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Carnet Michel Cormier

4 décembre 2009

Harper en Chine: le meilleur et le pire


Au risque d'utiliser une paraphrase un peu usée de Dickens, le voyage de Stephen Harper en Chine tenait à la fois du meilleur et du pire.  
 
Commençons par le pire. M. Harper a dû subir la réprimande très publique du premier ministre Wen Jiabao, un personnage affable peu porté sur les emportements, que les Chinois appellent affectueusement grand-papa. Lors de leur tête-à-tête, au Palais du peuple, Wen a reproché au premier ministre canadien d'avoir attendu trois ans avant de venir en visite officielle en Chine. 
 
Réparer les ponts 
 
Il s'agissait d'une remontrance du genre qu'on ne voit pas souvent de la part des Chinois. Il faut dire que la presse chinoise avait montré le chemin avec une série d'articles très critiques de l'attitude de M. Harper envers la Chine.  
 
L'édition anglaise du Quotidien du peuple, qui est destinée à la communauté internationale en Chine, les diplomates, les journalistes et les gens d'affaires, disait que le premier ministre canadien se devait de réparer les ponts avec le géant chinois.  
 
Mais comme en Chine il est important de sauver la face, et, surtout, de permettre à l'autre de le faire, le premier ministre Wen Jiabao a également permis un déblocage de dossiers auquel on ne s'attendait pas. 
 
Ainsi, le Canada sera désormais, comme bien des pays, considéré comme une destination touristique privilégiée. Cela veut dire qu'il faudra s'attendre, à partir des Jeux de Vancouver, à un flux accru de touristes chinois. 
 
La Chine va également ouvrir un consulat à Montréal, ce qui laisse entrevoir que Pékin tient à une normalisation des rapports avec le Canada après trois ans de guerre froide sous le gouvernement Harper.  
 
En échange, par contre, les Chinois s'attendent à ce que le gouvernement canadien ne s'oppose pas à ce que la Chine achète les sables bitumineux de l'Alberta. 
 
Et les droits de la personne? 
 
Stephen Harper, après avoir juré qu'il ne sacrifierait jamais les droits de la personne sur l'autel du dollar, en revient donc à la politique qu'ont exercée les libéraux envers la Chine depuis Jean Chrétien.  
 
Les deux dossiers, essentiellement, sont séparés. On peut faire des affaires avec les Chinois sans négliger la question des droits. Stephen Harper a probablement parlé du Tibet et de la démocratie en privé avec le président Hu Jintao et le premier ministre Wen Jiabao.  
 
Toutefois, il s'est bien gardé de faire quelque geste public qui ait pu indisposer ses hôtes chinois. Il n'est pas allé à l'église, comme George W. Bush et n'a pas tenu de réunion publique avec des étudiants, comme Barack Obama.  
 
Stephen Harper est tranquillement rentré dans le rang de la realpolitik qu'il reprochait, il n'y a pas si longtemps, aux libéraux du temps où ils étaient au pouvoir.  
 
C'est Jean Chrétien qui avait dit un jour que, parfois, en politique, il faut marcher sur la peinture. Stephen Harper s'envole demain pour Hong Kong, avec les souliers pleins de peinture diplomatique.


Regardez les reportages de Michel Cormier sur notre page International

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Écrivez-moi à : carnets@radio-canada.ca

Avant d'entrer en fonction comme correspondant de la télévision de Radio-Canada et de la CBC à Pékin, Michel Cormier a été correspondant à Paris et à Moscou, chef de bureau de la colline Parlementaire à Québec et correspondant du Point à Ottawa. Auparavant, il a été correspondant national de l'émission Sunday Morning, à la radio de la CBC et journaliste à l'émission Présent-dimanche à Montréal. Natif de Cocagne, au Nouveau-Brunswick, il a commencé sa carrière au réseau atlantique de Radio-Canada à Moncton. Il détient un baccalauréat en journalisme de l'Université Carleton et une maîtrise en science politique de l'Université Laval.

Michel Cormier a été le premier journaliste canadien à pénétrer en Afghanistan à la veille de l'offensive américaine. Il a interviewé Hamid Karzaï et Vladimir Poutine, a couvert la tragédie du Koursk et le conflit en Tchétchénie; il a été l'un des rares journalistes à assister au renversement populaire du président géorgien Édouard Chevarnadze, dont la couverture lui a valu une mention pour le prix Gemini. De Paris, il a couvert la crise des banlieues, les attentats de Londres et la mort du pape Jean-Paul II; il s'est aussi rendu maintes fois en Israël et dans les territoires occupés.

Il a obtenu les prix Anix et Judith-Jasmin et il est l'auteur de trois livres: Un dernier train pour Hartland, biographie de l'ancien premier ministre Richard Hatfield, écrite avec Achille Michaud; La révolution acadienne, biographie de l'ancien premier ministre Louis Robichaud, pour laquelle il a reçu le prix France-Acadie. À l'automne 2007, il a publié chez Leméac La Russie des illusions, une série d'essais dur la Russie, que Le Devoir a salué comme un livre « fascinant [...] qui s'inscrit dans la tradition des ouvrages signés par des grands reporters qui allient l'acuité du regard sur l'autre et la compassion à une écriture solide ».

