24 novembre 2009
Cégep, PQ et loi 101: le rapport de cause à effet
C'est vrai pour la proposition d'interdire aux allophones de fréquenter un cégep anglophone, comme pour la plupart des autres débats qui touchent la langue et la loi 101 au Parti québécois: on cherche en vain le rapport de cause à effet.
« Le législateur ne parle pas pour ne rien dire », dit le vieil adage du parlementarisme britannique. Cela signifie qu'il faut qu'il y ait une attente raisonnable qu'une loi aura les effets escomptés, sans quoi cette loi est inutile et ne devrait pas être adoptée.
Pour les péquistes, il y a un acte de foi: plus de loi 101 va obligatoirement signifier plus de français au Québec. Le problème, c'est que ce n'est pas nécessairement le cas.
S'angliciser au cégep
Par exemple, voici une question qu'on ne pose pratiquement jamais au PQ: comment croire qu'un jeune adulte qui a passé 11 ans dans le système scolaire francophone (12, si on compte la maternelle obligatoire) va irrémédiablement s'angliciser en deux ans de cégep? Il n'y a aucune donnée objective qui permette de répondre oui à cette question.
Il est vrai qu'environ la moitié des allophones qui ont fait toute leur scolarité en français choisissent d'aller faire leur collégial dans une institution anglophone. Mais il y a une raison évidente à cela, tellement évidente qu'elle l'est aussi pour 10 % des étudiants francophones de souche: l'école québécoise ne donne pas un enseignement adéquat de l'anglais comme langue seconde.
Ceux qui croient qu'avoir une connaissance adéquate de l'anglais est une valeur importante au plan personnel voient, légitimement, dans les deux années de collégial une façon de corriger cette lacune.
(Soit dit en passant: Jean-François Lisée suggère un collégial unique pour tout le monde, avec les trois quarts des cours en français et le quart en anglais. Quand on sait qu'il n'y a pas suffisamment de professeurs d'anglais pour enseigner la langue seconde de façon efficace à Montréal, on cherche comment on trouvera ceux qui enseigneront la philo ou les maths en anglais au cégep de Matane.)
Au PQ, la question du bilinguisme personnel cause toujours la même gêne. On parle volontiers d'apprendre une troisième langue, mais jamais de la seconde – puisque ce serait évidemment l'anglais. Au conseil national du PQ, en fin de semaine dernière, on parlait même de cours de langues autochtones. Tant que ce n'est pas de l'anglais...
Bien sûr, on admet au PQ qu'il faudrait bien améliorer l'enseignement de l'anglais langue seconde, mais pas au point de le faire avant plutôt qu'après avoir décrété une nouvelle interdiction.
C'est une autre question qui ne se pose jamais – ou jamais publiquement, en tout cas – c'est l'image qu'on va finir par donner du français, si cette langue ne peut survivre qu'avec toujours plus d'interdictions. Surtout, comme le soulignait fort justement Jacques Parizeau dans son dernier livre, quand on a affaire, comme au cégep, à des personnes qui entrent dans l'âge adulte et qu'on ne peut plus traiter comme des enfants.
Langue et étalement urbain
Au-delà de la question du cégep, il y a pourtant un autre rapport de cause à effet, bien réel celui-là, qui semble échapper au PQ quand on parle de la situation du français sur l'île de Montréal.
Il y a chaque année, et c'est le cas depuis des décennies, environ 10 000 ménages qui quittent Montréal pour la banlieue. Presque tous des francophones. L'étalement urbain n'est pas qu'un problème d'aménagement du territoire ou d'environnement, c'est un problème linguistique.
Or, même si on reconnaît le problème au PQ, on ne propose pas de solutions. Parce qu'on ne veut pas faire quoi que ce soit pour indisposer les électeurs de la grande banlieue de Montréal, ceux qui font et défont les gouvernements au Québec. La raison est simple: sur l'île de Montréal, aux dernières élections, un seul siège a changé de mains. Dans la grande banlieue, ce qu'on appelle le « 450 », c'est plus de la moitié.
