6 novembre 2009
La chute du mur… et un pape politique!
Ce serait exagéré d'affirmer que Jean-Paul II est responsable de la chute du mur de Berlin. D'ailleurs, aucun historien ne soutient une telle hypothèse. Mais bien des gens ignorent que Jean-Paul II a été un acteur majeur dans l'effritement de l'empire soviétique. Il a soulevé la population polonaise, il a produit un effet de courage, comme le dit l'historien Alexandre Adler. Comme peu d'hommes politiques. Et en plus, à un moment crucial.
Une anecdote. Lorsque Lech Walesa, après une longue bataille syndicale, signe les célèbres accords de Gdansk, il signe avec un énorme stylo. Quand on regarde l'image, on dirait une blague. C'est quoi, ce truc? Mais regardez de plus près et vous verrez que le stylo gigantesque est à l'effigie de... Jean-Paul II.
On connaît la suite. La Pologne, dans ces années-là, va devenir un moteur de changement. Une inspiration pour bien des populations derrière le rideau de fer. Qui doute vraiment de l'impact de Jean-Paul II?
Un pape politique
Jean-Paul II disait qu'il ne faisait pas de politique. Mais, bon, qu'est-ce que la politique?
Jean-Paul II est élu en octobre 1978. Son premier discours, lors de la messe inaugurale de son pontificat, c'est « N'ayez pas peur ». N'ayez pas peur de quoi, au fait? « N'ayez pas peur d'ouvrir votre coeur au Christ ». Oui, ça, on s'y attendait. Mais attendez la suite. « N'ayez pas peur d'ouvrir les frontières... les vastes territoires de l'économie, de la culture », etc.
Attendez. Nous sommes en 1978. L'empire soviétique est toujours debout. Et « N'ayez pas peur », c'est un discours qui déclare ni plus ni moins la guerre à l'empire. C'est un affrontement idéologique, philosophique et spirituel. Pas politique, le personnage? Quel discours!
Imaginez ce qu'un tel discours pouvait signifier pour la population polonaise, à l'époque, coincée derrière le rideau de fer, sous l'emprise de l'empire. Énorme, l'effet! Et là, ce n'est que le début d'une aventure incroyable. Qui mène à l'effritement de l'empire.
Qui l'eût cru?
Beaucoup de gens, croyants ou pas, appréciaient Jean-Paul II justement pour cette capacité d'intervenir dans l'univers politique. Par exemple, en pleine guerre froide, des mots, des discours enflammés en faveur des droits de la personne. Au Mexique, où il se déclare la voix des plus démunis face à la dictature de l'époque. En Italie, contre la mafia. Aux États-Unis, au coeur du quartier des affaires, où il dénonce le capitalisme sauvage. Prophétique?
Certains diront... quel contraste avec le pape actuel! Plus tourné vers la doctrine de l'Église catholique. Et là, une question.
Voici un homme d'Église, Jean-Paul II, qui ne se gêne pas pour intervenir en politique. Qui a soulevé, sans gêne, la controverse. Qui a donné une bonne dose de fierté et de dignité à une foule de gens. Un pape très politique... est-ce que ça vous dérange?
Au Québec, on sent un malaise, me semble-t-il, quand les hommes d'Église mettent les pieds dans l'arène politique. De quoi se mêlent-ils, entend-on? En France, j'ai entendu le président Sarkozy inviter les gens d'Église à être plus présents, à prendre leur place dans les débats citoyens. Mais ici? Voulons-nous vraiment de leurs idées? Ou souhaitons-nous qu'ils se tiennent à l'écart? Qu'ils s'en tiennent aux questions purement religieuses?
Regardez Second Regard, animée par Alain Crevier
Il a travaillé à des émissions d'affaires publiques, à la radio, de 1980 à 1991. Il a ensuite été correspondant à Toronto, toujours pour les affaires publiques radio, de 1987 à 1991.
Il a été animateur-journaliste pour la série Nord-Sud, à Télé-Québec, de 1991 à 1993. Il s'est aussi occupé, toujours comme animateur-journaliste, de la série Feu vert, sur les questions d'environnement, à Télé-Québec, en 1993 et 1994.
Il a animé CBV Bonjour, l'émission du matin à la radio de Radio-Canada, à Québec, de 1996 à 2000.
Il anime l'émission Second Regard depuis 1995. Une émission consacrée à la spiritualité, aux religions et à la quête de sens.
