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Dimanche 27 mai 2012 1 h 44 HAE


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Carnet Gérald Fillion

3 février 2009

Épargner ou dépenser?


On nous dit que pour stimuler l'économie, il faut relancer la consommation. En même temps, la crise qu'on connaît est attribuable en bonne partie à la création de produits financiers complexes, qui visaient à financer une expansion spectaculaire du crédit et qui a mené à un endettement important des citoyens occidentaux. Alors, faut-il dépenser, payer ses dettes ou épargner? 
 
Depuis 6 mois, les Américains réduisent leur consommation, du jamais vu. En 2008, leurs dépenses ont grimpé de 3,6 %, la plus faible progression depuis 1961. En même temps, le taux d'épargne est monté à 1,7 % du revenu disponible, le niveau le plus élevé depuis 2004.  
 
Ces données inquiètent les pouvoirs publics parce qu'environ 70 % de la croissance économique repose sur la consommation. Et c'est pour cette raison que certains décideurs politiques tentent de pousser les citoyens à reprendre leur consommation des dernières décennies en baissant les impôts et les taxes.  
 
Solution à l'endettement: l'endettement? 
 
Mais est-ce que de stimuler la consommation est la solution? Ne sommes-nous pas en train de combattre le mal par le mal, alors que le problème depuis les années Reagan-Thatcher, c'est que les dépenses des citoyens augmentent plus rapidement que les revenus?  
 
Dans un article paru dans Alternatives économiques, l'économiste français Michel Aglietta écrit que le libéralisme économique est à la source même du problème d'endettement en Occident. « Les évolutions des salaires réels et de la productivité ont été déconnectées, entraînant une modification de la répartition des revenus. Comment entretenir dans ces conditions la croissance dans les pays riches? Il a fallu déconnecter la dépense et le revenu, en stimulant la consommation par le crédit. D'où, aux États-Unis surtout, une baisse profonde de l'épargne et une hausse de l'endettement. » 
 
Depuis 1991, jamais les Américains n'avaient réduit leur consommation et l'épargne n'avait cessé de chuter. Aujourd'hui, la dette des Américains (et des Britanniques aussi) équivaut à 100 % du PIB. Selon le Financial Times, « le total de la dette privée et publique américaine est passé d'environ 155 % du PIB au début des années 1980 à 356 % à la fin du premier semestre 2008 ». 
 
Hausse de l'épargne = chute de l'économie? 
 
La hausse du chômage et des faillites personnelles sonne le glas à cette tendance, ce qui inquiète les experts. Certains économistes estiment que le niveau d'épargne pourrait remonter à 4 ou 5 % aux États-Unis, soit au niveau des années 90. Cette situation pourrait toucher des fournisseurs de partout dans le monde.  
 
The Economist écrivait au début de l'année qu'une hausse de l'épargne à 5 % entraînerait une « grave récession », voire « un véritable séisme ». De 0,5 % à 5 % d'épargne, c'est 500 milliards de dollars de dépenses annuelles qui s'envolent. Tous s'entendent pour dire que les Américains doivent recommencer à épargner. Les Européens le font; leur taux d'épargne est à 9 %. Mais le passage de la dépense à l'épargne semble se faire trop rapidement au goût de certains.  
 
Les pays occidentaux misent sur d'importants investissements dans les infrastructures pour relancer l'économie. Mais la plupart ajoutent des baisses d'impôts dans l'espoir de ramener les consommateurs à sortir leurs cartes de crédit. En Grande-Bretagne, on a choisi de réduire la taxe de vente, ce qui s'ajoute à la baisse prononcée des taux d'intérêt par la banque centrale. La gestion de la crise à Londres est dénoncée notamment par le Daily Telegraph, un quotidien conservateur. 
 
« Au lieu de baisser la TVA pour encourager la consommation, le gouvernement britannique devrait inciter les ménages à épargner », écrivait le journal en fin d'année 2008. Le problème, c'est l'endettement, et la solution du gouvernement britannique, c'est d'augmenter encore davantage l'endettement pour stimuler l'économie. Une vieille habitude qu'il faut casser, selon l'esprit du texte du Daily Telegraph. De 1997 à 2007, le taux d'épargne est passé de 9,6 % à 2,5 % en Grande-Bretagne. 
 
The Guardian, autre quotidien britannique, critique aussi son gouvernement: « L'économie britannique a été organisée autour du culte de la consommation, et M. Brown [le premier ministre] estime aujourd'hui que c'est le seul moyen de la relancer. Mais l'avidité naturelle de la Grande-Bretagne est un autre symptôme d'inégalité, qui génère une grande angoisse en relation avec la position sociale. Quiconque se sent réellement concerné par la santé de la société doit inscrire le nivellement des richesses et des revenus sur sa liste de tâches à accomplir. » 
 
Donc, doit-on tenter par tous les moyens de relancer la consommation, au risque de relancer la spirale de l'endettement? Ou doit-on favoriser une remontée de l'épargne, quitte à vivre une récession longue et profonde? Y a-t-il une solution quelque part entre les deux? 
 
 
Sources: Business Week, Alternatives économiques, The Economist, Courrier international

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Gérald Fillion présente et analyse l'actualité économique à Radio-Canada. Il anime RDI en direct sur l'économie du lundi au vendredi à 18 h 30 HE sur RDI, une émission visant à rendre l'économie accessible à un large public. Gérald Fillion est journaliste à Radio-Canada depuis 2001 et se spécialise dans la couverture économique depuis 10 ans. Il est diplômé de l'Institut des valeurs mobilières du Canada et est titulaire d'un baccalauréat en communications de l'Université du Québec à Montréal.  
 
Retrouvez Gérald Fillion au Téléjournal (à 21 h HE à RDI et 22 h HE à la Première Chaîne), au Téléjournal Montréal (18 h HE), dans les les téléjournaux de plusieurs stations du réseau et à RDI (16 h 15, 17 h 15 et 18 h 30). On peut aussi l'entendre à la radio, à L'heure des comptes et dans les émissions du retour à la maison partout au pays.

13 février 2009

Nous avons, au cours des dernières décennies, connu un développement effréné et artificiel qui n'a pas tenu compte des réalités de notre quotidien en laissant toute la priorité à l'économie.  
 
Il serait peut-être temps de repenser nos modèles économiques car tant et aussi longtemps que nous n'aurons pas adopté une approche globale de développement durable, la consommation comme moteur économique n'est pas la solution.

