6 octobre 2009
Est-ce que l'Afrique aura sa chance?
Depuis quelques jours, je suis plongé dans la lecture de L'économie ne ment pas, de l'économiste français Guy Sorman, que nous allons bientôt recevoir à RDI Économie.
Dans une charge appuyée et enthousiaste en faveur de l'économie de marché, Guy Sorman écrit que « la plupart des pays pauvres sont engagés dans l'économie libérale avec un taux de croissance qui les rapproche des pays riches ».
Citant l'économiste indo-américain Jagdish Bhagwati, il ajoute qu'avec la mondialisation, « des peuples immenses se hissent hors de la misère ». Selon lui, il « reste l'Afrique, partie la dernière, mais pour qui la croissance aussi est le seul avenir souhaitable et possible. »
Les derniers ne sont pas les premiers, loin de là...
Force est de constater que les promesses du libre marché et de la mondialisation ne se répercutent pas sur le niveau et la qualité de vie des Africains. Dans le dernier rapport sur le développement humain des Nations unies, les pays riches occupent le haut du classement, et l'Afrique tout entière est en queue de peloton. En fait, 30 des 32 derniers pays d'une liste de 182 pays sont en Afrique.
Le Niger est au dernier rang. Un enfant qui vient au monde dans ce pays d'Afrique de l'Ouest peut espérer vivre 50 ans. C'est 30 ans de moins qu'au Canada et qu'en Norvège. Le Niger produit de l'uranium et du charbon, mais ses habitants crèvent de faim.
On pourrait faire une liste interminable des malheurs qui affligent l'Afrique, ne serait-ce que de rappeler qu'il y a aujourd'hui 1 milliard d'humains affamés dans le monde. L'Afrique demeure l'oubliée du monde, sauf pour ses ressources, qui bien souvent ne profitent pas aux Africains eux-mêmes. La crise alimentaire se poursuit, la crise financière a fait des ravages.
Selon le Centre du commerce international, la valeur des exportations des 49 pays les plus pauvres a chuté de plus de 43,8 % au cours des six premiers mois de l'année. Les volumes sont demeurés stables, mais les prix ont chuté. La baisse des cours du pétrole a particulièrement touché les pays producteurs. Dans les pays d'Afrique subsaharienne, la chute est plus brutale encore: 48,6 %. Parmi les clients de l'Afrique, les importations du Brésil et de la Chine ont baissé de 58 %.
Selon l'ONU, les Africains gagnent à quitter leur pays. Ils gagnent mieux leur vie ailleurs et peuvent envoyer davantage d'argent à leur famille.
La croissance de l'Afrique subsaharienne sera de 1 % cette année, contre 5,25 % en 2008, selon le FMI. La croissance devrait revenir à 4 % et 5 % en 2010 et 2011.
Forum Africa à Montréal
Montréal accueille ces jours-ci le Forum Africa, un lieu de rencontre pour des gens d'affaires qui veulent investir en Afrique. L'invité de marque est Alpha Oumar Konaré, ancien président de la Commission de l'Union africaine et ancien président de la République du Mali.
Son message, c'est de nous dire que l'Afrique est une excellente occasion d'affaires. Et que les règles du jeu doivent permettre à l'Afrique d'avoir accès au marché mondial et non pas seulement d'être un comptoir de ressources à volonté pour les pays riches.
Selon Alpha Oumar Konaré, l'Afrique doit s'intégrer à l'économie mondiale, pas seulement en vertu d'une logique de marché, mais aussi par une prise en compte des préoccupations sociales.
Le Canada est un bon endroit pour lancer un tel message. Le Canada est le plus gros investisseur minier en Afrique, et de nombreuses entreprises d'ici vont en Afrique mettre sur pied de nouvelles infrastructures. Le réaménagement récent des interventions canadiennes en Afrique cible davantage les régions d'intérêt économique pour Ottawa que les besoins humanitaires.
