9 juillet 2009
Vivement les vacances de la construction!
Ça fait déjà plusieurs mois qu'on parle des « affaires » qui éclaboussent l'industrie de la construction.
Allocations de dépenses extravagantes, copinage entre chefs syndicaux, politiciens et entrepreneurs, perquisitions de la Sûreté du Québec à la FTQ-Construction et au Fonds de solidarité, arrestation d'employés de l'Agence de revenu du Canada dans une affaire reliée à des compagnies de construction fictives, infiltration du crime organisé, allégations de blanchiment d'argent, intimidation, etc.
Ça n'en finit plus.
De nombreuses enquêtes policières se déroulent actuellement, mais aucune accusation n'a encore été officiellement portée. Les autorités veulent se montrer rassurantes en disant que les enquêtes suivent leur cours. Mais d'avance, on nous avertit qu'elles ont leurs limites. Bien sûr, avant qu'un dossier aboutisse dans ce type d'enquête, il faut tout prouver et ça risque de prendre du temps.
Certaines personnes qui connaissent bien le milieu craignent déjà que les policiers, dans toutes leurs enquêtes, accouchent d'une souris, tellement les preuves de blanchiment, de collusion et de corruption sont difficiles à étayer. Sans compter que bien des gens refusent de parler, de peur d'être victimes de représailles.
Il n'est pas impossible, en outre, que certaines personnes susceptibles de tremper dans ces affaires aient eu le temps de détruire des documents compromettants, en plus d'effacer des preuves, depuis que le dossier est sur la place publique.
Avec un tel niveau de difficulté, on comprend aisément les voix qui réclament la tenue d'une commission d'enquête publique qui aurait un mandat assez large pour aller au fond des choses, sans se limiter aux cas précis visés par les enquêtes policières.
Le travail journalistique
Il est donc difficile de faire avancer les choses, et dans un tel contexte, plusieurs de nos sources affirment que le travail journalistique est plus qu'essentiel.
S'il est vrai que dans certains cas, la publication précipitée d'informations peut nuire au déroulement des enquêtes policières, à l'inverse elle peut constituer une garantie contre les tentatives de camouflage ou, si vous préférez, de « cover up ».
Il ne faut pas être naïf. Les intérêts en jeu sont énormes. On ne sait pas jusqu'où remontent toutes les affaires dont on parle depuis quelques mois.
On peut facilement imaginer que les gens impliqués dans ces histoires n'ont aucun intérêt à ce que la vérité sorte.
Chose certaine, on est loin de tout savoir dans cette histoire. L'automne risque d'être encore plus chaud que le printemps ne l'a été.
En tout cas, ici, à Enquête, on n'a pas fini de gratter tout ce qui est rugueux et de fouiller tout ce qui ne sent pas bon. Comme le font d'autres collègues journalistes des grands médias.
Ce n'est pas parce qu'on prend des vacances, comme ce sera mon cas très bientôt, qu'on arrête tout. Au contraire, un petit repos risque d'être salutaire. Je pourrai enfin rêver à autre chose qu'à la circulation d'enveloppes brunes sur les chantiers de construction.
Sur ce, je vous souhaite de passer de très bonnes vacances... de la construction!
Regardez Enquête, animée par Alain Gravel
Alain Gravel est journaliste depuis 30 ans. Il s'amuse à dire qu'il est « le spécialiste des généralistes », puisqu'il a touché un peu à tout dans sa carrière. Il a fait de l'information locale, régionale, nationale et internationale, tant à la radio qu'à la télévision, en nouvelles comme en affaires publiques.
Il a étudié en arts et technologies des médias au cégep de Jonquière, puis en sciences politiques à l'UQAM, sans avoir terminé son baccalauréat (il tient à le préciser).
Alain Gravel a commencé sa carrière à la radio en 1978, tout d'abord à Québec, puis à Jonquière et finalement à Montréal à CKAC-Télémédia. Là, durant les années 80, il a fait ses premières grandes couvertures journalistiques, comme l'histoire des soeurs Lévesque et le massacre des élections ratées en Haïti en 1987.
