12 novembre 2009
Les leçons du massacre des fillettes amish
J'espère que vous n'avez pas manqué le document exceptionnel de mes collègues Josée Dupuis et Geneviève Turcotte à Enquête cette semaine sur la tuerie de Nickel Mines, cette petite localité amish de la Pennsylvanie.
Le drame est survenu le 2 octobre 2006. Un tueur fou a fait irruption dans une petite école pour abattre cinq fillettes. Il en a blessé cinq autres.
Il fallait regarder l'émission cette semaine, soit ce jeudi à 20 h, samedi à 16 h toujours à Radio-Canada, ou dimanche à 2 h et à 18 h sur RDI, car elle ne sera plus jamais rediffusée ni ici ni ailleurs.
Ça fait partie des conditions exigées par les familles des victimes, lorsqu'elles ont accepté de livrer leurs témoignages.
Pourquoi? Tout simplement parce que ces familles ne veulent pas que les autres membres de leur communauté sachent qu'elles ont livré un témoignage à la télévision. Et puisque les amish vivent sans électricité, sans téléviseur ou ordinateur, les probabilités qu'ils soient informés de la diffusion de notre reportage sont minces.
Il faut savoir que les amish n'acceptent jamais d'être filmés ou photographiés ou de faire l'objet d'un reportage. Ils se conforment ainsi à la règle de leur religion basée sur un voeu d'humilité absolue. Que personne ne doit en quelque sorte se mettre devant les autres.
Discrétion et délicatesse
Dans ces circonstances, ce qu'ont réussi Josée et Geneviève relève de l'exploit journalistique. Plus de 350 médias provenant de partout dans le monde avaient fait des demandes avant elles pour raconter l'histoire du massacre de Nickel Mines. Toutes avaient été refusées.
Comment ont-elles réussi à convaincre certaines familles des victimes de parler? Tout simplement en allant les rencontrer sur place sans caméra et en gagnant leur confiance. Elles ont ainsi passé huit jours dans ce petit village à cogner à toutes les portes et à converser avec les gens.
Le fait que le drame de Nickel Mines ressemble beaucoup à celui de Polytechnique les a beaucoup touchés. Cela a contribué à les convaincre de participer au reportage.
Une fois le tournage commencé, il a fallu que notre équipe fasse preuve de beaucoup de discrétion et de délicatesse. Par exemple, l'entrevue réalisée avec la grand-mère a dû se dérouler la nuit pour que sa fille ne s'en rende pas compte.
Cette dernière, qui est la mère de deux des victimes, habite tout juste à côté. Le véhicule de reportage s'est rendu sur place tous phares éteints pour ne pas éveiller les soupçons des voisins.
Ce qui a étonné mes collègues dans cette histoire, c'est de sentir le besoin des amish de partager leur souffrance avec le monde extérieur, malgré les obstacles que leur imposent les règles de leur religion.
Ceux et celles qui ont témoigné ont pris un énorme risque. Celui d'être ostracisé par les autres membres de leur communauté. Mais il faut croire que les humains ont les mêmes besoins devant la souffrance. Entre autres, celui de témoigner pour que la guérison puisse commencer.
Regardez Enquête, animée par Alain Gravel
Alain Gravel est journaliste depuis 30 ans. Il s'amuse à dire qu'il est « le spécialiste des généralistes », puisqu'il a touché un peu à tout dans sa carrière. Il a fait de l'information locale, régionale, nationale et internationale, tant à la radio qu'à la télévision, en nouvelles comme en affaires publiques.
Il a étudié en arts et technologies des médias au cégep de Jonquière, puis en sciences politiques à l'UQAM, sans avoir terminé son baccalauréat (il tient à le préciser).
Alain Gravel a commencé sa carrière à la radio en 1978, tout d'abord à Québec, puis à Jonquière et finalement à Montréal à CKAC-Télémédia. Là, durant les années 80, il a fait ses premières grandes couvertures journalistiques, comme l'histoire des soeurs Lévesque et le massacre des élections ratées en Haïti en 1987.
