22 mai 2009
Du «paléonthollywood»
Ça s'est passé cette semaine à New York avec tambours et trompettes. Beaucoup de tambours. Beaucoup de trompettes. Des paléontologues européens et américains ont littéralement mis en marché un fossile de 47 millions d'années, surnommé Ida.
Ida, de son nom savant Darwinius masillae, est le fossile d'un petit primate trouvé en Allemagne en 1983, mais qui n'a été « interprété » que tout récemment par les scientifiques. Exceptionnellement bien conservé, ce fossile a été présenté comme « le chaînon manquant » entre les tout premiers primates, apparus il y a environ 55 millions d'années, et nos plus lointains ancêtres.
Controverse
Vrai ou faux? Difficile à dire pour l'instant. Mais tout de suite, la controverse a commencé. De très nombreux paléontologues ont émis de sérieux doutes sur l'interprétation des « parents » d'Ida. Pour nombre d'entre eux, il est pour le moins prématuré de placer la bestiole sur la branche qui mène aux singes et à nous. Et encore plus prématuré de l'affubler du titre pompeux de « chaînon manquant ». Nul doute que ça discutera ferme dans les prochains congrès de paléontologie.
Mais en attendant le résultat des courses savantes, c'est la façon totalement inusitée de présenter cette découverte qui a étonné, pour ne pas dire choqué certains.
Bien sûr, les auteurs en question ont publié un long article scientifique dans une revue respectée, PloS ONE. Mais, le même jour, ils mettaient en ligne un site Internet grand public consacré à la star. On y apprend qu'un livre, intitulé The link, est déjà en librairie. Et qu'un documentaire télé, lui aussi intitulé The link, est prêt pour la diffusion — on pourra le voir lundi soir au canal History. Tout ce qui manque, c'est un gaminet à l'effigie d'Ida.
Jamais vu
Normalement, en science, les chercheurs annoncent leurs découvertes au moyen d'articles publiés dans des revues scientifiques. Ces articles sont alors lus, analysés, disséqués, discutés par les confrères. Et c'est ce processus de publication-discussion qui permet de faire avancer les connaissances. Dans le cas qui nous intéresse, il est sûr que les spécialistes de la discipline vont devoir longuement travailler sur la question, avant de décider quelle est la place d'Ida dans l'arbre généalogique des primates.
Mais cette fois, les auteurs de la découverte ont procédé autrement: ils ont travaillé en secret pour préparer non seulement leur article, mais aussi tout l'appareil médiatique qu'on a pu voir à l'oeuvre cette semaine. Ils sont passés par-dessus la tête de leurs collègues pour s'adresser directement au public, un public qu'on peut deviner friand de belles histoires romancées sur le thème, inusable, de nos origines.
En court-circuitant ainsi le processus normal de la production des connaissances scientifiques, ils ont quitté le domaine de la science pour entrer dans celui du spectacle. Au lieu de faire de la paléontologie, ils ont fait du « paléonthollywood ».
On savait que la politique était devenue, dans bien des cas, de la politique spectacle. Il faut espérer qu'Ida ne nous aura pas fait entrer dans l'âge de la science spectacle.
P.-S. 1: Écoutez dimanche, aux Années lumière, le reportage de ma collègue Sophie-Andrée Blondin sur Ida.
P.-S. 2: C'est mon dernier carnet de la saison, car je pars la semaine prochaine en vacances. Mais notre émission, elle, ne prend pas de vacances! Restez-y fidèles!
Écoutez Les années lumière, animée par Yanick Villedieu
Après ses études à l'École supérieure de journalisme de Lille, en France, et quelques années de journalisme général, Yanick Villedieu a commencé à faire du journalisme scientifique et médical au milieu des années 70. Au magazine Québec Science notamment, puis, pendant deux ans, à la télévision de Radio-Canada, à l'émission Science-Réalité.
Depuis 1982, il a animé à la radio de Radio-Canada l'émission Aujourd'hui la science, devenu Les années lumière. Il collabore également au magazine L'actualité.
Les champs d'intérêt principaux de Yanick Villedieu sont la médecine et la biologie - deux des domaines les plus fascinants et les plus actifs de la science contemporaine -, notamment ces grandes questions de l'heure que sont le cerveau, le cancer, le sida, la génétique fondamentale et appliquée...