8 décembre 2009

Quelques points ici: 
 
- Un des problèmes de M. Harper en est un de "casting". Un gouvernement, un pays, n'est pas une ONG. Amnistie Internationale, Humans Right Watch, la Croix-Rouge, etc ont toutes un rôle à jouer, et elles le font fort bien. M. Harper ne doit pas confondre son rôle de premier ministre du Canada avec celui de directeur d'une ONG.  
 
- Avoir été absent lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Beijing a été une gaffe majeure. Rappelons-nous que la Chine était un pays fermé au monde extérieur il y a à peine 30 ans. Aujourd'hui, elle invite le concert des nations à une grande fête chez elle, et le Canada la boude? C'était une gifle en plein visage! Cela faisait bien "petit", bien peu "diplomatique". La Chine a fait beaucoup de chemin en 30 ans... Ce n'est pas en la boudant que le Canada pourra communiquer avec elle, voire l'influencer!! 
 
- D'autre part, je serais très surpris que le Gouvernement Harper ouvre les sables bitumineux de l'Alberta aux investisseurs chinois. Si George W. Bush a fait la guerre en Iraq pour mettre la main sur le pétrole par la force, avant que la Chine ne le fasse par des ententes négociées, si Barack Obama accentue la guerre en Afghanistan pour permettre à UNOCAL Oil de construire son pipeline, je serais surpris que les pétrolières et les industries américaines acceptent que les sables bitumineux albertains (la porte d'à côté; un approvisionnement sûr) passent aux mains des chinois... Il y a quelque chose qui m'échappe ici.

J.-C. Cote, Montreal

6 décembre 2009

Est-ce que le Canada respecte les droits de l'Homme ? Non, selon certains organismes des Nations-Unis dont la Commission sur les droits de l'Homme qui a présenté un rapport dont le Canada a décidé d'ignorer les recommandations. Pourquoi être l'un des seuls pays au monde à refuser de signer la Déclaration sur les droits des peuples autochtones ? À cause du droit à l'auto-détermination reconnue pour les autochtones? Pourtant Ottawa "exige" l'auto-détermination pour les Tibétains. Alors, deux poids, deux mesures ? 
 
Les droits de la personne ne se limitent pas à la démocratie selon la Déclaration universelle des droits de l'Homme. Nulle part, on mentionne que les droits politiques sont supérieurs ou plus importants que les droits économiques et sociaux. Un État doit respecter les droits politiques, économiques et sociaux de la Déclaration universelle pour prétendre que les droits de la personne sont respectés : aucun État ne respecte la Déclaration universelle. 
 
Hypocrite le discour de Harper quand connaît la position officielle de l'Occident : "We have made clear to the Chinese Government, and publicly, that we do not support Tibetan independence. Like every other EU member state, and the United States, we regard Tibet as part of the People's Republic of China." 
Foreign Office, oct.08

Dennis Neault, Gatineau

6 décembre 2009

Bonjour M. Cormier, 
C'est la preuve par 10 qu'on est pas obligé d'être à plat ventre pour faire de la représentation diplomatique. 
Se tenir debout est la meilleure façon de ne pas se faire piler sur les mains. 
La Chine n'a pas de leçon à donner dans le comment doit se comporter un dirigeant d'un autre pays souverain. 
Je suis content de la réponse de M. Harper à son vis à vis Chinois. Ce dernier démontrait un air condescendant pas très diplomatique. 
 
 

Réjean Carrière, Repentigny

5 décembre 2009

Voilà, les Chinois étaient mécontents de l'absence du Premier Ministre canadien à la cérémonie d'ouverture des Jeux de Pékin. Envoyer quelqu'un d'autre, cela ne fait pas, disent les Chinois.  
Ils ont trouvé l'absence, de Monsieur Harper, trop longue. Quand on dirige un gouvernement minoritaire, certaines obligations prévalent sur d'autres.  
Mais dans le fin fond, les dirigeants Chinois n'ont pas apprécié que le gouvernement canadien ait traité le dalaï-lama comme un chef d'État. Là, est la vraie raison de la rebuffade chinoise. Développer des liens économiques, culturels avec la Chine, oui!!, mais pas en se mettant à genoux.

Sandra Lefebvre, Anjou

4 décembre 2009

Je ne suis pas souvent d'accord avec Harper et ses conservateurs. S'il peut un peu tenir tête aux dictateurs chinois, tant mieux et je l'en félicite.  
 
Il y a 80 ans les puissances occidentales pactisaient aussi avec celui qui les méprisaient....ceux qui ont un peu de mémoire savent de qui je parle. Ignatieff fait le lèche-botte devant les Chinois comme Chrétien avant lui. Honte à tous ceux qui se ferment les yeux sur le lion chinois qui ne tardera à en imposer à tous les lèche c..de la planète. 

Yves Petit, Dollard-des-Ormeaux

4 décembre 2009

Monsieur Cormier, 
 
J'abonde dans le même sens que vous et votre commentaire est très juste. Stephen Harper savait à quoi s'attendre en se rendant en Chine et était prêt à faire amende honorable.afin de mener cette mission à bien, politiquement et économiquement. La Chine a fait preuve d'une très grande diplomatie et monsieur Harper de marcher sur la peinture comme vous le dites si bien. Je crois en terminant que c'est prometteur pour le Canada.

Lise St-Laurent, Granby

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