Ainsi, le Canada vient de tripler son appui à la Banque africaine de développement pour favoriser les investissements miniers et ceux effectués dans les infrastructures.
Solutions?
Tout est à faire encore en Afrique. Il ne suffit pas de laisser l'entreprise privée étrangère venir développer les mines et bâtir des infrastructures. Il faut donner la parole aux Africains et des moyens pour vivre de façon décente. Quelles sont donc les solutions?
- Un siège au G20?
- Un accès sans condition à l'aide humanitaire, sans demande de remboursement?
- Un accès plus grand, et avec des conditions modérées, au crédit?
- L'annulation des dettes de certains pays? En Côte d'Ivoire, le tiers du budget va à la dette.
- Des politiques assurant la souveraineté alimentaire?
Regardez RDI en direct sur l'économie, animée par Gérald Fillion
Retrouvez Gérald Fillion au Téléjournal (à 21 h HE à RDI et 22 h HE à la Première Chaîne), au Téléjournal Montréal (18 h HE), dans les les téléjournaux de plusieurs stations du réseau et à RDI (16 h 15, 17 h 15 et 18 h 30). On peut aussi l'entendre à la radio, à L'heure des comptes et dans les émissions du retour à la maison partout au pays.
9 octobre 2009
SI,il aura sa chance.
1.-S'il n'y a plus de massacre entre groupes ethnics
2.-S'il n'y a plus de dictateur,mais un chef d'Etat dûment élu par son peuple
3.-S'il n'est plus un comptoir de ressource à volonté pour les compagnies étrangères,qui s'enrichissent au dépend de l'Afrique
4.-Si les Africains participent à l'économie du marché et ont un moyen pour vivre décemment.
5.-Si les Africains cultivent eux-mêmes leurs produits alimentaires,sans dépendre d'aucune aide exterieur
6.-S'ils ont des conditions modérées de crédit
7.-Toute la dette,au complet,doit être annulée.On doit repartir à zéro auXXI siècle.
Si ces conditions et d'autres,comme la corruption, ne sont pas respectées,les Africains vont s'enliser encore davantage dans le bourbier de l'anarchie ,de la corruption et ainsi de suite.
Mais il y a un Dieu pour tout le monde.
Ani Kassabian, Montreal
9 octobre 2009
J'aimerais dire BRAVO à Sidibe Alex de la Cote d'Ivoir pour son commentaire!!! Voilà probablement le choix de certains pays d'Afrique. Remarquez ce qu'il a dit: Nous sommes pauvres mais nous sommes heureux... Car les gens là-bas sont heureux avec ce qu'ils ont, avec le suffisant.
Nous, pays occidentaux, nous sommes malheureux avec tout le matériel inutile, gadgets, surplus de matériel, sur-abondance, suicide, indifférence, etc. Nous voyons des psychologues, sommes sur les pilules, médicaments, etc. nous sommes obèses et complètement endormis.
SVP pays occidentaux, n'allons pas imposer notre modèle économique aux pays d'Afrique au nom du développement économique. On dit que l'Afrique est corrompue, probablement. Mais comparer l'Afrique selon nos critères de mesures est drôlement erroné. Tout est relatif dans la vie.
Par exemple, des Africains ont peut-être des petites maisons très modestes mais au moins, ils n'ont fort probablement pas d'hypothèque et de banques à leur trousse ou enterré de dettes personnelles.
Je ne dis pas que l'Afrique est parfaite comme elle est maintenant. Mais je trouve dommage de tapisser une façon de faire unique à la planète.
On sait TRÈS BIEN que notre modèle économique tire à sa fin (inéluctable) et que de grandes transformations sont à nos portes. C'est une question de temps...
Désolé d'avoir l'air de me défouler...
Yan Fortin, Lachine
8 octobre 2009
La stabilité politique, des lois et des institutions solide, voilà ce qui manque à ces pays et que nous avons reçu de notre mère patrie l'Angleterre. Bien des gens oublie cette réalité depuis longtemps, nous sommes prévilégié.
