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Samedi 21 novembre 2009 21 h 41 HNE


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Carnet François Brousseau

6 novembre 2009

Un Dimanche de l'Histoire


C'était a priori un jeudi, qui s'annonçait plutôt morne. Mais c'est devenu ce que j'appellerais un magnifique « Dimanche de l'Histoire ».  
 
Le 9 novembre 1989 et la chute du mur de Berlin restent dans les mémoires comme une belle et bonne nouvelle planétaire – comme on en trouve rarement – à laquelle le monde entier, hormis quelques dictateurs et quelques râleurs, a pu communier à l'unisson. La fin heureuse d'un demi-siècle de cette Histoire tragique qui avait divisé le monde et ravagé l'Europe.  
 
Bien sûr, l'après-guerre froide a eu son lot de déceptions, y compris une certaine médiocrité sur le plan politique dans plusieurs de ces pays libérés. Il est vrai que l'ancien « gel » des relations internationales – au demeurant relatif – a, dans certains cas, cédé la place à de nouveaux chaos régionaux. Il est vrai que de nouveaux murs se sont érigés ailleurs, différents dans leurs motivations et d'ampleur moindre devant l'histoire et la géographie globales, mais non moins honteux. 
 
Mais tout cela ne change pas la beauté du moment « Berlin 1989 » devant sa postérité. Et surtout, son effet principal: la libération politique et le progrès économique de millions d'êtres humains. 
 
Car vingt ans après la chute du mur de la honte, le bilan est globalement très, très positif. 
 
L'après-communisme, une réussite 
 
Vingt ans plus tard, des pays comme la Pologne et la République tchèque sont méconnaissables. Si vous aviez dit aux Polonais, en 1988 – j'ai voyagé plusieurs fois dans ces pays avant et après; j'ai vu ce qu'étaient alors Prague et Varsovie, avec les pénuries et une sinistre atmosphère de fin d'époque –, si vous leur aviez prédit où ils en seraient 20 ans plus tard, ils vous auraient ri au visage. 
 
Oui, ils trouvent leurs politiciens médiocres et parfois clownesques. Oui, ils sont la moitié à bouder les urnes. Oui, leurs sentiments envers la démocratie représentative sont tièdes. Oui, ils râlent. Mais pour rien au monde ils ne voudraient retourner là où ils étaient avant la chute du mur.  
 
Ce qu'on a appelé « l'ostalgie » (germanisme pour « nostalgie de l'Est ») est d'abord un phénomène commercial à Berlin, où l'on entretient ce sentiment pour en tirer un lucratif commerce de souvenirs.  
 
Et puis, dans quelques pays particulièrement malmenés par la crise des 15 derniers mois (Hongrie, Lituanie), on note, oui, une hausse de la proportion de gens qui vous diront que « c'était mieux avant ». Mais cela reste un phénomène minoritaire, d'autant que la plupart des pays de l'ancien bloc ont plutôt bien traversé la crise... 
 
Ce qui est cependant possible, et un peu décevant pour les idéalistes, c'est que l'attrait pour l'Occident, la nette supériorité de son modèle dans la perception des Est-Européens, avait davantage à voir avec l'économie qu'avec la politique. Les dissidents et intellectuels qui donnaient le ton à Solidarnosc, à la Charte 77 et au Neues Forum de l'automne 1989 à Berlin-Est, parlaient de « droits de l'homme », de liberté d'expression et de pluralisme. Mais le petit peuple, lui, rêvait de belles voitures et de beaux appartements.  
 
C'est ainsi que dans la plupart des pays de l'Est, l'émouvante et fugace « fusion » de 1989 a donné lieu à une dissociation progressive entre le politique (vulgaire et décevant) et l'économique (réussite indéniable... avec des exceptions). 
 
Dans un pays comme la Slovénie, en ex-Yougoslavie – région où l'après-communisme a été sanglant –, le PIB moyen par habitant atteint aujourd'hui 24 000 $. En République tchèque, on se situe dans les 17 000 $. Il y a 20 ans, ces pays croupissaient avec des revenus dans les 200 ou 300 $ par mois par habitant!  
 
L'unité apparente du mouvement de 1989 cachait une réelle diversité des situations, et des chemins vers l'après-communisme. Le mur est tombé, mais serait-il resté dans les têtes? La division, si elle subsiste, s'estompe peu à peu. C'est vrai de l'Allemagne. C'est également vrai, d'ouest en est, sur le Vieux Continent pris comme un tout. Les Polonais et les Tchèques deviennent peu à peu des Occidentaux comme les autres. 
 
Bien sûr, on est loin des grands idéaux. Bien sûr, après les beaux dimanches, il y a les mornes lundis. Mais ce qui s'est passé en 1989 reste une des meilleures choses qui soient arrivées au monde depuis très, très longtemps. 
 
Une sélection de livres sur Berlin 1989


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Écrivez-moi à : carnets@radio-canada.ca

François Brousseau est le chroniqueur-analyste de Radio-Canada pour les affaires internationales.

