27 octobre 2009
L'économie, en physiothérapie!
Le patient est sorti de l'hôpital. Il va mieux, mais sa santé demeure fragile. Accident soudain ou rémission après un cancer, l'histoire ne le précise pas.
Tout ce qu'on sait, c'est que le patient, qu'on appelle dans le quartier CROISSANCE ÉCONOMIQUE, doit être suivi. Un jour chez le physiothérapeute, un autre chez le psychologue.
On a l'impression qu'il y a des médecins partout qui, à défaut de trouver le bon vaccin pour stopper la grippe H1N1, prescrivent des tonnes de traitements et de médicaments pour soigner le patient CROISSANCE ÉCONOMIQUE.
En fait, la réalité, c'est que tous les médecins économiques doivent faire preuve de prudence, d'intelligence et de discernement.
Québec: le déficit et le plan de relance
Quelques mots d'abord sur la mise à jour économique et financière du gouvernement du Québec. Le ministre des Finances Raymond Bachand a annoncé que le déficit de 2009-2010 sera plus important que prévu, à 4,7 milliards de dollars. C'est près de 750 millions de dollars de plus, en raison de la constitution d'une réserve pour imprévus de 300 millions de dollars et d'une chute des revenus autonomes plus marquée que prévu, de 500 millions de dollars.
Le ministre affirme qu'il maîtrise la situation. Le déficit au Québec est moins élevé qu'ailleurs, et le gouvernement a agi avec vigueur pour relancer l'économie.
Ce qu'il ne dit pas clairement, c'est que les comparaisons avec les autres juridictions ne sont pas exactes. Et que la croissance du Québec sera plus faible que la moyenne canadienne en 2010. Il lui sera très difficile d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2013-2014 sans prendre des virages majeurs quant aux dépenses de programmes et aux revenus. Tout semble en place pour une hausse des tarifs d'électricité...
Raymond Bachand a passé un bon moment en conférence de presse mardi à dire que la révision des déficits en Ontario et à Ottawa était franchement plus importante qu'au Québec. Plusieurs économistes et fiscalistes que j'ai consultés m'ont confirmé que le Québec n'inclut pas ses dépenses en infrastructures dans ses dépenses, comme le font les autres juridictions comme l'Ontario.
Ainsi, « seul l'amortissement est imputé aux dépenses », selon la réforme de la comptabilité gouvernementale de la fin des années 90, alors que l'Ontario a choisi de tout mettre dans les dépenses. Le Québec émet des obligations, annonce l'amortissement annuel et met le reste à la dette, ce qui contribue à augmenter substantiellement le service de la dette.
Banque du Canada: les mises en garde de Mark Carney
Pendant ce temps, le gouverneur de la Banque du Canada lance des mises en garde et développe tout un arsenal de mots et d'expressions pour faire chuter le dollar canadien. Ainsi, il n'hésite pas à dire depuis deux semaines que la croissance canadienne sera « considérablement » touchée par un dollar trop fort. Son message est clair: un dollar trop fort pourrait nuire à l'économie et à l'objectif d'inflation de la banque centrale.
Le gouverneur a lancé deux mises en garde dans son discours devant l'Autorité des marchés financiers lundi matin à Montréal: aux banquiers d'abord, qui doivent s'attendre dorénavant à ce que leurs problèmes financiers soient la responsabilité des dirigeants, des créanciers et des actionnaires, et non plus des contribuables.
Et puis, des consommateurs, il réclame un peu de prudence. Les taux sont bas aujourd'hui et invitent à l'investissement immobilier, mais les taux sont appelés à monter, selon Mark Carney, et certains ménages pourraient être coincés, étouffés par des paiements trop élevés.
Bref, le personnel médical de l'économie s'active pour que le patient se remette sur pied. Font-ils les bons choix?
Regardez RDI en direct sur l'économie, animée par Gérald Fillion
Retrouvez Gérald Fillion au Téléjournal (à 21 h HE à RDI et 22 h HE à la Première Chaîne), au Téléjournal Montréal (18 h HE), dans les les téléjournaux de plusieurs stations du réseau et à RDI (16 h 15, 17 h 15 et 18 h 30). On peut aussi l'entendre à la radio, à L'heure des comptes et dans les émissions du retour à la maison partout au pays.
2 novembre 2009
Un prêt (crédit-argent») effectué au gouvernement du Québec par la banque du Canada, sans intérêt, remboursable au rythme de la dépréciation, serait bien plus sain pour l'économie québécoise que l'argent dette des banquiers actuels qui créent littéralement l argent et le mettent en circulation sous forme continuelle de dettes portant intérêts. Voilà le frond du problème, il est temps que la société entame le vrai débat: qui doit créer l'argent pour la société et de quelle manière. Tant qu'une quantité importante de gens ne pourra pas répondre adéquatement à cette question, les banquiers continueront de profiter de leur ignorance et de créer l'argent et le crédit selon leur bon gré.
