1 juin 2009
Le «renouveau» adéquiste
La nouvelle ADQ ressemble à s'y méprendre à la dernière. Pourtant, selon leur présidente intérimaire, Sylvie Roy, les adéquistes se sont retrouvés en fin de semaine pour « offrir au Québec un modèle renouvelé ».
D'abord se remettre debout
En un an et demi comme opposition officielle, le parti a réussi à perdre 700 000 votes. Il s'agissait donc, ces derniers jours, de démontrer que le parti est toujours vivant. Mais se sentir obligé de se proclamer en vie indique rarement une grande confiance en sa propre santé.
Quand même, les quelque 400 participants au conseil général de Québec ont démontré une résilience impressionnante, une vigueur évidente et un engagement incontesté.
Le vieux nouveau
Pour le renouveau cependant, il faudra repasser. Les 42 (oui 42!) valeurs affirmées à cette occasion ne se démarquent pas des plateformes électorales de 2007 et 2008. Or, l'ADQ a connu des résultats diamétralement opposés dans ces deux scrutins. L'hypothèse la plus plausible est que le succès de l'élection de 2007 n'était pas celui d'un programme de centre droit, mais l'effet des déconfitures libérale et péquiste.
La dernière élection a reconfirmé le duel PLQ-PQ des 30 dernières années. Or, ça fait 15 ans que l'Action démocratique du Québec tente de briser cette danse à deux autour du pouvoir. Même avec la thérapie de groupe que constitue tout congrès politique, le conseil général n'a pas démontré que le parti y arriverait la prochaine fois.
Un problème plus grave
Plusieurs en fin de semaine ont cité Mario Dumont: « Les deux autres partis veulent faire plus de ce qui ne marche pas ». Belle formulation comme l'ancien chef en était capable. Mais c'est resté une belle formulation et la preuve a été faite que les belles formulations n'impressionnent pas longtemps.
S'il ne s'agissait que d'un problème de l'ADQ, il serait tentant de laisser ses militants tenter de le régler. Mais il y a plus grave pour l'ensemble de la population. Ce parti qui promettait le renouveau n'y est pas parvenu. Et les deux autres partis reconnus à l'Assemblée nationale ne suscitent guère plus d'enthousiasme. De plus, à la fois Québec solidaire et le Parti vert ont perdu des appuis à l'élection du 8 décembre dernier.
Ce n'est pas signe d'une bonne santé démocratique.
La course à la direction
En plus de théoriquement réviser leurs valeurs, les militants devaient concrètement adopter les règles de la course à la succession de Mario Dumont. La très grande majorité a décidé de devancer le congrès de confirmation du futur chef du 7 février au 18 octobre. Sauf choisir Stéphane Dion comme chef, il est en effet très imprudent de rester quinze mois sans leader.
Mais l'ancien leader parlementaire a lancé un gros pavé dans la marre. Sébastien Proulx est d'avis que le parti n'est pas prêt à une telle course: « On est un peu comme Rocky, on est tombé deux fois, si on veut se relever une troisième fois, il faut être le moins amoché possible. » Plus tard, il a confié à ce carnet qu'au lieu « d'entreprendre une campagne nationale pour un parti national, on va avoir une lutte à la présidence d'une classe d'école ».
En d'autres mots, il y a aussi des adéquistes d'avis que la course maintenant en cours en est une vers le mur.
Sujet discuté à Maisonneuve en direct le 1er juin 2009
Jean Dussault a fait des études universitaires en relations industrielles et en sciences politiques. Journaliste et animateur comptant plus de 30 ans d'expérience à la radio de Radio-Canada, il a amorcé sa carrière aux Actualités à Vancouver, en 1974, et s'est joint à l'équipe des Actualités du réseau à Montréal en 1977.
De 1990 à 2006, il a animé tour à tour les grands rendez-vous quotidiens d'actualités: d'abord Les Affaires et la vie, puis Montréal-Express, La Tribune du Québec et Sans frontières.
La qualité de son travail comme journaliste et animateur a été soulignée à plusieurs reprises, notamment par l'attribution du Grand Prix du journalisme de la CRPLF et du Prix Judith-Jasmin.