Il est passé par la suite à TVA, où il a couvert entre autres la crise d'Oka de 1990 et la guerre du golfe Persique en 1991.
En 1993, il s'est joint à l'équipe de l'émission Le Point à Radio-Canada, animée à l'époque par Jean-FrançoisLépine. Il y a réalisé des reportages aussi divers que la légalité des «danses à 10$» ou les premières élections présidentielles en Afrique du Sud.
En 1997, Alain Gravel est devenu animateur de l'émission Enjeux. Il y est resté 10 ans, en multipliant encore les sujets d'intérêt public.
Il a signé ces dernières années quelques documentaires, tout en assumant une charge de cours en journalisme à l'UQAM.
Avec ses collaborateurs, il a remporté au fil des ans six prix Gémeaux, le Prix Italia 2004 pour un reportage sur la téléréalité, et un prix au New York International Documentary Festival pour un documentaire sur les délateurs.
Depuis l'automne 2007, Alain Gravel anime l'émission Enquête à la télévision de Radio-Canada.
Il a présidé la Fédération professionnelle des journalistes du Québec de 2004 à 2007.
17 novembre 2009
Dans mon commentaire du 15 novembre, je mentionnais le fait que dans la région de Hearst en Ontario, il y avait une communauté Amish, mais je me souviens qu'en fait c'était plutôt des Mormons.
Ces deux communautés ont un style de vie semblable.
Michel d. Gauthier, St-Jérôme
17 novembre 2009
vous savez moi...les religions,ethnies,cultures etc...Le problème n'a rien à voir avec les différences...selon moi,la maladie mentale-comme toutes les autres maladies-ne cible pas de catégories...Elle(la maladie mentale) se contente malheureusement de frapper des humains, Et parfois malheureusement (bis) on assiste à des délires collectifs.Pas besoin de reculer dans l'histoire pour ...regardons un peu autour de nous. la folie est une maladie à laquelle j'aimerais trouver un remède...
van paraditopoulos, Côte-nord
17 novembre 2009
Un immense merci pour votre reportage, j'ai beaucoup appris sur cet art qu'est le pardon.
Je vous invite a lire ce site fort intéressant si vous voulez en apprendre plus sur la culture des Amish.
http://www.patchwork-europe.com/Qui-sont-les-Amish
Lionel Trudel, Shawinigan
16 novembre 2009
C'est mal connaître M.Boisvenu que de l'accuser de vangeance.
C'est un homme admirable qui a choisi de se lever et de travailler pour les familles qui vivent le même cauchemar qu'il a lui-même subi: l'assassinat d'un enfant.
Quelle serait votre raction M.Thomas Jacques si un de vos enfants se faisait assassiné...
Eddy Julien Rouyn-Noranda
Eddy Julien, Rouyn-Noranda
15 novembre 2009
Je n'ai pu voir ce reportage sur les Amish, cette secte qui vit à l'ancienne. Je me souviens un jour, dans la région de Guelph en Ontario, je suis allé dans un marché public où il y avait des Amish. Ces gens m'ont paru sympathiques, et j'ai remarqué que tous semblaient en excellente santé physiquement.
Je n'ai pas eu de conversations avec eux, mais j'ai pu les observer à ma guise.
Je me souviens aussi d'une secte semblable qui vivait dans la région de Hearst en Ontario, vêtus de noir, propres de leur personne et en bonne santé physique. Je me souviens que les femmes semblaient fuir les hommes qui n'étaient pas de leur secte, comme si elles voulaient n'avoir aucun contact même visuel avec d'autres hommes. Ce qui à l'époque m'a semblé ridicule et étrange de leur part. Les hommes étaient costauds, et avaient cette paticularité de tous porter la barbe. Tous ces gens étaient vêtus de blanc et noir, et semblaient sortir d'une autre époque lointaine.
