Imprimer cette page

Dimanche 12 février 2012 19 h 16 HNE


Pour en discuter avec nous...

Cet espace de dialogue, de réflexion et de débat d'idées est aussi le vôtre. Nos carnetiers sont là, non pour mettre de l'avant leurs opinions, mais pour lancer une discussion et vous permettre de vous exprimer sur les événements marquants qui surviennent ici ou ailleurs dans le monde. Nous lisons tous les commentaires reçus, mais nous modérons chacun des carnets pour ne retenir que les commentaires les plus pertinents selon les sujets abordés. Seules les interventions signées et faites dans le respect d'autrui sont retenues. Pour en savoir plus, lisez
la nétiquette.
Bonne réflexion!

Veuillez noter que les forums de discussion des Carnets sont ouverts pendant deux semaines.

Carnet Michel C. Auger

17 novembre 2009

L'audacieux pari de Gérald Tremblay


Pour commencer son troisième mandat, Gérald Tremblay tente un grand coup. Il propose le plus important changement à la culture politique de Montréal depuis des décennies. Il propose à tous les élus montréalais de gouverner la ville ensemble, sans égard aux étiquettes de parti. 
 
Devant la bonne foi évidente d'un maire qui a été élu de justesse et qui invite des adversaires à siéger au comité exécutif — le seul véritable lieu de pouvoir dans la structure politique de Montréal —, les représentants des partis d'opposition ne pouvaient pas véritablement dire non. 
 
D'autant qu'en cumulant les postes de maire et de président du comité exécutif, le maire concentre beaucoup de pouvoir dans ses mains, ce qui l'obligeait à accepter une forme de contrepoids, en faisant entrer des gens d'autres partis dans sa garde rapprochée. 
 
La bonne foi est d'autant plus évidente que le maire accepte les suggestions des deux partis d'opposition concernant les commissions du conseil municipal qui verront leurs responsabilités augmenter et être mieux définies. C'est-à-dire que les commissions pourront étudier des dossiers avant qu'ils ne soient transmis au comité exécutif pour décision.  
 
« À terme, les commissions doivent devenir un lieu d'analyse, de réflexion et de recommandations sur des dossiers à être acheminés au comité exécutif », disait Gérald Tremblay. Cela signifie que des commissions du conseil auraient pu étudier des contrats comme celui des compteurs d'eau avant plutôt qu'après la décision, ce qui aurait pu éviter le fiasco qu'on a connu. 
 
Changer aussi les institutions 
 
Mais les difficultés seront nombreuses et on verra à l'usage si cette expérience va durer six mois ou quatre ans. Parce qu'on a beau vouloir changer la culture politique, il faudra, un jour ou l'autre, que les institutions reflètent ces changements. 
 
Depuis l'époque de Jean Drapeau, les institutions politiques de Montréal sont calquées sur l'Assemblée nationale et, de façon plus générale, sur le parlementarisme britannique. Ce n'est pas la meilleure façon de gérer une ville et ce ne sont pas des institutions qui ont nécessairement bien servi Montréal.  
 
Le pouvoir sans partage qu'incarnait Jean Drapeau fait encore rêver certains nostalgiques, mais il n'est tout simplement plus adapté à la gestion d'une grande ville au début du 21e siècle. 
 
Ce système est fondé sur la discipline de parti, sur les décisions qui se prennent en caucus derrière des portes closes et sur la dissidence qui est pratiquement impossible sans devoir quitter ses fonctions ou son parti politique. 
 
Le maire Tremblay, d'ailleurs, a bien indiqué que « les décisions du comité exécutif lient tous ses membres », une version municipale de la solidarité ministérielle qui fait que tous les ministres doivent être solidaires de toutes les décisions du gouvernement. 
 
Dans ce contexte, le fait de faire entrer des membres de l'opposition au comité exécutif peut vite devenir un piège pour les partis d'opposition, qui se trouvent à la fois à participer au pouvoir et à devoir assumer leur rôle de se faire la voix des opposants au sein des institutions. 
 
À terme, il est inévitable qu'un membre de l'opposition qui siège à l'exécutif ne soit pas d'accord avec une décision ou une autre. Et, à part le courageux geste de quitter la salle au moment du vote, il n'y a aucun moyen d'éviter le drame d'une démission fracassante ou d'un congédiement brutal. 
 
