29 octobre 2009
Montréal: un mandat perdu?
Quel que soit le résultat de l'élection de dimanche prochain, il y a toutes les chances que le prochain maire de Montréal hérite d'un mandat si faible qu'il s'agira en pratique d'un mandat perdu.
Parce qu'à moins d'une énorme surprise, le prochain maire de Montréal devrait être élu avec 40 % des voix, ou peut-être moins, dans un contexte où le taux de participation serait aussi bas qu'il y a quatre ans, soit 35 % des voix.
C'est dire qu'il ou elle ne pourra jouir du poids politique qui est traditionnellement celui du maire de Montréal. Élu au suffrage universel, il est le politicien qui a reçu le plus grand nombre de voix au Québec. Mais un maire de Montréal qui serait élu avec moins de 200 000 voix sur plus de 1,1 million d'électeurs inscrits ne pourra prétendre à un très grand poids politique.
Un conseil minoritaire?
En plus, le prochain maire a bien des chances de devoir vivre pour la première fois avec un conseil minoritaire. Ce serait un gros changement dans la culture politique de la Ville. Montréal est gouvernée avec des institutions calquées sur l'Assemblée nationale et qui ne sont pas nécessairement les mieux adaptées au palier municipal.
Le prochain maire devra vivre avec une nouvelle donne politique qui va considérablement compliquer sa vie. Le conseil municipal cessera d'être un simple organisme de ratification, et il pourrait amener de véritables débats. Ce sera bien pour la démocratie, mais ça risque de ralentir encore le processus de prise de décisions.
Un conseil minoritaire risque aussi de réveiller des demandes pour démocratiser le véritable lieu de pouvoir à Montréal, soit le comité exécutif. Montréal est une des très rares villes sur ce continent où l'exécutif se réunit en privé. Pourtant, c'est là que se prennent presque toutes les grandes décisions.
Il pourrait aussi y avoir des pressions pour que certains membres de l'exécutif ne proviennent pas du parti du maire. Encore une fois, ce sera mieux pour la démocratie, mais il faudra gérer le changement de culture que cela demande.
Le mandat risque d'être perdu, aussi, parce qu'il faudra refaire bien des choses qui ont été mal faites pendant le mandat qui se termine. À commencer par le contrat des compteurs d'eau, qui a monopolisé les énergies de l'administration depuis deux ans.
Priorité à l'éthique
Il faudra aussi revoir diverses façons de fonctionner, à commencer par la méthode utilisée pour les appels d'offres. Mais tout ce qui touche l'éthique et les moyens pour éviter la collusion devra être LA priorité du prochain maire.
Tout cela prend du temps et des énergies politiques. Et même si on dit souvent le contraire, il n'est pas si facile pour une administration publique en crise de marcher et de mâcher de la gomme en même temps.
La tragédie, dans tout cela, c'est que Montréal risque de laisser passer le train et de ne pas avoir sa part des dépenses d'infrastructures que les gouvernements supérieurs consacrent actuellement à lutter contre la crise économique.
L'administration Tremblay-Zampino-Dauphin n'avait pas fait un travail très élaboré pour choisir un nombre raisonnable de projets et les présenter aux gouvernements. La nouvelle administration risque de se faire dire que le train a déjà quitté la gare.
Pendant ce temps, les concurrents de Montréal n'ont pas perdu leur temps. Un seul exemple: juste pour le transport en commun dans la grande région de Toronto, les gouvernements du Canada et de l'Ontario dépenseront plus de 8 milliards de dollars pour des projets d'extension et de modernisation des réseaux de transport.
À Montréal, on attend encore la signature finale du contrat pour de nouvelles voitures du métro, qui ont maintenant plus de 40 ans et qui ont dépassé leur vie utile depuis déjà longtemps.
Pendant 30 ans, Michel C. Auger a couvert l'actualité politique québécoise et canadienne pour une multitude de médias écrits, autant en français qu'en anglais. Il aura passé dix ans à la Tribune de la presse à Ottawa ce qui lui aura permis de couvrir huit campagnes fédérales, six élections au Québec, sans oublier trois référendums, plusieurs élections présidentielles aux États-Unis et même celle... d'un pape.
Mais la politique n'est pas son seul intérêt. Il a également été affecté à la couverture de la Cour suprême du Canada dans les années qui ont suivi l'adoption de la Charte canadienne des droits et libertés. Il a également assuré la couverture de plusieurs grandes commissions d'enquête, dont celle sur le dopage dans le sport qui avait suivi la disqualification du sprinter Ben Johnson et la commission Keable sur les activités des services de sécurité au Québec après la crise d'Octobre 1970.
Au cours des 15 dernières années, il a rédigé des chroniques pour plusieurs journaux dont Le Journal de Montréal, Le Soleil, The Edmonton Journal et The Globe and Mail et tenu un blogue sur Cyberpresse.ca.