Je travaillais dans un magasin à rayons à cette époque, rarement nous les voyons, mais à chaque fois, ils attiraient toujours l'attention. Par contre ces gens semblaient parfaitement heureux de vivre dans leurs conditions, et tous semblaient en fort bonne santé.
C'est le souvenir que j'ai de ces gens, je ne crois pas avoir vu de ces communautés vivre au Québec.
Tout massacre quelqu'il soit n'a aucune raison d'être, surtout lorsqu'en plus on s'attaque à des gens comme les Amish, qui ne demandent pas mieux que de vivre selon leur rythme et leurs coutumes, même archaïques.
Je regrette de ne pas avoir pu voir ce reportage, par contre je garde en moi, le souvenir de gens, somme toute, heureux.
Michel d. Gauthier, St-Jérôme
15 novembre 2009
M. Thomas Jacques,
je crois que vous ne saisisez pas la démarche de M. Boisvenu (Pierre-Hugues, pas Pierre-Yves, en passant). Je n'y vois aucune volonté de la vengeance. Simplement, je pense qu'il a su avec un courage et une lucidité exceptionnelle, prendre l'expérience négative qui lui est arrivée et la transformer en quelque chose de positif pour lui et pour la société. Le pardon n'a rien à voir avec l'oubli de la faute et faire comme si rien ne s'était passé.
Eric Collard, Québec
15 novembre 2009
Il y a une espèce "d'ironie" derrière cet injustifiable drame et de l"'édifiant" pardon religieux qui l'accompagne: On observe que les personnes de la communauté, qui ont décidé de se confier, considèrent qu'il important de le faire , malgré les règles religieuses.
Or, elles le font à l'insu, de la communauté. On peut se demander si c'est parce qu'elles redoutent d'être, d'une certaine façon, ostracisée, ou rejetée , ou blamée ?
Ce faisant, on comprend mal, qu'on pardonne "la journée même" à une personne qui a délibérément enlevée des vies innocentes, et que d'autre part, on redoute de ne pas être "pardonnée" d'avoir parlé aux médias.
Si le pardon est si "atteignable" quand il s'agit du meurtre de 5 enfants, ne serait-on pas en droit de penser qu'il le serait d'autant , d'avoir commis la FAUTE de se confier aux autres ?
Curieux, quand même, comme le pardon peut-être relativement facile, quand il s'agit de meurtre, et bien plus difficile quand il s'agit d'enfreindre les lois qui servent à contrôler la communauté.
Simple observation...
Hélène Gendreau, Ste-Foy
15 novembre 2009
J'espere que Pierre Yves Boisvenue l'a vu et s'en inspirera.!! La paix de l,ame se trouve sur le chemin du pardon, pas de la vengeance.
Thomas Jacques, Montreal
15 novembre 2009
Bravo à toute l'équipe et surtout bravo à la Communauté Amish.
Malgré qu'il est difficile de mettre en pratique, concrètement, les valeurs auxquelles nous prétendons croire, il est évident via ce reportage que la Force de nos Communautés liés par les même valeurs transforment non seulement notre propre communauté mais celle des autres également.
Puisse, ce blog intérimaire disparaisse ce soir à 18h30, en respect de la communauté Amish.
Merci
Michel Marier, Rivière Rouge
14 novembre 2009
Il y en a comme Jean Auclair qui profitent de ces tribunes pour vendre leur salade. Selon lui, le pardon passe par Dieu, mieux que cela, c'est un don de Dieu. Si t'es athée ou agnostique, le pardon, c'est pas pour toi. Beau constat, c'est comme dans le temps où l'on achetait des petits Chinois à 25 cents pour leur permettre d'avoir une éducation catholique, être baptisés et entrer au ciel. Voici une suggestion de lecture à Monsieur Auclair : Comment pardonner par Jean Monbourquette. Psychologue jungien émérite, il décrit dans ce livre sur le long et sur le large, tout le processus du pardon. Il démontre que la spiritualité est importante sans nécessairement y associer le nom de Dieu. Et Attention, c'est un Oblat.