Bérubé Claude, Montréal

11 février 2009

C'est presque amusant de voir et entendre les spécialistes du passé faire des analyses et prédictions sur la crise économique présente. Ils s'empressent de voir les événements avec les yeux des connaissances acquises dans leurs études universitaires...je l'espère. Cependant, toutes les connaissances économiques communiquées dans nos "belles" universités ne conviennent pas pour comprendre le phénomène de décroissance et de fin de système économique. Car c'est là ce qui nous arrive. Toutes les analyses ne tiennent pas compte de la fin d'un cycle que la terre est en train de vivre. Tout est dans cette dynamique de changement. Le système qui a misé sur une économie improductive comme la bourse, les fortunes colossales amassées dans les banques ou dans des endroits tenus secrets ne seront plus possible. Nous avons créé des niveaux de structures improductives qu'il faut payer et n'apportent que lourdeur et insatisfaction dans la chaine de production. Comment ne pas décrocher quand on vit avec cela? Le système étouffe de toute part. Une grande gurge est nécessaire et se fera malgré la lecture "fausse" de ces prophètes qui ne peuvent que que se baser que sur des connaissances qui sont devenues désuète dans le processus actuel. 
La seule perspective qui convient ne cadre pas avec les principes du système économique enseigné dans nos universités. Il faudra concevoir un nouveau système économique qui sera davantage basé sur la coopération des acteurs et du partage des ressources. L'accumulation des forces économiques au main de quelques individus ne sera plus de mise. Les choix d'activités devront aussi tenir compte des ressources utilisées et disponibles pour maximiser le profit pour l'ensemble des travailleurs, la population et la terre qui soutien la vie et la poursuite de la vie de tous.

Charles Roland Simard, Chicoutimi

9 février 2009

Bonjour, 
 
En terme de "petites économies" et d'investissements douteux : il y a eu des précédents qui ont rapidement été étouffé en liens avec les paradis fiscaux. La question reste mais n'est jamais éclaircie. Ont-elles une réelle utilité ? Je me suis fais dire que beaucoup de compagnies maritimes en exemple ne pourraient survivre au Canada si elles y étaient inscrites. Il faudrait alors subventionner artificiellement le marché pour que ces entreprises aient leur siège social et leur compte en Banque ici ? Fausses excuses pour obtenir plus d'argent ou réalité du marché ? C'est pour ça que ça existe ? J'aimerais comprendre. 
 
Crédibilité pour les institutions privés et publique monsieur. Il va falloir crevé l'abcès un jour. 
 
Une autre bulle à venir ?

Hugo Manningham, Montréal

7 février 2009

Non,absolument pas!On ne doit pas tenter par tous les moyens de relancer la 
consommation,quand la crise économique nous pend au bout du nez.Les pays riches que nous sommes, devenus presques comme les pays pauvres d'Afrique.Nous sommes riches en toutes sortes de cartes de crédits. 
Si on presse un petit peu plus le citron,tout le monde va faire faillite,même le gouvernement,parcequ'il n'y aura plus de personne pour payer les impôts 
La recession est très grave,c'est une veritable séisme planétaire. 
Nous sommes à l'aube du XXl siècle,la donne économique à complétement changer.IL faut laisser l'économie chuter à son plus bas niveau au profit des hausses de l'épargne,pour qu'enfin les dépenses soient égales aux revenues d'une personne. 
Heureusement, force est de constater que la population des pays riches a compris plus vite, que ces gens cravatés qui parlent à travers leur chapeau et spéculent sur l'économie,ils sont à l'épargne.C'est toujours le consommateur qui a raison

Ani Kassabian, Montreal

7 février 2009

M. Fillion, vous présenter la question selon deux choix de réponses ou quelque part entre les deux. Dépenser, épargner ou une vertu plus centriste. Au risque de déplaire, (les remèdes ne sont que rarement agréables) je dois vous répondre qu'à mon avis la réponse n'est nullement ni l'un ni l'autre de prime abord. C'est plutôt l'économie elle-même qui est en cause dans son concept et que ceux qui la dirige n'ont vraiment aucun intérêt à voir ce jeu d'argent changer. Vous écriviez il y a peu, que ce sont les travailleurs qui font les frais de cette crises. Il aurait fallu ajouter aussi qu'ils ont toujours fait les frais de son succès. Depuis quelques siècles la démocratie combat la monarchie, la dictature, l'esclavage, etc. Mais à date nous n'avons au mieux qu'instauré le régime social démocrate qui boite encore beaucoup. Simplement parce que cette folie du pouvoir c'est décuplée tout simplement. On tranche la gorge du roi pour s'accaparer de son pouvoir individuellement sur la base du plus fort gagne. Naturel vous direz ? Nous sommes aussi naturellement la seule espèce qui s'entretue ... ??? En économie on apprend que les riches font distinction par rapport aux pauvres. En sociologie on s'en indigne et en écologie on le déplore. En philosophie on se console en espérant des jours meilleurs et en science on se fait rabrouer si on dérange les riches. Ne pensez-vous pas qu'il est plutôt là le problème ? Un flagrant manque de congruence envers l'homme. On est contre la guerre mais on soutient la vente d'armes. On est pour la santé et on encourage la vente de poison. Toujours pour sauver l'économie ! L'économie serait-elle devenu l'ennemi à abattre ? Où y a-t-il de vieux adaptes au féodalisme à prendre en charge ? La question à poser ne serait-elle pas : L'économie comme nous la connaissons, doit-elle être sauvée ?

Jacques Audet, Estrie

6 février 2009

Grâce à ce texte, M. Fillion m'a laissé sans mot. Il s'agit d'une brillante analyse. Rares sont les journalistes qui peuvent aussi bien vulgariser les phénomènes complexes de l'économie. Je cherche toujours mes mots pour laisser un commentaire décent. Je cherche toujours les mots.

Ian Bolduc, montreal

6 février 2009

Un mot clé est contenu dans votre carnet et c'est le mot «avidité. » Ce «fléau» est à l'origine de tous les maux, en ce sens qu'il a permis tous les abus : financiers, environnementaux et politiques. Le résultat est un gâchis planétaire dont les conséquences sont incommensurables : pays en ruine, famine et pénurie alimentaire, extinction des espèces, pillage et gaspillage des ressources naturelles, changements climatiques, etc. Ajoutés à ces dégâts, la surpopulation mondiale, la montée des intégrismes religieux et les guerres récurrentes démontrent que le pire est à venir.  
 
