22 octobre 2009
Les pâles discours en vue de Copenhague
Il est de bon ton que de s'annoncer en faveur d'une croissance verte et d'une reprise basée sur le développement durable. Certains acteurs joignent la parole aux actes. Pour d'autres, c'est une carte marketing. Chose certaine, à l'approche du Sommet de Copenhague, il n'est pas très clair que les pays de la planète sont sérieux dans leur conviction de réduire les émissions de GES.
En fait, ce qu'on sent, c'est que de nombreuses entreprises sont prêtes à agir. Les administrations locales, municipales, régionales et des entités comme des provinces au Canada et des États chez nos voisins du sud adoptent des actions précises.
Québec tient d'ailleurs ces jours-ci une consultation pour fixer des cibles de réduction des gaz à effet de serre pour la période 2012-2020. Les écologistes sont d'avis que le gouvernement Charest n'est pas assez ambitieux. Mais, au moins, à Québec, on parle d'environnement.
Le problème, c'est que les chefs d'État et de gouvernement, ceux qui sont là pour établir des paramètres, hésitent et papotent. Ils font un pas en avant, deux de recul, quelques-uns de côté, si bien qu'on a l'impression aujourd'hui que le Sommet prévu à Copenhague en décembre s'annonce décevant.
Cascades, les patrons et la Chine
Récemment, plus de 600 entreprises ont signé un document enjoignant les chefs de la planète à conclure une entente à Copenhague en décembre pour faire suite au Protocole de Kyoto. Bombardier et Cascades sont au nombre de ces entreprises qui veulent des cibles précises et claires.
Selon Hélène Lauzon, présidente du Conseil patronal de l'environnement, les entreprises ont besoin de connaître les coûts associés à la réduction des gaz à effet de serre. C'est une question financière et comptable. Et environnementale...
Louis-Gilles Francoeur, journaliste qui suit les dossiers environnementaux depuis 30 ans au Devoir, écrivait dans son journal le 13 octobre dernier que la société Cascades était aujourd'hui « une référence dans ce domaine avec une gestion exemplaire de ses déchets et de son énergie, et maintenant avec des produits verts ».
L'entreprise a d'ailleurs inauguré, il y a quelques jours, une première usine dite verte à Lachute dans les Laurentides. Il s'agit en fait d'un agrandissement important de l'usine de papier tissu de Lachute, un projet qui a nécessité un investissement de 15 millions de dollars. Cascades a obtenu la certification LEED dans la catégorie Nouvelle construction, une certification qui reconnaît les bâtiments respectueux de l'environnement.
Très bien. Il est facile de citer Cascades. Il est assez simple de dire qu'on veut des cibles précises. Mais je reviens à mon propos de départ: que se passera-t-il à Copenhague en décembre prochain alors que les pays se réunissent dans le but de conclure un nouvel accord pour faire suite au Protocole de Kyoto? On a sérieusement l'impression que les dirigeants mondiaux travaillent sur des sorties de secours.
La Chine, première productrice de gaz à effet de serre du monde, se dit prête à collaborer, mais maintient que les «pollueurs historiques» doivent assumer une plus grande part de responsabilité. Et Pékin ne veut pas d'engagements précis et contraignants.
Est-ce qu'un accord peut être conclu et être efficace si la Chine n'est pas contrainte à des cibles précises? Va-t-on conclure une entente à géométrie variable pour accommoder tout le monde, quitte à réduire la portée de l'accord sur les émissions de gaz à effet de serre?
Et que va-t-on faire de l'accord de Kyoto, que plusieurs dizaines de pays ont signé et qui doit s'appliquer depuis 2008? Est-ce que le Canada devra payer des pénalités, lui qui est très loin de tous ses objectifs?
Alain Juppé, les solutions et vous...
S'il est difficile d'imaginer que la réduction de gaz à effet de serre n'aura pas d'impacts économiques, il n'en demeure pas moins qu'il faut se pencher sur des solutions. Le premier ministre du Canada Stephen Harper pense avoir trouvé une recette miracle en misant sur le captage et le stockage du dioxyde de carbone dans les projets de sables bitumineux en Alberta. Mais la technologie n'est pas encore éprouvée et les détracteurs affirment qu'on balaie nos problèmes dans la cour des générations futures.
D'autres n'attendent pas et agissent. Le maire de Bordeaux Alain Juppé était de passage au Québec dans les derniers jours pour attirer les gens chez lui en mettant en valeur les actions concrètes adoptées par sa ville depuis une décennie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, tout en stimulant une économie verte.
Bordeaux a réduit de 30 % la circulation automobile au centre-ville grâce à un système efficace de tramways, en fermant des rues et en développant un réseau de vélos en libre-service. Quantité d'autres actions ont été adoptées pour économiser l'énergie, préserver l'eau et diminuer les déchets. Bordeaux veut diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050.
