24 septembre 2009
Lacroix: encore le sixième de la peine
Je dois commencer ce carnet en corrigeant une erreur que j'ai faite cette semaine, lorsque Vincent Lacroix a plaidé coupable à une mégafraude de plus de 100 millions de dollars.
Après avoir consulté des avocats criminalistes, j'ai dit que Vincent Lacroix ne pourrait pas, cette fois-ci, être libéré au sixième de sa peine puisqu'il avait déjà bénéficié de cette mesure expéditive et que la loi prévoit que cette mesure ne peut servir qu'une fois.
Mais une subtilité dans la loi avait échappé aux avocats que j'ai consultés... Et malgré une deuxième condamnation et malgré une deuxième peine fédérale (donc de plus de deux ans), Vincent Lacroix pourra être libéré au sixième de sa peine
Subtilités juridiques
La loi sur le système correctionnel et la mise en liberté des détenus prévoit que si on est condamné à une peine de plus de deux ans, pour une première fois, pour un crime non violent, et qu'on ne représente pas un danger pour la société, on est automatiquement libéré au sixième de la peine.
La loi ajoute que si on est condamné pour une deuxième peine de plus de deux ans, MAIS pour un crime commis AVANT la première peine (vous me suivez?), on a encore droit d'être libéré au sixième de la peine!
C'est exactement le cas de Vincent Lacroix.
Et comme il exprime soudainement des remords, la Commission nationale des libérations conditionnelles prendra ce facteur en considération tout comme le fait qu'il s'est conformé à toutes les conditions de sa remise en liberté (accordée en juin).
Bref, les investisseurs qui ont tout perdu dans le gouffre financier de Norbourg se sentiront floués une deuxième fois. Après l'incapacité de l'Autorité des marchés financiers (AMF) à prévenir ce scandale, l'indulgence du système carcéral continuera de les faire rager.
Isabelle Richer couvre la scène judiciaire depuis 1992. Au fil des ans, elle a apprivoisé et décodé ce milieu bien souvent hermétique. Elle a aussi contribué à le rendre plus compréhensible pour le public québécois.
Elle a suivi les procès les plus marquants et les plus significatifs de l'histoire judiciaire récente, notamment l'affaire Barnabé, le procès de Valéry Fabrikant, celui de Mario Bastien, les mégaprocès des Hells Angels et ceux des acteurs liés au scandale des commandites. Elle a couvert les procédures criminelles contre le chef de la mafia canadienne, Vito Rizzuto, à New York, les démêlés de Myriam Bédard avec la justice américaine et, plus récemment, le verdict au procès de l'ex-magnat de la presse Conrad Black à Chicago.
Dans ses reportages quotidiens, Isabelle Richer s'emploie à expliquer les enjeux en cause devant les tribunaux, qu'il s'agisse du suicide assisté, des récidivistes de l'alcool au volant, ou encore des libérations conditionnelles hâtives.
Elle a entrepris sa carrière de journaliste à TQS en 1987, après avoir obtenu un baccalauréat en études grecques de l'Université de Montréal. Onze ans plus tard, Isabelle Richer a fait le saut à Radio-Canada à l'émission d'affaires publiques La Facture. Elle y a travaillé de 1998 à 2000. En 2000, la salle des nouvelles de Radio-Canada l'a nommée correspondante au palais de justice, afin de profiter de son expertise dans le domaine de la justice.
Elle a travaillé à l'émission Justice pendant trois saisons. De plus, elle a fait des reportages pour l'émission Tout le monde en parlait, au printemps 2006.
Son expérience lui vaut d'être régulièrement invitée à titre de conférencière aux congrès du Barreau du Québec et à ceux des juges de la Cour du Québec et de la Cour supérieure du Québec. En 2004, elle a prononcé une conférence dans le cadre des Journées strasbourgeoises de l'Institut canadien d'études juridiques supérieures, à Strasbourg, en France.
9 octobre 2009
Bonjour Madame Richer.
Je lisais plusieurs de vos chroniques et sans étonnement, vous prenez le temps d'écrire aux internautes qui se questionnent ou écrivent leurs opinions.
