24 septembre 2008
Moraliser le capitalisme financier
On apprenait mardi soir que le FBI avait ouvert une enquête sur Fannie Mae, Freddie Mac, Lehman Brothers et AIG à propos de la publication possible de fausses informations en lien avec les hypothèques à risque élevé.
Ces entreprises feraient partie d'un groupe de 24 sociétés de Wall Street soupçonnées d'avoir trompé citoyens et investisseurs. Ça ne sent pas très bon...
C'est dans ce contexte de haute suspicion et au moment où on attend de voir si le plan de sauvetage du président Bush sera adopté que le président de la République française Nicolas Sarkozy s'est avancé au micro des Nations unies mardi matin.
Vous aimez ou vous détestez Nicolas Sarkozy, c'est votre prérogative. Vous avez peut-être voté pour lui ou contre lui si vous aviez le droit de vote en France aux dernières élections présidentielles. Peu importe ce que vous en pensez, je pense qu'il vaut la peine de lire des extraits de son discours prononcé devant les chefs d'État et de gouvernement rassemblés aux Nations unies à l'occasion de la 63e Assemblée générale de l'institution.
Ce n'est pas un hommage à Nicolas Sarkozy, ce n'est pas une prise de position. Je veux simplement vous faire lire et réagir sur le discours d'un important chef d'État, qui s'est prononcé sur la crise financière devant d'autres hauts dirigeants de la planète à l'ONU.
Reconstruire le capitalisme
Extraits du discours de Nicolas Sarkozy, 23 septembre 2008
« On ne peut pas attendre pour moraliser le capitalisme financier. Trop longtemps, nous tous, nous nous sommes résignés à l'impuissance. Et trop longtemps, nous avons reculé devant la nécessité de doter le monde globalisé des institutions qui permettront de le réguler. On ne peut plus gouverner le monde d'aujourd'hui, celui du 21e siècle, avec les institutions du 20e siècle. Nous avons un siècle de retard. »
[...]
« Un monde nouveau est en train de naître. À travers tous les succès, mais aussi toutes les crises qui secouent la planète. Mais, ce monde nouveau, nous ne devons pas le subir. Nous devons le construire. Alors, apprenons à gérer collectivement les crises les plus aiguës que nuls, pas même les plus puissants d'entre nous, ne peuvent résoudre seuls.
Ma conviction, c'est que le devoir des chefs d'État et de gouvernement des pays les plus directement concernés est de se réunir avant la fin de l'année pour réfléchir ensemble aux leçons à tirer de la crise financière, qui est la plus grave qu'ait connue le monde depuis celle des années 30. Qui pourrait comprendre que les principales économies ne prennent pas le temps de se réunir pour discuter de ce que nous devons faire ensemble, des leçons que nous devons tirer de ce qui s'est passé?
Reconstruisons ensemble un capitalisme régulier et régulé, où des pans entiers de l'activité financière ne seront pas laissés à la seule appréciation des opérateurs de marché. Reconstruisons un capitalisme où les banques feront leur métier. Et le métier des banques, c'est de financer le développement économique. Ce n'est pas d'alimenter la spéculation.
Reconstruisons un capitalisme où les règles prudentielles s'appliqueront à tous et serviront à prévenir et à amortir les crises au lieu de les aggraver. Construisons un capitalisme où les agences de notation seront contrôlées et sanctionnées lorsque ce sera nécessaire. Où la transparence des transactions remplacera l'opacité. L'opacité est telle aujourd'hui qu'on a du mal à comprendre ce qui se passe. Où les modes de rémunération ne pousseront pas des prises de risques déraisonnables et où j'assume mes responsabilités en disant que ceux qui ont mis en danger l'argent des épargnants soient sanctionnés et assument enfin leurs responsabilités.
C'est possible d'y arriver à une condition: que nous travaillions ensemble. Dans notre monde globalisé, le sort de chacun est lié à celui de tous les autres. »
Nicolas Sarkozy est allé un peu plus loin dans un discours devant des banquiers new-yorkais lundi soir: « Nous, mes chers amis, qui sommes dans ce lieu magnifique, nous devons nous interroger sur nos responsabilités. Aujourd'hui, des millions de gens à travers le monde ont peur pour leurs économies, pour leur appartement. [...] Qui est responsable du désastre? Que ceux qui en sont responsables en soient sanctionnés en rendant des comptes. »
Qu'en pensez-vous?
Retrouvez Gérald Fillion au Téléjournal (à 21 h HE à RDI et 22 h HE à la Première Chaîne), au Téléjournal Montréal (18 h HE), dans les les téléjournaux de plusieurs stations du réseau et à RDI (16 h 15, 17 h 15 et 18 h 30). On peut aussi l'entendre à la radio, à L'heure des comptes et dans les émissions du retour à la maison partout au pays.
27 septembre 2008
Je pense que le discours de Monsieur Sarkozy est complétement dépassé par les événements.Les secousses sismiques que subissent les Etas-Unis surpassent l'échelle de Richter.Ils sont sur la corde raide, d'un côté c'est un gouffre sans fond, de l'autre c'est Georges Bush qui feint un acte de contrition et lance de façon cavalière une bouée de sauvetage avant son départ.
Monsieur Sarkozy est un beau parleur,ce n'est pas ses belles paroles, qui vont mettre de l'order dans le"casino financier" des Etats-Unis,qui vont améliorer la situation précaire que vivent les Américains.Il faut avoir les deux pieds sur la terre ferme, des milliers d'entre eux se retrouvent sans logis, sans travail,sans argent, et l'hiver est à leur porte
Ani Kassabian, Montreal
27 septembre 2008
Une histoire parmi des millions d'autres.
Nous sommes à New York en 2002. Paul et Mary viennent d'avoir leur 2e enfant et cherchent un plus grand loyer. Suivant l'exemple de leurs amis, ils se présentent à la banque où un conseiller leur confirme qu'un prêt hypothécaire est disponible. Le rêve de leur vie se réalise!!!
Pour donner le bon exemple aux enfants on arrête de fumer. Cela va permettre l'achat de quelques meubles. Au printemps 2003 on doit remplacer le réfrigérateur. Tant pis, on n'ira pas se promener pour les vacances. Ce n'est pas grave car on est si bien chez-nous avec notre petite famille, notre petit jardin et le petit carré de sable.
À l'été 2004, avec une petite hausse de salaire, une hausse de la valeur de la maison et l'acceptation de l'hypothèque révisée à la hausse, on a même les moyens de changer l'auto.