Mais, voilà, au-delà des actions que vous pouvez adopter au quotidien pour réduire votre empreinte écologique, et de celles que peuvent prendre les municipalités et les entreprises, il faut des guides, des cadres larges et englobants. Va-t-on y arriver?
Regardez RDI en direct sur l'économie, animée par Gérald Fillion
Retrouvez Gérald Fillion au Téléjournal (à 21 h HE à RDI et 22 h HE à la Première Chaîne), au Téléjournal Montréal (18 h HE), dans les les téléjournaux de plusieurs stations du réseau et à RDI (16 h 15, 17 h 15 et 18 h 30). On peut aussi l'entendre à la radio, à L'heure des comptes et dans les émissions du retour à la maison partout au pays.
27 octobre 2009
Bonjour,
Le seul moyen de réduire notre impact sur l'environnement est la décroissance économique ET pensez+agir différent. Le développement durable est une façon gracieuse d'étirer le système actuel, point.
Je vous invite à consulter le site suivant (fort intéressant) sur comment aborder la décroissance économique (inévitable):
http://www.decroissance.org
Et si vous voulez avoir des informations et des chiffres qui ne peuvent mentir sur l'état de notre planète, voir aussi le site suivant:
http://www.terresacree.org
L'autre problème fondamental, c'est la notion de l'argent, notre relation avec cette dernière et comment cet outil, moyen d'échange, qui devait être à notre service est devenu Dieu tout puissant, même que nous en sommes complètement intoxiqués, aveuglés et devenus esclaves du système.
Voilà dans quel bordel nous vivons et voilà le constat d'un système économique qui tirera à sa fin dans les prochaines décénnies.
Car en dépit de l'illusion de la reprise et de l'illusion de la croissance infinie. En faisant nos propres recherches, nous savons tous que ce système tire à sa fin et qu'un nouveau monde est en train d'émerger silencieusement (juste pour vous donner une petite idée):
http://www.youtube.com/watch?v=N1fiubmOqH4
Merci!
Yan Fortin, Lachine
26 octobre 2009
Tant que les intérêts individuels seront légitimés de s'imposer sur les intérêts collectifs il n'y aura aucune issu. Les politiciens gouvernent aux sondages populaires, une télé-réalité intrinsèque, et n'ont aucune vision d'une société d'avant-garde. Ils n'ont pas vraiment essayé de proposé autre chose que ce qu'ils ont entendu répéter par d'autre et qui n'est que la même recette fade et peu nourrissante de leur ignorance.
Alors, où est ce meneur qui nous guidera vers la terre promise?
Nourrir, éduquer, et satisfaire les besoins de base et de développement de 7 milliards d'être humain n'est pas une simple tâche. Nous ne sommes pas encore foutus de le faire dans notre quartier.
Nous sommes submerger par les faits et rien ne semble pouvoir nous secouer de notre torpeur.
La captation des gaz carboniques est puérile. S'il n'y avait que les gaz carboniques qui nuisait à l'environnement cela irait, mais que fait-on des dizaines d'autre polluant que la combustion d'énergie fossile produit? . La combustion génère du NO, du NO2, du CO, du CO2 et des particules. La combustion peut également émettre des hydrocarbures gazeux, des vapeurs et des particules organiques. Des impuretés telles que les métaux, les mercaptans, les oxydes de souffre et d'autres particules peuvent être émises. De nombreuses particules sont grosses et se déposent donc rapidement, mais les particules inférieures au micron restent longtemps suspendues dans l'air.
Capter le CO2? Pourquoi pas simplement le parfumer? Ce serait aussi pratique.
20% du parc automobile produit 80% des méfaits atmosphérique. Pourquoi ne pas d'abord cibler la part du lion? .
C'est probablement la même chose pour l'industrie. C'est à dire un petit nombre d'entre elle produisent probablement la majeur parti des irritants.
Les sables bitumineux sont certainement en haut de la liste des mauvais joueurs.
Que fait-on, on les subventionne!!!!
Y a des jours ou je me dis qu'on est tellement enfoncer dans la forêt que plus personne ne sait par ou est la sortie.
Jean Santerre, Blainville
25 octobre 2009
désespérant. comme d 'habitude on vafaire eton va parler beaucoup et on fera rien
Tout vabien ici on estheureux même d'être traités commes des idiots
Stephane Dulieu, Longueuil
25 octobre 2009
Faut pas s'attendre à grand chose de se sommet apart des promesses.
Ce n'est pas le canada qui va respecter ses dires encore car l'intérêt du 1er ministre est le profit de pétolières.
Enfouir le carbone estridicule, la taxes sur le carbone est une licence pour polluer encore plus sans que les compagnies réduisent les gaz à effets de serre: une vrai farce!!!