Il y a un rapport de cause à effet très direct entre le renforcement du français à Montréal et des limites à l'étalement urbain. Mais c'est tellement plus simple de parler des allophones au collégial...
Pendant 30 ans, Michel C. Auger a couvert l'actualité politique québécoise et canadienne pour une multitude de médias écrits, autant en français qu'en anglais. Il aura passé dix ans à la Tribune de la presse à Ottawa ce qui lui aura permis de couvrir huit campagnes fédérales, six élections au Québec, sans oublier trois référendums, plusieurs élections présidentielles aux États-Unis et même celle... d'un pape.
Mais la politique n'est pas son seul intérêt. Il a également été affecté à la couverture de la Cour suprême du Canada dans les années qui ont suivi l'adoption de la Charte canadienne des droits et libertés. Il a également assuré la couverture de plusieurs grandes commissions d'enquête, dont celle sur le dopage dans le sport qui avait suivi la disqualification du sprinter Ben Johnson et la commission Keable sur les activités des services de sécurité au Québec après la crise d'Octobre 1970.
Au cours des 15 dernières années, il a rédigé des chroniques pour plusieurs journaux dont Le Journal de Montréal, Le Soleil, The Edmonton Journal et The Globe and Mail et tenu un blogue sur Cyberpresse.ca.
Au printemps de 2007, il est devenu chef de bureau de Radio-Canada à l'Assemblée nationale, après des années à commenter l'actualité sur les ondes autant de Radio-Canada, de RDI, de CBC, de Télé-Québec et de TVA, où il a coanimé l'émission d'affaires publiques Larocque-Auger avec Paul Larocque.
Comme analyste politique à Radio-Canada, depuis l'automne 2008, Michel C. Auger suit de près la politique provinciale, fédérale et américaine.
Il tient maintenant ce carnet sur Radio-Canada.ca, en partie pour ne pas trop s'ennuyer de l'écriture...
26 novembre 2009
Une chose difficile à avaler pour certains est que la majorité ne se sent pas particulièrement préoccupée par le sort du français.
Avec l'avènement de la société de communications et l'ouverture sur le monde, les jeunes comprennent rapidement qu'une langue n'est qu'un véhicule de communication et que le francais n'est qu'une langue parmi plusieurs autres. Ils comprennent aussi assez vite qu'on ne perd pas son identité individuelle, que l'on parle espagnol, chinois ou l'anglais.
Le caractère souvent illogique de la langue francaise (pourquoi au fait un gendre au objet ou aux animaux ?) est maintenant en collision directe avec la logique implacable apportée par l'informatique, logique dans laquelle les jeunes (et moins jeunes) évoluent maintenant. Aussi, le volume de connaissances que les jeunes doivent absorber à l'école , sans doute plus du double d'il y a quarante ans, rend la maîtrise de la langue francaise un obstacle plutôt qu'un atout. Si les jeunes maîtrisent de moins en moins le français, ce n'est pas parce qu'ils sont plus paresseux qu'avant. C'est simplement qu'ils ont de moins en moins le temps d'en saisir la complexité et que sa maîtrise en en compétition avec des connaissances beaucoup plus pratiques, à savoir les sciences appliquées et l'informatique.
Pour toutes ces raisons, l'avenir du francais est condammé au Québec, comme ailleurs dans le monde et cela n'a plus rien à voir avec la domination anglophone qui dans un passé de plus en plus lointain, existait au Québec. Le francais est dépassé, de par son illogisme face à la logique imposée par l'informatique, de par l'avénement de la société de communication et l'ouverture sur le monde qui en découle. Il n'y a donc pas de raison de se faire du mauvais sang si on doit parfois acheter ses bagels en anglais; cela sera peut-être d'ailleurs en chinois d'ici quelques dizaines d'années ... Nous allons partir, d'autres vont venir et la planètre va continuer de tourner, peut importe la langue qui dominera le temps de quelques instants...