Début 2005, la banque hausse les versements mensuels de 200$ pour tenir compte des nouveaux taux d'intérêt sur le marché. En se serrant la ceinture, on tient le coup en se croisant les doigts...
Début 2006, une autre hausse de 200$ par mois! Cartes de crédit, les versements accusent des retards, la propriété perd de la valeur, inutile de vendre. La banque reprend la propriété. Le beau rêve s'écroule!!!
Paul et Mary, de retour dans un petit loyer avec leurs 2 enfants et un 3e attendu dans quelques mois, se font expliquer que la FED se devait de hausser ainsi les taux d'intérêt devant la surchauffe de l'économie et une possible résurgence de l'inflation. Ils ne comprennent pas...
Ils se rappellent seulement que leurs parents répétaient sans cesse que l'inflation c'était comme le chien qui court après sa queue, du vent quoi. Comment les grands de ce monde sont-ils impuissants devant un tel "petit" phénomène? Ils ne comprennent pas...
Ils en veulent à la société. Ils commencent à boire. Ils connaissent le chemin des comptoirs alimentaires de leur nouveau quartier où la criminalité est visible. Ils s'inquiètent de l'avenir de leurs enfants. Ils ne comprennent pas...
Patrice Bernard, Amos
26 septembre 2008
La source du problème c'est le contrôle étatique du crédit, c'est la FED et les autres banques centrales.
En 1847 quelqu'un préconisait:
La "centralisation du crédit entre les mains de l'Etat, au moyen d'une banque nationale, dont le capital appartiendra à l'Etat et qui jouira d'un monopole exclusif."
Son nom? Karl Marx.
Tant que le crédit demeurera sous le joug d'un monopole étatique faisant partie de l'arsenal de l'état providence nous irons de crise en crise.
Pierre Brasseur, Vaudreuil
26 septembre 2008
Qu'un politicien nous dise qu'il lui (ainsi que ses collègues) reste encore plein de choses dans lesquelles intervenir pour "y mettre de l'ordre" ne me semble pas très nouveau.
Dans le jargon, on appelle ça "justifier sa job".
Francis Ducharme, Montréal
26 septembre 2008
Cf. M.Bastien
L'accessibilité au crédit a été facilité par des société capitalistes telles Fannie Mae er Freddie Mac, qui ont créé ce désordre immobilier à des fins de rentabilité financière. L'État-Providence est un ensemble de mesures pour protéger les plus démunis. La sécurité sociale aux États-Unis ne se comparent pas à celle des autres pays capitalistes. L'aide sociale et les pensions sont tellement dérisoires que les personnes âgées de plus de 65 ans travaillent souvent chez Mcdo et dans les grandes surfaces. Le manque de revenus est leur seule raison pour travailler. Ce n'est pas le droit au travail, mais bien l'obligation de travaiiller pour se payer un petit logement et une alimentation souvent déficiente. Ne parlons même pas du système de santé qui laisse plus de 70 mllions d'Américains sans aucune couverture.
Je le répète le gouvernement américain a mis en place un État-sécuritaire et non un État- Providence. L'intervention économique actuelle mise de l'avant par Bush, ce n'est pas de l'État-Providence mais un État-Sécuritaire à la solde du complexe militaro-financier. Plus de soldats, plus de policiers, plus de gardiens de prisons, plus de garde nationale, voilà comment fonctionne cet Etat minimal.
Quant au sauvetage des banques financières, c'est un opération menée par Wall Street: un point, c'est tout.
Jean Archambault, Montréal
26 septembre 2008
Bonjour M. Fillion,
Voilà un discours qui amène de l'air frais sur ce qui se passe. Doit-on moraliser le capitalisme? Poser la question, c'est y répondre.
Je dirais même qu'il faut réformer le capitalisme. Car dans sa forme actuelle, nous nous dirigeons tout droit dans un mur!
M. Sarkozi mentionnais que nous gérons le capitalisme du 21e siècle avec des outils du 20e siècle. Je dirais que nous gérons même le capitalisme de la façon dont il est né au moment de la révolution industrielle dans les années 1800.
On voit ajourd'hui que la façon dont il est géré, il n'a aucun sens:
1) Croissance illimitée à une époque où l'on croyait les ressources illimitées. Ce n'est plus le cas.
2) Le capitalisme est maintenant servie par les travailleurs, non le contraire. Au début, le capitalisme était un véhicule au service des gens.
3) Le système ne fait que produire des déchets et ne respecte pas vraiment la nature, on commence à peine. Nous sommes dans un monde fini. La nature, elle, ne produit pas de déchet, pourquoi en produisons-nous?
Bref, le système doit servir les gens et les communautés et doit être profondément remis en question.
Espérons que nos politiciens auront le courage de mettre la main à la roue.
Yan Fortin, Lachine
26 septembre 2008
Ce qui me fatigue avec les opinions telles que celles de Gérald Fillion est cette notion que tout ça serait un gigantesque accident dû à trop de "laisser faire" et au laxisme réglementaire des états de droit (ou pire selon certains l'état aurait été corrompu par les riches qui voulaient profiter du système) qui aurait permit au "capitalisme sauvage" ne nous mener à la crise actuelle.
C'est simpliste et surtout c'est incohérent avec la réalité de l'ensemble des faits.
Par exemple la possibilité d'assembler des hypothèques en produits dérivés à été introduite sous Clinton, un politicien qu'on peut difficilement accuser d'encourager le "laisser faire" et le "capitalisme sauvage".
De plus ces réglementations visant à faciliter le financement des hypothèques se sont accompagnées d'un ensemble de mesures visant à stimuler et garantir le crédit pour les particuliers. Le tout pour utiliser une expression chère aux politiciens pour "stimuler l'économie".
Difficile de croire que tout cela n'était pas fait volontairement, intentionnellement, en fait on voit bien qu'il s'agit d'un tir groupé vers un même objectif.
Or pour quiconque comprend comment fonctionne le marché toutes ces interventions sont amplement suffisantes pour faire dérailler les marchés et mener à la crise actuelle.
Cette crise n'est pas dû à la non intervention de l'état ,au laisser faire, en fait c'est précisément le contraire.
Pierre Brasseur, Vaudreuil
26 septembre 2008
Sarkozy? Chers Français!!! Encore à faire la leçon au monde alors que leur état est sur le bord de la banqueroute.... Pendant que Sarko se pavanait à l'ONU sa ministre Lagarde faisait du lobby auprès des américains pour qu'ils sauvent AIG qui assure 300 milliard de "produits dérivés" tenus par des firmes Européennes...