15 novembre 2009
L'Église peut bien recommencer à s'exprimer sur la politique si elle le veut, mais je ne suis pas certain que les gens vont tenir compte de ses opinion. Elle n'a pas su trouver le juste milieu entre sa dictature passée et sa passivité d'aujourd'hui. Elle s'autodétruit avec tous ses scandales. Elle en est à ses derniers balbutiements. Elle ne survivra pas au départ des parents des baby boomers.
Martin Gaudreault, Québec
10 novembre 2009
En cet ère de prolifération de politiciens insipides, JPII donnait au moins l'impression d'avoir le courage de ses opinions... de là à vouloir le canoniser, il y a un monde. Souvenons-nous que c'est aussi lui qui a mis au ban des accusés « la théologie de la libération » et qui a démissionné Dom Helder Câmara et l'a remplacé par un Monseigneur qui s'est empressé de réduire à néant l'oeuvre de son prédécesseur.
Dom Helder Câmara était un défenseur de l'option préférentielle pour les pauvres, pas un révolutionnaire enragé. Que JPII ait été un adversaire des communistes, ça c'est évident, mais qu'il se soit attaqué à la théologie de la libération, qu'il ait été adversaire de l'accès à la prêtrise par les femmes en fait un « conservateur », pas nécessairement un saint. D'ailleurs je me demande pourquoi l'église catholique ressent-elle le besoin d'ajouter d'autres saints à une liste déjà longue ? Pour attirer un plus grand public dans ses églises vides peut-être ! Je ne crois pas que l'église gagne à se lancer dans des canonisations pour mieux attirer la clientèle, toutefois je dirais qu'elle devrait être cohérente avec les évangiles qu'elle prétend défendre. Jésus n'était pas un rabbin qui se contentait de prêcher sa doctrine de soumission dans sa synagogue, il était un révolutionnaire qui n'hésitait pas à flatter à rebrousse-poil ses contemporains qui préféraient s'en tenir à des rites figés et sans contact avec la « vraie vie ». La « vraie vie », c'est celles où nous nous trouvons en contact constant avec les autres, c'est l'interdépendance des bouddhistes. Si la religion consiste à se contenter de ressasser certaines idées dans notre tête, alors elle devient une sorte de maladie apparentée à l'autisme ; la religion, la spiritualité, ça ne peut pas se vivre seul. Que les chefs religieux s'expriment, sans fanatisme, ne peut qu'enrichir nos réflexions et nous en avons bien besoin.
Marc Lacroix, Beloeil
9 novembre 2009
@ AC Jean-Paul II un saint ? Qu'est-ce qu'un saint ??? Est-ce quelque chose d'important ?
Extrait Wiki
"dès les premiers temps du christianisme, tous les fidèles sont appelés à la sainteté et peuvent être dignes de vénération posthume, aussi bien hommes que femmes, les philosophes comme les simples d'esprit, quelle que soit leur condition sociale, esclave ou aristocrate, ce qui est une nouveauté radicale. De plus, ce n'est pas, jusqu'à l'invention de la procédure de canonisation au XIIIe siècle, la hiérarchie qui décide de la sainteté, mais la vox populi . "
@ S Sokolski Il appartient au temps et à l'Histoire de juger des religions. Et l'Église catholique a une longue histoire qu'on est en droit de juger. Pas besoin d'une cour de justice pour cela.
@ M Lacroix. Votre point de vue est respectable mais je n'aime pas votre expression "athés extrémistes".
Vouloir que les agents et les institutions de l'État soient laïques, ne me semble pas extrémiste. Simplement respectueux de tous je crois.
Laurent Émond, Québec
9 novembre 2009
@D Grenier
Suite. Les accusés au procès contre les religions? Facile. Il y en a beaucoup: le pape, les évêques, les imams, les rabbins, tous ceux qui manipulent et terrorisent les gens en quête d'irréel. Même si je ne le partage pas, je comprends l'angoisse des Hommes et leur désir d'expliquer ce qu'ils croient inexplicable. Je n'admets pas qu'on asservisse les gens en exploitant ce désir. Les chefs d'accusation? Il n'y a pas assez de place sur cette tribune pour les énumérer tous.