Il a couvert la campagne électorale québécoise de 2007 pour la Première Chaîne. Il a été reporter national à la colline Parlementaire de Québec. Il est maintenant chef de bureau des services français de Radio-Canada à l'Assemblée nationale.
9 juin 2009
Je suis toujours étonné de constater la place démesurée qu'occupe l'ADQ dans les médias. Ce parti compte à peine 5 000 membres en règle alors qu'un jeune parti tel que Québec solidaire en a 4 500!!!
Gérard Briand, Montréal-Rosemont
4 juin 2009
Quand pour la première fois Mario Dumont a été élu chef du parti ADQ,il n'avait pas autant de députés.L'ADQ c'était Mario Dumont,Mario Dumont c'était l'ADQ.Lors des dernières élections quand il a enfin compris qu'il n'aura aucune chance de devenir un jour premier ministre de la province,il a tiré sa reverence noblement,laissant derrière lui que des cendres de L'ADQ.Maintenant si les autres députés n'ont pas compris que l'ADQ sans Mario Dumont ne vaut rien,bien, ils vont le comprendre à leurs risques et périls.
Ani Kassabian, Montreal
3 juin 2009
Si les libéraux ont leur Grand Batisseur...les adéquistes eux se chechent un Grand Rénovateur......
Normand Lemay, Trois-Rivières
2 juin 2009
Les gens sont désabusés de toute cette politique, a droite, a gauche, centre gauche etc.. Si ça changait vraiment quelque chose au bout du compte.
L'ADQ. essaie de rester en vie, de rester en place pour faire valoir ses idées mais ce parties, m'apparait très anémique quelque soit ses idées.
Pourront-il rester en place encore longtemps?? Ça n'est pas un grand incitatif, toute cette anémie, a voter pour eux.
Dommage, de grandes promesses mais peu d'effet...
Micheline Belanger, Magog
2 juin 2009
Oui, l'ADQ n'est actuellement pas un grand parti.
Effectivement, ils n'ont pas beaucoup de député.
Ils n'ont surtout pas bonne presse de la part le nos journalistes NEUTRES.
Lors de leurs passages à titre d'opposition officielle, plusieurs avaient l'air d'écoliers.
Toutefois, n'était-ce pas Mme Marois il y a quelques jours qui parlait de passer par la voie Autonomiste ??
N'est-ce pas Mr Charest qui a confirmé le retour des bulletins chiffrés ?
C'est à cause de qui pensez-vous ?
Vous qui suivez la politique quotidiennement savez que, amples propositions de l'ADQ, ont été repris par les autres partis. Propositions modifiées à leur propre sauce, mais qui originaient tout de même de l'ADQ. Alors de dire que l'ADQ est dirigé par des individus aux pensées dogmatiques, c'est de dire que le dogme s'infiltre dans les deux grands partis du Québec. ...
L'ADQ serait plutôt du genre pratico-praticque maladroit. N'étant attaché à aucun groupe de pression, ou familles nobles, grandes donnatrices $$ aux partis politiques, L'ADQ n'est que le simple reflect du « c'est assez » de la population dite « des régions ».
Oui, il y a des moments où il faut écouter, consulter, négocier, accepter, subventionner, dire oui et payer nos impôts. Nous sommes tous d'accord.
Il y a cependant un bout à tout. Et quand il le faut, ça prend quelqu'un pour mettre le point sur la table. Il faut un « wake up call » comme on dit.
Au même titre que Québec solidaire qui représente l'extrême gauche, il faut une niche à ceux qui en ont assez des gamiques, des clics et du « ce n'est pas grave c'est le gouvernement qui va payer ». Juste pour cela, je nous souhaite de ne pas éliminer l'ADQ.
Richard Fortin, Québec
2 juin 2009
Bonjour M.Dussault l'adq a fait bouger les choses au Québec lors des carnets précédents, je vous mentionne que oui la nation Québécoise peut être un État autonome mais à l'intérieur des terres du Canada .
M.Dussault il faut un leader et une constitution Québécoise faire voter la nation Québécoise sur la constitution et les spécificités du Québec pour signer une entente constitutionnelle avec le gouvernement à Ottawa et introduire les ententes dans la constitution Canadienne.