M. Archambault, l'état providence c'est plus que les garderies à 7 piastres! C'est d'abord la Social Security avec Medicare et Medicaid (L'état américain dépense autant en santé que le notre en fonction du PIB), c'est aussi le système d'éducation public, l'assurance des dépôts bancaires, l'armée qui fait travailler des centaines de milliers de gens. C'est aussi (et peut-être surtout) le contrôle de la monnaie (avec les taux d'intérêt de la Fed aussi bas que 1% en 2003), sans oublier bien sûr le support aux sociétés mandatées par le congrès que sont Fannie May et Freddie Mac.
L'occident en entier doit une bonne partie de sa croissance ces dernières années au crédit facile encouragé par les banques centrales et les mesures étatistes de soutient à l'immobilier (garanties de prêts hypothécaires, réglementations incitatives, déductions fiscales, etc..). Grace à cette activité économique les états providence ont pu financer leur croissance (plus rapide que celle de l'économie). On est maintenant au bout de cette corde, le crédit n'est plus disponible, c'est l'étranglement.
Avec cette crise les entrées fiscales des gouvernements seront affectées et ceux-ci devront choisir entre diminuer les services, s'endetter davantage, ou augmenter les impôts. Il faut souligner que même la croissance des années passées ne leur suffisait pas, qu'est-ce que ce sera maintenant?
Plusieurs pays (Irlande, Nouvelle Zélande, Danemark) sont déjà en récession et d'autres s'apprête à suivre. La zone Euro est particulièrement touchée. De grandes banques Européennes sont dans des situations précaires et les politiciens Européens doivent faire leur prière tous les matins pour que le plan de sauvetage américain passe.
Pierre Brasseur, Vaudreuil
26 septembre 2008
M. Fillion.
Que signifie cette expression «moraliser le capitalisme»? Celui-ci n'a-il pas déjà sa propre morale dont nous connaissons tous les fondements: le rendement, le profit, la croissance, la consommation....tant sur les plans individuel que collectif.
Notre mode de vie, notre confort, notre soif insatiable de toujours avoir plus, tous ces traits de personnalité qui nous caractérisent si bien, reposent sur le respect de ces fondements du capitalisme. Nous prenons pour acquis que nos désirs ou rêves les plus démesurés peuvent se réaliser!
Sommes-nous prêts à renoncer à ces avantages à revoir nos démesures personnelles, au nom dune nouvelle morale, de nouvelles vertus?
En finance comme en politique nous avons les dirigeants que nous méritons, qui sont à notre image. Le capitalisme n'est pas parfait. Il est le moins pire des systèmes (comme nous l'avons déjà entendu) mais il a des talons d'achile.
Certaines d'activité très lucratives, que l'on pourrait qualifier d'amorale (songeons à la criminalité, à la corruption, aux divers traffics de drogues, au terrorisme...). nous profitent à tous, simples citoyens: des centaines de milliards par année sont blanchis, avec l'aval de nos dirigeants politiques, par toutes nos institutions financières capitalistes qui ont pignon sur rue en Occident et que nous fréquentons. Ces centaines de milliards servent, entre autre à satisfaire notre addiction à la consommation tout azimut, à créer de l'emploi, à alimenter cette économie dans laquelle nous baignons et qui nous ébloui!
Sommes-nous vraiment surpris d'apprendre que certains dirigeants financiers, dopent leur comptabilité, truquent leur bilan, jouent au casino avec l'argent que nous leur confions, se négocient des parachutes en or?
Si nous revenons à la suggestion de président Sarkosy: dans quelle direction faut-il se tourner pour dénicher cette nouvelle morale? Quels en seront les fondements? Qui pourra rédiger ce crédo renouvelé?
Comme individu, et à notre échelle, nous faisons partie du problème.
Normand Brisebois, St-Jean-Port-Joloi
25 septembre 2008
Concernant le sauvetage de l'économie américaine, ce qui est ahurissant c'est que l'on demande de puiser dans l'économie des petites caissièrres de banques, pour sauver l'économie et les avoirs de ces grands experts financiers.
J'en vient à la conclusion que le capitalisme est un grand système pyramidal et nous sommes à la fin de la pyramide. La preuve voulant que ce système puisse se régulariser de lui même.
On n'a jamais pu définir qu'est-ce qu'un profit raisonnable, qu'est-ce qu'un salaire raisonnable, et qu'est-ce qu'un rendement sur l'investissement raisonnable.
Finalement un système à capital-action est la chose la plus irrationelle car elle ne visera jamais plus que de s'enrichir sans effort et surtout, sans aucune moralité.
Serge Clement, Montréal
25 septembre 2008
Je suis bien d'accord avec le discours de Nicolas Sarkozy car ceux qui ont provoqués ces difficultés vont s'en sortir avec de l'argent plein leur poche et nous les gens du monde ordinaire allons devoir les aider pour ne pas payer encore plus cher au niveau de l'économie mondiale. Il serait temps de mettre de l'ordre dans ce capitalisme qui est devenu presque sauvage depuis la chute du communisme.C'est le meilleur système mais il faut le controler.
Jean-Marc Morin, Matane
25 septembre 2008
Une simple remarque.
Certains internautes pensent que l'intervention de Bush se situerait dans le prolongement de ce que les économistes appellent l'État-Providence. C'est erroné.
Bush n'a jamais voulu poursuivre l'oeuvre de Roosevelt. Au contraire, Bush croit à un État minimal dont les fonction devraient se situer à sécuriser le bon fonctionnement d'un capitalisme néo-libéral. L'État-Providence est avant un état qui prend en charge certains maux de la société (pauvreté, maladie, accidents de travail, itinérance, etc). Dans les faits, l'État-Providence est né en Europe vers la fin du X1X ième siècle par la promulgation des lois sur les accidents de travail et la réglementation sur les heures de travail chez les enfants.
Aux États-Unis, nous sommes loin d'avoir les attributs d'un État-Providence. C'est plutôt un État-Sécuritaire qui est mis en place surtout par des politiques de contrôle social. Moins d'état,certes, mais un état plus directif, plus policé.
Jean Archambault, Montréal
25 septembre 2008
L'appel de Sarkosy à moraliser le système capitalisme est plutôt cynique, surtout de la part d'un homme qui favorise une globalisation marchande et une réduction de l'interventionnisme de l'État. Tout le monde est pour la vertu, peu la pratique.
