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Carnet Hugues Poulin

14 janvier 2010

La catastrophe haïtienne et le commandant Obama


L'effroyable tremblement de terre qui a secoué la région de Port-au-Prince semble confirmer l'incroyable malédiction qui semble peser sur Haïti. 
 
Les Haïtiens ont tout enduré. Des dictatures, des régimes corrompus, une pauvreté endémique et des catastrophes naturelles. 
 
Mais le tremblement de terre du 12 janvier, comme le disait si bien mon ancienne collègue devenue gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, ressemble à l'explosion d'une bombe atomique au coeur d'Haïti. 
 
Je suis allé plusieurs fois en Haïti comme envoyé spécial, notamment lors du départ de Jean-Claude Duvalier, « Bébé Doc », dans la nuit du 7 février 1986. La fin de la dictature des Duvalier, père et fils, avait suscité tant d'espoir, vite déçu. 
 
Pourtant, malgré l'avènement d'autres régimes totalitaires ou la dévastation par des ouragans, les Haïtiens restent fiers et confiants en l'avenir. Une sorte de résistance ou de résilience semble les animer malgré tous leurs malheurs. 
 
Le commandant Obama 
 
Le tremblement de terre aura cependant permis de voir une autre facette de Barack Obama. Dès que l'étendue de la catastrophe a été connue, le président américain a réuni ses principaux responsables des opérations civiles et militaires de secours. 
 
Barack Obama est devenu en moins de 24 heures le commandant en chef d'une des plus importantes opérations d'aide humanitaire d'un gouvernement américain. 
 
Le contraste est frappant avec l'attitude de George W. Bush aux premiers jours de l'ouragan Katrina, qui a dévasté La Nouvelle-Orléans le 29 août 2005. 
 
Pourtant, Barack Obama a demandé à son prédécesseur Bill Clinton d'épauler pour coordonner l'aide américaine en Haïti. Une nomination audacieuse, mais sans doute habile politiquement auprès des républicains. 
 
George W. Bush avait fait sensiblement la même chose après le tsunami du 26 décembre 2004, en confiant un mandat conjoint à son père, l'ancien président George H. W. Bush, et à son prédécesseur, Bill Clinton. 
 
George W. Bush aura aussi l'occasion de redorer son image et de faire oublier un peu le cafouillage entourant les opérations de secours après l'ouragan Katrina.  
 
Beaucoup de ressources 
 
Pratiquement chaque jour, Barack Obama fait le point sur les opérations de secours en Haïti et, surtout, il met en place une aide massive. Une première enveloppe de 100 millions de dollars a été débloquée. De nombreuses équipes de secouristes et de personnel médical sont sur place ou en route. 
 
Le Pentagone a ordonné l'envoi de nombreux navires, dont le navire-hôpital « USNS Comfort ». Et 3500 marines seront déployés en Haïti pour renforcer la sécurité. 
 
Les mots justes  
 
Par-dessus tout, fidèle à son grand talent de tribun, Barack Obama a trouvé les mots justes en s'adressant aux sinistrés haïtiens. 
 
Le président a affirmé, notamment: « Les États-Unis et le monde sont à vos côtés. Nous ne vous abandonnerons pas, nous ne vous oublierons pas. » 
 
Tout est politique 
 
La première mission du contingent américain est justement de venir en aide aux 40 000 citoyens américains vivant en Haïti. Plusieurs centaines de personnes ont déjà été évacuées ou rapatriées. 
 
Il y a aussi 500 000 Haïtiens vivant aux États-Unis, la majorité en Floride, dans la région de Miami. De plus, 750 000 résidents américains disent avoir des ancêtres haïtiens. C'est une petite minorité, mais éventuellement, une fois citoyen américain, le vote des Haïtiens regroupés dans certains districts pourrait faire une différence. 
 
Le sort des Haïtiens est aussi au coeur des préoccupations de la minorité noire américaine. 
 
Barack Obama a su aussi faire appel à la générosité de ses concitoyens, que ne restent pas insensibles à la catastrophe en Haïti. 
 
Que vous inspire le leadership du chef de la Maison-Blanche dans cette opération de secours? Croyez-vous que l'aide américaine et internationale permettra aux Haïtiens de redonner un sens à leur vie?