Dans un tel contexte, chaque fois que j'entends qu'il faut relancer la croissance économique, je m'y refuse. Le modèle capitaliste tel que nous le connaissons, basé sur la surconsommation, et surtout profitable aux requins financiers de tout acabit, ne devrait pas être reconduit. Il n'est mathématiquement pas viable, car les ressources sont limitées. L'endettement endémique des citoyens en est la conséquence directe.  
 
Plus concrètement, il est préférable de payer ses dettes et de consommer modérément, autant que possible à l'intérieur de ses moyens. Cela diminuerait la pression sur les ressources naturelles. Il faudrait aussi parvenir à un meilleur partage des richesses entre les citoyens, et faire en sorte que les revenus disponibles de l'état ne soient plus gaspillés en subventions aux multinationales, aux industries polluantes et aux banques délinquantes, mais utilisés pour le bien-être collectif.  
 
Une nouvelle économie qui ne tiendrait pas compte de l'environnement et des enjeux sociaux continuerait à détruire notre monde. Vivre plus simplement devient alors un choix éthique incontournable. Mais je demeure pessimiste.

Marc-André Villeneuve, Saint-Elzéar-de-Témiscouata QC

5 février 2009

RÉPONSE à tous: je vous remercie d'encore contribuer généreusement aux carnets. Vous êtes toujours là, présents et actifs. Hugo Robinson de Baie-Comeau a bien exprimé ce que je ressens en lisant vos commentaires à chaque billet: « Rares sont les tribunes où monsieur et madame Tout-le-monde peuvent régulièrement échanger sur le système dans lequel nous vivons. » Ce partage et cette discussion sont devenus essentiels à mon avis. Pour vous, peut-être. Pour moi, très certainement. C'est inspirant, ça me pousse à travailler mes dossiers, à réfléchir, à chercher. Merci, simplement. 
 
Monsieur Sasseville, restez calme. Bon week-end...

Gérald Fillion, Montréal

5 février 2009

Dépenser : Jamais ! 
C'est exactement ce qui a conduit les USA a ce qu'ils vivent présentement et par ricochet LA PLANÈTE ENTIÈRE.  
Investir en bien durable : CERTAINEMENT  
 
Dépenser en achetant un manteau Louis Garneau ( et je n'ai rien envers cette entreprise ) ça ferait simplement travailler quelques chinois de plus. 
Procéder ce printemps a ce projet , que je reporte depuis 3 ans : Oui ...et je l'aurai enfin ce garage détaché ...et en plus , les Gouvernements vont m'aider. 
Je ferai travailler quelques travailleurs dans une scierie , en plus d'encourager RONA . J'espère au moins que ses clous viennent du Canada. Merci pour vos carnets. 
Continuez votre bon travail. 

Serge Gagnon, St Ferdinand

5 février 2009

On nous demande comment sauver l'économie? Moi je demenderais pourquoi sauvez l'économie? 
 
L'économie est un système, au même titre que la politque ou le judiciaire. Quand un système ne répond plus au besoin de la majorité de la population, on peut le changer. 
 
Alors ce que je vais faire... Je vais consommé (je n'ai pas vraiment le choix) mais selon mes besoins et non mes désirs et en fesant des choix écologiques et socialements responsables. Je vais économiser, non pas comme un pingre mais pour m'assurer qu'en cas de besoin je ne sois pas mal pris. Je vais aussi aider quelques organismes de charités pour améliorer le monde autour de moi et j'ai la conviction que si un peu plus de monde vivaient selon ces principes de la simplicité volontaire et bien le monde serait meilleur.

Sébastien Tétreault, Montréal

5 février 2009

Voici une simplification de notre problème qui je crois est très à propos car celle-ci reflète parfaitement sa source : Cet article nous vient du International Herald Tribune, une autre source d'information des plus crédibles dont il n'est fait aucune mention dans le préambule de ce carnet : 
 
LES PARIAS LES PLUS PRIVILÉGIÉS DE LA PLANÈTE 
Aujourd'hui, je veux vous parler des parias les plus privilégiés de la planète. 
"Autrefois enviés, les banquiers de Wall Street sont désormais moqués", titre le International Herald Tribune. 
Il y a tant de gens sur le dos des banquiers que nous commençons à avoir pitié de ces derniers. Après tout, qu'ont-ils fait de mal ? 
Eh bien... ils ont envoyé l'économie mondiale tout entière sur un océan de dette... accordant même des prêts à des gens dont ils savaient qu'ils allaient couler.  
Et ils se sont accordé des primes sur des profits qu'ils n'avaient pas vraiment gagnés.  
Et ils se sont payé avec le cash dont leurs banques ont si désespérément besoin maintenant. 
Et ils ont créé des torpilles de dettes de plusieurs milliers de milliards de dollars... qui explosent désormais partout sur la planète, menant à 32 000 milliards de dollars de pertes... jusqu'à présent.  
Et ils ont planté le décor pour un cycle de chômage de masse, de grèves, de dépression, de protectionnisme, d'émeutes, de révolutions, de pauvreté... et probablement même de famine.  
Et... ah oui ... ils ont aussi fait sauter leurs propres banques. 
Mais à part ça, ce sont des gens plutôt sympathiques, non ?  
 
Violà donc ceux que nous devons remercier par leur besoin incontrôlé, de leur soif insatiable et leur absence total de respect envers les individus, car pour assouvir leur avarice individuelle et démontrer à leurs semblables qu'ils faisaient eux aussi partie de la course à la richesse démesurée, ils ont détruit notre vie, notre patrimoine et notre dignité en abusant de leurs pouvoirs illimités...

Normand Paré, Austin QC.

5 février 2009

Tout d'abord, je tiens à remercier tous ceux qui prennent le temps de s'exprimer sur les sujets proposés par M.Fillion. Rares sont les tribunes où monsieur, madame Tout-le-monde peuvent régulièrement échanger sur le système dans lequel nous vivons. 
 
À savoir s'il faut consommer ou bien s'endetter, j'estime qu'on nous donne là un choix de condamné à mort: voulez-vous ingérer votre poison vous-mêmes ou préférez-vous qu'on vous ampute un membre de temps en temps? Où est donc passée la production dans tout ce débat, l'autonomie? Pourquoi faut-il à tout prix dépendre d'un système sur lequel personne n'a aucune influence, hormis une clique d'«illuminés», de messies financiers guidant le troupeau dans un champ de mines? Comment peut-on nous faire avaler que nous avons une croissance économique alors que des dizaines de billions de dollars disparaissent en pure spéculation? Comment l'argent créé à partir de rien par es banques peut-il contribuer à une faire croître l'économie?  
 