J'ai réfléchi à ce sauvetage de $700 milliards demandé par Bush. Ce qui se passe aux États-Unis, c'est la même situation vécue par les Japonais au début des années 80: bulle immobilière, croissance exagérée de la bourse (NIKEI) et récession. Encore aujourd'hui, les prix de l'immobilier et de la bourse n'ont jamais atteint les chiffres de 1980.
Les économistes, les gouvernements et les banquiers connaissaient cette spirale et ont ignoré les leçons du passé. La rapacité est partout la même, la couleur de la peau n'y change rien.
La perte virtuelle de $3,000 milliards au cours des derniers mois est une chimère, une illusion que les $700 milliards ne rendront pas plus réelle. Surtout que cette ponction bien concrète dans le budget américain ne s'accompagne pas d'un contrôle plus serré du système financier et d'un plan d'aide aux petits propriétaires. La criminalisation de quelques rapaces servira de pâture pour les journalistes et les gens ordinaires.
Quand des pans entiers du système productif (acier, automobiles, textile, vêtements, etc) aux États-Unis ont été détruits et délocalisés dans les pays émergents, Bush n'a pas lever le petit doigt pour les aider. Au contraire, il affirmait qu'il ne fallait laisser le marché fonctionner. Qui a pris en charge les millions d'ouvriers qui se retrouvaient sans travail ? Personne !!
Il faudrait maintenant sauver ces prédateurs au risque d'une récession. Il y a quelques semaines, Bush affirmait: "le système productif américain est solide". N"écoutons donc pas ses déclarations qui font qui appel à la peur. Que la plupart des banques d'affaires crèvent, cela ne me fait pas un pli. Quand Bush arrimera le financier à la production réelle, il sera temps d'agir dans l'intérêt commun.
Jean Archambault, Montréal
25 septembre 2008
Bonjour,
L'humanité a eu un tel appétit ces dernières années qu'elle est confrontée aujourd'hui aux limités de sa voracité.
L'être humain voulant toujours plus de pouvoir, de confort, de gadget (oups technologies) a dépassé depuis bien longtemps les limites du raisonnable que ce soit économiquement parlant ou environnementalement.
Les jeux d'écritures risqués des voyous a la tête des multinationales ne se basant pas sur du concret, les terres exploitées au-delà de leur possible avec une dope stérilisante, notre fainéantise énergivore et notre prétention à croire que l'on peut tout contrôler et que nous n'avons pas de limites ne peuvent que nous conduire a ce désastre.
Nous voila confrontés à l'arrogance de notre société « civilisée » et donc des modèles sur lesquels elle repose.
Il faut effectivement réformer en urgence et ce que nos anciens n'ont pas fait nous devrons maintenant le faire et donc nous paierons pour eux en espérant que les générations futures aient par conséquent moins à payer.
Nous allons en baver oui c'est vrai car, malgré les discours rassurants de nos politiciens et de certains économistes et financiers, le Canada n'échappera pas aux effets néfastes de cette crise. Et c'est la frange la plus vulnérable et malheureusement la plus nombreuse de la population qui paiera plus.....Quand le "riche se serre ( un peu ) la ceinture......le "pauvre" meurt... et à la fin de chaque crise.... les "riches" sont plus riches et les "pauvres" plus pauvres...... Celles et ceux qui ont de petites économies-garanties ou non - vont le perdre .......En fin de compte, au delà des discours seuls comptent les actes.......je vois bien les "capitalismes international ou national" sanctionner ses pairs.....
Si cela arrive je me prendrai...un peu....à croire à la rupture....et au choc de confiance.....mais je connais la limite des "rêves
Didier Noudoda, Winnipeg
25 septembre 2008
La majorité des Présidents de l'Amérique latine ont dénoncé devant l'Assemblée générale des Nations Unies le capitalisme sauvage qui a affaibli à peu près toutes les économies nationales et généré le sous développement d'une majorité contre l'enrichissement d'une minorité Ils ont justifié la montée des nouvelles démocraties qui ont décidé de mettre au pas des intérêts nationaux le capitalisme. Il faut croire que Sarkosy a écouté certains de ces Présidents et a trouvé qu'ils voyaient justes.
Oscar Fortin, Québec
25 septembre 2008
Je vais être très bref dans mon commentaire. Je commence en citant M. Sarkozy :
'Ma conviction, c'est que le devoir des chefs d'État et de gouvernement des pays les plus directement concernés est de se réunir avant la fin de l'année'
Si je comprends l'objectif il s'agit de reconstruire les règles du jeu. Maintenant quand M. Sarkozy parle des pays les plus touchés de qui parle t-il ? M. Sarkozy propose de ne pas agir seul mais de façon multilatérale. Il dit qu'il serait important de réfléchir ensemble. Même si tous ceux dont il parle en venaient à s'asseoir il s'agirait pour moi d'un semblant de dialogue. Un tel pourparler ne peut se faire sans la présence des pays dit du tiers monde. Cette chère globalisation dont on aime si tant parler inclus aussi les pays dont l'économie est en développement. Ces derniers ne sont pas exempt des bassesses économiques de Wall Street. Cette crise offre une occasion en or aux leaders mondiaux de rééquilibrer l'économie mondiale.
P.S. Sans être hypocrite avec moi-même, je dois me rappeler que la stabilité dans le système capitaliste tient dans le concept de propriété et d'offre et de demande. En d'autre terme, pour que je puisse valoriser ce que je possède je dois en posséder plus que mon voisin.
Adelin Brunal, Toronto
25 septembre 2008
Bonjour,
On cherche des coupables à cette crise sans précédent:: les gouvernements, les banques centrales ou les citoyens spéculateurs qui vivent au-dessus de leur moyen???
D'après moi c'est tout ce beau monde. Les gouvernements favorisent le crédit facile pour activer l'économie et garder leur popularité. Les banques centrales se plient aux pressions des gouvernements et de la haute finance pour maintenir les taux d'intérêt bas au point où les particuliers se font gruger leurs économies par l'inflation en faisant des placements sécuritaires.
Et les particuliers plus gonflables les uns que les autres découvrent que c'est payant de s'envoyer en l'air dans cette bulle immobilière qui gonfle artificiellement la valeur de leur propriété.
Et les gens raisonnables qui ne participent pas à la fête fête ont l'air de beaux imbéciles qui regardent passer la parade dans leurs vieux bungalow!!!