Roger Salvail, Québec
13 novembre 2009
Bien que je n'aurai pas la possibilite de regarder votre reportage habitant aux US, le seul fait de vous entendre relater vos rencontres avec la communaute Amish , de decrire les conditions de tournage , de partager les faits de Polytechnique avec eux, tout ca m'a redonne espoir en l'etre humain et en votre profession. J'ai ete emue par les echanges et partage que votre equipe a eu avec les Amish. Bravo pour votre ethique, votre sensibilite.
Bernadette Day, Chicago
13 novembre 2009
Je suis d'avis que la dynamique du pardon est mal comprise. Le pardon n'est pas humain mais divin. On n'arrive au pardon uniquement que par don de Dieu. On ne peut que consentir à pardonner et c'est Dieu qui vient déposer le pardon dans notre coeur. Il est faux et présomptueux de dire : Je te pardonne. Désolé pour ceux qui se targuent d'avoir cette noblesse, cette grandeur d'âme. Allez Hop ! Une illusion de moins et j'espère, un peu d'humilité.
Serge Auclair, Montreal
13 novembre 2009
Oui, très bien, mais envoient-ils leurs enfants à l'école publique ? La réponse est non.
Seraient-ils prêts à les soumettre au cours d'éthique et de culture religieuse.
Non.
Je ne vois donc pas comment ils pourraient vivre au Québec.
Luc Chartrand, Montréal
13 novembre 2009
Comment vous remercier pour un si beau témoignage. A notre époque si troublée par la guerre, la corruption, la fraude, il est rare de voir et d'entendre des êtres animés d'une si belle et grande noblesse d'âme (autant parmi les amish que cette mère éplorée par le geste de son fils). Nous savons qu'il en existe mais rares sont les medias ou les journalistes qui savent aller chercher et mettre sur la sellette de telles perles rares et pierres précieuses du comportement humain. Mille mercis à toute l'équipe et bravo pour le respect et la manière de faire.
France Gilbert, Victoria, BC
13 novembre 2009
Je suis un peu surpris des commentaires. Les Amish ont construit une société primitive et renfermée qui semble idyllique et parfaite. Mais ce n'est qu'une image...Ils sont réfractaires à tous changements et leurs façons de régler leurs problèmes internes font frémir, en particulier envers les déviants sexuels. La situation des femmes Amish est proche de l'esclavagisme. La coiffe des femmes fait penser au Hidjab musulman. Elles doivent rester silencieuses et soumises, et sont forcés de procréer au maximum. Les familles de plus de 8 enfants sont courantes. Par leurs habitudes et leurs habillements, ils sont étonnament proche des juifs Hassidiques orthodoxes...
Ce drame est évidemment terrible, mais leurs pardons automatiques n'est qu'une de leurs armes pour rester isolés
Pathétique !
Nick Baki, Montréal
13 novembre 2009
D'abord, bravo à toute l'équipe qui a contribuer à ce reportage; on ne présente pas suffisamment de drames humains sous un regard aussi sensible, avec autant de discernement et de justesse.
La brutalité du geste commis par le tueur, juxtaposé simultanément avec l'immense générosité et compassion humaine de la part de la communauté Amish, était renversante! Sans une grande spiritualité, une foi inébranlable et des convictions morales bien établies, aurait-il été possible aux parents des victimes de poser un geste aussi généreux, à l'égard du tueur et de sa mère? De nos jours, un tel geste semble presque inhumain, voir surhumain.
Je tire, de cet incroyable témoignage, une leçon d'humilité sans précédent, que j'espère transmettre à mes enfants, et qui rejoint mes propres convictions.
Merci.