Au printemps de 2007, il est devenu chef de bureau de Radio-Canada à l'Assemblée nationale, après des années à commenter l'actualité sur les ondes autant de Radio-Canada, de RDI, de CBC, de Télé-Québec et de TVA, où il a coanimé l'émission d'affaires publiques Larocque-Auger avec Paul Larocque.
Comme analyste politique à Radio-Canada, depuis l'automne 2008, Michel C. Auger suit de près la politique provinciale, fédérale et américaine.
Il tient maintenant ce carnet sur Radio-Canada.ca, en partie pour ne pas trop s'ennuyer de l'écriture...
2 novembre 2009
Ce qui ressort de cette élection, c'est que c'est un autre mandat perdu dont il semble bien que nous en ferons encore les frais. Pourquoi? Parce que nous n'avons pas entendu les mots prononcés par le maire Régis Labeaume: j'ai compris le message, les choses vont changer.
Il aurait été rassurant d'entendre le maire Tremblay dire: les montréalais peuvent se réjouir et dormir en paix. Ce qui s'est produit dans le passé ne se répètera plus. Je n'attendrai pas après les enquêtes policières pour effectuer des changements. Nous allons recourir beaucoup moins à la sous-traitance, et les contrats vont être rédigés et attribués autrement. Nous allons prendre en considération toutes les propositions légitimes de tous les citoyens, même celles de l'opposition. Nous allons faire en sorte que les montréalais en aient vraiment pour leur argent. Montréal ne sera plus le terrain de golf des contracteurs, ils vont devoir travailler pour être payés.
Maisnon, on n'a rien entendu de vraiment rassurant, rien qui incarne le changement.
Comme Montréal ne coûte pas cher au gouvernement provincial, il est à prévoir que le protégé de M.Charest va conserver un système qui l'a bien servi. Mais pour les montréalais, ça n'augure rien de bon. Si le naire Tremblay n'était pas le protégé de M.Charest, il y a longtemps que la ville aurait été mise en tutelle, ce qui de toute évidence
devrait être fait en attendant le résultat ou la fin des enquêtes policières. Quand aurons-nous une gestion saine et responsable? L'Halloween va continuer: trick or treat par les contracteurs. Quel cauchemar! Les électeurs en allant voter, ont mal placé la queue de l'âne.
Jean Lespérance, Montréal Québec
2 novembre 2009
Le maire Tremblay, la Gazette et les anglophones.
Le scrutin du 1er novembre 2009 a confirmé le pouvoir prépondérant des anglophones sur la ville de Montréal, comme quelques données, pour les arrondissements, le confirmeront. Rappelons que leur journal de combat, la Gazette, avair ouvertement appuyé le parti du maire sortant. Pendant ce temps les francophones, à l'image de leur les médias, hésitaient entre les trois principales formations en présence. L'issue du scrutin était inévitable. Le maire Tremblay obtient 48% des suffrages dans Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, 57% dans Saint-Laurent, 50% dans Lachine et LaSalle, 52% dans Pierrefonds-Roxboro, cinq arrondissements de l'ouest de la ville et 63% dans l'arrondissement de Saint-Léonard, dont la population à majorité italienne a toujours été, à tous les niveaux politiques, une fidèle alliée des anglophones. Par contre le maire Tremblay n'obtient que 23% des voix dans Hochelaga-Maisonneuve, 20% dans le Plateau-Mont-Royal et 23% dans Rosemont-La Petite- Patrie, trois arrondissements francophones de l'est de Montréal. Le portrait est plus nuancé dans les arrondissements où francophones, anglophones et allophones se côtoient. Congratulations, Mr.Tremblay !
Pierre Champagne, Danville
31 octobre 2009
Mandat perdu pour qui? Ce n'est pas parce qu'on est minoritaire qu'on est capable de rien faire. Mais quand il s'agit de magouiller, c'est toujours plus facile avec un gouvernement majoritaire. Si on a rien à proposer de valable, majoritaire ou minoritaire,ça ne mène nulle part.
Mais il peut arriver qu'à cause d'un endettement massif, on soit limité dans notre capacité d'agir. Mais si on remet de l'ordre dans les dépenses, les contrats coûteux, on peut donner un second souffle à Montréal.
J'attend toujours un centre de gazéification des déchets qui pourrait réduire de 80% et même plus la masse de déchets enfouis dans les dépotoirs. Plus la population s'accroît, plus c'est une nécessité. Depuis au moins 40 ans, nous n'avons eu que des mandats perdus dont nous avons fait les frais. Une ville n'est pas un parc d'amusement, on doit gérer les problèmes de base avant le superflu, les stades ou les monuments au gaspillage. Bien gérer la base, à long terme génère des économies substantielles qui permettent à une ville de s'épanouir et de maximiser ses atouts.
Mais arrêter la magouille, ça peut prendre jusqu'à 4 ans. Juste faire ça, ça ne sera pas un mandat perdu. Avez-vous pensé à combien de milliards Montréal a jeté dans les poubelles, dans tous les sens du mot?