Yves Laquerre, Mirabel
8 octobre 2009
Bonjour,
J'ai eu le privilège de travailler en Afrique à plusieurs occasions dans différents pays. L'Afrique est un continent très riche mais si désorganisée qu'elle appelle au découragement. L'Occident a permis à l'Afrique de toucher des sommes considérables d'argent. C'est la corruption qui engendre la faiblesse de toutes les institutions africaines qui cause son sous-sous-développement. Il y a les corrompus au pouvoir et les corrompus qui anticipent le pouvoir, la relève est assurée. J'ai songé que l'arrivée des Chinois dans cette partie du monde allait faire une différence, que les Asiatiques travailleraient autrement que les Européens et les Américains du nord mais je ne sais plus quoi penser. À moins que le reste de la Planète prenne la chose vraiment au sérieuse et en fasse une priorité absolue, l'Afrique ne sortira malheureusement jamais de cette terrible misère.
Gaston Langlais - Gaspé.
Gaston Langlais, Gaspé
8 octobre 2009
M. Fillion, je ne veux pas jouer les trouble-fêtes, mais je suis en désaccord avec les solutions proposées.
Premièrement, en ce qui concerne « l'effacement de la dette africaine », sachez qu'une dette, ca ne s'efface pas. On ne peut que la transformer en perte pour le créancier. Ce n'est qu'un transfert de problème vers d'autres pays ou bien d'autres personnes. Certes, je conviens que les pays africains en bénéficieraient à court-terme, seulement à court terme.
Vous voulez vraiment aider l'entièreté des pays africains, opposez-vous au protectionnisme alimentaire dont font preuve les économies occidentales et européennes. Laisser les produits arriver sur nos tablettes et ce, aux mêmes conditions que ceux de chez-nous. De cette façon, les africains pourront s'enrichir progressivement et ainsi améliorer leur niveau de vie. Le problème est l'hypocrisie occidentale; d'un coté, nous gaspillons des sommes énormes en supposée-aide humanitaire et de l'autre, nous leur fermons nos frontières pour à peu près tout ce qu'ils produisent.
L'instabilité politique et la forte corruption empêchent également des compagnies d'aller investir dans plusieurs de ces pays sauf pour enrichir cette même corruption. Ce n'est qu'une forme un peu plus vulgaire du corporatisme déguisé que nous appliquons au Canada – et que plusieurs confondent avec du libre-marché. <
Le libre-marché fonctionne si on l'applique correctement. Donnons aux africains la chance d'en profiter comme nous aussi nous en avons profité il y a 100 ans.
Jacques Marceau, Ottawa
7 octobre 2009
de toute les façon les suicidaires ,les déprimées il n'y en a pas sa chez nous. même si nous sommes pauvres ,nous sommes tres heureux.L'or les autres richesses de l'Afrique c peut êtres vous qui voyer sa comme richesse si non la vrai richesse c la liberté
sidibe alex, cote divoir
7 octobre 2009
Votre article est assez intéressant en ce sens qu'il touche de doit les problèmes qui empêchent l'Afrique de connaitre un développement économique digne de ce nom. Mais je dois dire que les solutions que vous avez proposé sont très incomplètes. Je dois dire même que certaines ne constituent pas de solutions; l'aide humanitaire et un siège au G20 par exemple. Faire recours à une aide humanitaire est en substance un signe de faiblesse dans le développement économique; aussi à quoi bon d'avoir un siège au G20 si on n'a pas une force de décision oubien si on dépend des autres pays? Je pense que des solutions durables pour que l'Afrique connaisse un développement économique profitable pour les africains existent. Il faut d'abord commencer par une bonne gouvernance, des gouvernements légitimes et compétents, et des règles institutionnelles très fortes. Avec ces mesures, il est possible de réduire la corruption qui gangrène l'Afrique et qui freine le développement. Parfois on est sidéré quand on apprend la quantité d'argent que génèrent les ressources minières d'Afrique, mais à la plus grande surprise rien de concret ne se voit sur le terrain et tout ceci à cause de la corruption et de la mauvaise gouvernance.
