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Vendredi 24 mai 2013 3 h 54 HAE


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Carnet Hugues Poulin

12 février 2010

Washington-les-Neiges


C'est le monde à l'envers. Il neige comme jamais à Washington, alors qu'au Québec on attend une « vraie » tempête, et qu'aux Jeux olympiques d'hiver de Vancouver, on a dû importer de la neige. 
 
La moindre tempête de neige vire au cauchemar pour les résidents de la grande région de Washington. On se précipite au supermarché pour faire des provisions au cas où la tempête durerait. On passe aussi à la quincaillerie acheter du sel, une pelle, une petite souffleuse ou encore une génératrice en cas de panne d'électricité. 
 
Ville fantôme 
 
Même lors de chutes de neige légères, les écoles de la région ferment et la plupart des 230 000 fonctionnaires fédéraux restent chez eux. La ville est tellement mal équipée pour affronter une vraie tempête que lorsqu'elle survient, c'est la catastrophe.  
 
Quelques rues prioritaires, pour les ambulanciers, les pompiers et les policiers, sont déblayées. Pour le reste, il faut prendre son mal en patience et espérer un redoux qui fera disparaître la neige. 
 
Il n'y a pratiquement aucun équipement pour enlever la neige qui s'accumule ou dégager les rues étroites. La circulation routière est périlleuse, et la grande majorité des gens, heureusement, renoncent à se déplacer en voiture. De toute façon, les automobiles ne sont pas chaussées de pneus d'hiver. 
 
Quant aux autobus, ils disparaissent rapidement de la circulation aux premiers brins de neige. La portion extérieure du métro qui dessert les banlieues arrête elle aussi. Reste la section souterraine, essentiellement dans le Disctrict de Colombia, qui fonctionne. C'est un service essentiel, mais il y a un train seulement aux 30 minutes. 
 
En période de tempête de neige, des milliers de vols commerciaux sont annulés dans les trois aéroports de la région, Washington-National, Washington-Dulles et Baltimore. 
 
La fin de la tempête ne signifie pas pour autant la reprise des activités. Les écoles et les services gouvernementaux peuvent rester fermés pendant plusieurs jours. Ce fut le cas récemment: une semaine de paralysie à cause de deux tempêtes consécutives, la première le 5 février, l'autre le 10. 
 
On dit à la blague que si des extraterrestres voulaient envahir Washington sans coup férir, ils devraient simplement déclencher une bonne bordée de neige. 
 
Un record historique 
 
La capitale américaine a déjà subi trois tempêtes cet hiver. Il a tellement neigé qu'on a éclipsé un record qui remontait à 1899. 
 
À la mairie de Washington, dont le budget d'enlèvement de la neige est rachitique, on espère que le nouveau record tiendra un autre siècle... 
 
Bataille du climat 
 
Si certains Washingtoniens ont profité de l'occasion pour organiser de gigantesques batailles de boules de neige, d'autres ont rallumé d'autres combats, notamment celui sur le réchauffement climatique. 
 
Derrière l'image poétique d'une Maison-Blanche couverte d'un manteau blanc, le feu de la partisanerie politique est toujours vif. Les opposants à la théorie du réchauffement climatique soutiennent que l'hiver actuel démontre justement qu'il s'agit d'une lubie. 
 
Le sénateur républicain de l'Oklahoma, James M. Inhofe, est un chef de file des climato-sceptiques. Selon lui, les précipitations records de neige sur Washington mettent sérieusement en doute la théorie de certains scientifiques, qui voient dans l'activité humaine une cause du réchauffement de la planète. 
 
Le sénateur a d'ailleurs profité de toute cette neige pour construire, en dérision, un igloo près du Capitole. L'igloo est surmonté d'un panneau satirique avec l'inscription « Al Gore's New Home » (La nouvelle maison d'Al Gore). 
 
L'ancien vice-président américain Al Gore a fait de la lutte au réchauffement climatique la grande cause de sa deuxième vie publique, après sa défaite à la présidence américaine contre George W. Bush en 2000. 
 
À l'opposé, les amis d'Al Gore voient au contraire dans les chutes de neige sans précédent à Washington un argument supplémentaire de leur théorie sur les changements climatiques. 
 
Selon eux, le phénomène va provoquer de plus en plus de manifestations extrêmes, comme des grandes chaleurs au nord, des grands froids au sud ou des ouragans dans des régions généralement épargnées par de tels cataclysmes. 
 
Les tenants de la théorie du réchauffement climatique croient d'ailleurs qu'il pourrait y avoir d'autres hivers très enneigés à Washington. Selon eux, plus l'air est chaud, plus il contient d'humidité susceptible de provoquer d'importantes précipitations de pluie ou de neige.  
 
L'ouragan Katrina qui a dévasté La Nouvelle-Orléans en 2005 avait suscité le même genre de débat sur les changements climatiques. 
 
Les Jeux olympiques d'hiver  
 
Les chroniqueurs ultraconservateurs qui ne ratent jamais une occasion d'attaquer le président Obama se sont abstenus jusqu'à maintenant d'attribuer au chef de la Maison-Blanche et à son soi-disant virage « socialiste » la responsabilité de cet hiver historique.  
 
Mais il y a des chroniqueurs qui gardent leur sens de l'humour. Ainsi dans le Washington Post, l'un d'eux a suggéré que les prochains Jeux olympiques d'hiver se déroulent dans la capitale américaine. 
 