Jean Lespérance, Montréal Québec
31 octobre 2009
Les attentes sont tellement grande et la tâche énorme que le prochain maire risque de décevoir malgré son bon vouloir, s'il n'a pas les outils ,les choses ne changeront pas beaucoup.
Une mairie minoritaire, ça pourrait arriver mais ça ne fera pas avancer la ville.
On pourra toujours rêvasser sur un passé plus solide et plus glorieux...
Micheline Belanger, Magog
30 octobre 2009
Bien d'accord avec Luc Desjardins de Montréal! J'irais même plus loin. Je ne suis pas d'accord avec ceux qui affirment que TOUS doivent aller voter. Que c'est un devoir. Je juge qu'une personne qui n'est pas informé et qui ne vote que sur une impression ou sur l'apparence d'un(e) candidat(e) devrait s'abstenir de voter. C'est ainsi que les Allemands ont un jour voté pour un certain Adolphe!!!
Jean Grenier, Québec
30 octobre 2009
Ce qui est également intéressant à signaler c'est que le maire de Montréal aura un pouvoir important au niveau de l'agglomération de Montréal (île) et la Communauté métropolitaine de Montréal. Des territoires dont il a une certaine responsabilités et pouvoir, mais dont les citoyens n'ont pas élus.
Si madame Harel entre au pouvoir, les citoyens défusionnés de l'ouest de l'île se mordereront peut-être les doigts d'avoir pris une certaine décision en 2006...
Louis Fournier, Montréal
30 octobre 2009
Bonjour, je suis surpris, voir scandalisé, voir interloqué, voir désabusé!
Pourquoi ces élections ne comportent-elles pas 2 TOURS.
En effet, un candidat pourrait se faire élir avec 34% des voix seulement. Alors que les 2 autres candidats cumuleraient 66% des voix...!!
C'EST UN SCANDALE DÉMOCRATIQUE!
Tant au provincial, qu'au fédéral... c'est idem
À quand la réforme???
Dégoûté...
Frédéric Teyssier, Montréal
30 octobre 2009
Assez d'accord avec vous pour dire que le prochain mandat risque de ne pas être très productif à Montréal.
Il importe grandement que la priorité soit accordée à l'éthique dans la gestion de notre ville. Il me semble que Mme Harel pourra mieux que M. Bergeron réunir autour de son projet des élus des autres partis municipaux. Elle sera probablement une mairesse de transition, ce qui n'exclut pas qu'elle puisse lancer des projets d'infrastructures nécessaires à Montréal.
Michel Vallée, Montréal
29 octobre 2009
Je trouve votre analyse très bonne car réaliste et votre titre moins bon mais acceptable puisqu'il se termine par un point d'interrogation. Je ne pense pas que les quatre années à venir soient perdues pour la ville de Montréal, ce qui a été perdu, ce sont les huit années qui ont précédé. Je pense que ces prochaines années devraient servir à corriger les erreurs. Je suppose que les valeurs d'éthiques notamment, qu'elles seront moins éludées et je conçois que justement on ira cette fois-ci de l'avant vers de meilleurs projets. Ainsi, les projets de modernisations et d'extensions des réseaux de transport en communs sont déjà sur la table. Il ne reste plus qu'à accomplir sur cette base, des choix vertueux et éclairés. Dans une ville, il est important que tout le monde trouve sa place, c'est une question de bien-être et d'équilibre, ce sont dans les villes que nous vivons notre vie et c'est dans ce cadre que se concrétisent notre bonheur ou notre malheur. À ce titre il est essentiel que l'ensemble des partis travaillent pour le bien commun et qu'ils transcendent les « petites politiques » partisanes.
Reste donc à savoir qui est le ou la meilleur(e) candidat(e) pour accomplir le cheminement d'un renouveau possible pour cette métropole. J'espère que nos voisins montréalais ne sauront pas se tromper sur leur choix et que le taux de participation dépassera vos espérances réalistes.
Serge Drouginsky, LeMoyne
29 octobre 2009
Je sui bien d'accord que si un nombre d'électeurs très faible se présentent aux urnes, ceci n'affecte pas la légitimité de l'élection. Par contre, en politique, c'est le "poids politique" qui compte... et ce poids est généralement proportionnel aux nombres de personnes qui sont derrière vous; ou derrière vos idées. Dans cette veine... quel est actuellement le "poids politique" de Monsieur Gilles Taillon de l'ADQ ?
Richard Tanguay, Montreal
29 octobre 2009
Peu importe la quantité d'électeurs qui se présenteront aux urnes dimanches, les absents aur ont toujours tort.
Si 40 % des gens vont voter et que le gagnant obtient 38% des voix. Il gagnera, car RIEN ne nous laisse croire que les 60% restants n'auraient pas voté eux aussi à 38%. On n'en sait rien. 38% resteront toujours 38%.
Donc 38% de 40% donc 15,6% des électeurs sera toujours parfaitement légitime
Luc Desjardins, Montréal


