Mathieu Létourneau, Montréal
26 novembre 2009
J'habite depuis 15 mois à Paris pour mes études et, même à plus de 6000 KM, j'ai lu et apprécié la sortie de Pierre curzi il y a 1-2 mois sur la volonté du PQ de mettre fin à l'exode des francophones sur l'Ile de Montréal (et inciter à un retour).
Je trouve, M.Auger, que votre commentaire sur l'étalement urbain est partiellement grossier. Partiellement parce qu'en partis vrai, mais grossier puisque vous utilisez ce point sur le dossier linguistique (un parmi tant d'autres...) pour critiquer le PQ...alors que le porte-parole du PQ a déjà soulevé ce point comme étant primordial pour l'avenir du fait français au Québec. Curzi et le PQ mériterait des félicitations pour, enfin, soulever le problème de la langue de façon globale et réaliste.
1- CPE: Cette mesure est humaniste. Elle a pour effet de préparer les futurs jeunes enfants de la loi 101 l'intégration à l'école française. A moins que, bien sur, vous me dites qu'il est préférable que ceux-ci perdent de une à deux années au primaire dans le réseau francophone afin de pallier au manque de connaissance de la langue française lors de l'entrée à l'école. Parce que c'est ce qui arrive dans la plupart des cas où les enfants de jeunes immigrés ont un retard académique AVANT l'entrée à l'école.
2- Cégep 101. Il est important de socialiser et de former les jeunes dans la langue sociale du Québec; le français.
3- La loi 101 a été un formidable outil de bilinguilisation des jeunes québécois et québécoises....autant pour les jeunes anglophones, allophones et francophones. Il est où, alors, le problème de continuer la socialisation de nos nouveaux arrivants à la langue de la majorité?
Le commentaire de Martin Houde démontre bien la contradiction commise par plusieurs francophones. Il trouve absurde l'application de la loi 101 au cégep parce que ca empêcherait l'apprentissage de la langue anglaise(sans véritables arguements) tout en prenant bien soin, par contre, d'affirmer qu'il a appris l'anglais à l'extérieur de l'enceinte collégiale.
Marc-André Gosselin, Paris
26 novembre 2009
Il me semble qu'une solution pour la promotion du français auprès des immigrants soit l'immersion totale de ces derniers dans des milieux majoritairement francophones et francophiles.
La dégradation du français proportionnelle au multilinguisme croissant de la région montréalaise où l'anglais devient de plus en plus important relativement au français pour s'en tenir aux deux groupes linguistiques majoritaires seulement.
La quantité de 55,000 'immigrants qu'accueille annuellement le Québec ressemble beaucoup à la stratégie mise de l'avant lors de la constitution du Haut et du Bas Canada et manifeste dans le rapport Durham de 1839-40 visant l'assimilation des canadiens-français
Voir= http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/Rbritannique_Durham.htm
En inondant le Québec de nouveaux arrivants annuels – même déjà francophones – en leur exigeant l'anglais même pour des fonctions majoritairement francophones et en ne leur donnant pas rapidement toutes les ressources nécessaires pour se trouver rapidement du travail en français, ces derniers s'aperçoivent du « bordel linguistique » montréalais actuel et, comme le souligne un autre commentateur, des effets pervers du bilinguisme officiel.
Étant moi-même traducteur trilingue, je considère que l'apprentissage de plusieurs langues est une affaire personnelle et privée mais que l'État québécois, noyé dans la mer anglophone des WASP doit résister de toute part aux "chants des sirènes anglophones" ou pire de tous ceux qui cherchent par tous les moyens (V.g. dernier jugement de la Cour Suprême du Canada) à nous humilier et culpabiliser de vouloir défendre notre identité FRANCOPHONE.