Nos gouvernements ont voulu favoriser l'accès à la propriété, il devrait y avoir un maximum de valeur pour la propriété après quoi les taux hypothécaires devraient être haussés ou taxés. Pour encourager l'épargne, les taux d'intérêt pour placement sécuritaire devraient être suffisamment élevés pour qu'ils restent vraiment un intérêt pour l'épargnant sans qu'il soit obligé de faire des placements risqués auprès de voleurs en cravate du style Norbourg.
D'ailleurs le CELI est une très bonne initiative du gouvernement Harper en ce se sens...
Jocelyn Ouellet, St-Félicien
25 septembre 2008
L'État interventionisme, l'État Providence, un excellent moyen pour enrayer les crises capitalistes, ou, à tout le moins, de les contenir. Sans son intervention, c'est l'abîme, la crise humanitaire. Nos voisins vont peut-être sombrer. Des pots, que dis-je, des urnes, ont été cassés. Maintenant, il faut ramasser.
La gauche n'existe pas à Washington. Y'a pas de socialistes au Capitole. Le prétendre c'est mentir. Républicain, Démocrate, c'est du pareille au même. Une véritable arnaque politique dans ce pays, comme l'ONU d'ailleurs. Une seule philosophie gouverne les États-Unis : la liberté individuelle. Les lobbies contrôlent tout. Aucune décision n'est prise sans le consentement de leurs employeurs. L'assurance santé, une approche socialiste, n'a jamais vu le jour dans ce pays. Le droit à la propriété privée, un idéal capitaliste, les a conduit où l'on sait. C'est l'assurance habitation qu'on aurait dû privilégier.
De l'État, on ne retient que le nom dans ce pays, qui, au demeurant, a très rarement aidé ce peuple épuisé.
La leçon sera-t-elle sévère ? J'en doute mais je le souhaite. La solution passe par un État plus puissant, plus interventionisme, un véritable État Providence. Sarco ment lorsqu'il prétend réformer le capitalisme. Ça ne se peut pas. D'autres, plus éloquents, l'ont démontré avant moi.
Jean Lajoie, Québec
25 septembre 2008
Il ne faut pas moraliser le capitalisme financier, il faut le contrôler!!! Le libre marché c'est encore «planté».
Bravo !
Richard Lapointe, St-Augustin
25 septembre 2008
À qui la faute? Deuxième partie.
Mais la culpabilité revient à la Réserve Fédérale qui a démontré une myopie déconcertante. Je me sens poli avec ce qualificatif. Depuis longtemps il est reconnu que le taux d'intérêt est le régulateur du niveau de l'activité économique. On fait une comparaison avec le niveau de l'eau qui recouvre les terres. Plus le taux d'intérêt est élevé, plus le niveau de l'eau recouvre les terres, moins il y a de terres à cultiver. Inversement, plus le taux d'intérêt est bas, plus le niveau de l'eau descend, plus il y a de terres à cultiver. L'instabilité provient de la trop grande et lente variation des taux sur de longues périodes.
La leçon.
Pour assurer une stabilité de l'économie, il est important de conserver un taux d'intérêt très stable.
Un bas taux d'intérêt est nécessaire pour permettre un niveau d'activité élevé, une économie vivante et en santé.
La simple logique nous dicte alors qu'il nous faut un taux d'intérêt stable et bas, facilitant la planification à long teme pour l'État le Privé et les individus, et ce, sans les mauvaises surprises associées aux variations des taux d'intérêt.
Cet environnement théorique n'est pas une utopie. Il s'agit d'enlever aux banques centrales la responsabilité du contrôle de l'inflation et de redonner aux gouvernements la manette de contrôle sur l'économie. Un haut dirigeant de la Banque du Canada avouait dans un récent discours: " la transmission de la politique monétaire se caractérise par des délais longs et variables. Il peut s'écouler jusqu'à deux ans avant que les effets d'une modification de cette politique ne se fasse pleinement sentir sur l'inflation".
Le problème inflationniste peut avantageusement être éliminé en permanence au moyen d'un simple consensus social. Le débat qui avait cours dans les années 70 ne doit-il pas être repris aujourd'hui devant l'échec flagrant d'une politique monétaire aveugle, lente et inefficace?
Patrice Bernard, Amos
25 septembre 2008
À qui la faute? Première partie.
Je me sens obligé de me substituer aux économistes qui gardent le silence... Les vrais coupables sont le Gouvernement Bush (Paulson) et la Réserve Fédérale (Bernanke). Ceux-ci disent qu'il y a de graves menaces à la stabilité financière comme si la crise ne provenait pas d'eux en premier lieu!!! C'est même ironique de constater qu'ils vont passer pour les sauveurs.
Ces deux personnes, ainsi que leurs prédécesseurs autant Démocrates que Républicains, se rencontrent au moins une fois par semaine pour discuter de stratégie. La stabilité de l'économie et des finances relève d'eux. On n'osera pas avouer l'erreur de parcours, qu'à la source se retrouvent les lentes et constantes variations des taux d'intérêt sur d'aussi longues périodes de temps.
On tente de mettre le blâme ailleurs et les médias sont complices: l'enquête du FBI auprès de dirigeants, leurs salaires faramineux, on parle de moraliser le capitalisme, on blâme les spéculateurs, les subprimes, la facilité de crédit, la voracité de l'appétit humain. La leçon risque d'être mal comprise si on se limite aux facteurs aggravants.
Les banques centrales jonglent dangereusement avec les taux d'intérêt. Pour combattre l'inflation on a maintenu les taux très élevés pendant plus de 25 ans, empêchant une partie importante de la population d'accéder à la propriété. À compter de 2001, les taux ont enfin été réduits, de sorte qu'en 2002, 2003 et début 2004, les taux très bas ont provoqué une marée d'accession à la propriété et au crédit facile. Le déséquilibre entre l'offre et la demande faisait augmenter la valeur des propriétés. À la fin de 2004, en 2005 et 2006, les taux ont été beaucoup trop relevés, provoquant le ressac et la crise que nous connaissons.
Il est trop facile de blâmer les individus qui se sont trop endettés et les institutions prêteuses qui faisaient alors des affaires d'or. Mais... à suivre.
Patrice Bernard, Amos
25 septembre 2008
Ce n'est pas là le premier discours vertueux qu'on entend à l'ONU. Autant vouloir changer la nature humaine. L'histoire de l'humanité nous enseigne que les sociétés sont toujours édifiées en forme de pyramide et que la masse, située à la base, fera éternellement vivre les «happy few» situés au sommet. Modifier quelques règles ne changera pas le jeu.
