du rassembement des chefs d'État à Washington soit sur la sécurité nucléaire. La complexité d'un tel sujet sur le nucléaire me fait penser à la complexité des problèmes environnementaux sur la planète. Il y aura toujours des joueurs comme l'Iran et la Corée du Nord ou la Chine qui refuseront de jouer en fonction des règles du jeu planétaire. La sécurité nucléaire nous touche tous et nous inquiète tous parce qu'il existe et il existera toujours des terroristes comme Ben Laden qui ne veulent pas le bien des hommes mais sont voués qu'à satisfaire leur soif de violence sur les non-Musulmans mais surtout sur les Occidentaux, les Américains en particulier.
Jean.Francois Reno, Outaouais, QC.
13 avril 2010
L'une de mes bandes dessinées préférée était à l'adolescence : « The Fabulous Furry Freak Brothers », il m'arrive encore de les lire car leur message reste d'actualité. Aussi le concept de « mini Nuke » en d'autres termes les mini-bombes atomiques sales, tout cela a été popularisé par l'artiste Gilbert Shelton dans les années 70 pour ridiculiser la paranoïa de certains États en particulier les États les plus militarisés, incluant évidemment les Etats-Unis. Comme par hasard, plus vous avez de grosses bombes qui n'ont « soit dit en passant » rien de propre – surtout si vous en faites usages – et plus vous êtes terrorisé par ces puissances occultes (Al-Quaïda par exemple) qui n'ont rien d'autres à faire que de vouloir vous intoxiquer et surtout intoxiquer le bon peuple, les gens de la rue, les banlieusards qui prennent les transports en commun dans le but ultime de nous anéantir ! On oublie de préciser que Al-Quaïda a certaines revendications recevables même si leurs méthodes sont condamnables.
Si on souhaite régler le problème une bonne fois pour toute. Il suffit que tous les pays de droit qui disposent d'arsenaux nucléaires, qu'ils réforment tout simplement ces dits arsenaux et surtout qu'ils précisent les usages (énergie par exemple) de ces déchets radioactifs. Alors, je pense que ce jour là, on ne fera plus grand cas des bombes sales qui sont pour moi autant de légendes urbaines que ne l'étaient les WMD sous l'ère de Saddam Hussein.
D'autre part, relativement à Israël, il ne faut pas confondre des ogives montées sur missiles balistiques qui peuvent très bien avoir une faible charge radioactive, voire contenir une certaine quantité d'uranium appauvri dont l'effet est dissuasif et des bombes à fission ou thermonucléaires mille fois plus puissantes que les bombes lancées sur Hiroshima et Nagasaki. On parle souvent de nucléaire sans savoir très bien de quoi on parle.
Serge Drouginsky, Longueuil