François Brousseau est souvent allé sur le terrain à l'étranger. Il a notamment signé, surtout dans Le Devoir, des reportages d'Haïti, d'Italie, de Pologne, de l'ex-Tchécoslovaquie et de l'ex-Yougoslavie, d'Israël, de Taïwan et de Cuba. Au fil des ans, il a pu interviewer des personnalités comme Mikhaïl Gorbatchev, Lech Walesa, Jean-Bertrand Aristide, Kim Dae-Jung, Shimon Peres, Ariel Sharon, José Ramos-Horta, Oscar Arias et Giulio Andreotti.

Entré à l'emploi de la première chaîne radio de Radio-Canada en 2002, il avait déjà une longue expérience en journalisme écrit. Il a notamment fait sa marque comme reporter et éditorialiste aux affaires internationales pour le quotidien Le Devoir de 1991 à 1997, journal dans lequel il a également tenu une chronique hebdomadaire de 2005 à 2007.

En 1994, il a reçu la Bourse Michener pour journalistes. Cette récompense lui a permis de mener un séjour prolongé de recherche en Italie et de ramener plusieurs reportages de ce pays.

Après un mandat de trois ans (1997-2000) comme directeur des communications à la Délégation générale du Québec à New York, il est revenu à Montréal où il a retrouvé sa passion: le journalisme. D'abord à l'écrit en tant que reporter au magazine L'actualité en 2001-2002. Il a été récipiendaire, à ce titre, d'un National Magazine Award pour l'article «Sommes-nous seuls dans l'Univers?», paru en août 2001. Mais aussi et surtout à la radio, qui est devenue, à partir de 2002, son nouveau médium de prédilection.

En 2003 et en 2004, il a été responsable de la revue de presse internationale quotidienne à l'émission Maisonneuve en direct. De 2004 à l'automne 2007, il était responsable des affectations des correspondants, envoyés spéciaux et collaborateurs à l'information internationale pour les nouvelles à la radio.

Passionné des cultures étrangères, François Brousseau parle six langues: français, anglais, espagnol, italien, portugais et polonais.

11 novembre 2009

La chute du mur de Berlin est un évènement positif, bien sûr, qui a mis fin à la longue agonie des systèmes que l'on disait communistes. Mais cela a aussi marqué la fin des utopies et le triomphe du capitalisme sauvage que l'on connaît de plus en plus aujourd'hui. Les peuples qui avaient choisi le communisme l'avaient fait pour renverser des systèmes fascistes corrompus et sanguinaires. D'une certaine façon, ce sont les capitalistes de l'époque qui les avaient poussé vers le communisme. Mais le communisme, c'est bien beau sur papier, mais dans la réalité, la nature humaine refait vite surface avec son lot de corruption et d'exploitation des plus faibles. Le communisme a aussi été victime de la bureaucratie et de la paresse qui découle de la sécurité d'emploi et du manque de valorisation de l'effort. Communisme? Capitalisme? Vivement un système qui récompense l'effort sans laisser tomber les plus faibles.

Michel Rousseau, Montréal

8 novembre 2009

Oui, je m'en souviens 
Ce fut un moment unique. Une espèce de sentiment qu'enfin, le coeur a triomphé de la déraison. Ce moment euphorique ou tout est possible et que cela apparaît sous nos yeux. Des élans aussi puissant sont effectivement très rares. La fin de la guerre mondiale, celle du Vietnam, le bed-in de John Lennon, le premier pas de Neil Armstrong. Des moments charnières. 
 
Si seulement on pouvait avoir les mêmes ambitions plus souvent. 
 
Ici pendant ce temps des odeurs confirmé de corruption et de bonasserie administrative démesurée n'ont pas sorti le "bon peuple" de leur salon pour inscrire une simple croix pour le changement. 
Voilà toute la différence entre le rêve et la réalité! 

Jean Santerre, Blainville

7 novembre 2009

Le mur de Berlin...ouais!...je me souviens. À l'époque on disait le mur de la honte, car il était honteux qu'après la deuxième guerre qu'il n'y ait pu avoir d'entente entre les vainqueurs et que finalement il y a eu le Mur.  
C'était plus facile de bâtir un Mur que de s'asseoir et se dire les vraies choses. 
Il est finalement tombé dans l'euphorie, mais ce qui est tombé pas la suite était encore plus important, c'était le régime communiste lui-même et avec, un certain climat de guerre froide. 
Seuls aujourd'hui, restent la Chine, la Corée du Nord, comme vestiges du communisme. Ce qui maintient encore le communisme en place en ces pays, c'est l'armée. 
Même la Russie n'est plus communiste et de son passé communiste, ne reste que la corruption. Un pays corrompu dans son fonctionnement même. 
Par contre, l'Homme étant l'Homme, il a dressé de nouveaux murs un peu partout sur notre planête. Encore une fois, nous pouvons avoir honte de nous-même. 
Plutôt que d'affronter les problèmes, il est plus facile de les cacher derrière un mur. Et comme le dit la chanson: Y'a toujours un côté du mur à l'ombre. 
Êtes-vous ombragé ou ensoleillé ?

Michel d. Gauthier, St-Jérôme

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