Pierre Desrosiers, Val David
24 septembre 2008
Moi j'aime bien Sarko ... Il joue son rôle de leader... Enfin un qui a les idées claires...
C'est plus diplomatique que son bref discours comme ministre de l'intérieur il y a 2-3 ans, au moment du cahos dans les banlieues de Paris, ou il disait ceci " on va nettoyer la racaille!"
C'est le seul leader qui peut se tenir debout en occident maintenant... C'est pas Bush, Brown ou Merkel et notre Harper qui vont faire blanler les colonnes du temple à New York..
La France a un rôle à jouer et Sarko qui représente l'Europe doit exprimer des idées nouvelles pour donner une direction à suivre.
Oui - les USA doivent libérer les 700 milliards mais à condition de nettoyer la racaille et les faire payer chere pour leur crime... Moi je ne fait pas confiance à Paulson... Je fais plus confiance à Bernanke.
Les USA doivent aussi se retirer d'Irak. Les américains doivent arrêter de faire des déficits affolants. On a besoin d'eux pour contre-balancer les puissances latentes qui veulent les détruire et on veut qu'ils achetent nos choses.
Jean-François Simard, Gatineau
24 septembre 2008
Je crois sincèrement que la globalisation néolibérale ne peut que se résulter soit par une crise financière économique grave, soit par la destruction de la planète. Espèrons grandement que ce soit la première qui arrive en premier! Je ne sais pas si la crise financière actuelle va conduire à une remise en question du système capitaliste (on peut quand même espérer!), mais je crois que celle-ci va nous faire prendre conscience que nos sociétés ont absoluement besoin de régulation politique. Ainisi, je pense que nous assitons actuellement à une pensée qui va progressivement remettre en question la doctrine de la non-intervention. Le laisser-faire économique ne fonctionne pas. Même les américains se rendent compte de cela présentement. Maintement, nous devons nous questionner à savoir quelles formes et justifications prendront ces retour à l'État. Quel type d'État voulons-nous au XXIe siècle? Un État qui est simplement un outil qui permettra l'adaptation des gens aux impératifs économiques? Ou bien un État qui s'appuie sur des fondements éthico-politiques? C'est à cela que nous devons penser présentement. Aussi, il serait possible que parralèlement à ce retour à L'État se combine un retour au local. Penser local, faire de l'économie local, par nous et pour nous. La fin de la globalisaton...
Bertrand Lavoie, Montréal
24 septembre 2008
Monsieur Fillion,
Merci pour ce très intéressant « Carnet ». Primo, je suis de vos lecteurs qui votent aux élections françaises ; je suis de ceux qui se sont prononcés pour la candidate socialiste Ségolène Royale. C'est dommage que ce ne soit pas elle qui parle aujourd'hui à la tribune des Nations Unies. Mais... nous nous devons de respecter le choix démocratique des français.
Pour mémoire, c'est monsieur Sarkozy qui s'est fait allouer lors de son entrés en fonction à la présidence, d'une modeste augmentation de salaire de l'ordre de 205% (difficile d'avoir les chiffres exactes), pourtant le Président bénéficie de « moultes » avantages en nature qui se greffent à sa dotation, ses prédécesseurs se contentaient bien de ces « maigres » subsides que le peuple leur avait alloué.
Sur un autre front, C'est le président Sarkozy qui a décidé de sabrer dans l'assurance emploi. Il entend réformer les régimes des retraites en particulier celui des cheminots, considérés trop généreux (possibilité de retraite vers 55 ans), c'est toujours le même homme qui passait ses premières vacances présidentielles dans le New Hampshire (si j'ai bonne mémoire), une propriété de rêve, un séjour tous frais payés, offert par un mystérieux donateur. C'est monsieur Sarkozy qui a pour amis Martin Bouygues, Vincent Bolloré et quelques autres qui ont su gérer avec talent leur fortune et les avantages d'être princes des médias (TF1), la téléphonie et les travaux publics.
Objectivement, cela me peine d'écrire cela, pourtant je pense que le président français devrait réviser son engagement gaulliste. Car monsieur Sarkozy est en principe héritier des valeurs du général de Gaulle. Enfin n'allez pas voir dans mes propos une argumentation partisane ou un conflit trans-générationnel car le président et moi-même partageons bien des choses en commun : nous sommes nés dans la même ville, la même année, le même mois et à seulement 60 heures d'intervalle, nous avons des origines d'Europe Centrale communes et des destinées différentes ! ! !
Serge Drouginsky, Montréal
24 septembre 2008
Mr. Fillion,
Je pense que somme tout, ces investigations démontrent une chose, les limites de la libre concurrence ou encore du non-interventionnisme de l'État. Tous les sports sont comme ça, pour qu'ils soient pris au sérieux chaque sport a ses propres règles pour qu'il fonctionne. C'est la même chose pour les entreprises et le commerce en général. Il doit y avoir des règles et des arbitres si l'on veut que la confiance règne... la règle d'or en économie. Pour que les règlements soient respectés, il faut des arbitres impartials et des peines sufisemment sévères pour disuader les contrevenants. A défaut de tels règles, le marché noir ou encore le truc s'installe tel un virus et contamine la confiance des joueurs dans le système.
Patrice Desnoyers, Chambly
24 septembre 2008
Bonjour monsieur Fillion,
A la notion de morale financière, je préfère lui substituer celle d'éthique.L`éthique est une notion qui fonde les règles sur lesquelles fonctionne un système acceptable par tous quelle que soit notre morale.Je peux considérer, par conviction morale que l'éthique m'impose peu de choses et que je veux vivre plus haut que cette exigence.De quel droit pourrais-je alors imposer ma morale guidée par ma foi, mes convictions personnelles à d'autres qui ne partagent pas mes vues.L'éthique est alors un code de conduite général que tout individu épris d'un état de droit considère comme une base de fonctionnement d'une société.
Que l'on partage ou non les opinions de monsieur Sarkozy, il faut admettre qu'il était temps qu'un chef d'état parle ainsi et ramène le débat sur la scène publique, sans complexe, sans montrer dextre ou senestre, mieux nous mettre en face des réalités car derrière tout cela se pose une question fondamentale! A quoi sert l'économie dans nos sociétés. Est-ce une fin en soit ou bien un moyen de nous permettre de vivre plus dignement!