Si on veut que le pari audacieux de Gérald Tremblay réussisse, il faudra trouver — et plus tôt que plus tard — des moyens de dédramatiser la dissidence. De ne pas obliger les membres de l'exécutif à être d'accord avec toutes les décisions.  
 
Après tout, si les députés de la Chambre des communes sont capables de ne pas engager la confiance envers le gouvernement sur tous les projets de loi, on devrait bien être capable de trouver un mécanisme similaire dans un conseil municipal. C'est d'ailleurs déjà la règle dans nombre de conseils municipaux, au Québec comme ailleurs au pays. 
 
On ne peut pas changer la culture politique sans changer, au moins un peu, les institutions. Et vaut mieux y penser maintenant qu'à la première, et inévitable, crise.

Vous avez des questions, des remarques ou voulez me suggérer des thèmes que je n'ai pas abordés?

Écrivez-moi à : carnets@radio-canada.ca

Pendant 30 ans, Michel C. Auger a couvert l'actualité politique québécoise et canadienne pour une multitude de médias écrits, autant en français qu'en anglais. Il aura passé dix ans à la Tribune de la presse à Ottawa ce qui lui aura permis de couvrir huit campagnes fédérales, six élections au Québec, sans oublier trois référendums, plusieurs élections présidentielles aux États-Unis et même celle... d'un pape.

Mais la politique n'est pas son seul intérêt. Il a également été affecté à la couverture de la Cour suprême du Canada dans les années qui ont suivi l'adoption de la Charte canadienne des droits et libertés. Il a également assuré la couverture de plusieurs grandes commissions d'enquête, dont celle sur le dopage dans le sport qui avait suivi la disqualification du sprinter Ben Johnson et la commission Keable sur les activités des services de sécurité au Québec après la crise d'Octobre 1970.

Au cours des 15 dernières années, il a rédigé des chroniques pour plusieurs journaux dont Le Journal de Montréal, Le Soleil, The Edmonton Journal et The Globe and Mail et tenu un blogue sur Cyberpresse.ca.

Au printemps de 2007, il est devenu chef de bureau de Radio-Canada à l'Assemblée nationale, après des années à commenter l'actualité sur les ondes autant de Radio-Canada, de RDI, de CBC, de Télé-Québec et de TVA, où il a coanimé l'émission d'affaires publiques Larocque-Auger avec Paul Larocque.

Comme analyste politique à Radio-Canada, depuis l'automne 2008, Michel C. Auger suit de près la politique provinciale, fédérale et américaine.

Il tient maintenant ce carnet sur Radio-Canada.ca, en partie pour ne pas trop s'ennuyer de l'écriture...

19 novembre 2009

Le maire Tremblay s'est proclamé roi de Montréal. Il n'y a plus d'ennemis, que des amis, que des collaborateurs qui feront de cette grande ville une magnifique cité. 
On travaillera dans l'amour , non comme antagoniste de tout projet. 
Le maire rêve d'une sorte de ville qui n'existe pas encore mais avec tous ses amis anciens et nouveaux, ils vont y arriver. 
Fini les poubelles sales, les nids de poules, les quartiers en décripitude. 
Fini les magouilles a l'hotel de ville, les contrats trop cher.  
Que des amis qui travaillent ensemble pour l'amour de Montréal. 
Remarquez, qu'on a tous le droit de rêver, même le maire.... 

Micheline Belanger, Magog

18 novembre 2009

Diane Lemieux souverainiste convaincue, qui sera la vrai présidente du comité exécutif déclarera la guerre aux 3 fédéralistes exclus de l'exécutif, Claude Dauphin, Sammy Forcillo et Luis Miranda. Ces derniers magouilleront en dessous pour sois éjecter Diane Lemieux ou fomenter un schisme du parti et leur retour aux "affaires". Voilà, à mon avis, la face cachée de la nouvelle administration de coalition à Montréal. 
 
J'ai fait un billet complet sur le sujet sur mon blogue à http://lumenlumen.blogspot.com/

Luc Ménard, Mirabel

18 novembre 2009

À Toronto, il n'existe pas de partis municipaux. Les citoyens de chaque circonscription votent pour le candidat qu'ils croient le plus apte à servir leur ville et ses commettants. Et les élus ne sont pas entravés par la ligne de parti. Hélas, les partis politiques à l'Hôtel de ville, c'est comme le péché, aurait dit feu Jean-Jacques Bertrand : on ne peut l'éradiquer. 
 