Bon, je sais, j'ai plus de questions que de réponses et peux avoir tendance à m'étendre, mais pour être en mesure d'agir efficacement en ces temps de crise, il me semble qu'il faille en connaîter les véritables causes. Le crédit immobilier, qu'on cesse de nous la ramener svp, ce sont ceux qui contrôlent l'émission de la monnaie qui sont en cause et à voir comment ils se sortent si bien de la crise, c'est à se demander si tout ça n'était pas déjà planifié d'avance, question d'avoir la main mise sur encore plus de gens et de compagnies. Je n'avancerai pas que c'est un fait, mais faites vos recherches, sur le groupe Bilderberg, la Trilateral Commission, les familles Rothchild et Rockefeller et peut-être trouverez un sens hypothétique à ce que nous sommes en train de vivre. En constatant à quelle vitesse Barack Obama est revenue sur sa clause ''Buy American'', on comprend vite qui les États-Unis ne sont pas l'entité la plus puissante de la planète, mais seulement une autre pièce dans l'échiquier politique des gros joueurs financiers.

Hugo Robinson, Baie-Comeau

4 février 2009

Le problème de base de la société occidentale ne repose ni dans l'un ni dans l'autre des principes évoqués par votre question... en fait, le problème fondamental réside dans le fait de la société de consommation qui nous entoure... 
 
Mais cette consommation est en grande partie due au "standing/statut" qu'apporte l'acquisition de biens de consommation... si on acceptait de réduire nos salaires, et les entrepreneurs, leurs bénéfices... il serait alors possible de réduire le risque de dérapage économique...  
 
Une entreprise de type "coopératif" qui permet à tous de profiter, plus ou moins également, des succès de l'entreprise par un partage des profits et une meilleure coordination de l'industrie dans laquelle s'inscrit l'entreprise... un véritable système de coopération des marchés plutôt que la course effrénée aux profits et à la domination...  
 
Dans cette perspective, c'est toute l'humanité qui pourrait sortir gagnante de ce processus... un processus en grande partie sur la collaboration de tous les intervenants... certes, cela peut avoir l'air d'un système "socialiste" ou "communiste", mais il est vrai que s'il était bien géré par l'ensemble et non pas par une petite "clique de château"... alors, il faudrait voir...

Jules-Hubert Beaulieu, Verdun

4 février 2009

Voila la question qui surgit des ruminations de nos augustes conseillers. 
Maintenant que tous ont pleuré sur les pertes des marchés financiers et sur l'utilisation sans condition des deniers publics pour sauver les fleurons décrépit de notre économie il faudrait au plus vite recommencer ce cul de sac. 
Je ne crois pas davantage aux vertus néo-libérales sans fin qu'a l'obsession du contrôle étatique et de ses séides. 
 
Vivre selon ses moyens est une chose qui semble si compliqué. 
Parce que certain en ont plus que d'autre. 
Souvent parce qu'ont leur à pris. 
La plus grande imbécillité est la croissance infinie et la possibilité que tous deviennent riches. 
C'est mathématiquement impossible! 
C'est humainement utopique. 
Mais les hommes n'apprennent pas autrement que s'ils y sont obligés. Et encore. 
 
La seule chose qui pourrait aider cette humanité est un plus grand partage, mais pour ceux qui ont accumulé n'ayez aucune crainte, cela n'arrivera pas. Même mort tous garderont leur or.

Jean Santerre, Blainville

4 février 2009

En posant cette question M. Fillion, vous sous-entendez que la solution au problème est la croissance économique. Vous tombez dans le piège néo-libéral qui nous fait croire que tous les problèmes disparaissent quand l'économie croit.  
 
En fait, c'est cette croyance qui nous a emmené ou on est en ce moment. On a tout fait depuis une trentaine d'années pour que l'économie continue de croitre et ça a causé une disparité des richesses à l'intérieur des pays et aussi entre les pays. Alors que l'économie croissait, les gens ordinaires s'appauvrissaient et devaient recourir de plus en plus au crédit. 
 
La croissance économique profite principalement aux riches, et les gens ordinaires ne retirent qu'une infime partie des bénéfices. Avec le temps, les écarts augmentent constamment entre ceux qui profitent et ceux qui ne profitent pas. C'est ça le vrai problème. Tant qu'on ne règlera pas ce problème de disparité, il ne sert à rien de faire croitre l'économie. 
 
La question ne devrait pas être épargne ou consommation, mais plutot qu'est-ce qui doit être fait pour que la richess soit mieux répartie.

François Jetté, longueuil

4 février 2009

Bonjour, 
Pour répondre à votre question, moi je dis qu'il faut faire les deux intelligemment. 
Il y a plusieurs années j'ai été sollicité par une publicité du Mouvement Desjardins qui a changé ma vie: " L'épargne, c'est la liberté"  
Comme je crois que la liberté est une des valeurs les plus importantes pour l'homme, j'ai arrêtai de m'acheter des biens périssables et des gadgets et j'ai investis dans les biens durables et les placements sécuritaires. Ainsi je pourrai prendre ma retraite à 55 ans et continuer les activités que j'aime sans problèmes. 
Moi je recommande aux gens d'économiser, d'investir dans des placements sûrs, ils vont mieux dormir. On voit maintenant où l'avidité et la course à la richesse rapide ont conduit la planête. En passant le Mouvement Desjardins vient de sortir un fonds "éthique" qui est intéressant à plusieurs point de vue. 
S'acheter une maison et économiser pour la payer rapidement, c'est le meilleur investissement. La plus belle des voitures ne vaut presque plus rien après 10 ans, alors que votre maison vaudra peut-être 50% de plus... Mais encore faut-il s'acheter une maison selon nos moyens, dans ce domaine là aussi la modération a bien meilleur goût... 
Mais il n'y a pas que les valeurs matérielles, avoir des enfants est encore le plus beau des placements, et permet sans contredit de faire virer l'économie, tous les parents le savent...  
La crise actuelle est l'occasion de réfléchir sur notre style de consommation et de le réorienter afin de mieux respecter l'environnement et les humains de cette terre.

