24 mars 2010
La réforme Obama
Le président des États-Unis, Barack Obama, a promulgué une réforme historique dans le domaine de la santé. C'est aussi la réalisation du principal engagement de sa campagne électorale en 2008.
Cela fait un siècle, depuis Teddy Roosevelt, que divers présidents américains se cassent les dents à vouloir doter leur pays d'un système universel de santé. La dernière grande réforme remonte à 1965, quand Lyndon Johnson promulguait les programmes Medicare (pour les personnes de 65 ans et plus) et Medicaid (pour les démunis).
La réforme ne sera pas universelle comme au Canada. Elle couvrira 95 % des Américains, mais selon le chef de la Maison-Blanche, elle constitue un grand pas dans la bonne direction.
Une victoire à l'arraché
La réforme Obama semblait gravement compromise lorsque les démocrates ont perdu leur « supermajorité » (60 sièges sur 100) au Sénat, avec l'élection du républicain Scott Brown au Massachusetts en janvier dernier.
Tout un symbole, Scott Brown a succédé au démocrate Ted Kennedy, mort avant l'avènement d'une grande réforme de la santé, l'une des grandes causes de sa longue carrière politique.
Mais Barack Obama a repris l'offensive et convaincu les démocrates du Congrès de faire adopter sa réforme grâce à une procédure inusitée. Peu importe la méthode, les tractations pour rallier des voix et la justesse de la victoire à la Chambre des représentants, c'est un triomphe pour le chef de la Maison-Blanche, dont le bilan était jusqu'à maintenant modeste.
Le président saura-t-il se servir de cette victoire pour « vendre » sa réforme encore très controversée dans l'opinion publique?
C'est ce qu'il compte faire au cours des prochains mois en vue des élections de mi-mandat le 2 novembre prochain. Les 435 sièges de la Chambre des représentants et un tiers de ceux (100) du Sénat seront en jeu. Plusieurs démocrates élus dans des États conservateurs craignent de perdre leur siège. Mais l'implication personnelle de Barack Obama, fort de cette victoire dans le dossier de la santé, pourrait limiter les dégâts.
Les républicains irréductibles
Contrairement à d'autres réformes majeures dans l'histoire américaine, cette loi a été votée sans aucune voix de l'opposition. Les républicains semblent considérer Barack Obama, non pas comme un adversaire, mais comme un ennemi.
Leur campagne de dénigrement de la réforme de la santé a atteint des sommets d'arguments démagogiques, comparant le processus à l'avènement du socialisme aux États-Unis.
Pourtant, l'accès aux soins médicaux sera encore en grande partie contrôlé par les grandes compagnies privées d'assurances. Elles vont même obtenir 32 millions de nouveaux assurés, mais ne pourront plus refuser une prime en raison d'antécédents médicaux, ou éliminer la couverture d'un assuré trop malade.
Un thé amer
Le mouvement Tea Party, « anti-Washington », officiellement ni démocrate ni républicain, mais très proche de l'opposition actuelle, est contre un rôle accru de l'État et la hausse des déficits.
Ses manifestations contre la réforme ont donné froid dans le dos. Des affiches comparaient Obama à Staline ou Hitler. D'autres pancartes affirmaient que « si le nouveau sénateur républicain du Massachusetts, Scott Brown, ne peut stopper la réforme de la santé... peut-être qu'un pistolet Browning pourrait y arriver ».
Le parti républicain s'empresse de dénoncer ces manifestants extrémistes, mais même infiniment minoritaires, ils incarnent une réalité inquiétante.
Une élection référendaire
Une douzaine d'États dirigés par des républicains contestent la réforme devant les tribunaux, sous prétexte qu'elle violerait la constitution en empiétant dans leur domaine de compétence.
Au niveau national, le parti républicain veut faire de la réforme l'enjeu des élections de novembre, une manière de référendum sur l'administration Obama. Les républicains promettent même d'abroger ou annuler la réforme s'ils prennent le contrôle du Congrès.