NOUHOU Jangorzo, Rennes
7 octobre 2009
Mr Sorman est bien placé en tant que français pour expliquer pourquoi 1 partie de l'Afrique au moins n'a "toujours pas sa chance". A supposer que les richesses doivent permettre d'améliorer les conditions de vie des populations, la françafrique, système organisé par la France pour le pillage de certains pays d'Afrique s'efforce de les détourner à son profit, par tous les moyens (élections truquées, coups d'état, corruption organisée depuis les pays occidentaux), ce qui compromet le "développement" QUEL QUE SOIENT LES REVENUS DU PAYS! Mais l'Afrique en général refuse 1 système qui met en son coeur la culture marchande, soit la non culture qui constitue la base de qui est appelé "le développement". Nous en approfondirons + tard.
Silas Boum, Toronto
7 octobre 2009
À mon humble avis et ce n'est pas souhaitable,malheureusement non.L'économie comptenporaine et destructrice doit cesser.Le siffonnage de tout les ressources naturelles par ces barbares(Canada inclu)va continué de détruire l'Afrique.L'économie Verte ne semble pas plaire à ces invidus et pourtant,elle est superement viable pour tous.C'est peut-être ça qui les dérangent....
Yves Filiatrault, Ste-Véronique
7 octobre 2009
Suite: Pourquoi les mines sont-elles si importantes? Il faut savoir que les pierres précieuses représentent une source de revenus appréciables pour certains dirigeants étrangers. Les chefs d'états étrangers promettent une aide militaire aux dirigeants africains en cas d'insurrection ou de tentative de putch. En échange, on se fait payer avec des valises de pierres précieuses qui sont écoulées dans un marché noir, sale. Quand vient le temps des élections, on fait le tour des pays africains pour se procurer des valises qui rapportent du fric. Et avec cet argent sale, on remporte les élections et on se maintient au pouvoir. Les bagages des chefs d'État ne sont jamais inspectés aux douanes, dans les aéroports. Un jour, j'en dévoilerai plus. Les gens qui font partie du FMI, le fonds monétaire international sont tous au courant de cette magouille, de la corruption.
L'argent devrait être donné à des organismes à but non lucratif seulement. Autrement les populations africaines en voient rarement la couleur.
Jean Lespérance, Montréal Québec
7 octobre 2009
L'Afrique (et les Africains) sont depuis toujours le douleurama du reste du monde. Tout pour une douleur. Si vous regardez la carte des lumières sur la planète la nuit, vous verrez que l'Afrique est très noire. Pillée à mort, ce continent n'a jamais "profité" du développement, sauf pour servir de magasin de ressources à toutes les économies colonisatrices énergivores et sans coeur qui ont trouvé les moyens de l'exploiter. Je pense que c'est peut-être parce que les peuples de l'Afrique ont des valeurs communautaires que le monde capitaliste a effacé de nos vies en nous convaincant par la force que nos "âmes" n'étaient bonnes qu'à être achetées ou vendues. Vous demandez "Est-ce que l'Afrique aura sa chance?" Sa chance de quoi? De devenir aussi profiteuse que nous? Je ne crois pas.