Jocelyn Ouellet, St-Félicien

4 février 2009

Il y a sûrement quelqu'un qui a la bonne réponse à votre question. Probablement des gens très proches des pouvoirs politiques. Y compris ces derniers. S'ils n'ont pas la réponse, on est embarqué sur un bateau sans capitaine. 
 
Je soupçonne que les pouvoirs politiques ne veulent encourager à fond ni l'une ni l'autre des deux options car l'un et l'autre mènent à ce qui pourrait être perçu comme un désastre, un naufrage. 
 
Tous les capitaines des petits bateaux nationaux préfèrent laisser les passagers se rendre compte qu'ils vont frapper plus ou moins fort un iceberg une fois rendu dessus. Ils n'ont pas le courage de donner l'information sur chacune des deux options.  
 
Pourtant cela permettrait un débat public et obligerait à choisir selon les valeurs véhiculées par la majorité des passagers, pas seulement par celles des membres de l'équipage ploutocratique. 
 
Je me demande même parfois si nos capitaines ne privilégient pas tous subliminalement la dépense et l'endettement pour permettre de sauvegarder la richesse de leurs riches équipiers, de continuer à s'accorder des bonus pharamineux et des parachutes pharaonniques.

Guy Archambault, Montréal

4 février 2009

Bonjour M. Fillion, 
dans nos beaux livres d'économie, il n'est pas rare de lire que l'épargne, c'est de repousser à plus tard la consommation de biens que l'on ferait maintenant. Donc, épargner n'est rien de plus que de consommer - et dans notre cas, de surconsommer - dans un futur rapproché. 
Je vous le demande en mille : cela apporte-t-il ne serait-ce qu'une amorce de solution viable et novatrice aux problèmes fondamentaux qu'engendre notre système économique ? Je ne crois pas. Cela repousse la réflexion profonde qui doit être impérativement faite et perpétue l'illusion que notre Seigneur le "Marché", - vous savez, celui qui a remplacé Dieu - fonctionne toujours bien et de la même façon pour tout le monde. Le marché fonctionne bien pour ceux qui le manipule, M. Fillion. Je ne pense pas vous apprendre quoi que ce soit en affirmant cela. Alors, tant qu'à consommer plus tard et retarder la prise de conscience nécessaire, consommons tout de suite, endettons-nous pour que ça repète au plus vite. 
Malheureusement, la crise actuelle ne semble pas suffisamment violente pour que la "décristallisation", selon l'expression du psy managérial Kurt Lewin, soit effectivement ressentie comme nécessaire par tous et chacun.

René Trudel, Québec

4 février 2009

Que le gouvernements et les « décideurs » laissent les gens faire ce qu'ils veulent. Dans une société, il y aura toujours des personnes qui vont économiser, d'autres qui vont consommer selon leurs revenus, et d'autres qui vont dépenser plus que ce qu'ils ne gagnent. Le tout arrive à un équilibre, et le marché doit s'adapter. La crise actuelle est due à une surabondance de consommation encouragée par l'industrie complice avec les gouvernements et les institutions financières. L'indice de l'endettement dans nos pays occidentaux est astronomique, et ce n'est pas en poussant le bouchon encore plus loin qu'on va se sortir du problème.  
 
L'interventionnisme en faveur d'une consommation accrue ne fera qu'aggraver le problème qui, après un petit rebond de l'économie, va ressurgir avec encore plus de sévérité . Nous ne serons plus en face d'une crise, mais en face d'un monstre. La route s'annonce rude et pénible avant que l'équilibre naturel des choses puissent se rétablir. Nous sommes en face d'un choix de société, mais l'appât du gain et les humains étant ce qu'ils sont, je ne me fais pas trop d'illusions

Solange Petit, Longueuil

4 février 2009

Après encouragé pendant des années l'endettement des particuliers en offrant le crédit facile pour soutenir la croissance dont il est le parasite l'état providence est maintenant obligé de revenir à sa bonne vieille méthode qui est de s'endetter lui même. 
 
J'ai toujours crû que l'état providence était une utopie, une proposition insoutenable qui ne tient qu'à condition que de nouvelles générations toujours plus nombreuses paient pour les frasques des anciennes.  
 
Évidemment l'édifice ne s'effondrera pas d'un coup sec, cela se fait peu à peu, étape par étape et différemment selon les pays. Certains pays accepteront les réformes, d'autres sombreront dans des troubles sociaux, d'autres réagiront peut-être de façon autoritaire, certains laisseront simplement les services et les infrastructures décrépir dans un immobilisme malsain (c'est le cas du Québec semble-t'il), d'autres feront bruyamment faillite, etc.... Mais d'une façon ou d'une autre tous seront affectés. 
 
Cette crise actuelle constitue une étape importante vers le démantèlement de l'état nounou. Évidemment l'état providence n'admettra pas son échec de lui même, pour changer il doit être aculé au pied du mur. 
 
C'est ce qu'accompli cette crise, en forçant les états à emprunter des sommes gigantesques pour soutenir leur économie et leur train de vie elle les accule au pied du mur. Après cette crise des grand pays comme les USA, la France, le Royaume Uni et bien d'autres (incluant notre petit Québec) n'auront plus le choix, leur endettement aura explosé et l'endettement des particuliers restera saturé, ils devront couper pour empêcher la spirale de l'implosion. Turbulences en perspective...

Pierre Brasseur, Vaudreuil

4 février 2009

Excellent article M. Fillion! 
 
Épargner ou s'endetter? Dans la situation actuelle, si on épargne, on nuit au système et à l'économie. Si on s'endette, on ne fait qu'agraver le problème pour plus tard. 
 
Ceci est une ''preuve'' à mes yeux que ce système de croissance illimitée (le capitalisme dans sa forme actuelle) dans un monde fini est à son appogé et à la veille de tomber. 
 
Moi je crois que tout devra s'effondrer, avoir une grave dépression économique pour remettre les pendules à l'heure. Ça fera mal on le sait. 
 
On nous dit maintenant que l'épargne nuit à l'économie parce que les gens dépensent moins. 
 
Réalisez-vous l'ampleur de cette situation? Je trouve cela très grave! 
 
Quel est le but de l'économie? Pourquoi on entretien ce système au prix de l'aliénation des individus, de la destruction de l'environnement et de cette course folle qui nous mène droit dans un cul de sac? 
 
Ce qui est épeurant, ce n'est pas la peut-être dépression à venir mais l'occasion de manquer, peut-être, un moment historique pour réformer, voir changer ce système de croissance économique pour maintenant se tourner vers un système de restauration économique et de l'environnement. 
 