Si on les plaçait dès leur arrivée dans un autre environnement, dans des régions francophones à 80% et +, ils auraient moins tendance à s'assimiler aux groupes anglophones ou allophones ou encore à former entre eux des clans, ghettos ou des quartiers ethniques et culturels séparés.
André Lacombe-Gosselin, Mazatlán, Sinaloa, Mexique
26 novembre 2009
Michel,
Vous avez posé cette question : « comment croire qu'un jeune adulte qui a passé 11 ans dans le système scolaire francophone (12, si on compte la maternelle obligatoire) va irrémédiablement s'angliciser en deux ans de cégep? »
Par le fait que les CÉGEPS et les universités sont les lieux des enseignements des langues du travail. La langue de travail est un pouvoir motivant d'assimilation. Je préfère que la loi 101 soit allongée pas seulement aux CÉGEPS mais aussi aux universités. Je préfère aussi que l'on subventionne davantage l'enseignement de l'anglais comme langue seconde dans les écoles primaires et secondaires françaises aussi que dans les CÉGEPS français.
Antonio Maddalena, Montréal
25 novembre 2009
Bonjour,
J'aime bien le ton de cette chronique.
La situation du français n'est plus du tout la même qu'il y a 40 ans, et heureusement. La loi 101 remonte à 1977. Elle a réussi à renforcer le statut du français, au point de diminuer la pertinence du projet souverainiste lui-même.
Or, de nos jours, la société québécoise est en pleine mutation. Nous faisons face à de nouveaux défis. Le Québec perd du terrain au sein de la fédération canadienne, soit pour des raisons démographiques soit à cause de ses propres choix politiques.
En même temps, certains font de la stratégie pour assurer la pérennité du français - comme Jean-François Lisée que vous citez dans votre chronique. Cela me rend inquiet. Le remède ne serait-il pas pire que la maladie elle-même? Cette idée d'exiger que les écoles anglophones offrent 70% des cours en français et 30% en anglais reviendrait non pas à transformer les écoles anglophones, mais à les rayer tout simplement de la carte, menant directement à une stratégie d'assimilation d'une minorité et donc au rejet d'une valeur très importante de la société québécoise - la civilité et le respect d'une minorité. L'ironie du sort est que beaucoup d'anglophones au Québec ont appris et utilisent le français aujourd'hui. En ce faisant, beaucoup de ces anglophones croient répondre aux préoccupations légitimes des francophones, et croient donc participer à un projet commun.
Ne vaut-il pas mieux favoriser une politique positive qui engage différentes communuautés dans un projet commun? Cela demanderait de reconnaître l'anglais non seulement comme une vertu privée au niveau individuel, mais aussi comme une langue bien enracinée au Québec et dont la connaissance offre de nombreux avantages. Sans pour autant gruger le statut du français.
George Tombs, Plateau Mont Royal
25 novembre 2009
-Au conseil national du PQ, en fin de semaine dernière, on parlait même de cours de langues autochtones. Tant que ce n'est pas de l'anglais...
Oui et c'est très bien qu'on en parle des langues des Premières Nations. J'ai amené ce point dans l'atelier qui portait sur l'éducation des langues. Les médias n'en parlent pas beaucoup mais c'est de véritable tragédie que les différentes nations sont en train de vivre. Par exemple ma Nation les Abénakis, dans les années 70 on entendait couramment parler l'Abénakis à Odanak aujourd'hui il n'y aurait que 16 locuteur au Québec et en Nouvelle-Angleterre. Ici ou j'habite en Abitibi les jeunes Anishnabe(Algonquins) ne peuvent souvent pas communiquer avec leur grand parent car ils ne parlent pas la même langue. C'est facile de faire de la démagogie sur le dos des indiens, mais s'il te plait Michel approfondie un peu avant d'écrire de tel propos.
Alexis Wawanoloath, Val-d'Or
25 novembre 2009
1- D'après vous, Monsieur Auger, est-ce que l'apprentissage d'une langue sert d'abord et avant tout à permettre à l'ensemble d'une population de faire des affaires, du commerce dans le monde ?