Il y a un déversement de 2,000 barils par jours près de l'Australie dans la mer du Timor et qui pollu une surface de 15,000 klm carré.
Personne ne semble s'en préoccuper, on entend rien et la presse n'en parle pas non plus.
Le jour ou cette marrée noir aboutira sur les plages en Autralie, on en parlera peut-être!
Naturellement les gouvernements vont taxer les contribuables encore pour dire qu'ils ont à coeur l'environnement mais d'autres parts ils vont permettre aux industries de poluer en plus de les subventionner avec nos taxes.
Les lois cohersitives sont les seules solutions pour arrêter cette déterrioration de notre habitat...
Richard Denis, Montreal
25 octobre 2009
Bonjour à tous!Malheureusement,notre premier ministre Harper y va dans le sens des pétrolières.Injection dans le sous-sol du CO2 produit par l'extraction du bitume des sables démontre clairement l'inconscience voire la malhonnêteté envers le peuple Canadiens de mesure environnementale qui n'en sont pas.Donc,Copenhague est pour le Peuple Canadien une occasion en OR pour devenir leader mondial en prduction d'énergies Vertes!À la place,ce sera une gifle national avec l'annonce de cet injection souterraine qui,j'en suis persuadé,est fait par ces mêmes pompeux de bouettes qui encore une fois en auront plein les poches et le Nord de l'Alberta et de la Sask. sera complètement saccager.De plus,soyez assurez que c'est nous qui paieront le Bill!Alors,réfléchissons donc un peu.
Yves Filiatrault, Ste-Véronique
24 octobre 2009
L' etre humain a plus tendance a parler que d' agir !!
S' il y a urgence pourquoi ne pas s' attaquer au nombre de voitures presentement en circulation en taxant "drastiquement" tous ces vehicules roulants (consommant du petrole)lors de leur achat en fonction de leur degre d'utilite pour la societe.
Nous pourrions aussi taxer tout aussi drastiquement les asssurances (SAQ) et le renouvellement annuel des plaques.
Nous pourrions encore taxer davantage et encore plus drastiquement le petrole que l' on achete pour "nourrir" ces memes vehicules.
Je suis certain que des changements dans nos habitudes de vie doivent etre imposes par la fiscalite de nos gouvernements.
Ainsi, toutes ces taxes drastiques sur les vehicules roulant au petrole rendraient le prix d' achat d' un tel vehicule tout a fait exorbitant, ce qui forcerait le consommateur a reflechir avant d' acheter son nouveau vehicule.
En contrepartie de cette fiscalite imposee pour reduire en permanence le nombre de vehicules sur nos routes, le transport en commun (metro, bus, tramway) devrait etre entierement gratuit. 24/7 sur tout le territoire urbain.
En reduisant le nombre de vehicule sur nos routes on evite l' expansion du systeme routier (autoroute, ponts) . Nous pourrions avoir une loi specifiant un "gel" dans l' expansion du systeme routier et autres infrastructures de facon a privilegier les centres urbains.
Je crois qu' une certaine "dictature" decisionnelle de la part de nos gouvernements s' impose pour changer nos habitudes. Autrement nous n'y arriverons pas.
Jean Couture, GATINEAU
24 octobre 2009
Voilà la preuve du bien pâle intérêt qu'inspirent les bouleversements climatiques. Quand des sujets comme les tours en bateau sur le yacht d'entrepreneurs en construction ou des allégations de corruption suscitent des centaines de commentaires en quelques heures, un carnet qui aborde le fond du dossier sur les mesures à prendre pour "sauver"? la vie sur la planète, n'a récolté que trois commentaires (dont le mien) en trois jours. J'imagine que quand on sera tout à fait dans la mouise, on ira toutes et tous se réfugier sur le yacht de Tony Accurso avec un couple de chaque espèce d'animaux. Un couple des espèces qui auront réussi à survivre, bien sûr.
Pierrette Briand, montréal
24 octobre 2009
Le développement durable est un oxymore, une antinomie. Le développement intègre la croissance économique, et la croissance économique implique par définition une croissance de la consommation.
Or, il se trouve que la croissance économique n'est pas durable dans un monde fini, limité. La croissance exprimée en pourcentage étant une fonction exponentielle, même une croissance annuelle aussi "innocente" que 2% mène à une multipication par 2 après 35 ans, et par 128 après un peu plus de 200 ans. Pouvons-nous augmenter la consommation mondiale par 128? La réponse est, bien évidemment, NON; ni même par 2.
Il se trouve donc qu'il n'existe pas de développement durable, pas plus qu'il n'existe de guerre propre ou de capitalisme vert. La seule alternative réellement DURABLE est la décroissance.