C'est le défi d'aujourd'hui; il est de taille. Notre capacité d'y répondre avec de nouvelles visions, de nouvelles perspectives pourraient nous conduire à des lendemains meilleurs; de toute façon, l'avenir ne pourra plus se construire avec les dérapages d'hier
st/phan Dulieu, Longueuil
24 septembre 2008
Bonjour,
Cette crise financière dont on ne connait pas encore les tenants et l'aboutissement devra être l'occasion de procéder à de profonds changements du systême économique .
Quand on pose la question "Qui a autorisé les salaires ahurrissants et les primes de départ inouies qu'ont reçu les premiers responsables de cette crise?" on nous répond: "Ce sont les conseils d'administration de ces entreprises aujourdh'ui en faillites."
C'est en grande partie la source du problème. On sait très bien que les patrons des grandes entreprises forment un cercle fermé et qu'ils se nomme mutuellement sur leur conseil d'administration. Ils peuvent ainsi vivre litérallement en orbite au-desssus du systême et décider de se payer mutuellement les conditions pharaonniques qu'on connait.
Les gouvernements devront légiférer pour arrêter cette aberration et imposer des rêgles d'éthiques pour controler l'avidité démesurée de cette haute finance sans foi ni lois.
Nos gouvernemnts se sont empressés de libérer des liquidités pour sauver le bateau du naufrage, ils devront aussi livrer la marchandise car ce n'est pas vrai que ces voleurs en chemises blanches et cravates vont continuer de rammasser des millions avec des manoeuvres fnancières risquées et de nous faire payer la facture lorsque leurs entreprises suicidaires échouent!!!
Jocelyn Ouellet, St-Félicien
24 septembre 2008
M. Brassard,
La croissance est la nourriture du capitalisme. Sans croissance le monstre est en crise. Qui est le moindrement lucide sait bien que ce n'est pas produire plus, acheter plus, consommer plus qu'il faut...bien au contraire. L'économie qu'on l'appelle capitaliste, communiste,socialiste, etc. ne vit pas sur Jupiter. Elle doit être en harmonie avec la vie sur terre. Notre petite crisette de dollars mal foutus n'est rien par rapport à ce qui nous attend si nous ne n'ouvrons pas les yeux.
La croissance "économique" est la dernière chose dont cette planète a besoin.
Yves Petit, Dollard-des-Ormeaux
24 septembre 2008
Actuellement, la question qui se pose aux congrès américain est la suivante. Doit-on intervenir pour soutenir la solvabilité des marchés financiers? Malheureusement, il est clair, pour moi, que le congressman Ron Paul a raison sur un point. L'injection d'un total de plus de 900 milliards fera chuter la valeur du dollard américain et haussera l'inflation aux État-Unis. Cette mesure pourra peut-être maintenir les investissements à risques sur les marchés de produits dérivés un temps. Cependant, elle mettra en danger l'économie réelle en faisant croitre la valeur des importation et des matières premières. On doit savoir que le Québec n'a pas intérêts à ce que cela se produise s'il veu éviter la récession à court terme.
De plus, l'injection de tout cet argent est en fait un signal qui dit clairement aux investisseurs; continuer d'investir dans les titres spéculatifs et à prendre des risques, les États vont vous soutenir en nationnalisant vos pertes. Posez-vous la question: jusqu'à quand peut-on jouer à ce jeu et celà peut-il reporter et amplifier la crise des liquidités.
Plutôt que d'intervenir, règlementons. Au lieu de donner 900 milliards aux banques d'investissement, au lieu de laisser les banques à chartes, dont nous avons besoin pour soutenir la vie économique, s'enliser dans le problème en rachetant les dettes du marcher, adoptons des solutions.
Gelons les investissements à risque. interdisons la vente à découvert, interdisons les produits dérivés, contrôlons la spéculation sur les marchés des matières premières.
Une fois tout cet argent sauvé, s'il le faut, on pourra investir massivement dans nos infrastructures désuettes et financer le développement de technologies plus efficaces pour ramener les emplois et réduire notre dépendance à l'énergie fossile. Cette dépendance, ainsi que le fait que les spéculateur se réfugient dans la valeur du pétrole cause un crise alimentaire mondiale. Faut-il le rappeler!
Carl Jutras, Québec
24 septembre 2008
Je suis tout à fait surpris par ce discours et surtout par le fait qu'il provient de Sarkozy. Cet appel à régulariser l'économie de marché, c'est aussi un appel au multilatéralisme dans toutes les institutions internationales incluant la tribune à partir de laquelle il s'adresse aux nations.
Tant que le concept de guerre préventive ne sera pas retiré du Patriot Act aux USA aucun multilatéralisme ne sera possible dans aucune institution. Parmi les responsables du désastre financier qui s'en va en s'amplifiant, force est de regarder du coté de l'administration Bush et les stratèges néocons, et pourquoi ne pas ré ouvrir l'enquête sur les évènements du 11/9/2001.
Sans retour sur ce qui s'est vraiment passé, l'appel à la transparence ne sera qu'un voeu pieux. En attendant, c'est l'opacité complète qui règne sur ces institutions en voie d'écroulement. Il n'y a pas que l'état providence qui menace de s'effondrer, c'est d'abord l'état de droits puisque Washington ne respecte plus aucune loi internationales. C'est la démocratie en soi qui est en jeu. Si certaine personnes peuvent se réjouir de la montée possible d'un système totalitaire ou l'arbitraire dicte sa loi nous révèle de quel coté du fusil ils se situent.
L'économie informelle et le monde des affaires sont de plus en plus imbriqué l'un dans l'autre. Avec quel argent pensez vous que le maire de Kaboul avec son conseil municipal formé de chefs de guerres est-il en train d'armer ses militaires avec la participation de l'OTAN? L'administration gouvernementale du Kosovo est reconnu pour ses activités criminels mafieuses lors de sa guerre de libération et qui se poursuivent actuellement (trafic d'héroïne, réseau de prostitution, vol d'organes) et tout ça avec la bénédiction de Bush, Sarkozy, Merkel, Harper, tout le beau monde occidental à l'ONU. Allez MR.Sarkozie, c'est le meilleur endroit à passer au karcher, vous avez mon appuie.
