18 septembre 2009
La « passe » des passeports
Comme moi, vous avez été sans doute étonné de voir cette semaine à l'émission Enquête la facilité déconcertante avec laquelle des étrangers réussissent à obtenir un passeport canadien sans avoir habité le temps requis par la loi au Canada.
Mes collègues Julie Vaillancourt et Pier Gagné ont travaillé six mois pour réussir à documenter le stratagème mis au point par des « consultants » en immigration, puis à piéger ses auteurs.
Sans l'aide de caméras cachées, il aurait été impossible de faire cette enquête. Sans l'aide non plus de sources bien informées, certaines confidentielles, d'autres pas.
Les sources
Il a été très difficile de convaincre ces sources de collaborer avec nous. Il faut dire que la plupart étaient d'origine libanaise et craignaient d'être ostracisées par leur communauté. Une de ces sources au Liban nous a indiqué avoir été la cible de menaces de mort.
Les sources sont notre pain et notre beurre. Sans elles, il est impossible de cheminer dans nos enquêtes. Mais ce n'est pas parce qu'une source nous parle qu'il faut pour autant publier ce qu'elle nous dit.
C'est comme le reste dans notre métier. Il faut tout vérifier et valider. Autant la véracité du propos que la crédibilité de celui qui le tient.
Il faut aussi jauger l'intérêt d'une source. Rares sont les gens qui parlent de façon totalement désintéressée. Cela ne veut pas dire que ce qu'ils affirment est faux.
Là où c'est plus délicat, c'est lorsque la source tient à demeurer confidentielle. En général, plus la question est délicate, plus elle va tenir à rester dans l'anonymat.
Dans ce cas, on essaie de multiplier nos sources pour que leurs affirmations concordent. En corroborant la version d'une source, on augmente nos chances de ne pas faire d'erreurs.
Leur protection
Il est primordial dans notre métier de pouvoir protéger l'identité de nos sources. Parfois, il y va de leur avenir professionnel. D'autres fois, c'est carrément une question de vie ou de mort.
Le problème, c'est lorsque des requêtes sont adressées aux tribunaux pour identifier une source journalistique. Toutefois, dans la pratique de notre droit, il est très rare qu'un juge exige qu'une source journalistique soit révélée.
Une cause importante est cependant en cours autour de cette question. La Cour suprême du Canada doit prochainement se pencher sur le cas du journaliste du Globe and Mail Daniel Leblanc, dans la cause de Polygone, en marge du scandale des commandites.
Il n'y a pas de loi spécifique en la matière au Canada. Mais les concepts de la liberté de presse et du droit du public à l'information sont reconnus par nos chartes.
Or, sans ces concepts, des enquêtes comme celles sur le Liban, sur le scandale des commandites, sur la FTQ, sur la corruption municipale et bien d'autres sont carrément impossibles à réaliser.
Regardez Enquête, animée par Alain Gravel
Alain Gravel est journaliste depuis 30 ans. Il s'amuse à dire qu'il est « le spécialiste des généralistes », puisqu'il a touché un peu à tout dans sa carrière. Il a fait de l'information locale, régionale, nationale et internationale, tant à la radio qu'à la télévision, en nouvelles comme en affaires publiques.
Il a étudié en arts et technologies des médias au cégep de Jonquière, puis en sciences politiques à l'UQAM, sans avoir terminé son baccalauréat (il tient à le préciser).
Alain Gravel a commencé sa carrière à la radio en 1978, tout d'abord à Québec, puis à Jonquière et finalement à Montréal à CKAC-Télémédia. Là, durant les années 80, il a fait ses premières grandes couvertures journalistiques, comme l'histoire des soeurs Lévesque et le massacre des élections ratées en Haïti en 1987.
Il est passé par la suite à TVA, où il a couvert entre autres la crise d'Oka de 1990 et la guerre du golfe Persique en 1991.
En 1993, il s'est joint à l'équipe de l'émission Le Point à Radio-Canada, animée à l'époque par Jean-FrançoisLépine. Il y a réalisé des reportages aussi divers que la légalité des «danses à 10$» ou les premières élections présidentielles en Afrique du Sud.