Il a publié quatre livres: Demain la santé (Québec-Science Éditeur, 1976), Le Québec sur le pouce (Éditeur officiel du Québec, 1978 et 1984), La Médecine en observation (Les Éditions du Boréal, 1991) et Un jour la santé (Les Éditions du Boréal, 2002).
2 juin 2009
Monsieur Glazer,
-Le vitalisme est une théorie rejetée par les scientifiques au début du 19ieme siècle. Faut vraiement charier pour croire que la théorie d el'évolution est basée là dessus!!!
-L'augmentation du nombre de maladies génétique raportéees n'est que le reflet du progrès de la médecine, particulièrement en génétique.
-Son graphice avec l'espérance de vie des humains est ridicule. On a une bonne idée de l'espérance de vie au temps de Davis et d'Abraham (document historiques, cimetière) et l'espérance de vie était beaucoup plus basse qu'aujourd'hui.
Yvan Dutil, Québec
1 juin 2009
Très intéressant de voir que les seules références de Mastropaolo sont... lui-même.
Et vous osez apeler ça de la science M. Glazer
David Simard, Hébertville
1 juin 2009
M. Glazer,
les chiffres présentés par J. Mastropaolo sont truffés d'erreurs, de mauvaises interprétation et surtout... de mauvaise foi.
Quelques exemples:
Age de la terre: L'âge de la terre n'est pas révisée pour accommoder la théorie de l'évolution. Simplement, les techniques de datation se rafinent, de nouvelles formations rocheuses sont découvertent, ce qui permet d'estimer avec une plus grande exactitude.
Variation génétique: Il est vrai que certaines mutations génétiques causes des maladies. Cependant, la variation génétique est aussi le moteur de la variabilité entre les individus. La variabilité peut confère à certains individus un avantage reproductif s'il y a une pression sélective. C'est le même mécanisme qui permet aux bactéries d'acquérir la résistance aux antibiotiques. Donc, bien que l'apparition de mutation puisse être nuisible pour un individus, il représente un avantage pour la population. Les mécanismes pour générer de la variabilité génétique ne sont pas les même pour toutes les espèces mais ils ont le même objectif: favoriser la pérrenité de l'espèce. De plus, tout comme pour l'âge de la terre, nos techniques d'investigation s'améliorent et se raffinent avec le temps. Il est donc normal que nous fassions de nouvelles découvertes. Le gène de l'acidose lactique a été découvert en 2002. Cependant, cette maladies existait bien avant!.
Finalement, avant de traiter les scientifiques de menteur ou de fraudeur, je crois que certains individus devraient faire une petite introspection...
David Simard, Hébertville
31 mai 2009
J'ai lu avec déception les commentaires de M. Bernard Glazer, qui semble participer activement à plus d'un des carnets des journalistes de Radio-Canada. Je dis déception car je ne savais pas que la propagande créationniste avait cours ici aussi.
Les commentaires de M. Glazer illustrent bien la dernière tactique des créationnistes: faisons passer la vraie science pour de la pseudo-science et de la fraude, et faisons croire à nos brebis ignorantes que la pseudo-science créationniste est de la vraie science.
J'ai consulté le site Web en question pour m'apercevoir, entre autres, que ce supposé scientifique (pas très digne de ce nom en ce qui me concerne) rejette même la micro-évolution, phénomène qui a pourtant été observé et démontré dans plus d'une espèce. Plus radical et têtu que ça, tu meurs...
Ce qui me désole le plus dans l'attitude des créationnistes, qui sont supposément des gens ayant des valeurs religieuses, c'est la facilité avec laquelle ils mettent de côté des valeurs fondamentales comme le respect et la tolérance dans le but d'atteindre leurs sombre desseins. Je n'ai pas honte d'affirmer que je suis catholique; j'ai cependant honte de voir des gens montrer aussi peu de respect à l'égard des autres.
M. Glazer, si vous n'êtes pas capable de voir la réalité en face en raison de vos croyances religieuses, et bien soit, mais ayez donc la décence de respecter le choix et de ne pas insulter l'intelligence de ceux qui éprouvent de la curiosité et ne cherchent qu'à enrichir leurs connaissances personnelles. Par vos commentaires, vous montrez votre profonde ignorance de ce qu'est la science. Il ne s'agit pas de « croire » à l'évolution, pas plus que de « prouver » que l'évolution existe. Et dire que le pays est dirigé par de pareils bornés...