Regardez les reportages d'Hugues Poulin sur notre page International

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Écrivez-moi à : carnets@radio-canada.ca
Né à Beauceville, Hugues Poulin obtient un baccalauréat en communications de l'Université Laval en 1973, puis un certificat du Centre de formation en journalisme à Paris, en 1974.  
 
Entré à Radio-Canada en 1974, il est d'abord recherchiste, rédacteur et reporter pour la télé et la radio à Montréal. De 1982 à 1989, il est affecté à la politique canadienne, en plus d'être responsable de la couverture de l'actualité en Amérique latine, à partir de Montréal. Il est envoyé spécial pour couvrir la guerre civile au Salvador et la révolution sandiniste au Nicaragua.  
 
Nommé correspondant à Washington en 1989, il couvre notamment la première guerre du Golfe. Il suit la campagne présidentielle qui voit l'élection de Bill Clinton. 
 
En 1994, Hugues Poulin part pour Paris, d'où il couvre l'Europe jusqu'en 2000. L'élection de Jacques Chirac à la présidence, les grandes grèves en France et l'élection de Vladimir Poutine en Russie font partie de ses souvenirs. Il passe aussi plusieurs mois dans les Balkans lors du conflit au Kosovo.  
 
En 2001, il devient grand reporter à l'émission Zone libre à la télévision de Radio-Canada. Il se rend notamment au Pakistan, près de la frontière afghane, dans la foulée des attentats du 11 septembre.  
 
À peine un an plus tard, il repart, cette fois à Jérusalem, pour la radio de Radio-Canada. Il est au coeur de la deuxième intifada palestinienne et de la construction d'une barrière de sécurité par Israël. Il y reste jusqu'en 2004, effectuant aussi des reportages en Irak, notamment lors de la capture de Saddam Hussein.  
 
De 2004 à 2007, Hugues Poulin est correspondant en Europe pour la radio de Radio-Canada. Il réalise des reportages sur la mort de Jean-Paul II et sur le 20e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Il couvre aussi l'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir en France.  
 
Depuis août 2007, il est correspondant à Washington pour la télévision de Radio-Canada.

19 janvier 2010

M. Poulin 
 
Bush a décreté l'état d'urgence deux jours avant l'arrivée de Katrina sur les côtes américaines. Ce n'était que la deuxième fois dans l'histoire que cela ce faisait, la premìere fois fut pour l'ouragan Andrews et c'était G. Bush père. L'histoire démontre que c'est la FEMA, la gouverneur Blanco et le maire Nagin qui ont manqué de leadership. Bush a dû faire pression sur la gouverneur pour que l'évacuation se mette en branle. Bush a été une tête de turque bien pratique pour les antiaméricains, pour bien des journalistes etc. Maintenant que Obama est là, tout a changé et c'est tant mieux car je commencais a trouver d'un ridicule consommé certains commentaires facile et démagogique de bien des commentateurs et journalistes. Obama comme tout autre leader mondiaux ne peut être insenssible aux souffrances du peuple Haitien, Bush aurait fait de même, j'en suis certain, peut-être que le discours aurait été moins charismatique, mais les gestes auraient été a la même hauteur. Mais que voulez-vous, l'on se méfie même du Nobel de la paix Obama, parlez en a Chavez ;-))

Comeau Gervais, Québec

16 janvier 2010

bonjour que fait la republique dominicaine pour aider haiti  
 
merci 
claude tremblay

Claude Tremblay, Montreal

15 janvier 2010

Je m'attendais autant d'Obama, homme d'action et de compassion. Oui, Haiti - et le monde entier, de ses dons généreux - peuvent transformer cette tragédie inhumaine en bâtissant un avenir digne du courage, de la résilience et de l'espoir que portent en eux, et depuis toujours, le peuple haitien, qui leur permettra de réaliser leurs rêves les plus audacieux, soit des infrastructures alimentées de manière intelligente, respectueuse de l'environnement (lire énergie solaire, éolienne et géothermique); des écoles et des universités pour former la relève de demain; des hôpitaux universitaires; des habitats sécuritaires et sanitaires; des systèmes d'aqueduc salubres; des moyens de transport à la fine pointe de l'intelligence.  
Enfin, un gouvernement honnête, respectueux et visionnaire qui n'ait d'autre objectif que de faciliter l'épanouissement de son peuple.  
 