Dans ce climat politique acrimonieux, pensez-vous que la réforme Obama est là pour durer et qu'elle permettra éventuellement aux démocrates de conserver leur majorité au Congrès cet automne, voire la réélection du président Obama en 2012?
Regardez les reportages d'Hugues Poulin sur notre page
« International »
Entré à Radio-Canada en 1974, il est d'abord recherchiste, rédacteur et reporter pour la télé et la radio à Montréal. De 1982 à 1989, il est affecté à la politique canadienne, en plus d'être responsable de la couverture de l'actualité en Amérique latine, à partir de Montréal. Il est envoyé spécial pour couvrir la guerre civile au Salvador et la révolution sandiniste au Nicaragua.
Nommé correspondant à Washington en 1989, il couvre notamment la première guerre du Golfe. Il suit la campagne présidentielle qui voit l'élection de Bill Clinton.
En 1994, Hugues Poulin part pour Paris, d'où il couvre l'Europe jusqu'en 2000. L'élection de Jacques Chirac à la présidence, les grandes grèves en France et l'élection de Vladimir Poutine en Russie font partie de ses souvenirs. Il passe aussi plusieurs mois dans les Balkans lors du conflit au Kosovo.
En 2001, il devient grand reporter à l'émission Zone libre à la télévision de Radio-Canada. Il se rend notamment au Pakistan, près de la frontière afghane, dans la foulée des attentats du 11 septembre.
À peine un an plus tard, il repart, cette fois à Jérusalem, pour la radio de Radio-Canada. Il est au coeur de la deuxième intifada palestinienne et de la construction d'une barrière de sécurité par Israël. Il y reste jusqu'en 2004, effectuant aussi des reportages en Irak, notamment lors de la capture de Saddam Hussein.
De 2004 à 2007, Hugues Poulin est correspondant en Europe pour la radio de Radio-Canada. Il réalise des reportages sur la mort de Jean-Paul II et sur le 20e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Il couvre aussi l'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir en France.
Depuis août 2007, il est correspondant à Washington pour la télévision de Radio-Canada.
2 avril 2010
J'ai passé plusieurs mois aux États-Unis pendant la première année du mandat d'Obama. Dans la rue, aux nouvelles, on se rend contre à quel point la désinformation a fait ses ravages.
Bien que les opposants insistent sur les périls du socialisme de cette réforme (!), il n'en demeure pas moins que:
1) elle laisse le marché de l'assurance-maladie au privé;
2) elle force les assureurs à couvrir plus de clients mais sans paramètres précis liés aux coûts de ces nouveaux assurés (et des assurés traditionnels);
3) On offre la possibilité aux moins fortunés de se procurer une assurance ''bon marché'' qu'ils devront toutefois se payer.
Bref, beaucoup d'agitation autour de pas grand chose. Le problème ne sera pas réglé: des gens continueront de tout perdre parce qu'eux ou un membre de leur famille ont été gravement malade. Et puis, le système de santé des Américains continuera de coûter le double par capita que ce qu'il en coûte pour soigner un Canadien. D'ailleurs, vous trouverez un excellent dossier sur Wikipedia sur la réforme du système de santé américain. Cherchez-le en anglais, il sera plus complet.
Vous découvrirez des faits étonnants. Entre autre: le systèeme de santé va bien, trèes bien au Canada en comparaison de nos voisins du sud...
Jean-Philippe Chartrand, Cap d'Espoir
27 mars 2010
Je ne suis pas certain qu'Obama va réussir a se faire réélir, voici pourquoi :
1. Le président brancher que nous attendions n'en est pas vraiment un.
2. Le plan de santé ne fait pas l'affaire de tous,
3. La troisième, elle dépent du chef du parti de l'opposition.
Le reste, il est aux Américains de le décidé!
Mathieu Haché, Nouveau-Brunswick
24 mars 2010
Si on considère que la politique serait l'art du possible. Tout dans ce cas devient possible : Abroger la réforme de la santé. Permettre au Congrès de redevenir majoritairement Républicain. Bouter Obama hors de la Maison Blanche.