Serge Sokolski, Québec
9 novembre 2009
Bonjour,
Jean-Paul 11 était un homme d'Eglise qui n'a pas eu peur d'être aussi un pape politique. Je crois que tout chrétien ne peut se contenter de se fermer sur sa foi chrétienne. Son engagement doit aussi se manifester dans le domaine politique, dans tout domaine qui touche l'éthique et la morale. Trop peu de chrétiens se réservent le droit de s'impliquer dans le domaine politique. La société toute entière ne peut qu'en tirer un immense profit. N'ayons pas peur, nous les chrétiens, manifestons-nous sur le plan politique et social, soyons des Jean Paul 11 à notre façon. Oui, qu'il soit reconnu saint pour sa grande charité et son souci de la justice sociale.
Emilien Marcoux
Plessisville
Emilien Marcoux, Plessisville
8 novembre 2009
@ Serge Sokolski
« À quand un procès Nuremberg? Contre les religions, mais pas contre les croyants. »
Mais qui va-t-on accuser ? Au procès Nuremberg, il y avait des Nazis au banc des accusés. Etes-vous en train de vous inventer « un procès artificiel » ?
Denis Grenier, Sherbrooke
8 novembre 2009
Santo subito?
Vous vous souvenez peut-être de ce le lendemain de funérailles. C'était au printemps 2005. Des foules considérables, réunies place St-Pierre, chantaient « santo subito ». Traduction : faites de Jean-Paul II un saint... tout de suite !
Et de fait, plusieurs sources parlent de la béatification prochaine de JPII.
JPII, un saint homme ?
Alain Crevier, Québec
8 novembre 2009
Depuis qu'ils existent, les papes ont influencé le cours de l'Histoire du Monde en cautionnant ou non des alliances politiques, en soutenant des expéditions coloniales (conquête des Amériques, croisades, etc) en «conseillant» des despotes «de droit divin». Les papes avaient des armées de mercenaires qui faisaient la guerre et tuaient (ce n'était pas des casques bleus!). L'Église catholique en particulier a soutenu les dictatures «chrétiennes», comme celle de Franco, copain des nazis, appellé «le sauveur de nos valeurs chrétiennes». Jean-Paul 2 ne s'est pas gêné d'aller serrer la main de Pinochet alors qu'on savait déjà tout sur ses exactions. À cause des interventions politiques des religieux, des millions de femmes n'ont pas droit à disposer d'elles-mêmes. Les pays où les religieux se mêlent abondamment de politique sont dans l'obscurantisme et la répression politique: l'Iran en est un bon exemple. Souvenez-vous des belles années Duplessis au Québec. Quand religion et politique s'enmêlent.
Et n'allez surtout pas croire que JP2 a été un détonateur de la chute du communisme: c'est se foutre des millions de gens qui se sont battus contre ce régime d'oppression aussi nuisible que les religions. Vous oubliez Sakharov et les milliers d'autres dissidents? JP2 est arrivé en scène quand tout était joué. Il a critiqué le capitalisme: il en a drôlement profité (le Vatican n'est pas un pays de pauvres).
Une forte proportion de gens ont besoin de croire à l'irréel et de s'inventer des paradis artificiels pour tenter de comprendre leur existence. C'est leur affaire. Les Églises sont des organisations manipulatrices et totalitaires (péchés, enfer, punitions, rituels ridicules, etc) qui devraient être interdites d'existence, tout comme les Nazis et les dirigeants soviétiques. À quand un procès Nuremberg? Contre les religions, mais pas contre les croyants.
Serge Sokolski, Québec
7 novembre 2009
J'ai de la difficulté à comprendre pourquoi on devrait exclure les chefs religieux du débat politique. Peut-être les partisans de l'exclusion ne savent pas que la culture humaniste et les « droits de la personne » dont nous avons hérités, tout cela provient de notre héritage chrétien.
Tiré de la présentation du livre « Le Christ philosophe » de Frédéric Lenoir :
« Quand, au IVe siècle, le christianisme devient religion officielle de l'Empire romain, la sagesse du Christ est en grande partie obscurcie par l'institution ecclésiale. Elle renaît mille ans plus tard, lorsque les penseurs de la Renaissance et des Lumières s'appuient sur la " philosophie du Christ " selon l'expression d'Erasme, pour émanciper les sociétés européennes de l'emprise des pouvoirs religieux et fonder l'humanisme moderne ».