Je souhaite que ma contribution, et celles de milliers d'autres de par le monde entier, puissent leur faciliter la tâche, en collaboration avec tous ceux et celles qui, en toute bonne foi, sauront leur prêter main forte, à court terme, comme à moyen et à long terme.  
 
C'est mon souhait le plus ardent.

Marie Fabiola BOLDUC, Montreal

15 janvier 2010

Je remercie l'internaute Claude Desjardins de son commentaire qui rejoint ce que je pense de Harper !

Claire Thibaudeau, Sherbrooke

15 janvier 2010

Ce qui m'impressionne, c'est le mouvement d'entraide qui vient de tous les pays qui font front commun, du secteur de l'économie et des citoyens qui n'hésitent pas à mettre la main dans leur poche pour faire parvenir des dons à la Croix Rouge et autres organismes d'aide humanitaire qui s'accumulent à la vitesse de l'éclair. Barak Obama en bon commandant a initié le mouvement. De plus, il n'a pas hésité de s'adresser à Cuba pour un droit de passage aérien afin de sauver du temps. Imaginez après seulement 1 an, tout ce qui s'est passé. C'est tout simplement fascinant!

Lise St-Laurent, Granby

15 janvier 2010

Le leadership de la Maison Blanche s'applique dans le court terme. Dans six mois, tout sera oublié à moins que les pays riches ne s'entendent pour déployer des efforts soutenus, pendant plusieurs années. La proposition du président Sarkozy devrait être entendue. Sans aide extérieure, la reconstruction et la résolution de problèmes aussi fondamentaux que la santé, l'éducation et la reforestration (les haitiens n'ont même plus de charbon de bois pour cuisiner) ne se feront pas.

Jacques Saint-Cyr, Québec

15 janvier 2010

La nature peut s'avérer parfois destructrice et sans pitié. Mais heureusement que nous pouvons nous entraider dans des situations comme celle-ci... 
 
Mr. Obama et les autres chefs d'État doivent: 
 
1- Organiser une collecte de denrées non-périssable 
(cannages, riz, pâtes, légumes en conserve) 
2- Faire des dons de tentes de couchage et de couvertures... 
3- Envoyer des inspecteurs du sols et des arpenteur-géomètre 
4-Envoyer des spécialistes en démolition 
5- Envoyer des constructeurs 
6-Envoyer des spécialistes en traitement des eaux 
7-Envoyer des médicaments, des vitamines et minéraux, et des dizzaines de milliers de trousses de premier soin... et des équipements médicaux.. 
8-Envoyer l'armée et des policiers pour protéger les travailleurs humanitaires et distribuer le matériel de survie 
9-Réparer les ports et les aeroports 
10-réparer les systèmes d'aqueducs et les routes. 
11- Reconstruire les bâtiments essentiels dont les hôpitaux, les écoles, bâtiments gouvernementaux.. 
12- Récolter des casseroles usagées pour les donner aux Haïtiens pour leurs repas 
13-Leur donner des charbons pour faire de la cuisson. 
14-Envoyer des psychiâtres et des évangélistes pour s'occuper des enfants abandonnés et des familles décimés 
15 programme d'emploi outre-mer pour les Haïtiens en attendant que leurs pays redevienne à la normale..

Stéphane Fraser, Longueuil

15 janvier 2010

Permettez moi de vous corriger, cher monsieur Poulin. Pour Dany Laferrière que nous entendions hier soir au Téléjournal, il n’est point de malédiction (ou madichon en Créole) et je suis d’accord avec lui. Ce qu’on appelle une malédiction appartient au domaine de la magie, laquelle n’a pas le pouvoir d’asservir les forces de la nature. Une partie du peuple haïtien croit dans le « Voudou » et ce genre de croyances en partie issues des traditions animistes de l’Afrique sont répandues en Amérique du Nord, en particulier en Louisiane. C’est une erreur que de croire que le « Voudou » soit une magie dite noire (par opposition à la magie blanche). C’est en premier lieu utilisé pour guérir. Nos sœurs et frères haïtiens en ont besoin. C’est à la guérison en premier que nous devons nous affairer. 
 
