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Dimanche 12 février 2012 5 h 13 HNE


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Carnet François Brousseau

9 avril 2010

Ballet nucléaire printanier


Grande activité diplomatique, en ce printemps 2010, autour de l'ambition, affirmée par Barack Obama, d'aller vers « un monde débarrassé des armes nucléaires ». Programme très ambitieux, voire utopique, qu'il avait dévoilé dans son fameux discours de Prague, en avril 2009. 
 
Soixante-cinq ans après Hiroshima et Nagasaki, et après qu'une bonne partie du monde a vécu largement en paix à l'ombre de la bombe, la « partie nucléaire » mondiale est en train de changer. On se remet à parler frénétiquement de ce sujet, largement oublié depuis une décennie ou deux. 
 
Le 7 avril à Prague, les présidents russe et américain ont fait grand cas de la signature d'un nouveau traité START (pour « réduction des armes stratégiques ») entre les anciens ennemis de la guerre froide. Un texte qui doit limiter à 700 le nombre de missiles lanceurs à longue portée (avec ogives nucléaires) déployés à tout moment par l'un ou l'autre pays.  
 
Un chiffre qui peut paraître modeste, lorsqu'on pense au nombre de charges nucléaires qui existaient au plus fort de la guerre froide (des dizaines et des dizaines de milliers de bombes atomiques). Mais qui reste énorme, puisque les ogives et missiles porteurs autorisés par ce nouveau traité START sont toujours amplement suffisants pour détruire la planète plusieurs fois! 
 
Qui plus est, le traité de Prague ne dit rien sur les « réserves » nucléaires qui dorment dans des entrepôts; rien non plus sur les armes dites « tactiques » (c'est-à-dire de courte portée, non montées sur des lanceurs balistiques) postées dans de nombreux pays. 
 
Les optimistes veulent quand même y voir une réduction symboliquement importante, un pas dans la bonne direction, même si la diminution du nombre d'armes nucléaires avait déjà commencé sous le traité START-1 de 1991, arrivé à échéance en 2009. Et même si ces arsenaux immenses étaient en fait devenus pour les deux pays – en particulier pour les Russes – un poids qu'il fallait réduire pour des raisons pratiques : le coût d'entretien de ces joujoux est énorme, quasi prohibitif.  
 
Réchauffement entre Moscou et Washington 
 
Ce traité symbolise indéniablement un réchauffement entre Moscou et Washington. Dimitri Medvedev a dit : « En signant à Prague, nous ouvrons une nouvelle page dans nos relations ». Il faut dire que la Russie a perdu bien des plumes depuis deux décennies, et qu'elle avait affiché une certaine agressivité envers l'Occident au cours des dernières années. Aujourd'hui, elle est bien contente de se retrouver au centre du jeu diplomatique, apparemment à égalité avec les États-Unis – même si c'est largement une illusion d'optique. 
 
Obama, lui, est soucieux de justifier son prix Nobel de la paix, décrit par plusieurs comme une coquille vide, comme une récompense pour de belles paroles et de belles intentions. Après de jolis discours comme celui de Prague il y a un an, il veut pouvoir présenter quelques résultats tangibles en diplomatie. 
 
Ce faisant, il est bien content de pouvoir compter sur les Russes, en les flattant comme de « faux égaux »... pour serrer ensemble la vis à l'Iran! Car dans toute cette diplomatie obamienne du désarmement nucléaire, « l'arrière-pensée iranienne » est omniprésente. 
 
Le 6 avril – juste à la veille de son rendez-vous de Prague avec Dimitri Medvedev –, il avait dévoilé la nouvelle « doctrine nucléaire » des États-Unis. Dans cette déclaration de principes, M. Obama engage par exemple les États-Unis à ne jamais utiliser la bombe contre des États non nucléaires. 
 
Donc si vous êtes un État non nucléaire, si vous avez signé le fameux Traité de non-prolifération, et s'il vous prenait, un matin, l'idée absolument folle d'attaquer les États-Unis avec des armes chimiques ou bactériologiques (mais PAS nucléaires) – alors, vous ne recevrez PAS de bombe atomique américaine sur la tête, foi d'Obama! Mais on peut imaginer que vous ne vous en tireriez pas indemne pour autant... 
 
Cela dit, le chef d'État américain a bien pris la peine de préciser que ces nouveaux principes d'autoretenue – en matière d'utilisation de la bombe atomique – ne s'appliquent pas à l'Iran et à la Corée du Nord, ces « vilains garnements » qu'il a dans son collimateur.  
 
Une nouvelle obsession : la « non-prolifération » 
 
Le ballet diplomatique de 2010 autour de la bombe se poursuit les 12 et 13 avril : Obama invite à Washington une quarantaine de chefs d'État et de gouvernement pour y discuter sécurité nucléaire, non-prolifération. etc.  
 
Car la grande question nucléaire du 21e siècle, malgré les illusions « bipolaires » du traité START, ce n'est plus l'affrontement binaire entre deux superpuissances. Le nouveau mot clé, c'est « prolifération ». Les fameuses armes nucléaires sont aujourd'hui possédées par neuf pays : les cinq grands, de façon officielle et reconnue, plus quatre « irréguliers » qui l'ont acquise de façon plus ou moins clandestine et détournée : Inde, Pakistan, Corée du Nord, Israël. 
 