Je vous invite à lire ce texte de Serge Latouche intitulé "L'imposture du développement durable ou les habits neufs du développement", publié dans la revue Mondes en développement en 2003:
http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=MED_121_0023
Nicolas Lamont, Gatineau
23 octobre 2009
Le gros bon sens demeure irrationnel et illusoire pour la majorité des gens, nous n'avons qu'a regarder comment le monde, notre pays et province qui ce retrouvent gouvernés par des grands incompétants qui ne pensent qu'a leurs besoins de pouvoirs et qui n'agissent bien plus souvent qu'autrement que quand le mal est fait ou encore cède leurs places aux autres incompétants qui disent c'est pas notre erreure(nos erreures) Non c'est l'ignorance de la masse et sa stupidité qui nous amène au cumulatif qui demeure toujours année après année le chaos mondial que dire de plus...
Sylvio Blanchet, Québec
22 octobre 2009
J'y vais d'un exemple pour illustrer mon propos. Il n'y a pas 5 personnes (que dis-je, 3) dans mon entourage (qui comprend beaucoup d'écologistes) qui sont prêtes à renoncer à l'avion, et encore moins à l'automobile. J'habite à Montréal depuis plus de 60 ans et j'observe le ciel à tous les jours depuis plusieurs mois. Pas UN SEUL jour de ciel complètement dégagé. À mesure que la journée avance et que le trafic aérien augmente, un film de vapeur d'eau et d'hydrocarbures (facile à voir) s'interpose et diffracte la lumière du soleil. Résultat: un ensoleillement réduit ou un assombrissement global qui se traduit par un immense soleil blanc éblouissant et un déficit de lumière qui nuit directement à la vie végétale et animale. Les pollinisateurs et autres insectes, par exemple, sont aveuglés, s'égarent et s'épuisent. Les arbres sont tous malades et affaiblis autour de chez moi. On peut présumer aussi que ce manque de lumière concourt à la dépression et à beaucoup d'autres troubles. Pourtant, il n'est pas et n'a jamais été question d'arrêter de prendre l'avion. C'est même l'un des mythes les plus forts de notre société, une des activités les plus excitantes et les plus valorisées, une liberté individuelle dont on ne saurait se passer (il suffit d'avoir de l'argent). Je crois que nous ignorons où nous en sommes déjà en termes de bouleversements du climat et de systèmes de support de la vie et que personne ne sait ce qu'il conviendrait de "faire" ou de "ne pas faire". Sans compter que 7 milliards d'êtres humains, "gérés" par des milliers de systèmes politiques différents, ne vont pas se revirer sur un 10 sous. Pour voir le trafic aérien mondial en une seule journée http://www.youtube.com/watch?v=BMselR9YrHA.
Pierrette Briand, Montréal
22 octobre 2009
Félicitations d'abord pour vos récentes distinctions. Vous contribuez à montrer que la science économique est compréhensible par chacun d'entre nous et qu'il est possible de progresser dans cette direction.
Revenons au sujet du jour et sur un possible (mais pas certain) « Protocole (ou accord) de Copenhague ». Ce qui ressort, c'est l'analyse suivant laquelle la cause première des changements climatiques serait due aux diverses formes d'Émissions de Gaz à Effet de Serre (DES). Se pourrait-il qu'il y ait d'autres choses qui soient à la l'origine des changements ? – La semaine passée, j'abordais la destruction des écosystèmes. C'est aussi grave (et pour moi plus) que la pollution. Je mentionnerais aujourd'hui : la population. Il y a cent ans, la population du monde était de l'ordre de 1750 millions d'habitants, En 2015, nous devrions être plus de 7 milliards. Je veux bien vendre mon automobile, ne plus regarder la télévision, cesser de jouer avec Internet et éteindre toute ampoule électrique après le coucher du soleil. Vais-je lutter efficacement contre les changements climatiques ? Lorsque tout être vivant est un pollueur (direct ou indirect). Pouvons-nous consommer, polluer, faire croître la population, éliminer la famine, parvenir à l'autosuffisance alimentaire par le simple fait de produire des cibles contraignantes en matières d'émissions de GES ?
Essayons d'être un peu sérieux (si possible). Il faut une approche globale. Il faudrait une re-fondation des institutions du monde et il faudrait probablement abandonner cette sacro-sainte référence à la propriété privée sur laquelle est fondée toutes nos économies incluant les économies collectivistes.
C'est pourquoi dans le contexte actuel je reprends votre proposition comme étant la plus sage : « Va-t-on conclure une entente à géométrie variable pour accommoder tout le monde (...) ? »
En somme, oui ! Je croix qu'il faut accommoder tout le monde et poursuivre le dialogue.
Serge Drouginsky, LeMoyne

