En d'autres mots, de faire en sorte que l'économie soit au service des gens, non rester dans un état d'esclavage salariale qui nous endort dans l'hyper-consommation et les mirages de la publicité.

Yan Fortin, Lachine

4 février 2009

M. Fillion,  
Je pense que c'est votre meilleur carnet depuis longtemps. Enfin on parle des causes du problème. 
 
Personnellement, je pense qu'un individu sera toujours mieux placé pour bien utiliser ses revenus que le gouvernement. D'ailleurs on nous dit dans les nouvelles depuis des années que les ménages sont endettés à cause de la surconsommation. Si les gens décident qu'il est temps de mettre de l'argent de coté ou de payer leurs dettes, ils sont les mieux placés pour savoir ce qui est bon dans leur situation car ils ont des responsabilités à assumer. 
 
De l'autre coté, les gouvernements veulent soutenir la consommation à tout prix car sinon, ils ne seront pas réélus. Les gouvernements font souvent le contraire de ce qu'un individu normal ferait car ils n'ont pas de responsabilités réelles à assumer. Ils dépensent en temps difficile lorsqu'il serait temps de payer leurs dettes et de se serrer la ceinture. 
 
Finalement, il y a les banques centrales qui sont les instruments des gouvernements. Ils ont créé des quantités de monnaie énorme pour soutenir une fausse croissance économique. Je tiens ici à souligner à ceux qui se soucient beaucoup que de l'écart des richesses en riches et pauvres, que la création de monnaie par une banque centrale est la meilleure façon d'accroitre les inégalités entre riches et pauvres. En fait, la monnaie créée passe avant tout par les mains des riches qui en profitent et en même temps, l'augmentation de la quantité de monnaie sur le marché diminue le pouvoir d'achat de tous les autres. Résultant, des riches plus riches et une classe moyenne ressemblant de plus en plus à la classe pauvre. N'est ce pas ce qui se passe réellement?? En passant, la banque centrale n'est pas une invention du libre-marché mais bien une invention de l'interventionnisme étatique.  
 
Épargner n'est jamais mauvaise pour une société. Le Japon s'est relevé de sa défaite en 45 et est devenu le deuxième pays le plus riche au monde avec deux mesures : favoriser l'épargne et encourager l'éducation.

Jacques Marceau, Ottawa

4 février 2009

Je crois que la question est légèrement tordue. Les sources d'informations qui ont attiré votre attention dont vous citez les critiques dans votre article sont pigées en Grande Bretagne, en Europe et aux États-Unis. Oui, bien sûr, comme vous me l'avez martelé dans un autre carnet, nous vivons la crise causée par nos voisins et autres pays directement reliés à notre économie et nous subissons les effets cette crise qui a été créée par la SURconsommation, ne l'oublions pas, la consommation est et sera toujours présente car nous devons tous nous nourrir, nous vêtir, nous déplacer, que ce soit pour consommer ou aller travailler, donc nous consommons maintenant de manière continue et normale, dans le vrai monde. Que nos policiens en veulent encore plus pour maintenir les profits et dividendes de leurs petits amis, je peux très aisément le comprendre. Toutefois, ces imbéciles demandent à ceux qu'ils ont abusés de serrer un cran de plus la corde que les hauts dirigeants ont encouragé en laissant le marché faire sa loi, ce qui a provoqué l'endettement des particuliers et nous situe maintenant dans une dépression mondiale majeure... Et maintenant, ils nous disent que nous devons les aider à nous étrangler jusqu'à notre dernier souffle en contribuant au redémarrage de la SURconsommation... Je crois que la dette qu'ils ont contribué et même encouragé à créer par leur manque total d'éthique, ils veulent maintenant nous faire payer leurs imbécilités ( bien malgré nous, bien sûr ) en créant des déficits et d'autres bulles de crédit... Comme quoi, la mer des imbéciles est loin d'être tarie, mais NOUS, leurs affluents qui les nourrissons de $Milliards de nos dollars, serions-nous maintenant suffisamment réveillés pour fermer les vannes des barrages et les laisser sécher, d'exiger de rapatrier les sommes énormes de leurs petits amis qui sont allées s'échouer dans les paradis fiscaux, un petit coup de marteau de plus sur le clou de la justice et de la conscience sociale ferait très grand bien Monsieur Fillion, qu'en dites-vous ?

Normand Paré, Austin QC.

4 février 2009

Un pape a déjà dit que le peuple faisait de toute façon ce qu'il veut. Mais avec son budget, chacun fait ce qu'il peut, pas ce qu'il veut! 
 
Les spécialistes des banques centrales sont les mieux placés pour comprendre le phénomène d'épargne ou d'endettement des individus. Ça fait 30 ans qu'ils jonglent avec les taux d'intérêt pour influencer le phénomène dans un sens ou dans l'autre. Par exemple, une hausse des taux va diminuer l'accès au crédit et favoriser l'attrait de l'épargne, ayant pour effet de freiner le niveau de l'activité économique. Inversement pour une baisse des taux. Les banques centrales ne rendent pas public certaines de leurs études ou les nombreuses critiques démontrant les graves lacunes de tant faire varier les taux d'intérêt. Elles ne veulent surtout pas donner une ouverture à un débat public là-dessus, car cela ferait la démonstration qu'elles sont la cause première de la crise actuelle. 
 
Il est évident que pour se sortir de la crise, pour soutenir le Privé, il faut consommer. C'est la raison des bas taux d'intérêt actuels. Mais une baisse des taux prend tellement de temps avant d'agir de façon significative sur l'économie! C'est une gestion aveugle. Il faudra plus tard augmenter les taux pour provoquer le phénomène inverse... mais quand le faire? Un vrai jeu du hasard!!! Le plus grave c'est que ça complique inutilement la bonne planification à long terme que nous devons tous faire, autant pour l'État, le Privé ou les individus. 
 
Ceux qui décident d'épargner alors que les taux d'intérêt sont bas se pénalisent puisque les placements rapportent peu et ils ne profitent pas des aubaines qui se présentent en temps de crise. Toutefois, l'épargne de ces personnes, par le système multiplicateur de création de monnaie des banques commerciales, va permettre à d'autres, peut-être plus futés, d'en profiter. Il ne faut pas être contre cet effet multiplicateur de l'endettement. Comme tout autre outil utile, mais potentiellement dangereux, il s'agit de bien l'utiliser.