Louis Robichaud, Québec
13 novembre 2009
Je suis étonnée que vous pensiez que les Amishs ne sauront jamais que certains des leurs ont parlé publiquement de ce drame. Les Québécois qui vont en Pennsylvanie savent que ces gens ne vivent pas derrière une palissade. Car on peut assez aisément parler avec eux, du moins dans leurs ateliers. Certains reçoivent même des groupes pour un repas à leur maison. Loin de moi l'idée que quelqu'un voudrait intentionnellement leur révéler cette histoire, mais l'information est quand même susceptible de les rejoindre.
Lucie Dumoulin, Montréal
13 novembre 2009
Fascinant. merci pour cette info. Je ne manquerai pas d'aller voir le reportage.
Mais il y a lieu de se demander si ce commentaire lui-même que vous venez de poster sur votre blog ne contrevient pas à la règle de discrétion qui fait partie de l'entente. Peut-être devriez-vous envisager effacer ce post et tous nos commentaires dès dimanche PM.
Ou alors vous jugez les probabilités très minces qu'il soit porté à l'attention de la communauté. Mais pourquoi prendre ce risque?
JS Neveu, Montréal
13 novembre 2009
Ce reportage était effectivement très touchant et vous faites bien de souligner les efforts « dans l'ombre » qu'ont fait ces deux journalistes et l'équipe de tournage pour nous présenter ce chef-d'oeuvre. J'espère qu'on les récompensera pour leur travail en soulignant le respect et la discrétion dont ils ont fait preuve pour la communauté amish.
Beaucoup de passages sont émouvants, dont la mère du tueur qui s'est engagée à passer du temps chaque semaine auprès d'une des survivantes. Et les amish qui je l'espère sauront inspirer la collectivité à adhérer à des valeurs que notre société individualiste semble délaisser avec le temps.
Félicitations à toute l'équipe.
Sophie Lacombe, Nicolet
13 novembre 2009
Je vouvrais vous remercier pour cet excellent reportage sur le malheureux drame de cette communauté Amish. Comment rester indifférent devant l'immense détresse qu'a engendré cette tuerie, non seulement contre des enfants mais également contre toute cette communauté qui ne peut même pas avoir l'esprit de vengeance envers l'instigateur de ce malheur. Nous avons tellement de compassion pour eux que nous ne voudrions que les prendre dans nos bras, comme nous le ferions pour des enfants, si cela pouvait juste un peu les consoler.
En terminant bravo pour l'équipe qui a su faire ce reportage dans la plus grande dignité, vous avez toute notre admiration.
Denis Lessard, St-Jean-sur-Richelieu
12 novembre 2009
Peu à dire sinon que ces drames arrivent plus souvent qu'on le croit. C'est le fruit d'une mauvaise vision de la société où l'individu se retrouve seul, isolé, face à son drame. Manque de soutien, de support, il bascule dans une folie meurtrière. Dans une vie communautaire et fraternelle, de tels drames n'arrivent pas parce que la communauté nous soutient. Je ne dis pas qu'on doit devenir Amish, mais il ne faut pas sous-estimer la force d'une vie communautaire. Le tueur est mort, à quoi bon lui en vouloir? La souffrance intérieure est difficile à évaluer, elle ne se lit pas toujours sur le visage. Et les proches se sentent souvent impuissants à soulager la souffrance d'un ou d'une des leurs.
Jean Lespérance, Montréal Québec
12 novembre 2009
Le reportage sur la tuerie de Nickel Mines m`a litéralement ébranlé. Un mélange de tristesse et d`espoir se bouscule dans mon coeur. Ce massacre est d`une tristesse inexprimable et pourtant l`immense et généreux pardon des Amish est en même temps un baume d`espoir pour l`humanité. Ils ont une grandeur d`âme et une bonté beaucoup plus grandes que la mienne. Mille fois bravo à l`équipe d`enquête. Richard Lauzon, Beloeil.
Richard Lauzon, Beloeil