Martin Lacoursiere, Rouyn-Noranda
29 octobre 2009
RÉPONSE à Jean-François Laferté : vous parlez de «La prospérité du vice» de Daniel Cohen.
Gérald Fillion, Montréal
29 octobre 2009
Quel est le titre du livre présenté avec comme toile
de fond la prospérité?
Merci,
laferté jean-farnçois, terrebonne
29 octobre 2009
«Croissance économique», est-ce le nom du patient où de la maladie?
Comment peut-on faire des calculs sérieux alors que la gouvernance semble de plus en plus se faire en PPM (partenariat politicien mafia) Certains analystes soutiennent que les travaux en infrastructure peuvent coûter jusqu'à 30% plus cher. Et suite à ces déclarations d'experts, il est permis de croire que le secteur de la construction ne soit pas le seul à être infecté par la bactérie mangeuse d'âmes aux enchères.
Comment discourir honnêtement sur le budget de l'état en faisant abstraction des doutes généralisés qui planent sur la gouvernance.
Serions-nous devenus les témoins impuissants d'une réthorique politique mensongère au service d'un état mafieux dans l'état, une gouvernance de l'ombre.
« Le personnel médical de l'économie s'active pour que le patient se remette sur pied. Font-ils les bons choix?» Le personnel médical devrait s'activer à mettre sur pied une commission d'enquête pour faire la lumière sur les manipulations extrêmement douteuses que le monde des affaires louches imposent aux contribuables, et tant qu'on persistera à maintenir ce système pourri dans l'obscurité, les psychologues verront leurs efforts anéantis en ce qui concerne la crédibilité envers le discours économique et la classe politique.
denis miron, montbeillard
28 octobre 2009
Qu'est-ce que le fédéral peut faire pour diminuer le déficit provincial? Il peut taxer le monde de la finance et nous en redonner une bonne partie par le biais de la péréquation. Le provincial tout seul n'est pas assez fort pour s'attaquer au monde de la finance. Quand on est au service de quelqu'un, on ne peut lui imposer quoi que ce soit. Ne pouvant taxer son maître, le gouvernement cherche des champs de taxation qui sont sous sa gouverne. Il y a 3 façons d'équilibrer un budget: diminuer ses dépenses, augmenter ses revenus, et la troisième et non la moindre,
créer de l'argent virtuel avec des obligations.
Des obligations indexées au cours d'une bourse applatie peuvent dépanner temporairement, mais tôt ou tard on devra rendre des comptes. À moins que nos états financiers soient aussi truqués que ceux de notre ancienne ministre des finances et de ceux de Norbourg, on risque d'apprendre la vérité trop tard. Tant qu'on n'a pas les livres en mains, on est sûr de rien. On fait payer le monde de la finance ou on paie. Et pour faire payer le monde de la finance, on a besoin de l'appui du gouvernement fédéral.
Jean Lespérance, Montréal Québec
28 octobre 2009
Mes appréhensions se concrétisent. De toute évidence, les banques font monter le dollar pour faire pression sur Mark Carney, le gouverneur de la Banque du Canada. C'est une épreuve de force entre le monde de la finance et le gouvernement. Les banques ne veulent pas se faire imposer quoi que ce soit par le gouverneur de la Banque du Canada et lui mettent les bâtons dans les roues. J'espère tout simplement qu'il en est conscient et qu'il se fera appuyer par le ministre des finances et le Premier ministre.. La taxe Tobin et un impôt supplémentaire leur feraient baisser pavillon et la Banque de développement du Canada pourrait être mieux utilisée pour subventionner des projets d'infrastructure.
Entre servir le peuple et le monde de la finance, le choix des banques est clair et facile. Le capital avant l'humain. On peut mettre les banques au pas en les obligeant à déclarer ce qui est caché dans les paradis fiscaux. Vous avez le pouvoir Monsieur le Gouverneur, servez-vous en. Le bâton et la carotte sont de bons outils pour améliorer notre économie. Il faut savoir comment frapper avec le bâton, et à force d'essayer on atteint la cible. Aux grands maux, les grands remèdes.