À mon avis, les seules personnes qui pourraient, et même devraient être exclues des débats politiques, sont celles qui prônent des valeurs et des dogmes qu'ils sont prêts à imposer aux autres par tous les moyens. Ceux qui refusent le dialogue avec les autres et qui estiment détenir la « Vérité », ceux-là sont un danger, qu'ils soient athées extrémistes, talibans, ou autre. Ce n'est que par le dialogue et l'apprentissage du respect de l'autre qu'on pourra construire une Terre accueillante pour les générations futures ; c'est un peu comme le principe de la biodiversité, mais appliqué à la philosophie, à la sociologie et à la politique. Entre vous et moi, vivre dans un monde où règne la pensée unique et superficielle, comme celui dépeint dans « Le Meilleur des mondes » d'Aldous Huxley, ça ne me paraît pas très attirant.
Pour les athées extrémistes, j'ajoute que la religion n'est pas uniquement affaire de foi sans impact dans la vie de tous les jours, c'est aussi une question de valeurs qui façonnent les sociétés. Les catholiques sont contre le vol, les musulmans le sont aussi tout comme les bouddhistes, alors pourquoi leurs représentants devraient-ils se taire ?
Marc Lacroix, Beloeil
6 novembre 2009
Je ne sais s'il est juste de voir en Jean-Paul II un pape politique. Ce qui est clair, c'est qu'il n'est pas resté silencieux devant les diverses formes d'oppressions de ce monde. Comment l'aurait-il pu ? Son silence aurait été un aveu de faiblesse ou une preuve de plus que les religieux sont toujours «déconnecté de la réalité».
Le mélange de la religion et de la politique réveille de mauvais souvenirs au Québec. L'Église a souvent profité de sa chaire pour se mêler de ce qui ne la regardait pas. C'était une autre époque. Trop de personnes sans doutes veulent vivre aujourd'hui avec les fantômes du passé. Cette Église, humiliée, ne menace plus personne. Si l'idée lui revenait de vouloir imposer ses lois ou ses règles à des gens qui n'appartiennent pas à ses fidèles, on n'aura qu'à la rappeler à l'ordre (sans péter les plombs).
Mais il y a une nuance à faire. Cette Église est aussi composée de citoyens comme les autres qui, comme les autres, doivent prendre part aux débats de société du Québec. Que l'expression de ces chrétiens soit teintée de leur convictions religieuses – c'est inévitable et, soit dit en passant, dans l'ordre des choses. Je ne vois pas pourquoi ils devraient garder le silence. Demande-t-on à un athée de se taire, sous prétexte que son opinion est teintée par sa vision du monde ? Demande-t-on à un darwinien de se taire sous prétexte qu'il souscrit au naturalisme ? Ou le demande-ton à un écologiste, sous prétexte qu'il est membre en règle de Green Peace ? Non. Alors pourquoi le chrétien devrait-il tant se taire ? D'où vient cette obsession ?
Denis Grenier, Sherbrooke
6 novembre 2009
@ Maxime Audant,
Je ne peux pas croire qu'une personne saint d'esprit peut croire qu'un Pape si instruit, si intelligent, si plein d'amour pour le monde, peut mettre des vies en danger. Celà est dire n'importe quoi. Madame.
May Assy, St-Laurent
6 novembre 2009
L'importance de ce qu'a accompli Jean Paul II, ne serait-ce que le volume de ces écrits, risquerait de nous cacher un fait essentiel. Dans la poitrine de ce grand homme- homme d'État, théologien, philosophe, chef d'Église, bat le coeur d'un pasteur. Il sait comment les gens peuvent trouver Dieu et comment Dieu peut atteindre nos vies. Lisez ces livres et vous comprendriez pourquoi en entendant l'appel de ses frères et soeurs qui souffraient, il a répondu en les débarassant du communisme.
May Assy, St-Laurent
6 novembre 2009
À noter que Jean-Paul II entretenait d'excellentes relations avec William Egan Colby qui était directeur de la CIA sous l'administration de Jimmy Carter, Colby était d'ailleurs catholique et les deux hommes se sont rencontrés plusieurs fois au Vatican, d'autant que Colby était un grand voyageur tout comme Jean-Paul II d'ailleurs;.
Ceci dit, Jean-Paul II n'était pas un politicien et il ne se mêlait pas de politique. Disons qu'il transcendait la politique ou encore qu'il était au coeur de la politique, le coeur de la politique étant l'homme. Si vous êtes au coeur de l'humanité, vous êtes au centre de la politique, cela ne signifie pas que vous en fassiez pour autant.