En 1997, Alain Gravel est devenu animateur de l'émission Enjeux. Il y est resté 10 ans, en multipliant encore les sujets d'intérêt public.
Il a signé ces dernières années quelques documentaires, tout en assumant une charge de cours en journalisme à l'UQAM.
Avec ses collaborateurs, il a remporté au fil des ans six prix Gémeaux, le Prix Italia 2004 pour un reportage sur la téléréalité, et un prix au New York International Documentary Festival pour un documentaire sur les délateurs.
Depuis l'automne 2007, Alain Gravel anime l'émission Enquête à la télévision de Radio-Canada.
Il a présidé la Fédération professionnelle des journalistes du Québec de 2004 à 2007.
23 septembre 2009
Félicitations pour l'émission intitulée “La passe des passeports”. Une autre piste intéressante à suivre dans cette histoire serait celle des pensions de la sécurité de la vieillesse. Il y a présentement un Bill privé présenté à la Chambre des Communes par madame Ruby Dhalla (L- Brampton-Springdale), le Bill C-428, qui ferait passer de 10 à 3 ans la période de résidence requise pour qu'un immigrant ait droit à la pension de la sécurité de vieillesse. Imaginez la joie de certains de ces consultants en immigration qui faisaient l'objet de votre émission; la prime dans ce cas est que le soit disant citoyen canadien peut, depuis 2004, recevoir sa pension dans le pays de son choix. Le gouvernement du Canada s'occupe même de la conversion en devises locales! La Loi de l'accès à l'information vous permettrait certainement d'obtenir des détails sur ces versements à l'étranger de la pension de la sécurité de la viellesse (progression depuis 2004, par pays etc.)
Lafontaine Michel, Verdun QC
19 septembre 2009
Félicitation à l'équipe d'enquête RDI. Votre enquête m'a vraiment rendu furieux et m'a outragé, car je suis moi-même un immigrant. Ma famille a suivi légalement les procédures d'application et cela prenait trois ans avant d'avoir le visa. Cela fait aussi 32 ans que ma famille est établie à Montreal, et nous sommes très fier d'être Quebecois et Canadien. Nous travaillons très fort, j'ai moi-même un commerce et travaille de longues heures, sept jours par semaine pour bâtir une nouvelle vie et contribue ainsi qu'à la progression de notre beau pays.
J'ai honte de l'inefficacité, de l'incompétence et de l'inaction de nos deux paliers de gouvernement. Il est clair que, de laisser des immigrants illegaux entrer au pays et profiter notre system, cela devient très préoccupant et inacceptable. Nous, les contribuables québecois,nous payons le plus de taxes au monde. Et si nous laissons aller la situation des immigrants illégaux, notre taxation n'ira pas en diminuant, elle augmentera encore et encore.
C'est encore plus frustant lorsque nous pensons à tous les autres immigrants qui viennent s'établir légalement au pays et qui ont parfois dû attendre plusieurs années avant d'avoir un réponse positive.
Finalement, les deux paliers de gouvernement doivent travailler ensemble pour trouver des solutions pour que cela ne se reproduise plus. Je recommande que ceux-ci examinent tous les dossiers des immigrants arrivés au pays depuis les cinq dernière année. Nous savons qu'il y a eut fraude du coté du Liban et des pays au allentour de celui-ci. Il serait bien de faire des vérification des immigrants venant des autres coins de la planète. Qui sait, peut-être découvirons-nous des pratiques similaires, voir encore plus frauduleuses que celles présentées.
Bori
Montréal
Bori Leng, Montreal
18 septembre 2009
Je n'ai pas entendu dans votre enquête le nombre de personnes qui ont obtenu la citoyenneté en fraude de cette façon. Peut-être brassez-vous beaucoup d'air pour pas grand chose. À mon avis il n'y a pas beaucoup d'immigrant qui pourraient payer les tarifs mentionnés dans votre reportage...
Benoit Dumont, Lorraine
18 septembre 2009
ca pas de sens on sait ou va notre argent quand vont -il arreter cette masquarade et voir a l'argent des contribuables et moi j'ai pas donné mon vote au gouvernement pour donner des passeports
Sylvain Tremblay, Repentigny