Le journal propose une nouvelle discipline, le triathlon du pelletage, et après trois vraies tempêtes cet hiver, les athlètes du pelletage à Washington, maintenant bien entraînés, ont pris une sérieuse option pour un podium. 
 
Le plus grand blizzard hivernal de l'histoire de Washington vous inspire-t-il?


Regardez les reportages d'Hugues Poulin sur notre page
« International »

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Écrivez-moi à : carnets@radio-canada.ca
Né à Beauceville, Hugues Poulin obtient un baccalauréat en communications de l'Université Laval en 1973, puis un certificat du Centre de formation en journalisme à Paris, en 1974.  
 
Entré à Radio-Canada en 1974, il est d'abord recherchiste, rédacteur et reporter pour la télé et la radio à Montréal. De 1982 à 1989, il est affecté à la politique canadienne, en plus d'être responsable de la couverture de l'actualité en Amérique latine, à partir de Montréal. Il est envoyé spécial pour couvrir la guerre civile au Salvador et la révolution sandiniste au Nicaragua.  
 
Nommé correspondant à Washington en 1989, il couvre notamment la première guerre du Golfe. Il suit la campagne présidentielle qui voit l'élection de Bill Clinton. 
 
En 1994, Hugues Poulin part pour Paris, d'où il couvre l'Europe jusqu'en 2000. L'élection de Jacques Chirac à la présidence, les grandes grèves en France et l'élection de Vladimir Poutine en Russie font partie de ses souvenirs. Il passe aussi plusieurs mois dans les Balkans lors du conflit au Kosovo.  
 
En 2001, il devient grand reporter à l'émission Zone libre à la télévision de Radio-Canada. Il se rend notamment au Pakistan, près de la frontière afghane, dans la foulée des attentats du 11 septembre.  
 
À peine un an plus tard, il repart, cette fois à Jérusalem, pour la radio de Radio-Canada. Il est au coeur de la deuxième intifada palestinienne et de la construction d'une barrière de sécurité par Israël. Il y reste jusqu'en 2004, effectuant aussi des reportages en Irak, notamment lors de la capture de Saddam Hussein.  
 
De 2004 à 2007, Hugues Poulin est correspondant en Europe pour la radio de Radio-Canada. Il réalise des reportages sur la mort de Jean-Paul II et sur le 20e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Il couvre aussi l'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir en France.  
 
Depuis août 2007, il est correspondant à Washington pour la télévision de Radio-Canada.

16 février 2010

Il faut organiser un conference contre le refroidissement climatique et arreter le protocole de Kyoto. 
 
La planete se refroidit...vite

Thomas Bishop-Garnier, Paris / Dublin

15 février 2010

À MM. Bazinet et Gagné: 
 
Je vous remercie d'avoir souligné cette erreur de distraction. Nous l'avons corrigée!

Hugues Poulin, Washington

15 février 2010

J'ai un ami qui, en revenant de l'étranger pour des raisons d'affaires, a été pris 3 jours à Washington. Belle ville, mais quand tout est fermé, c'est plate apparemment. 
 
Petite correction: Al Gore était vice-président, pas président (au 5e paragraphe sous le sous-titre Bataille du climat)

Jean-François Gagné, Gatineau

14 février 2010

Et oui,malheureusement pour nous du Québec, l'hiver se passe a Washinton cette année. Je me suis demandé pourquoi ils n'ont pas fait venir des déneigeuses du Québec pour les aider?? 
Je suis contente de penser qu'ils vont réfléchir sur le réchauffement de la planète. Il serait temps qu'ils amorcent cette réflection. 
C'est beau de la belle neige blanche. Ici, ça manque. On voit des plaques de gazon. 
Je regarde Vancouver, sous la pluie,Il y a vraiment un problème mais ça ne sera pas suffisant pour faire bouger les choses. N'est pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre....

Micheline Belanger, Magog

13 février 2010

Eh bien! 
 
Je suis bien mal renseigné, j'ignorais que Al Gore a été président des États-Unis... Merci de m'avoir bien renseigné sur cette question. Est-ce une façon de souligner qu'il s'était fait voler les élections controversées de 2000? 
 
 

Dominic Bazinet, Montréal

12 février 2010

Sommes toutes les images que nous avons vu sont plutôt féeriques. Dès lors que les gens ne perdent pas leur sens de l'humour, c'est plutôt bien surtout lorsque les politiciens ne se prennent pas trop au sérieux, de ce point de vu, il semblerait que les politiciens soient plutôt moins coincés que de ce côté-ci de la frontière. 
 
La question des changements climatiques revient toujours lorsqu'il se produit des situations inhabituelles. Les Européens ont connu aussi voici quelques moments, une vague de froid et même quelques centimètres de neige à Paris. Si nous en croyons vos collègues météorologistes, ce sont les mouvements (le courant jet) des vents de hautes altitudes qui agissent sur la trajectoire des grandes masses nuageuses issues du nord-ouest. Si la météorologie semble avoir accomplie des progrès conséquents grâce notamment à l'observation stratosphériques des satellites, grâce à des instruments de mesure précis donnant accès à des datas compilées et analysées en tout temps ; il n'en reste pas moins des observations, qui de toute évidence ne sont pas toutes élucidées. 
 
Cette planète sur laquelle nous vivons, encore cette grande inconnue. – Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter bonne suite de pelletage et n'oubliez pas de fabriquer un bonhomme de neige pour nous, car sous nos nordiques contrées le manteau blanc par les temps qui courent se fait presque une extrême curiosité.

Serge Drouginsky, Longueuil

2010

2009