Ce qui rend précisément si fort Jean-Paul II c'est que sa seule préoccupation c'est nous ! Peu de politiciens peuvent réellement lui résister. Fidel Castro adorait le pape. Personne ne peut être contre lui. Michael Gorbatchev qui l'a aussi rencontré, raconte pour la petite histoire qu'il avait dit à Jean-Paul II qu'il était plus communiste que les membres du Parti Communiste de ce qui était alors l'Union Soviétique. D'ailleurs lorsque ses chers Polonais se sont jetés à corps perdu dans l'économie de marché, la société de consommation et tout ce qu'elle comporte. C'est le même Jean-Paul II qui met en garde ses ouailles. Car bien sûr pour Jean-Paul II, le monde ne doit être ni capitaliste, ni communiste, il se déploie sous une autre forme plus spirituelle laquelle s'épanouie dans la foi exprimée dans son entière universalité. Je fais référence ici au « totus tuus » qui lui était si cher.
Pour conclure, le rôle des religions est hautement politique. Cela est un fait historique et peu de papes ne se sont jamais mêlés de politiques. Disons que chacun le fait avec son style (pour paraphraser Blaise Pascal) de telle sorte que Benoît XVI fait de la politique à sa façon. Dans une société de liberté comme la notre, tout le monde a le droit de faire de la politique, je ne vois pas pourquoi les serviteurs de l'église devraient être écartés des débats.
Serge Drouginsky, Longueuil
6 novembre 2009
Je pense en effet que l'Église devrait prendre davantage part aux débats de société, quitte à choquer les âmes sensibles confortablement installées dans leurs dogmes individualistes. Depuis trop longtemps, au Québec du moins, elle se terre de peur de fragmenter davantage un édifice pour l'essentiel détruit. Elle devrait maintenant profiter du fait qu'elle n'a plus rien à perdre pour redoubler d'audace et réaffirmer son credo face à l'empire des narcisses emprisonnés par leurs envies. Dans toutes les questions regardant la définition de l'homme, de ce qu'est une vie bonne, juste et digne, elle a beaucoup à dire. Et cela, sans parler de son passé regorgeant d'évènements aussi glorieux qu'horribles qui confèrent selon moi, à cette institution, une expérience unique sur le phénomène humain.
Jordi Pourcher, Montréal
6 novembre 2009
La participation des gens d'Église à la politique est une arme à deux tranchants.
Si les critères de leur intervention sont teintés de principes et de dogmes religieux, ils devraient se tenir à l'écart, obligatoirement.
Toutefois si, comme dans le cas de l'implication du Pape Paul IX en Pologne, les propos sont au service des droits humains et de l'équité sociale, je ne vois pas pourquoi on s'y opposerait.
Villeneuve Marc-André, Saint-Elzéar-de-Témiscouata QC
6 novembre 2009
Je n'ai aucun problème à ce que les gens d'Églises prennent part au débat social. C'est leurs idées qui me posent problème. Mais je crois qu'il est important que les gens d'Église s'expriment pour que l'on sache à quel point ils sont déconnectés de la réalité.
Cependant lorsque les opinions de membres haut placés peuvent mettre des vies en danger, je préfère qu'ils se taisent. Ex: Le pape sur le port du condom en Afrique. Il aurait mieux fait de se la fermer!
Bye
Maxime Audant, Québec
6 novembre 2009
Est-ce que nous accepterions qu'Ali Khamenei demande aux musulmans chiites de se battre pour qu'un précepte de la charia soit intégré dans une loi et s'applique à tous les canadiens?
Pourquoi accepterions-nous que Benoît XVI demande aux parlementaires d'interdire par loi le mariage homosexuel? En quoi une église ou un clergé a-t-il le droit de vouloir imposer des lois ou des règles à des gens qui n'appartiennent pas à ses fidèles?
P.S. Jean-Paul II a été un homme politique important en Pologne parce que le pluralisme n'existait pas dans son pays et aussi parce que les Polonais ont accepté qu'il joue ce rôle. Durant cette période historique, il était beaucoup plus un leader naturel s'opposant à un régime totalitaire qu'un pape.
Laurent Émond, Québec

