Pierrette Briand, Montréal
7 octobre 2009
Ce qui empêche l'Afrique de progresser, c'est la corruption. Des hauts fonctionnaires africains émigrés au Québec nous l'affirment, nous l'expliquent et nous en donnent des exemples. La plus grande part de responsabilité revient à la France qui accueille les chefs d'états déchus qui partent avec la caisse de l'état. Presque toujours ils ne partent pas tout seuls, c'est tout un groupe qui part dont certains peuvent même se retrouver au Canada. Les pays dit civilisés sont hypocrites, feignent l'ignorance et adoptent des politiques de Ponce Pilate. Si certains osaient montrer du doigt la France, ils se feraient accuser également car presque tous exploitent les pays africains. Les mines sont un objet de pouvoir et de corruption car c'est avec les mines qu'on va chercher l'aide étrangère. Pourquoi les mines sont-elles si importantes? Voir: suite
Jean Lespérance, Montréal Québec
6 octobre 2009
Bonjour,
À l'âge de 18 ans j'ai eu l'occasion de vivre au Rwanda et par la suite je me suis intéressé et impliqué à promouvoir la rencontre entre l'Afrique et le Québec. Je tente de sensibiliser les employeurs et investisseurs à regarder vers l'Afrique. La RDC, par exemple, a un potentiel de développement économique presque égal à celui du Canada. Cependant, c'est la guerre et la famine qui y règnent dans certaines région. Je compare le continent africain au Far West qui a donné naissance aux USA il y a une centaine d'années. Les africains veulent devenir les États-Unis de demain et ils apprennent rapidement. En cinquante ans la population de l'Afrique est passée de l'âge archaique à celui du cellulaire.
La pauvreté et la corruption présentent un risque pour les investisseurs qui désirent s'implanter en Afrique. Dès rendements sans risque est-ce que ça existe ? Des milliers d'investisseurs se sont fait flouer en Amérique avec des produits à rendement garanti. Les voleurs aiment beaucoup établir un climat de confiance.
De plus, il est intéressant d'apprendre à connaître les cultures de l'Afrique et de vivre ses rythmes présents depuis des milliers et des milliers d'années.
Découvrir l'Afrique c'est aussi faire l'expérience de comprendre comment l'Amérique vit dans la peur, la désinformation et les préjugés. C'est aussi un risque. L'Afrique est capable du meilleur comme du pire. C'est la vie en mouvement.
Eric FORTIN, ST-JOSEPH
6 octobre 2009
Monsieur Alpha Oumar Konare parle de transformation des matieres premieres de l'Afrique. Il fustige aussi le role d'exportateur de matieres premieres des pays africains dans le commerce international. Mais il sait en tant que ancien president que le developpement de l'Afrique passe par une consideration du volet enseignement et recherche scientifique. Que les dirigeants africains pensent a susciter l'excellence de leur systeme educatif. Personne, ni l'Inde, ni la turquie,ni le japon ne fera le developpement de l'Afrique a la place des africains. Mon Dieu, quel est ce Continent deja riche qui est depuis des decennies a la recherche de solutions magiques exterieures pour son developpement?
N'Goran Yao Jean, Ottawa
6 octobre 2009
Votre carnet est très intéressant!
Malheureusement la situation de l'Afrique ne changera pas.
De belles paroles, de beaux engagements des pays industrialisés mais l'exploitation des richesses de ce continent est un trésor pour l'occident.
Exploiter les richesses et rien pour le peuple!
C'est peut-être là ou nous allons ici avec des régimes de droite: tout pour la haute finance, les multi-nationnales et rien pour le peuple qui n'a pas fini de payer: taxes, santé, éducation et pour la privatisation de nos sociétés d'État!
La mondialisation ne fait pas que des gagnants au contraire car tout est nivelé pour le haut de la société.
Négliger les africains: une continuété!!!!
Richard Denis, montreal
6 octobre 2009
Dans quelques mois j'atteindrai l'âge pas encore canonique de 55 ans... L'un des premiers continent dont j'ai entendu parler dès mon premier âge, c'est précisément du continent africain. Comme j'ai toujours été un peu difficile dans mes préférences alimentaires, je n'ai cessé dès avant 4 ans de me faire dire par mes proches à l'heure du souper que si je ne terminais pas ce que j'avais dans l'assiette, j'étais mauvais parce que beaucoup de petits africains seraient heureux d'avoir ce qu'on me donnait. Avec le temps j'ai fini par tout avaler, j'ai laissé s'évanouir le petit blanc difficile que j'étais et je suis devenu depuis un demi-siècle « nègre » blanc : un africain d'Europe et de couleur blanche.