D’autre part, s’il est vrai que le président Obama a fait du président Bill Clinton son émissaire, c’est le secrétaire général de l’ONU : Ban Ki-moon qui dès le 12 janvier faisait de Bill Clinton le coordonnateur pour l’ONU. J’ai écouté le discours de Bill Clinton en conférence de presse. On ne pouvait faire meilleur choix, d’autant que Bill Clinton est déjà au fait des problèmes de Haïti par l’entremise de sa fondation. Qui plus est, il ne saurait être meilleur diplomate en la matière que l’ancien président. 
 
Il n’est pas à douter de l’habileté du président Obama et je me réjouis de voir le président Bush associé à des causes humanitaires (cela devrait le changer un peu de la guerre). Enfin ce que je préfère c’est le caractère sincère des interventions de Barack Obama ; « Bon sang ne saurait mentir » (comme dit le proverbe). 
 
Assurément, tout cela marque un revirement majeur dans l’orientation des Etats-Unis sur le plan de la diplomatie internationale. Ce dont nous ne pouvons que nous féliciter. Et nous sommes je croix sur la bonne voie pour dissiper progressivement toutes ces formes apparentes et pernicieuses de malchances répétées.

Serge Drouginsky, Longueuil

14 janvier 2010

Merci de faire la comparaison entre Haïti et Katrina. Bush n'est plus président, mais il a été fort critiqué pour avoir pris trop de temps à réagir. Ça ne risque pas d'arriver sous Obama. Il est toujours prêt à répondre aux situations d'urgence, et ses conférences de presse sont faciles à comprendre pour le peuple.

Katina Diep, Longueuil

14 janvier 2010

L'intervention du président Obama, à mon avis, est humaine, même si elle pourrait avoir un côté politique...Tous les pays se mobilisent pour venir en aide à Haiti, ce pays qui n'avait pas besoin d'un tremblement de terre pour s'ajouter à sa pauvreté innée. Merci Obama et les autres...y inclus le journaliste Poulin, que l'on aime voir et entendre à la télé de Radio-Canada...ce n'est pas un moment pour analyser les motifs des intervenants, mais plutôt un moment de solidarité envers un peuple qui souffre davantage. Merci. 
 
Jeannita Thériault 
Éditorialiste et ancienne journaliste 
Moncton (N.-B.)

Jany Thériault, Moncton (N.-B.) Canada

14 janvier 2010

S'il est vrai que démocratie et état de droit ont connu des dérapages répétés en Haïti au cours des dernières décennies, il faut se ranger de tout coeur et de toutes nos ressources aux côtés de ce peuple lourdement éprouvé. Nous devons participer individuellement et collectivement à la reconstruction de ce pays ami pour que sa population puisse, un jour, vivre une vie normale. Donnons généreusement!

Gilles Masse, Longueuil

14 janvier 2010

Le president Obama a pris les bonnes mesures qu il fallait : envoi de soldats pour assurer l ordre et empecher le pillage et maintenir l ordre public que ne peut assurer le Gouvernement haitien actuel. 
 
Des secouristes americains assistes en helicopteres et tout l equipement necessaire pourront reduire les effets de cette catastrophe . 
 
Les Etats-Unis pourront se REFAIRE UNE MEILLEURE IMAGE aupres du peuple haitien qui ne voyait que le rejet des refugies de la mer et l occupation americaine des annees 1915-1935. 
 
L equipe Bush-Clinton des 2 anciens presidents ne peut qu influencer positivement l opinion americaine necessaire a cette entreprise.

Victor Nazaire, Ottawa

14 janvier 2010

La réaction de Obama détonne avec celle de Stephen harper qui est plutôt discret, laissant ses ministres et Michael Jean prendre l'avant de la scène. 
 
Le tempérament taciturne de notre premier ministre dans ces circonstances est troublant et désastreux pour l'image du Canada dans le monde.  

Claude Desjardins, Montréal

2010

2009