Patrice Bernard, Amos

4 février 2009

Jamais autant de gens ne se sont intéressés à l'économie tout d'un coup. Quant à moi, toute petite contribuable/consommatrice, j'ai perdu 12,000$ en quelques jours sans que ma planificatrice financière Desjardins ne m'avise que mon tout petit héritage fondait à vue d'oeil. Et tellement de monde à qui je parle ont aussi perdu de l'argent, des sommes énormes comparées à leurs économies de toute une vie. Où les banques avaient-elles mis tout cet argent? Tout notre argent? Où est-il passé? Que va-t-il nous arriver? Pour dépenser, ou pour économiser, il faut avoir de l'argent. J'ai perdu mon travail et une bonne partie de mes économies. Je n'ai aucun fonds de pension et j'ai 60 ans. La machine ne fonctionne plus et se dégrade à tous les jours un peu plus. Je ne crois pas que la situation va s'arranger dans un futur proche. Je ne crois plus rien de ce qu'on me dit. Il n'y a plus beaucoup de ressources à exploiter sur ma planète. Il n'y a plus de continents à coloniser. Le climat change. Le pétrole disparaît qui nous a permis d'échafauder notre beau mode de vie. Alors, plutôt que de me demander si je vais dépenser ou épargner, je me demande si je vais juste vivre. Et comment? Certainement que les riches ne vont pas m'aider ou partager avec moi ou payer les études de mes enfants ou me donner une chance de m'en sortir. Parce que, si j'ai bien compris le système, il n'y a aucun intérêt à être riche si on n'a pas beaucoup de pauvres à qui montrer nos richesses. Et tout ce peuple qui admire les sportifs, artistes d'Hollywood qui leur crachent dessus avec leurs fortunes indécentes. Bon, 300 mots, je vais prendre mon anti-dépresseur.

Pierrette Briand, Montréal

3 février 2009

L'homme d'État, le scientifique et l'autodidacte Benjamin Franklin estimait qu'en toutes choses se trouvaient un juste milieu. Entre le laisser-faire, laisser-aller et le dirigisme sans égard au respect du bien et des droits des individus, il se trouve une voie médiane que le bon sens commanderait d'utiliser en tous temps et qui pourtant est la voie la moins fréquentée. 
 
Sans aucun doute, les canadiens devraient impérativement réduire leur endettement, tout le monde. J'ai déjà dans vos carnets pris position sur ce point. Maintenant la question est de savoir s'il est possible d'augmenter la consommation et de réduire l'endettement ? Techniquement si vous n'êtes pas ou peu endetté vous pouvez consommer, la différence réside dans le fait qu'au lieu de suivre les modes, vous suivez vos besoins. Ce que nous observons, c'est que ceux qui consomment le plus ne sont pas ceux qui ont le plus besoin lorsque certaines personnes sont privées de tout ou que d'autres n'ont plus d'autre choix que de se priver de tout lorsqu'elles atteignent un niveau de dette intolérable. Qui plus est l'endettement engendre pour certains de la transcendance mais pour d'autres une accumulation terrible de stress. Quel est le coût du stress dans une économie de marché ? De plus, il est formidable de consommer, mais quels biens ? Qui plus est on associe notre consommations aux biens personnels lorsque nous consommons aussi des biens collectifs. Lorsque nos infrastructures tombent en désuétude, c'est autant de bien collectif qui s'en va et c'est autant de perdu collectivement par tout le monde. Aussi il faut regarder la consommation sous toutes ses formes et pas seulement en termes de biens et de services aux particuliers. Voir en cette direction : accroître progressivement la consommation globale sans à toutes fins utiles augmenter ses propres dépenses. Ce sont certaines notions de marketing produits qui gagneraient à être revues et re-profilées. Après tout c'est bien bien « smart » de payer ses dettes !

Serge Drouginsky, LeMoyne

3 février 2009

Crise économique, le grand gagnant est... 
 
Bon, financièrement parlant, je ne crois pas qu'on va se mettre riche avant plusieurs années. Mais professionnellement je pense que les gens qui s'y connaissent en économie devraient mieux s'en sortir que la moyenne des ours pour les 4 ou 5 prochaines années. Ainsi donc, je vous prédis que le prochain Bernard Derome, l'homme né de la crise d'octobre 70, sera Gérald Fillion de Radio-Canada ! Intelligent, posé et vif, il confirmera qu'en communication, l'important, c'est le timing...Le téléjournal avec Gérald, c'est pour bientôt ! 
Suite sur LeBlogue.ca

Sasseville Jean, Quebec

3 février 2009

Je partage complètement le point de vue de M. Louis David Bonneau. L'argent, sa nature même, mais surtout l'usage qu'en ont fait les idéologues néo-libéraux et néo-conservateurs, est la source et la cause du problème. 
 
L'endettement et les taux d'intérêts, couplés à l'inflation, constituent une spirale infernale qui ne fait qu'enrichir une très petite partie de l'humanité, au détriment de l'écrasante majorité. L'endettement rend l'Homme esclave du marché, lequel n'enrichi que les plus possédants. 
 
Or, à une époque marquée par la surabondance des productions matérielles et agro-alimentaires, plus de gens que jamais n'ont pas accès au minimum vital, ce qui en soi constitue le plus important problème auquel fait face l'humanité, bien avant le réchauffement climatique.  
 
En gros, nous n'avons jamais produit autant pour un si petit nombre de personnes. Ce gaspillage honteux des ressources matérielles et alimentaires de la planète doit être freiné. 
 
Pensez qu'avec la production mondiale actuelle, nous pourrions nourir, vêtir, loger, éduquer et amuser l'humanité entière. Pourquoi si peu de gens sont-ils si riches alors que tant d'autres personne tout aussi valides meurent de faim et croulent sous les dettes? Au-delà du bla-bla savant des économistes, qui pourrait contredire le fait que l'argent même est un outil sauvage et hors contrôle qui doit être mieux administré, distribué plus équitablement, en admettant qu'on ne puisse trouver de substitut à l'argent - ce dont je doute?

J.F. Allard, Saint-Lazare

3 février 2009

L'augmentation du taux d'épargne aux États-Unis n'indiquent pas que toutes les classes de la société ont un taux d'épargne analogue surtout dans la mesure que la redistribution de la richesse réelle a été la plus inégale depuis les années 30. 
 