Jean Lespérance, Montréal Québec
28 octobre 2009
J'aime bien votre analogie santé-économie et aussi la précision faites par Jean Santerre. Si je puis me permettre, j'encheri sur la situation ; Tout les plans de sauvetage et de relance pour remettre le patient économique sur pied, même si ce patient est le premier responsable de sa situation tel un alcoolique, ces plans de relances et les maints emprunts (d'ailleurs a qui les gouvernements empruntent ??) ont coûté au patient toute sa fortune et il a du s'endetter jusqu'au cou pour payer les soins. Même si il se remet peu a peu de ses déboires, la tentation de renouer avec la bouteille est grande et il n'a plus un sou pour vivre....devra t-il déclarer faillite?? Vendre ses actifs les plus importants pour rembourser??
C'est ce qui nous attends aussi...
Sam Marcotte, mtl
28 octobre 2009
Sur la question de la comptabilisation des investissements publics, il est évident que cela fait une différence sur le déficit, qu'on y ajoute l'investissement dans sa totalité ou simplement l'amortissement (environ 5% de l'investissement?), différence de procédé qui peut expliquer (en partie) que le déficit québécois soit beaucoup moindre que celui de l'Ontario. Alors quand Bachand dit (dans votre interview d'hier) que cela «n'intérese pas le public» et feint que cela n'est pas une question importante, il nous prend pour qui? pour des niaiseux? Il aurait obtenu zéro dans un examen d'économie à l'Université. Et il est ministre et gère plus de cent milliards... patinage artistique...
Morin Martin, trois-rivieres
28 octobre 2009
Sur Monsieur Bachand. Il a offert d'immenses rabais électrique à Rio Tinto avec un objectif de préserver des emplois au Québec, mais une clause permettait à la compagnie de s'en sortir. Résultat : moins d'emplois, mais maintient des subventions. Bref quand vient le temps d'avoir une vue globale et bien informée, il n'est pas l'homme de la situation. Il ne s'est probablement jamais intéressé aux aspects comptables que vous mentionnez et sa prévision de déficit sera revue à la hausse d'ici quelques mois.
Hydro : Attention à l'achat au Nouveau Brunswick. Tarifs préférentiels assurés et toute augmentation devant être soumise au gouvernement. Ceux qui devront payer pour cette mauvaise acquisition, c'est encore nous.
Tarifs : À noter qu'une compagnie, lorsqu'elle fait face à des difficultés, augmente rarement son prix. Elle revoit plutôt ses processus et ses coûts. J'inviterais le gouvernement à s'attarder à la récente demande de ses employés et se préparer à leur proposer plutôt une diminution des conditions. Michel Girard a écrit un article sur les conditions « privé vs public ». Malgré moins d'heures travaillées et une sécurité d'emploi, les employé du public gagnent 30% de plus que ceux du privé.
Revenus : On devrait contrôler les « whisselerie » du gouvernement. Comme le mentionne M.Lamoureux il y a des milliards qui dorment là.
Plus globalement la crise est venue de la spéculation. Et là-dessus, pas encore d'action. Les ventes de maisons ont recommencé. Les bourses sont à la hausse. Ça sent le retour à la case départ.
Alain cloutier, La Prairie
28 octobre 2009
Excellente analogie que vous faites entre ces deux sujets. Pouvons-nous poursuivre un peu plus loin les similitudes?
Vous avez un patient victime d'une sévère crise cardiaque qui récupère miraculeusement d'une situation que l'on croyait sans issue. Soins d'urgence prodiguée avec célérité par une armada de spécialiste aguerrie en alerte maximale avec le soutien d'équipement d'avant-garde manipulé par des maîtres en la matière dans un environnement idéal.
Vous utilisez tous les moyens à votre disposition sans compter.
Votre patient récupère et vous espérer qu'il reprendra le cours normal de sa vie.
C'est ce qu'il s'empresse de faire, hélas.
Voyez-vous, le cours normal de sa vie et de ses habitudes est constitué de choix malsain, mauvaise alimentation, peu d'exercice et de sommeil, beaucoup d'alcool et un tabagisme vigoureux.
Dite-moi, combien de temps cela prendra-t-il avant que ce patient revienne vous voir?
Et dans quel état?
Invoqué la reprise de l'économie par la croissance de la consommation sans fin ne condamne-t-elle pas automatiquement celle-ci à faillir à nouveau?
En somme notre patient est le principal artisan de son malheur, tout comme l'économie d'ailleurs.
À quand l'adoption de bonne mesure d'hygiène?
Bonne journée M.Fillion
Jean Santerre, Blainville
28 octobre 2009
J,ai bien écouté votre questionnement du ministre sur sa facon de comptabiliser et comparer à l'Ontario.
Il patinait, un bloc de ciment pour ne pas dire la vérité avec peut de réaction faciale.
