18 novembre 2009
Information ou propagande?
C'est une controverse qui couve depuis un bon moment sur la colline du Parlement, à Ottawa, surtout depuis l'arrivée au pouvoir des conservateurs de Stephen Harper.
Les règlements de la Chambre des communes permettent aux députés de communiquer directement avec leurs commettants. Chaque année, votre député peut vous expédier, sans frais, quatre envois collectifs (jusqu'à 32 pages, et parfois en couleur), qui généralement vantent ou décrivent son travail.
Les fameux « 10 % »
Ils peuvent également vous faire parvenir, aussi souvent qu'ils le désirent, par la poste, des dépliants de 2 à 4 pages, à la condition qu'ils ne soient pas expédiés à plus de 10 % (ce qu'on a baptisé les « 10 % ») des foyers de leur circonscription.
Comme on voulait leur permettre de rejoindre leurs nouveaux électeurs lors des changements à la carte électorale, on a autorisé l'expédition de ces « 10 % » n'importe où au Canada. Tout cela aux frais de la Chambre.
Depuis quelques années, on assiste à une explosion de l'utilisation des « 10 % ». Depuis cinq ans, le budget d'impression de ces envois est passé de moins de 5 millions de dollars à plus de 10 millions en 2008-2009!
La raison est simple: les députés donnent leur « 10 % » à leur parti (ce qui est permis) pour que celui-ci l'utilise où bon lui semble pour joindre les électeurs. Et c'est le parti conservateur qui a érigé cette façon de faire en système.
Une compilation du Devoir démontre que les députés conservateurs ont dépensé en moyenne plus du double en budget d'impression que les députés des partis d'opposition. Et ce qui provoque la controverse aux Communes, c'est la vigueur partisane et le dénigrement des positions adverses dans les « 10 % » expédiés par les conservateurs dans des circonscriptions détenues par l'opposition.
De la propagande, selon l'opposition
Dans certaines circonscriptions rurales représentées par un député du NPD, on a dénoncé l'appui au registre des armes à feu. Au Québec, on a souligné, dans des circonscriptions bloquistes, l'opposition du Bloc à des mesures de lutte à la criminalité à l'égard des enfants. Partout ailleurs, on s'est attaqué à Michael Ignatieff, comme on l'avait fait d'ailleurs contre Stéphane Dion.
Évidemment, l'opposition conteste l'utilisation de fonds publics par les conservateurs à des fins de propagande. On cherche à mieux encadrer les envois collectifs des députés. Mais cela risque d'être long et ardu, puisque le principe du transfert aux partis de ce qui devait être un moyen pour un simple député d'informer ses électeurs est déjà accepté.
Il y a maintenant un danger d'escalade, puisque l'opposition voudra à son tour répondre aux conservateurs en utilisant les mêmes moyens. Et cela risque évidemment de faire encore plus grimper la facture des contribuables (et on ne parle pas des millions de dollars en coûts postaux).
Pour les conservateurs, ce serait un résultat paradoxal, eux qui voulaient, il y a un an à peine, mettre fin au financement public des partis politiques.
Maurice Godin est correspondant parlementaire à Ottawa. Journaliste à l'antenne de la radio de Radio-Canada depuis 1972, il a travaillé le plus souvent dans la capitale fédérale, d'où il a couvert, suivi et analysé de nombreuses élections. Malgré cela, il n'a jamais songé à se faire élire!
Maurice Godin est devenu, avec les années, le doyen des journalistes francophones sur la colline du Parlement fédéral, mais il constate, chaque jour, qu'il en reste beaucoup à apprendre et à expliquer.
20 novembre 2009
J'sais pas pour vous, mais je reçois autant de dépliant de la parts des partis d'opposition décriant les frasques des conservateurs et ce, non aux frais des partis mais aux frais des contribuables.
En plus de ça on met ces partis sur le BS pour qu'ils ne disparaissent pas dans l'oubli collectif.
Le fait est qu'ils sont tous coupable de se servir de mes impôts à des fins de propagande.
Ce qui est nouveau c'est qu'ils agissent comme si c'était... Nouveau, justement - voir exclusif au PCC, ce qui n'est véritablement pas le cas.
Potvin Alexandre, Gatineau
19 novembre 2009
Sur le plan très personnel ? Je ne peux exprimer jusqu'à quel point je suis dégoûté, écoeuré et nauséeux de voir d'entendre et de "sentir" la partisanerie politique. Écoeuré écoeuré écoeuré écoeuré des "jeux" de pouvoir ! Et on se trouve ben brillant ben intelligent ! Oh qu'on est bon ! Wow !
Sur le plan conceptuel, la domination humaine est une faillite planétaire. Peut-on raisonnablement encore croire que quiconque peut nous diriger ? Pas pour rien qu'à chaque élection on s'inquiète du taux de participation.
Johnny Hassé, Gatineau