Et puis il y a l'Iran, qui ne l'a pas, mais qui a l'air de la vouloir. Un pays autour duquel on agite les pires épouvantails. Pas seulement pour l'Iran en soi – avec la supposée menace contre Israël –, mais pour la boîte de Pandore qui serait ainsi ouverte. L'Iran fait peur parce que si jamais cet État fabriquait la bombe, l'Arabie saoudite, l'Égypte et d'autres s'y mettraient peut-être ensuite. Quant à l'État juif – autre danger –, il montrerait des dents et serait susceptible de l'utiliser. 
 
Ce que Barack Obama veut faire, d'une façon qu'il espère crédible et convaincante, c'est répondre au reproche fréquent de ceux qui disent que les grands – ceux qui ont déjà la bombe – ne sont pas crédibles lorsqu'ils font la leçon aux petits, en leur conseillant d'y renoncer, sur l'air hypocrite de « Ne faites pas ce que je fais, faites ce que je dis! »  
 
Son idée, c'est de prêcher par l'exemple, en réduisant le nombre d'ogives possédées par les États-Unis, et en restreignant encore plus les conditions théoriques d'utilisation éventuelle de la bombe par son pays. Pour que son objectif officiel d'un « monde futur sans armes nucléaires »... ne soit pas qu'un simple voeu pieux, une figure de rhétorique qu'on lance en l'air.


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« International »

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Écrivez-moi à : carnets@radio-canada.ca

François Brousseau est le chroniqueur-analyste de Radio-Canada pour les affaires internationales.

François Brousseau est souvent allé sur le terrain à l'étranger. Il a notamment signé, surtout dans Le Devoir, des reportages d'Haïti, d'Italie, de Pologne, de l'ex-Tchécoslovaquie et de l'ex-Yougoslavie, d'Israël, de Taïwan et de Cuba. Au fil des ans, il a pu interviewer des personnalités comme Mikhaïl Gorbatchev, Lech Walesa, Jean-Bertrand Aristide, Kim Dae-Jung, Shimon Peres, Ariel Sharon, José Ramos-Horta, Oscar Arias et Giulio Andreotti.

Entré à l'emploi de la première chaîne radio de Radio-Canada en 2002, il avait déjà une longue expérience en journalisme écrit. Il a notamment fait sa marque comme reporter et éditorialiste aux affaires internationales pour le quotidien Le Devoir de 1991 à 1997, journal dans lequel il a également tenu une chronique hebdomadaire de 2005 à 2007.

En 1994, il a reçu la Bourse Michener pour journalistes. Cette récompense lui a permis de mener un séjour prolongé de recherche en Italie et de ramener plusieurs reportages de ce pays.

Après un mandat de trois ans (1997-2000) comme directeur des communications à la Délégation générale du Québec à New York, il est revenu à Montréal où il a retrouvé sa passion: le journalisme. D'abord à l'écrit en tant que reporter au magazine L'actualité en 2001-2002. Il a été récipiendaire, à ce titre, d'un National Magazine Award pour l'article «Sommes-nous seuls dans l'Univers?», paru en août 2001. Mais aussi et surtout à la radio, qui est devenue, à partir de 2002, son nouveau médium de prédilection.

En 2003 et en 2004, il a été responsable de la revue de presse internationale quotidienne à l'émission Maisonneuve en direct. De 2004 à l'automne 2007, il était responsable des affectations des correspondants, envoyés spéciaux et collaborateurs à l'information internationale pour les nouvelles à la radio.

Passionné des cultures étrangères, François Brousseau parle six langues: français, anglais, espagnol, italien, portugais et polonais.

10 avril 2010

Les Américains vont passer de 800 à 700 vecteurs opérationelle. 
Les russes n avait meme pas 700 vecteur . 
 
Boeing est déja bien avancé avec le x51, 
la nouvelle génération de missiles. 
 
Coter Russes nouveau sousmarin bientot ont service. 
 
Pas un mot sur le bouclier anti-missiles? 
 
L équilibre de la terreur vas t elle continuer? 
 

Stephane Poirier, Sept-iles

10 avril 2010

Cher Monsieur , 
Votre article décrit on ne peut mieux la situation actuelle. De mon coté je crois qu'Obama va se planter avec cette attitude de ¨ parent inquiet qui ne veut pas que son ado prenne de résponsabilités¨. La possesion de l'arme atomique par un pays entraine automatiquement une prise de conscience de ses habitants, qui eux élisent leurs dirigeants. Obama se retouve en ce moment en train de tracer une ligne de confrontation. On peut percevoir maintenant les alliés et les autres , dois-je les nommer ? 
Au lieu de se presenter comme guide et instructeur aux pays qui désirent jouer avec l'atome, il se présente comme tuteur autoritaire qui interdit l'accés au jouet tant convoité. Je ne crois pas que ce soit la bonne attitude. Les deux prochaines années vont certainement être cruciales pour lui et sa politique. Israél et sa bombe représente une épine dans le pied d'Obama car ce pays n'acceptera jamais de se défaire de sa bombinette vendue par les français. Et l'Iran va posseder, à n'en pas douter, l'arme nucléaire. Si Obama pouvait se positioner entre l'Iran et Israél, Il aurait à mon humble avis plus de crédibilité et pourrait faire honneur à son prix Nobel.

Gérald Fremont, Montreal

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