Il prend les reporters et la population pour des valises tout comme le reste du gouvernement en place.
Aucune crédibilité pour Bachand.
Je vous félicite pour votre insistance au sujet de la comparaison avec l'Ontario car vous aviez parfaitement raison et le ministre ne dit pas la vérité.
J'ai senti qu'il voulait vous en passer une petite vite mais vous avez su comment agir!
Dommage qu'il faut être politiquement correct car moi je l'aurait traité de ment.....
Bravo!
Richard Denis, montreal
28 octobre 2009
J'avoue que je ne comprends pas pourquoi on devrait augmenter les tarifs. Depuis une semaine, tout le monde sait que le gouvernement paie de 25% à 35% trop cher ses projets d'infrastructure.
Si le gouvernement a annoncé pour 42 milliards de projets, cela signifie qu'on paie entre 8 et 10 milliards de trop (soyons conservateurs!). Ajoutez à cela tous les contrats informatiques où le gouvernement se fait aussi avoir (et tout le monde le sait), et il me semble qu'on a beaucoup de moyens.
En fait, on n'arrête pas de nous dire qu'on est pauvre au Québec, mais ce n'est pas vrai. Nous avons les moyens de nous offrir les services que nous voulons, à condition bien sûr de ne pas payer 25% trop cher.
Si le gouvernement révise les appels d'offres pour sauver de l'argent, un journaliste pourrait-il demander au ministre d'inclure l'argent qu'il sauvera dans ses prévisions, ne serait-ce que pour avoir un minimum de rigueur intellectuelle (je n'en demande pas beaucoup, juste un minimum!).
Martin Lamoureux, Québec
27 octobre 2009
Prenant le risque de me répéter. Le seul remède qui permettra de revenir à des budgets équilibrés, suivis de budgets excédentaires, c'est l'emploi. Alors comment créer des emplois réels et non pas des emplois subventionnés comme c'est le cas actuellement ? Eh bien, c'est très simple, il faut commencer par produire un inventaire exhaustif de nos ressources, ce qui inclus les entreprises, la main d'oeuvre en emploi et toutes celles et ceux qui pourraient éventuellement occuper un poste (ce qui signifie qu'il faut prendre en compte toutes celles et ceux qui ne sont pas dans la statistique). Au terme de cet inventaire nous pourrons établir nos points forts. Ceux sur lesquels on doit poursuivre le développement. C'est par l'identification de nos points faibles que nous générerons les emplois du futur et d'un futur proche, par l'élimination progressive de ces faiblesses.
Ainsi, on s'apercevrait peut-être que nous n'avons pour ainsi dire plus d'industrie textile, nous ne produisons plus de souliers et nos créateurs disposent de moyens très limités. Il ne faut pas bien sûr reproduire les modèles du 19ième siècle. Et c'est là que la technologie, la créativités deviennent des matières importantes et ce sont encore d'autres emplois à créer. Il faut apprendre à travailler autrement, intégrer le travail à la vie de tous les jours et se plaire à le partager. Ce qui signifie une société plus engagée et plus ludique. Travailler devient très intéressant lorsque c'est amusant.
Dans cette optique, il faut réduire la dépendance des citoyens vis à vis de tous les appareils d'état. Il faut surtout, puisque l'économie est politique, retourner la démocratie vers ceux à qui elle appartient : les citoyens. Voici un modeste aperçu de ce qui devrait d'être fait. Du point de vu de la psychologie le premier exercice que nous devions tous exploiter, c'est d'oeuvrer toujours et encore sur l'estime de soi. C'est la clef du succès, celle qui rendra les gens plus « écots » responsables.
Serge Drouginsky, LeMoyne
27 octobre 2009
Bravo, monieur Fillion ; avec élégance et fermeté, vous l' avez ébranlé, le ministre Bachand...Vous lui avez dit les vraies choses au sujet de sa comparaison avec l'Ontario...
Ils sont bien beaux, ses petits cartons qu' il ne cesse de brandir avec sa petite leçon toute bien apprise...mais là, le visage lui est tombé, vous l' avez touché et déstabilisé...
Et puis, pour regarnir ses coffres, il devrait couper dans les folles dépenses au gouvernement, saisir quelques bateaux de "mafiosos" (après tout ça provient de nos taxes). Le contribuable n' est plus capable de payer,il est étouffé par les augmentations de toutes sortes, il a déjà coupé partout où il était possible de le faire. C' est au tour du gouvernement maintenant de faire ses coupures, de cesser le gaspillage, qu' il administre comme une entreprise privée, il va en trouver de l' argent.
H.- C. Robert, Mauricie

