Il est passé par la suite à TVA, où il a couvert entre autres la crise d'Oka de 1990 et la guerre du golfe Persique en 1991.
En 1993, il s'est joint à l'équipe de l'émission Le Point à Radio-Canada, animée à l'époque par Jean-FrançoisLépine. Il y a réalisé des reportages aussi divers que la légalité des «danses à 10$» ou les premières élections présidentielles en Afrique du Sud.
En 1997, Alain Gravel est devenu animateur de l'émission Enjeux. Il y est resté 10 ans, en multipliant encore les sujets d'intérêt public.
Il a signé ces dernières années quelques documentaires, tout en assumant une charge de cours en journalisme à l'UQAM.
Avec ses collaborateurs, il a remporté au fil des ans six prix Gémeaux, le Prix Italia 2004 pour un reportage sur la téléréalité, et un prix au New York International Documentary Festival pour un documentaire sur les délateurs.
Depuis l'automne 2007, Alain Gravel anime l'émission Enquête à la télévision de Radio-Canada.
Il a présidé la Fédération professionnelle des journalistes du Québec de 2004 à 2007.
11 juillet 2009
J'ai appris dernièrement que dans le vin et la bière,il y a de l'antigel a boire.(J'ai 67 ans)
Si l'on indiquais obligatoirement les ingrédients de ces produits,nous serons plus conscient que l'éthanol va vers le cancer de la gorge,des seins,larynx l'estomac les intestins et le foie .
Pourquoi ce manque d'information,alors qu'il y a tellement de consommateurs qui l'ignorent.
André Laplante
André Laplante, Montréal
11 juillet 2009
Je suis de ceux qui croient qu'il faut dénoncer les pratiques malveillantes et toutes formes d'injustices. Je suis heureux de constater que des journalistes s'y intéressent. Je ne suis pas de l'avis qu'on doit préconiser l'Omerta. Merci à Monsieur Gravel et son équipe pour l'excellent travail. Merci à tous ces citoyens qui croient en la justice et en la transparence. Vous nous permettez d'avancer et d'évoluer un peu plus.
Sébastien Laplante, Rouyn-Noranda
10 juillet 2009
Inutile de faire de l'angoisse.Il y a toujours eu des enveloppes brunes un peu partout. Ne soyons pas naif.
Vaut mieux partir en vacances le coeur léger.
Le brun et la saleté seront encore la au retour et il sera temps a ce moment la d'essayer de nettoyer le tout.
C' est comme la poussière sur les meubles, c'est toujours a recommencer.
Profitez-en, reposez-vous.....
Micheline Belanger, Magog
10 juillet 2009
Des histoires d'enveloppes brunes! Ça revient souvent dans le discours des journalistes de terrain. En fait, ça revient souvent dans le discours des défenseurs d'une certaine éthique. Des enveloppes brunes, il y a en partout, on les voient pas tous passer, peut-être qu'il y en a sur les chantiers de construction, peut-être qu'il en a aussi entre lobbyistes et ministres? D'ailleurs, que faite vous si vous en voyez une passer? Vous dénoncez la personne qui donne et celle qui reçoit? J'en ai vu passer des enveloppes brunes! Elles n'ont pas toujours la forme d'une enveloppe, elles ne sont pas toujours brunes, mais elles défilent sous notre nez à chaque jour dans nos entreprises, dans nos municipalités, dans nos MRC, au gouvernement même! Surtout là, il y a probablement beaucoup de fameuses enveloppes brunes qui y passent! Alors, que faire? Les dénoncer tous? Aussitôt vues, aussitôt dénoncé? Non, c'est impossible de tous les dénoncer! On choisit nos batailles.... comme Jack Nicholson lorsqu'il a accepté le rôle pour le film "Vol au dessus d'un nid de coucou".... on choisit nos batailles!
Guillaume Houle, Montréal