Denis Miron, Montbeillard
24 septembre 2008
En fait les politiques du gouvernement ayant pour but de faciliter le crédit pour favoriser l'accès à la propriété pour les pauvres et les minorités remontent aussi loin que 1977 sous Jimi Carter (CRA, Community Reinvestment Act ). La situation s'est corsée à partir de 1995 quand sous Clinton on a permit de revendre les hypothèques sous forme de produits dérivés (The revisions allowed the securitization of CRA loans containing subprime mortgages.). Ce qui a fait exploser le nombre de prêts. (vous trouverez sur wikipedia)
En fait sous Bush il y eu quelques tentatives pour limiter les dégâts et prévenir la débâcle (exemple: le bill S.190 commandité par McCain) mais chaque fois elles n'ont pu passer au congrès, notamment à cause de l'opposition des démocrates et de son champion des hypothèques pour les pauvres le puissant sénateur Chris Dodd.
Ceci n'est qu'un exemple, il y en aurait beaucoup d'autres pour démontrer que la réglementation laxiste et autres mesures découlent essentiellement de la volonté de politiciens, souvent de gauche, de faciliter l'accès au marché de l'habitation.
C'est un comble de maintenant les voir se pavaner devant les journalistes accusant les dérèglementations et le libre marché pour ce fiasco. Si le marché est ainsi réglementé c'est parce que les politiciens l'ont voulu comme ça.
C'est comme ici les ministres de la santé qui déplorent le manque de médecins, mais (bordel !!!) c'est le gouvernement qui contrôle le nombre d'admission en médecine, comment peuvent-ils après avoir le culot de se plaindre?
Pierre Brasseur, Vaudreuil
24 septembre 2008
C'est bizarre, mais avec un discours pareil, Sarko parait presque plus à gauche qu'Obama lui-même. Il suffit de suivre la scène politique française pour se rendre compte que Sarkozy essaie de faire un peu de millage politique à l'international, vu sa décote dans l'appréciation de ses politiques internes.
Et puis ça fait longtemps que la France ne s'est pas trouvée en position de faire la morale aux ricains; depuis l'Irak en fait.
Dans 2 jours, tout ce bla-bla opportuniste sera oublié. J'ai hâte de voir si le plan Bush survivra au Congrès... Sarko-what my Dear?
Jean-François Allard, Saint-Lazare
24 septembre 2008
Il est effectivement farfelu d'associer la crise actuelle à l'État. La société n'est pas une utopie. Et l'économie doit être au service de la population et non l'inverse.
Luc Brassard, Sept-Îles
24 septembre 2008
Je crois qu'il est totalement farfelu d'associer la crise actuelle et l'état providence car ce ne sont pas les gouvernements qui ont profité de la croissance. L'état a considérablement diminué le fardeau fiscal des entreprises, il a de plus aménagé de nombreux échappatoires à leurs intentions et il a fermé les yeux sur l'évasion fiscale. Il suffit d'observer les déficits publics accumulés tout au long de cette période de croissance exceptionnelle pour comprendre que ce n'est pas l'état providence qui a profité de la manne. En ce qui concerne les impôts des particuliers, ils apparaîtraient sans doute plus légitimes si nos gouvernements cessaient de sous-financer nos services publics et d'en privatiser les secteurs les plus profitables. Les banques centrales, pour leur part, se sont docilement pliés aux exigences des marchés financiers. Leurs politiques n'ont eu essentiellement qu'un seul but: satisfaire l'appétit insatiable des spéculateurs. Il faut se rendre à l'évidence et constater que nous sommes soumis aux caprices d'une ploutocratie. En ce qui concerne les solutions de la crise, elles sont du domaine de la démocratie et M. Sarkozy a eu le courage et la franchise de remettre les pendules à l'heure. Je rêve du jour où nous cesserons de dénigrer l'état de droit car il représente le seul outil collectif susceptible de nous prémunir des abus et des exactions. Pour finir il ne faudrait pas oublier que les grands perdants de cette débandade financière sont les millions de petits épargnants qui risquent de perdre la totalité de leurs placements. Pendant ce temps, les responsables ont les poches pleines et ils jouissent toujours d'une immunité que l'on tarde à abolir.
Jean Riopel, Montréal
24 septembre 2008
Toute cette crise financière et économique démontre encore une fois le triomphe de la cupidité des humains. Faire de l'argent le plus vite possible sans se soucier des autres.Et voila où nous en sommes.Le plus absurde dans tout cela est que ces grand financiers qui pronent la liberté économique sans contraintes et sans réglementation vont recevoir de '' l'aide sociale'' du gouvernement américain pour se sortir d'un pétrin dont ils sont reponsable.J'ose espérer que ces chefs d'entreprise vont cesser de recevoir des millions de dollars en saliree et bonus...mais j'en doute.
Steeve Labbé, Montreal
24 septembre 2008
Le ralentissement est inévitable du fait que la croissance ne peut plus être soutenue par le crédit facile (ie: ralentissement de l'immobilier et de la consommation). Incidemment il sera intéressant de voir où dans le monde les économies réelles seront le plus touchées, ce ne sera peut-être pas les USA...
J'ai depuis longtemps compris que l'utopie de l'état providence pouvait mener à un endettement public catastrophique et à des impôt étouffants pour la croissance. Mais c'est récemment que j'ai compris que la croissance obtenue par la stimulation du crédit chez les particuliers faisait aussi partie de l'arsenal de l'état providence pour se perpétuer. Cette croissance lui génère les entrées fiscales dont il a besoins pour continuer de grossir. Cela passe par la politique monétaire (taux d'intérêt très bas à la Greenspan) et par diverses mesures pour soutenir les prêts hypothécaires et faciliter le crédit (par exemple ici au Canada on a la SCHL qui au pire de la bulle a introduit les hypothèques 40 ans/0 comptant, aux USA le soutient implicite de Fannie & Freddie), etc....
Bref on obtient une croissance rapide basée sur l'immobilier et la consommation, le tout évidemment à crédit.
Le résultat est un endettement public et/ou privé qui augmente de façon vertigineuse, Pas besoin de s'appeler Einstein pour comprendre que tout cela ne peut que finir très mal.
La crise actuelle, les subprimes, oubliez ça, ce n'est qu'une manifestation ponctuelle du problème sous-jacent: La limite de la croissance à crédit stimulée par l'état providence et son contrôle monétaire. Peut importe les circonstances ou la nature exacte de la crise cette limite aurait été atteinte de toute façon.
La question qui se pose maintenant: Alors qu'on a essayé le déficit public, les grosses taxes et la politique monétaire qui enflamme le crédit quelle sera le prochain stratagème utilisé pour maintenir en vie l'utopie de l'état providentiel?.
Pierre Brasseur, Vaudreuil