Pour ma part, je crois que la baisse du taux de consommation est un indice plus signification. La classe moyenne consomme moins car elle est rendue au bout de son endettement. Sur ce point, l'indécence des banques a atteint des sommets lorsque, dernièrement, elles ont augmenté leur taux d'intérêt sur les marges personnelles de profits, N'oublions pas aussi les taux scandaleux d'intérêt maintenus de façon artificielle sur les cartes de crédit. 
 
Le taux d'épargne indiquerait plutôt qu'une minorité riche a commencé à restreindre leur consommation d'articles de luxe. Elle a mis dans son bas de laine des montants d'argent pour des temps plus durs. 
 
Quant à la classe moyenne, elle continue à payer pour son endettement. Elle s'est livrée pieds et mains liées aux banques qui les étouffent. 
 
En somme pour répondre à votre question, il faut un changement profond dans la redistribution de la richesse. Mais ceux qui sont au pouvoir, ont-ils le courage de s'attaquer à ce fléau ? On ne mord pas la main qui nous nourrit...

Jean Archambault, Montréal

3 février 2009

Mr Fillion, 
 
Pour répondre à cette question, il faut remonter à la source du problème qui est la nature même de l'argent. Elle explique pourquoi les politiciens insistent pour que les gens continuent de dépenser et surtout d'emprunter.  
Je crois d'ailleurs que la nature de l'argent ferait un excellent sujet de carnet (Il y a bien plus que les billets de banque)

Louis David Bonneau, Gatineau

3 février 2009

C'est dans le juste milieu que se trouve la vertu!... Citation rapportée de Jacques Gaillot, évêque de France. Donc la réponse est là. Épargner le premier 10%, et consommer le 90% ensuite. Mais nonobstant cette belle parole, chaque individu est un maillon de la société. C'est à chacun d'être nous de se solidifier, nonobstant les instructions de X, y ou z. Peu importe le cycle économique, il sera toujours d'actualité de ne pas avoir de dettes ayant servies à financer des biens de consommation déjà consommés. Toujours d'actualité aussi d'épargner un minimum de 10% de son revenu, placés d'abord en REÉR, ensuite le débordement pouvant être placé dans le CÉLI. Des dettes pour financer des actifs pouvant trouver place dans le bilan ne sont pas odieuses/ignominieuses. Que chaque maillon respecte ces règles basiques, et la société s'en portera mieux.

Jean Tremblay, Montréal

3 février 2009

C'est une première pour moi, d'écrire au sujet de l'économie. Je ne suis aucunement économiste, mais une simple "citoyenne". 
 
Personnellement, j'ai été élevée avec la pensée de..."l'argent, il faut que ça roule". 
Quoi dire de plus? 
 
D'après ma simple logique, la solution serait de dépenser, car de l'argent épargner est de l'argent qui "dort". En tout cas pour celui qui le mets de coté. Il fait des "petits" mais...pour plus tard, et si, plus tard, tous se mettent à le retirer en même temps...il arrive ce qu'il arrive en ce moment.... 
 
Mais, d'un autre coté, quand je dis dépenser, je ne parle pas "à crédit" mais en belle pièce de monnaie (ou interac).  
 
Si le monde arrêterait de vouloir faire de l'argent avec de l'argent...tout serait si simple!

Micheline Bousquet, St-Jérôme

3 février 2009

Sauf si vous envisager de perdre votre emploi sous peu IL EST TEMPS DE DÉPENSER, le temps de visiter les régions, d'aller au théatre, voir des spectacles faire des rénos et le gouvernement devrait absolument faire de la publicité afin d'inciter les gens à encourager nos artistes et artizans, nos producteurs etc. Pourquoi qu'une infirmière, un enseignant ou toutes personnes dont son emploi n'est pas menacé ne serait pas encourager par la publicité à faire fonctionner l'économie ?

Suzanne Lauzière, Mascouche

3 février 2009

Le problème c'est les extrêmes.  
 
Durant des années des bulles on artificiellement augmenté le pouvoir d'achat des consommateurs. Des portefeuilles et maisons qui gagnaient en valeur. L'enrichissement... sur papier. Le tout ajouté à un emploi stable dont le salaire croit annuellement. Consommation à outrance.  
 
Alors que les bulles se dégonflent, la vraie valeur des actifs apparait. Et sans cette valeur artificielle le rythme de vie des dernières années semble alors exagéré. Et il l'était.  
 
Maintenant c'est l'ajustement. Comme lors d'un dérapage sur une route glacée, il faut éviter de donner un trop gros coup de volant. L'épargne à outrance n'est pas bonne pour l'économie ni pour les individus. La consommation au rythme des dernières années n'est pas plus souhaitable.  
 
Actuellement alors que le rythme de l'épargne augmente il est naturel que les gouvernements tentent de ramer dans l'autre sens. L'idée étant d'en arriver à un équilibre soutenable entre consommation et épargne.

Alain Cloutier, La Prairie

3 février 2009

Les politiciens voudraient que les gens continuent à dépenser et que les banques continuent de prêter sans égard aux risques. Bref ils veulent plus de ce qui a causé la crise, ils veulent fuir en avant. 
 
Le marché en a décidé autrement, comme il se doit.

Pierre Brasseur, Vaudreuil

3 février 2009

Un peu bizarre comme question...Vivre simplement ne coûte pas si cher que ça M. Filion. La question qui se pose, je pense, c'est dans quel genre de société voulons-nous vivre, destructive (économie traditionelle) ou constructive (économie verte). Personellement, j'opte pour le deuxième choix et nos gouvernements en place n'ont aucunes idées par où commencer. Béchard annonce aujourd'hui que Hydro et la province vont devenir le RÉSERVOIR d'énergie verte pour les USA. Effectivement, continuons à tout prix de barrer nos rivières pour les autres en se faisant passer en catimini par Hydro l'excuse qu'ont va ou qu'il vont manqués d'énergies. Notre province et nos rivières sont entrain de se fairent scapés et le gouvernement appuit en plus! Que de faussetés mensongères et je suis poli. Les vraies énergies Vertes commences à faire leurs apparitions, de là l'empressement d'Hydro d'harnacher le plus de rivières possibles, le tout de façon totalement arbitraire et dysfonctionnel vis à vis du réel énergétique et environnementale auquel nous faisons face. Leurs propos sont cousus de fil blanc.Hydro prend le peuple pour des cons, ce qui est faux!Quelle décrépitude! Merci!

Yves Filiatrault, Ste-Véronique

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