Une nation avec une autonomie administrative et territoriale .
Pour la défense une souveraineté nationale et la gestion de crise et le partage de la dette et de la richesse. Voilà.
Marcel Côté, Ste-Anna-de-Beaupré
1 juin 2009
Les clivages gauche-droite font, depuis la nuit des temps (voire dans le cas du Québec, la « Nuit des longs couteaux » organisée en 1982, lors du rapatriement « unilatéral » de la Constitution par Pierre-Elliot Trudeau), figure de tradition. L'Action démocratique, prise entre deux idéologies (et se réclamant d'émancipation tout en appuyant sa « réflexion » sur ces mêmes idéologies), a, à l'aide d'un bon opportunisme politique, fait quelques gains qu'elle a ensuite cédés aux mêmes idéologies. En Occident (le Québec, sur ce point, ne se démarque nullement de la masse des états nationaux où l'intellectualisme – la pure pensée critique – est constamment dénigré), on ne peut penser sans être accusé d'élitisme, voire ignoré complètement.
C'est ainsi que l'Action démocratique a pu se hisser sur le podium de la médiocrité intellectuelle (on a même comparé Mario Dumont à Maurice Duplessis, le Sauveur des agriculteurs, ses électeurs !) alors que le désintéressement politique est avéré. Aucun dirigeant politique (dirigeants qui jamais n'accèderont à la pensée car condamnant la critique, le doute, de fait, tout ce qui élève l'âme humaine) n'a le courage (au moins, aura-t-on, l'espace d'un débat, abordé, par le courage de Mario Dumont, à l'époque considéré comme « challenger », le difficile problème du suicide) de diriger à l'aide de sa conscience, suivant constamment la bêtise humaine que commandent les sondages.
L'opinion publique, évoquait Maurice Blanchot, porte en elle une violence qui reflète notre degré d'évolution.
La danse en couple est très populaire au Québec. Mais cette union s'érige sur la peur. Si l'Action démocratique comportait une vraie pensée, intelligente, neuve, non dogmatique, loin de tout salut religieux, idéologique ou politique, il serait possible pour ce parti de changer la donne. Dommage que le Québec ne sache pas faire la différence entre la construction de son histoire et la beauté de l'histoire...
André Meloche, Sainte-Sophie
1 juin 2009
Je trouve votre analyse congruente. – Ce qui me porte à poser cette question : pas nouvelle. Y'a-t-il dans la structure étatique du Canada et compte tenu du modèle québécois copié collé de la dite structure, de la place pour plus de deux partis à Québec qui s'échangent le pouvoir alternativement suivant une mode aléatoire ? En 2007, je suis au nombre de ceux qui y croyaient encore et comme j'aimais bien la personnalité de Mario, je l'imaginais très bien dans le fauteuil du PM.... Mais disons-le : « Je rêvais ! » :)
Y'a-t-il vraiment une place pour un parti de « Centre droit » (comme aime à se définir l'ADQ) lorsque le centre n'existe pas ? On est à droite ou à gauche et on gouverne au centre. Aussi faudrait-il définir justement ce qu'est « Le Centre » ? – Y'a-t-il de la place pour un grand parti qui unisse les Québécois, choisirait à juste titre de faire les choses autrement, s'impliquerait complètement dans les affaires publiques et s'engagerait à rédiger, respecter s'il est élu et appliquer un véritable « Contrat Social » ? – À mon avis oui ! Reste plus qu'à créer ce Parti ! En seriez-vous ? S'il existait !
Serge Drouginsky, LeMoyne
1 juin 2009
Le Conseil de l ADQ aurait interet a CONSULTER sa base, les militants qui votent et qui contribuent a la caisse du parti.
Sur une base MENSUELLE .
Communiquer ne veut PAS dire a SENS UNQUE mais en allant chercher l opinion et la collaboration de ses membres grace a des sondages, des evenements mensuels dans chaque circonscription electorale .
En outre, ces militants doivent eux aller vers le milieu communautaire de leur circonscription respective en s impliquant.
Beau programme exigeant des tetes bien preparees et volontaires et organisees.
Victor Nazaire, Ottawa


