Ce qui me rassure un peu, c'est de voir qu'il y a aussi, ici même, des gens sensés qui savent faire la part des choses.
Michel Chartier, Sainte-Marthe-sur-le-Lac
29 mai 2009
Suite réponse à l'argumentaire de Yvan Dutil
Si tu considère que c'est un piège à con pour des milliers d'évolutionnistes que de relever un simple défi ou il est seulement question d'amener une seule évidence scientifique qui prouverait que l'évolution est de la science et que la création est une religion, et bien c'est que les évolutionnistes n'ont probablement aucune évidence scientifique pour supporter leurs propos mensongers et que par conséquent leur seule option logique c'est de refuser le défi et de s'inscrire sur la ‘'dodgers'' liste de ceux qui ont refusé. Il y a plus de 363,000 évolutionnistes à ce jour qui ont refusé de relever ce défi. N'est-ce pas étonnant ? Il y a pourtant une belle récompense de $10.000 pour le gagnant. Dr.Richard Dawkins de l'université d'Oxford qui est probablement le plus grand propagandiste de l'évolution au monde n'a même pas un seul iota d'évidence scientifique. Je laisse Mastropaolo compléter: ‘'La conclusion incontestée c'est qu'il n'y a absolument aucune évidence scientifique qui supporte l'évolution, car elle est une religion fantaisiste invertie basée sur des superstitions vitalistes qui ont plus de 2,500 ans, l'exact opposé de la réalité, enseigné avec fraudes, falsifications, tromperies, mensonges et censures totalitaristes dans nos écoles publiques...''
Bernard Glazer, Laval
29 mai 2009
Réponse à l'argumentaire de Yvan Dutil
As-tu vraiment pris le temps de lire attentivement les articles ? Ils sont pourtant principalement basés sur des évidences scientifiques, médicales et historiques clairs et incontestables. Donne-moi donc des exemples de ces idioties et statistiques ridicules ? Tu semble ne pas comprendre la signification des graphiques. Il ne s'agit pas de maladies quelconques, mais bien de désordres génétiques humains qui ont été rapporté médicalement dans le réputé encyclopédie médicale sur les gènes et les désordres
‘' Mendelian inheritance in man'' et ce depuis plus de 35 ans. Si l'évolution était vraie et bien nous devrions observer la diminution des désordres génétiques au fil des années selon la 1ere définition de l'évolution(Le changement avec le temps et la 3eme définition (la sélection naturelle. Mais ce qui est observé clairement est exactement le contraire et donc au-delà de tout doute, la tendance est la dévolution qui est l'opposé de l'évolution.
http://www.josephmastropaolo.com/data3.html
De plus selon les données, les désordres génétiques doublent à tous les 13 ans dans les années 60,70 et 80 et dans les années 90, ils doublent à tous les 7 ans, ce qui représente une accélération significative des nouveaux désordres génétiques. L'évolution est une hallucination, l'exact opposé de la réalité qui est la dévolution.
http://www.josephmastropaolo.com/data5.html
Bernard Glazer, Laval
28 mai 2009
Je pris le temps d'aller sur le site de Mastropaolo. J'ai jamais vu autant d'idiocies écrite en si peu d'espace, d'usage ridicule de statistique et de biais observationnels évidents. L'exemple le plus risible est ses graphique du nombre de maladies en fonction du temps, qui négligent l'existence progression de la médecine!
Quand à son défi, il s'git d'un classique piège à con.
Yvan Dutil, Québec
28 mai 2009
Évolutionllywood
Mais qu'est-ce qu'il y a de surprenant la dedans. Quelle différence y a t'il entre Ida et Lucy l'australopitèque. Ou entre Ida et l'homme de Java ou de Pékin ou de Piltdown. Tous anti-scientifique à cause de soi disant évidences qui ne sont basées que sur de la superstition (12%) de la fraude (74%) ou de la falsification (14%).
L'évolution est la plus grande légende que les gens continue de croire malgré le fait qu'on leur dise que c'est un canulard. Il n'y a tout simplement aucune évidence scientifique pour supporter leur propos.