On sait que vous êtes fidèles à nous les participants de votre carnet.
Sans vouloir déplaire à vos confrères , vous êtes la seule qui nous donnez suite à nos écrits et pour moi , participante, je me sens comprise et lue avec intérêt .
Bon week-end .
Claire Thibaudeau, Sherbrooke
7 octobre 2009
derriere ce criminel il doit se cacher une personne assez bien placée pour que ce criminel a cravatte s'en sorte aussi bien.le gouvernement ne se mele pas trop de cette histoire est-ce lui?
Michel Cote, Sorel-tracy
7 octobre 2009
Eh oui, j'ai passé vingt ans de ma vie à mettre mes économies au service du système. Le but étant qu'à l'âge de la retraite, je puisse être un poids beaucoup moins lourd à porter pour l'état et que je puisse jouir d'une retraite un peu plus doré. Personne ne m'a promis 20% de rendement et on ne m'a pas dit qu'il n'y avait aucun risque. Un rendement normal protégé par un système soit dis-en pensé pour parer à toutes les éventualitées. La réalité nous sera communiquer le 09 octobre 2009 lors du prononcé de la sentence du penseur et fraudeur Lacroix. Le pire, c'est qu'encore une fois, les investisseurs floués feront face à une réalité qui leur sautera au visage. Une justice tissé de laxisme et un recours collectif vide après le paiement des gérants du reste de la fraude norbougroise. Vivement le recours collectif pour mettre à jour la faillitte de notre système. Finalement, il ne restera que des miettes car le système a oublier les victimes. Comme le système a aussi oublier celle-ci lors de la composition de la chartre des droits et libertés... Plus de vingt (20) article protégeant les droits des accusés. Aucun article protégeant les victimes. Le monde en envers et vogue la galère.
Pierre Gravel, Sherbrooke
25 septembre 2009
Bravo M. Lacroix vous maitrisez à la perfection tous les moyens pour se sortir d'un situation en votre faveur.
Naturellement avec un système de justice dont nous avons vous êtes mort de rire. L'argent que vous avez caché vous fera vivre un retraite très très confortable. Après tout , 1/6 d'une peine bonbon, une lettre de poudre aux yeux , et voilà laisser venir à moi les millions. JAMAIS après 40 ans de travail , DANS LE DROIT CHEMIN , on ne pourra ramssser autant que vous. Vraiment intelligent le petit monsieur.
André Jean, St-Jérôme
25 septembre 2009
J'ai pleinement confiance dans le système de justice, sauf, parce qu'il y a un sauf, sur la pertinence de ces libérations hâtives. 14 ans, ça me semble correct comme peine, perdre 14 ans de notre vie, c'est plutôt long. Mais perdre 2 ans et demi pour une fraude de plusieurs millions (100) de dollard, quand on est soupçonné d'en avoir caché à plusieurs endroits, c'est plutôt douteux. Au sortir, il n'a qu'à se sauver et empocher le magot. Je comprends que la politique de libération vise surtout à réduire la surpopuation des prisons (n'essayez pas de me faire croire que c'est pour notre sûreté, c'est une insulte à l'intelligence), mais dans des situations où toute la lumières sur les crimes (ici pertes monétaires) n'ont pas été faites, pourrait-on exiger une peine complète? Si une pleine collaboration à l'enquête se fait et que tout l'argent est retracé, alors, il peut partir au sixième, sinon, qu'il réfléchisse jusqu'à ce qu'il parle ou finisse sa peine.
Nicolas Paillard, Chibougamau
25 septembre 2009
Réponse a Carol Bilodeau. C'est rafraichisant de vous lire. Vous faites partie de la minorité de gens qui réfléchisse et qui, malheureusement sont trop peu nombreux! 'Plus facile de faire confiance aux étrangers qu'aux amis ou membres de la famille! Un étranger ne veut que votre bien... la famille ne veut que votre argent (heu). Belle pensée populaire!!!
Marie Miville, Gatineau
24 septembre 2009
Contrairement à la première sentence, est-ce que celle-ci n'est pas cumulative? Est-ce qu'il pourrait être condamné à 10 fois 14 ans de prison, pour un total de 140 ans? S'il fait le 6e de cette sentence, il resterait au moins 20 ans en prison.