Ce que je constate, c'est que depuis un demi-siècle rien n'a changé et même c'est pire ! Je suis sûr que je ferais plaisir aux chefs de l'extrême droite française en disant que toutes proportions gardées, le colonialisme avait du bon. Que l'Afrique était en de meilleures mains jusque dans les années 60.
Vous prenez l'exemple de la Côte d'Ivoire, j'en parle d'autant plus volontiers qu'un de mes petits neveux est de père ivoirien. Ce fut longtemps la perle de l'Afrique, un pays où la plupart des gens avaient ce qu'il fallait pour être heureux. Où il faisait bon vivre. Croyez-vous que j'ai envi de vivre dans ce pays présentement ?
Vous soulignez que nos compagnies minières sont numéro un en Afrique pour l'investissement. Pourquoi nos compagnies minières investissent-elles ? – Parce qu'elles aiment ce continent ? Parce qu'elles aiment la population noire ? Parce qu'elles veulent développer ce continent ? Bien sûr pas ! Parce qu'il y a une source potentielle de profits alléchants.
Tant que nous ne changerons pas notre regard sur le monde, tant que nous ne deviendrons pas nous-mêmes symboliquement et « symbiotiquement » des africains, l'Afrique restera ce qu'elle est ! Je suis tellement sûr de ce que je dis que je vous donne rendez-vous pour mes 110 ans et sur ce même sujet nous deviserons.
Serge Drouginsky, LeMoyne
6 octobre 2009
J ai toujours pense que l Afrique du Sud etait membre du G20.
Non ? et pourquoi pas ?
De meilleures conditions de credit ? certainement
Deux GRANDS problemes en Afrique : ce n est pas le manque d investissement ou le manque de revenus
C est :
1) les GUERRES CIVILES entre Africains qui doivent cesser pour qu il y ait developpement economique et social : Charles Taylor, l ex president de l Ethiopie
2) la CORRUPTION avec IMPUNITE de leurs chefs : Mobutu, Bongo,
L Union Africaine doit declarer l Afrique TERRITOIRE SANS FORCES ARMEES et la VRAIE DEMOCRATIE .
Victor Nazaire, Ottawa
6 octobre 2009
Guy Sorman, l'ultra-libéral, voudrait que les sociétés évoluent sans la participation des citoyens. Selon cet auteur, l'économie mondiale est l'affaire des financiers et des économistes. Sa vision corporatiste nie au simple citoyen le droit de dire ce qu'il pense. D'une certaine façon, la démocratie est un régime gênant pour l'activité des affaires.
L'Afrique est sous la coupe des ultra-libéraux comme Guy Sorman, qui récitent leur catéchisme néo-libéral sans analyser les effets concrets des profiteurs qui saignent ces pays avec l'aide de politiciens corrompus. Guy Sorman ne parle pas de la corruption généralisée, de la souffrance des pauvres qui ont abandonné leurs cultures vivrières.
Vous aurez devant vous un beau causeur, j'espère que vous pourrez vous permettre de l'arrêter parfois dans son soliloque. Il aime plutôt le silence et la passivité des pauvres. Le bruit le dérange lorsqu'il récite son chapelet. Il aime plutôt s'écouter parler.
Il y a 40 ans, on disait que l'Afrique était mal partie. Aujourd'hui, le constat est plus navrant: pandémie du sida, malnutrition généralisée, petites élites corrompues, pays de non-droit, terra incognita. Voilà la vraie réalité.
Les solutions doivent être multiples. D'abord, revenir aux cultures vivrières pour que les peuples mangent. Deuxièmement, abolition de la dette étrangère pour les pays qui adoptent un régime démocratique. Troisièmement, nationalisation des produits miniers: or, argent, cobalt, uranium, cadmium, diamant, pétrole. Les pays arabes ont tous nationalisé leur pétrole. Pourquoi l'Afrique ne poserait-elle pas le même geste ? Finalement favoriser les échanges entre les pays en voie de développement sous forme de troc ?
Jean Archambault, Montréal