2- Si oui, comment se débrouillent pour être heureuses les 5 milliards 700 millions de personnes qui ne parlent pas anglais parmi les 26 pays suivants comptant presque 6 milliards d'habitants à eux seuls ?
Entre parenthèse le nombre d'habitants en millions.
Allemagne (82), Argentine (40), Bangladesh (150), Brésil (190), Chine (1,300), Colombie (45), Congo RDC (65), Corée du Sud (50), Égypte (80), Espagne (40), Éthiopie (75), France (60), Inde (1,100), Indonésie (245), Iran (70), Italie (60), Japon (127), Mexique (110), Myanmar (47), Pakistan (165), Russie (145), Soudan (41), Thaïlande (65), Turquie (70), Ukraine (47) Vietnam (85).
3- Est-ce que l'apprentissage de la langue anglaise est obligatoire dans ces 26 pays ?
4- Est-ce leurs populations réclament l'apprentissage obligatoire de la langue anglaise à l'école?
guy archambault, montréal
25 novembre 2009
Le PQ veut interdire l'accès aux garderies non-francophones aux non-francophones et maintenant les CEGEPs.
Tant qu'à y être, pourquoi ne simplement pas interdire l'éducation en anglais point à la ligne? Tant qu'à virer autour du pot, retournons dans les années 1800 et faisons comme les anglophones de l'époque ont essayé de faire avec le français: interdisons l'anglais tout simplement. Au fond, c'est ce que le PQ voudrait faire mais n'ose pas.
Instaurons un "linguistocratie" et finissons-en!
De plus, ça causerait assez de "brassage de ....." pour augmenter les votes du PQ. À chaque fois que le PQ manque d'énergie, ils provoquent une crise linguistique pour que le reflex nationaliste des Québécois leur permettent de remonter dans les sondages.
Après près de 40 ans de ce manège, j'ose espérer que les Québécois sont tannés de virer en rond et passeront à autre choses. C'est pas les dossiers prioritaires qui manquent.
Giguere Mark, Gatineau
25 novembre 2009
Pourquoi ne pas laisser le choix de l'apprentissage d'une langue seconde aux élèves concernés ?
Qu'on laisse la loi 101 s'appliquer de la maternelle à la fin du secondaire, que l'apprentissage de la langue française soit obligatoire pour tous de la maternelle jusqu'à la fin du cégep, mais qu'on laisse le choix de l'apprentissage d'une langue seconde libre à chaque élève et étudiant de secondaire III jusqu'à la fin du cégep ! Pourquoi pas ?
Pourquoi obliger tous les élèves à apprendre de façon plus approfondie la langue américaino-anglaise ? Pourquoi ne pas laisser aux fils et filles d'immigrants la chance d'approfondir la langue et la culture de leurs parents ? Le code civil permet beaucoup de choses aux jeunes âgés de 14 ans et plus; pourquoi ne pas leur donner aussi ce droit d'approfondir à l'école leur culture d'origine ? Et, dans ce monde multipolaire devenu village, pourquoi ne pas laisser aux francophones et anglophones de souche québécoise le choix d'approfondir une langue et une autre culture que celle des Américains ?
Guy Archambault, Montréal
24 novembre 2009
Je suis tout à fait en accord avec votre analyse. J’aimerais seulement vous faire part de mon expérience : Lorsqu’il y a vingt ans j’habitais cette grosse ville francophone qu’on appelle Paris. Je trouvais absolument merveilleux ce pays bilingue du nom de Canada. Désormais voici plus de seize ans que je subsiste dans cette province de Québec, j'ai pu à quelques reprises constater le sort qui est fait au bilinguisme ailleurs dans le Canada et j’ai eu l’insigne bonheur d’observer ce « parfait » bilinguisme qui sévit dans l’île de Montréal. Il paraît (dit-on) qu’avec le temps, on revient de tout. Et je dois dire que le caractère bilingue du Canada ne me fait plus du tout rêver. Je pense désormais qu’un Québec 100% francophone avec l’étude adéquate de la langue serait la meilleure chose qui puisse arriver à tout le monde : québécois de souche francophones ou anglophones, nouveaux arrivants ou allophones. J’ai tellement lu et entendu de choses inadaptées dans les deux langues officielles que pour moi le bilinguisme, ça ne marche pas.