Andre Cote, Eastman
24 septembre 2009
J'aimerais réagir à un des commentaires.
Le fait que la société québecoise soit "trop à gauche" (sic) n'a aucun rapport avec le fait que certaines personnes ne se renseignent pas suffisemment, visiblement, quant à leurs investissements. Qu'on soit à gauche ou à droite n'y change strictement rien. Quand il s'agit d'argent - d'en accumuler et de le faire prospérer - nombreux Québecois semblent encore pris avec des complexes.
En tout cas, c'est apprendre de bien douloureuse façon que la confiance doit se gagner et non pas être automatiquement acquise en ce domaine.
Geneviève Filliatrault, Québec
24 septembre 2009
Tout ceci laisse un goût bien amer d'injustice face à tant de désolation causée par le crime violent d'un individu qui a sciemment détruit tant de vies.
Une situation qui en laissera sûrement plusieurs perplexes et songeurs. L'immoralité et l'injustice de la loi. À l'évidence, un des plateaux de la balance touche au sol...
Pierre Thibault, Boucherville
24 septembre 2009
Les 2 bras m'ont tombés en lisant cet article...
Bergeron Alex, Quebec
24 septembre 2009
Il y a deux coupables. Vincent Lacroix et une grande partie des investisseurs qui ne connaissent rien au monde des affaires. En développant une société trop à gauche nos citoyens sont tellement protégés de toutes parts qu'ils ne connaissent même pas les rudiments de la prudence en investissement. On leur prélève tellement d'impôts qu'au lieu de devenir entrepreneurs ils deviennent des experts en réclamations de subventions ou de réductions fiscales. Il y a quelques années j'ai passé deux heures à tenter de convaincre un ami de ne pas hypothéqué sa maison et celle de sa mère sur la promesse d'un financier qui lui promettait un rendement de 20%. Le gars qui était aussi mon employé toutefois savait bien compté ses vacances, ses déductions fiscales, ses retenues salariales, etc.
Bof.
Carol Bilodeau, Montreal
24 septembre 2009
Vos propos viennent confirmer ceux que j'avais entendus de la bouche de Claude Poirier sur un autre poste. Monsieur Lacroix est un bon élève, il a parfaitement bien compris comment fonctionne le système judiciaire.
Serge Drouginsky, LeMoyne
24 septembre 2009
Je crois que le système judiciaire québécois encourage ce genre de comportement immoral. Les bandits à cravate le savent très bien et exploitent les failles de ce système. Si Vincent Lacroix et ses complices ne purgent qu'un sixième de leur peine de 14 ans de prison (le maximum prévu par la loi pour ce genre de crime), c'est presque qu'un incitatif au crime. Plusieurs personnes seraient prêtent à "payer" leur dette à la société en passant 2 ans et 4 mois derrière les barreaux pour une fraude de cette envergure. 115 millions de dollars détournés en échange de quelques mois de prison. Les victimes, elles, ont leurs vies brisées à jamais. J'espère que le principe des peines consécutives (14 ans +14 ans + ...) sera appliqué.
Tremblay Luc, Montréal
24 septembre 2009
Un juge a-t-il la liberté de rendre M. Lacroix non disponible à une remise en liberté après le sixième de sa peine? Si non, à quoi sert le juge, si tout est déterminé d'avance?
Danny Turenne, Mascouche
24 septembre 2009
Je me pose certaines questions à savoir si Vincent Lacroix est vraiment coupable de tout ces chefs d'accusations à lui seul. Je me demande pourquoi le gouvernement cherche à redonner aux investisseurs l'argent des impôts de plus de 6 millions si rapidement. Je me demande à la fois pourquoi Norbourg était approuvé par autant d'organisations gouvernementales et de spécialistes des finances. On cherche un bouquet misère et on semble effleurer la pointe de l'isberg . Il n'y a pas ici un reportage intéressant à faire pour nous faire découvrir un scandale plus étendu qu'il ne le semble. Je ne cherche pas ici à disculper Vincent Lacroix.
Larrivé Bertrand, Québec