Allez voir la liste du scientifique Mastropaolo ! Pas un seul évolutionniste en 6 ans n'a osé relevé son défi d'aller en cour et d'apporter de vraies évidences scientifiques devant un juge en faveur de l'évolution. Tous simpement par-ce qu'il n'y en a pas et que c'est une cause perdue d'avance. L'évolution est de l'anti-science !
De la part d'un dévolutionniste convaincu par des vraies évidences scientifiques.
http://www.josephmastropaolo.com/prize.html
Bernard Glazer, Laval
25 mai 2009
J'aimerais féliciter M. Villedieu pour la lucidité et la prudence dont il fait preuve dans l'excellent carnet qu'il nous offre ici. Il a correctement souligné le caractère sensationnaliste de la couverture médiatique entourant la découverte du fossile d'un primate appelé Darwinius masillae.
Étant moi-même paléoprimatologue, je me suis senti directement interpellé par cette découverte et je crois être en mesure d'apporter quelques éclaircissements (et un regard critique) sur la signification de ce fossile. Évidemment, le fossile est exceptionnel en raison de la qualité de sa préservation et il nous apportera quantité de renseignements sur l'anatomie et la paléoécologie des membres de ce groupe de primates éteints. En ce qui concerne son importance phylogénétique, et en particulier sa position dans l'arbre évolutif en tant que possible ancêtre des primates anthropoïdes (singes, grands singes et humains), et bien l'on repassera. Après avoir parcouru l'article publié dans PloS One, je suis d'avis (et je pense que d'autres paléoprimatologues mieux placés que moi le seront également) que plusieurs des caractères anatomiques et des arguments proposés par les auteurs pour appuyer leur thèse sont assez faibles.
Je suis particulièrement déçu du comportement des auteurs de l'étude, qui ont fait preuve d'un sens du marketing étonnant mais semblent avoir mis de côté la prudence qui caractérise généralement les scientifiques. Les articles parus dans les journaux (et, dans une certaine mesure, le site Web à l'adresse www.revealingthelink.com) véhiculent des concepts dépassés et simplistes et présentent l'interprétation des auteurs comme un « fait accompli ».
Cette mise en scène donne malheureusement au public une très mauvaise image de la science et de ses artisans. J'espère que la science ne se laissera pas entraîner par cette commercialisation simpliste et exagérée de ses découvertes.
Michel Chartier, Sainte-Marthe-sur-le-Lac
23 mai 2009
Malgré le grand intérêt de cette découverte et encêtre ou pas, Ida nous rappelle que nos prioritées ne changent pas 47 millions d'année plus tard: Tirer profit des ressources limités de notre environement afin d'assurer notre pérénités de reproducteur ou dans ce cas de publicateur reconnu. Reste à savoir la réelle motivation de ce coup d'éclat. Personnellement je doute fort que cette stratégie sois apprécié du milieu. Résultats immédiats; des dividentes sur les ventes. Résultats probable à moyenne échéance; une prudence des pairs pour toutes prochaines soumissions d'articles des membres de ce groupes. Donc peut-être leur dernier coup d'éclat!
Un beau fruit rouge hors de portée pour Ida et oups une chute fatale.... De beaux dollars et une potentielle belle renommée pour ces auteurs et oups.....?
David Gagné, Sherbrooke
22 mai 2009
Toute découverte d'un "chaînon manquant" ne peut que créer... un autre chaînon manquant! Les espèces évoluent progressivement, alors prétendre qu'il ne manquerait qu'un seul maillon à la chaîne est quelque peu optimiste! C'est une très longue chaîne. L'espèce d'Ida n'en fait probablement même pas partie de toute façon... Mais quel beau spécimen, wow! J'espère être aussi bien conservé dans 20 ans!
Nicolas Turgeon, Pincourt
22 mai 2009
Faire du spectacle avec une découverte aussi fondamentale que celle-ci, en négligeant «le processus normal de la production des connaissances scientifiques», ne peut que conduire à donner des armes aux pourfendeurs de la théorie de l'évolution. Et c'est tellement dommage.
Même si des analyses plus poussées déterminaient qu'il s'agit bien du chaînon manquant, le doute subsistera probablement. Et ce serait tellement déplorable, alors qu'il y aurait tout pour se réjouir.
Marc-André Villeneuve, Saint-Elzéar-de-Témiscouata QC

