En revanche pour apprendre une deuxième ou un troisième langue ce qui est également très formateur. Cela prend de la méthode et aussi beaucoup de travail. Autrement on n’est bon en rien et tout devient approximatif, ce qui est une porte grande ouverte à toutes formes d’erreurs, de non sens ou de contresens, d’interprétations inappropriées ou de négligences qui finalement nuisent à l’ensemble de la population, cantonne les gens à occuper des emplois sous-qualifiés et rend attrayant le décrochage scolaire. Il faut rechercher une formule gagnante pour tous et je pense que les suggestions de Jean-François Lisée sont pertinentes quand même elles requerraient des adaptations progressives. Il faut considérer tout cela comme un défi ce qui a pour vertu de générer un système de pensée positif qui ne peut que contribuer au bien être de tous.
Serge Drouginsky, Longueuil
24 novembre 2009
je n'ai rien contre la séparation du québec. mais j'apprécierais que mon kid fasse son cégep en anglais !
ce n'est pas de la trahison. ça s'appelle de la culture...
il faut le vendre le français, pas l'imposer : de l'argent investi dans la culture, des écoles publiques excellentes, un société dynamique, etc.
pas des lois et encore des lois !
dugas marie, montréal
24 novembre 2009
C'est bien beau, tout en Français mais en faisant cela, on régresse.En affaire, ça se passe en anglais même au Québec. L'anglais est exigé partout.
Mme. Marois elle même a dû apprendre l'anglais en cours accéléré.
Le Français n'est pas enseigné correctement.Les étudiant du CEGEP, ratent pour la plupart le test Français a l'admission.
Ce sont de beaux principes qui donnent de la valeur au mandat de Mme. Marois mais est-ce que ça peut s'appliquer aujourd'hui ??
Au travail, entre deux candidats, ils vont choisir celui qui parle un anglais parfait.
Est-ce qu'on veut rester chez soi et regarder le train passer mais bien parler Français????
Micheline Belanger, Magog
24 novembre 2009
Le PQ ne veut pas entrer dans les années 2000. On trouve tous les moyens pour ne pas préparer les étudiants à l'univers bilingue qui les attend. Je suis bilingue, parce que j'ai pris intérêt à lire et écouter les films dans leur version originale. Je n'ai pas appris ça à l'école. J'arrive en sciences biomédicales, je connais l'anglais. Ceux qui se sont fiés au système d'éducation sont perdus. Il ne peuvent lire leurs livres. Certains sont traduits...c'est l'ancienne édition, traduite pour la France et coûte le double. Sur un livre de 150$ en anglais, le voilà à 300$ en français...quand ils sont disponibles. Toute la littérature scientifique est en anglais. C'est la langue de la science. C'est vrai pour les Anglais, Français, Allemands, Chinois, Russes, Japonais, Brésiliens, tout le monde. Pourquoi serions-nous différents ? Tout ce monde garde sa langue maternelle, mais échange la science en anglais.
C'est la langue commune des échanges internationaux, dans tous les domaines ! Ici, nous sommes entourés d'anglophones. Il faut l'apprendre et le maîtriser. C'est possible en gardant notre identité. Ceux qui apprennent la langue de contrecoeur à l'école l'oublieront rapidement. Accroître les cours de français dans les écoles anglaises, et vice-versa, ça c'est ce qu'il faut selon moi!
Martin Houde, Sherbrooke


