La question dans ce cas devient d'un autre ordre : Qu'est-ce que le possible ?
Aussi n'est-il pas impossible que le réforme tienne. Qu'on parvienne à des économies d'échelles, que cette réforme associée à une bonne politique en matière de prévention permette aux américains de vivre plus vieux et en bonne santé. Que les compagnies d'assurances jugent que le faible manque à gagner pour certains assurés soit largement compensé par les gains substantiels que pourraient représenter cet afflux potentiel de nouveaux clients. Que les compagnies se montrent inventives en matière d'offres de services et qu'en somme tout le monde y gagne.
Aussi n'est-il pas impossible, qu'hormis quelques États, les électeurs n'en veuillent pas à Obama et aux candidats Démocrates de sorte que la future majorité Républicaine au Congrès soit moins conséquente qu'on ne le craint.
Aussi n'est-il pas impossible qu'en 2012 les américains aient envie de poursuivre avec Obama et que la question de sa succession ne soit pas vraiment au coeur de l'actualité avant 2016.
Ainsi, si l'art est bien celui du possible. Alors tout devient possible. So that the poursuit of happiness means : « Yes we can ! »
Serge Drouginsky, Longueuil
24 mars 2010
Rappelons-nous que Mr. Poulin peut dire que la réforme est "historique" parce qu'il est difficile politiquement d'obtenir un projet de loi ambitieux qui sort du consensus bipartisan. Les Pères fondateurs américains avaient prévu le système ainsi.
Deuxièmement, la couverture à 95% n'est pas une couverture équivalente à celle du Canada parce que ce sont des assurances privés qui vont encore tous les loisirs de continuer à empêcher d'assurer les Américains jusqu'à 2014 où la plupart des mesures de la "réforme" vont prendre effet. Même après 2014, les protections sont tellement petites que les assurances privées ont les moyens et l'intelligence pour les contourner.
Troisièmement, il faut faire attention avec le mouvement du "The Party" parce que ce n'est pas un mouvement spontané. Il est financé par des conservateurs. Les gens ont été payés pour troubler la réforme. La majorité silencieuse américaine n'est pas encore au courant de la réforme. Le défi d'Obama va être de leur vendre selon Frédérick Gagnon dans un article du Devoir si Obama veut capitaliser sur cette "réforme historique". Pour moi, je crois qu'il n'y a pas grand chose à capitaliser, car plus on lit la réforme plus on se rend compte qu'elle est truffée d'échappatoires.
Enfin, je pense que le débat va continuer étant donné que déjà des États contestent ou propose des plans "à la canadienne". J'espère que ses États (Californie, Illinois, Pennsylvanie et Minnesota) vont aller plus loin que le fédéral qui est enchaîné à ce système politique.
Marc-André Martin, Farnham
24 mars 2010
Obama a 7 mois pour "vendre" sa réforme aux Américians, période qui comprend l'été. Les Amécains auront eu l'occasion de vivre avec la réforme pendant quelque temps et les débats acrimonieux courants leur paraîtront comme de l'histoire ancienne une fois l'automne arrivé. Et qu'est-ce que les Républicains ont à offrir en échange, outre l'abolition de la réforme ? Rien. Par contre, on peut reprocher au président de ne pas s'être investi suffisamment auparavant dans la promotion de sa réforme et de ne pas avoir articulé clairement les retombées bénéfiques qui en découlent pour la population, sauf à la toute dernière minute.
Denis Bertrand, Sudbury
24 mars 2010
JE SUIS CORRESPT DE PRESS D'HAITI je viens de perdre ma meilleurs ami a miami a cause du manque de suivie pour cause de diabete,j'ai soutenu notre president,et je crois a,cette democratie qui nait toujour dans la souffrance,que dieu nous benisse...le monde. est une utopies qui permet a l'humanite de ce transcendez...pour les bonnes causes amen
boniface zebo, miami