En aparté, j'ajoute que je souhaite la disparition des maires d'arrondissement : une instance inutile, coûteuse et propice au magouillage.

Mireille Barrière, Montréal

18 novembre 2009

Je suis tout à fait d'accord avec votre réflexion sur la nécessaire évolution des institutions politiques dans un contexte de gouvernement où doivent coopérer plusieurs partis. 
 
Une des premières tâches, pour éviter les affrontements inutiles et l'effondrement rapide de l'expérience de multipartisme, serait d'avoir un conclave où les exécutifs des partis définiraient au consensus les objets qui devront faire objet de consensus à l'Exécutif de la ville. 
Tout objet ne recueillant pas le consensus lors de ce conclave, ne devrait normalement pas nécessiter le consensus lors des décisions de l'Exécutif. La simple majorité suffirait alors et personne ne serait obliger de démissionner sur ces objets de décision. Quant aux objets sur lesquels les partis se seraient entendus pour obtenir un consensus avant de passer à l'action, il serait obligatoire pour les élus de siéger tant et aussi longtemps que le consensus (une unanimité travaillée) ne serait pas atteint. La seule alternative claire serait alors la démission de ceux qui ne veulent pas atteindre un consensus ou qui croient qu'il est impossible d'y arriver.

Guy Archambault, Montréal

17 novembre 2009

Ne trouvez-vous pas cocasse que celui qui se déclarait voici si peu de temps tel le champion de la décentralisation, qu'il s'érige désormais sous la forme de chef d'un gouvernement municipal que je qualifierais d'autocrate ? Tout devra passer désormais par le maire qui sera le premier magistrat de la ville pour à peu près tout.  
 
N'est-ce pas encore, un aveu à peine dévoilé dans lequel il admet que ses huit années passées sur le perron de l'Hôtel de Ville furent huit années de « laisser faire, laisser aller » et que ses huit années furent plutôt huit années au cours desquelles il prit plaisir à l'exercice de la représentation et beaucoup moins de satisfaction dans l'exercice plus ingrat de l'administration. 
 
Ainsi monsieur le maire de Montréal entend-il, tout seul, corriger les erreurs du passé. Voilà qui est bien ! J'ai bien hâte d'observer tous ces changements positifs qui vont rendre plus fiers que jamais les montréalais (qui votent si peu), plus fiers encore que jamais de cette belle métropole qu'ils habitent, cette capitale nord américaine du design qui sait se passer si allègrement de ses designers tant on sait faire en cet espace naturellement et de manière presque innée toutes choses si bellement.... si bien !

Serge Drouginsky, Longueuil

17 novembre 2009

J'ai encore des doutes sur le processus. 
Comme dit Richard Bergeron, on verra à l'usage. On verra quel temps il leur sera accordé pour parler, proposer. Les commissions consultatives devraient être composées également des gens de l'opposition. Quand on a la réputation de Palerme, si on veut paraître crédible et ne pas avoir tous les journalistes sur le dos quand il se signe un contrat, il faut s'effacer ou donner la place à un autre. Est-ce vraiment un pari? On verra si le book-maker va faire autant d'argent qu'avant. Peut-être que le conseil des ministres devrait imiter le comité exécutif de Montréal et avoir des commissions consultatives. Ça deviendrait un peu comme ma suggestion que les maires du Québec choisissent les meilleurs d'entre eux pour former le gouvernement. Il ne faut pas se réjouir trop vite, les Bougon ont plus d'un tour dans leurs sacs.

Jean Lespérance, Montréal Québec

17 novembre 2009

Bonjour, 
Je suis allé voter le 1er novembre pour des gens qui m'ont laissé croire qu'ils avaient les idées et les énergies pour réformer la gouvernance de la Ville. 
Deux semaines après le scrutin, ils vont tous faire copain avec Gérald Tremblay qui serait devenu Prophète. 
Tout simplement incroyable. Le prochain scrutin, je vais rester chez moi.

Henri Bonneilh, Montreal

 - Cliquez pour consulter son carnet - Cliquez pour consulter son carnet - Cliquez pour consulter son carnet - Cliquez pour consulter son carnet - Cliquez pour consulter son carnet - Cliquez pour consulter son carnet - Cliquez pour consulter son carnet - Cliquez pour consulter son carnet - Cliquez pour consulter son carnet - Cliquez pour consulter son carnet - Cliquez pour consulter son carnet - Cliquez pour consulter son carnet

2011

2010

2009

2008