17 avril 2008
La soif des uns, la faim des autres
Encore une fois, le fossé qui sépare les pays riches et les pays pauvres apparaît dans toute sa largeur et dans toute sa brutalité. Nos cultures de maïs pour produire de l'éthanol, qui remplace en partie le pétrole, ont contribué à faire grimper le prix des céréales, de toutes les céréales, à la grandeur de la planète. Et les céréales sont à la base de l'alimentation de la majeure partie de l'humanité.
Notre soif de carburant est donc en partie responsable de la faim dont souffrent aujourd'hui des millions de personnes démunies.
« Crime contre l'humanité »
Pour décrire cet état de fait brutal — une multitude d'affamés dans un monde dont les capacités agricoles n'ont jamais été aussi élevées —, le sociologue suisse Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation, a employé l'expression
« crime contre l'humanité ».
L'expression est forte. Mais je trouve qu'elle décrit bien, à sa façon, la crise alimentaire mondiale dans laquelle on risque de s'enfoncer. Dans l'immédiat, 37 pays sont menacés de crises alimentaires. Une centaine de millions de personnes, dans les pays les plus pauvres, seraient exposées à des famines. Certaines pourraient en mourir, éventuellement.
Tout ça parce que nous voulons toujours plus de carburant pour nos déplacements. Une image: il y a quelques jours, sur l'autoroute, j'ai croisé un de ces énormes véhicules récréatifs auxquels leurs propriétaires accrochent une voiture. La voiture, dans ce cas, était un... Hummer!
Deuxième génération
Produire des biocarburants pour consommer moins de pétrole est, à première vue, une bien bonne idée. Mais les produire à partir de cultures qui remplacent les cultures destinées à l'alimentation est une bien mauvaise idée.
Faut-il pour autant honnir tous les biocarburants? Pas nécessairement. Une nouvelle approche de la question permettrait de produire des biocarburants de deuxième génération. Comment? En tournant le dos à l'utilisation de céréales dans cette filière énergétique. Et en utilisant plutôt des déchets domestiques, des résidus d'exploitation forestière, voire des plantes sans intérêt alimentaire et qui n'occupent pas de bonnes terres agricoles.
Ces biocarburants de deuxième génération sont souhaitables. Et comme le montrera un reportage aux Années lumière ce dimanche, ils sont possibles.
À quand un plein au « déchéthanol »?
Après ses études à l'École supérieure de journalisme de Lille, en France, et quelques années de journalisme général, Yanick Villedieu a commencé à faire du journalisme scientifique et médical au milieu des années 70. Au magazine Québec Science notamment, puis, pendant deux ans, à la télévision de Radio-Canada, à l'émission Science-Réalité.
Depuis 1982, il a animé à la radio de Radio-Canada l'émission Aujourd'hui la science, devenu Les années lumière. Il collabore également au magazine L'actualité.
Les champs d'intérêt principaux de Yanick Villedieu sont la médecine et la biologie - deux des domaines les plus fascinants et les plus actifs de la science contemporaine -, notamment ces grandes questions de l'heure que sont le cerveau, le cancer, le sida, la génétique fondamentale et appliquée...
Il a publié quatre livres: Demain la santé (Québec-Science Éditeur, 1976), Le Québec sur le pouce (Éditeur officiel du Québec, 1978 et 1984), La Médecine en observation (Les Éditions du Boréal, 1991) et Un jour la santé (Les Éditions du Boréal, 2002).
22 avril 2008
Je suis en désaccord avec ce point. Le problème de la crise alimentaire, ce n'est pas l'éthanol. Plus de gens ont plus les moyens de manger de la viande et qu'ils en mangent plus. Donc ils consomment plus de céréales, plus de gras, plus de sucre.
La crise est attribuable également à la désagricolisation du tiers monde, à cause entre autres, des généreuses subventions agricoles des pays riches. Monsieur Zielger, en accusant faussement l'éthanol, détourne vicieusement le débat du vrai problème : L'Europe dépense près de 40 % de son budget en subventions et barrières pour protéger son industrie agricole. Ce faisant, elle a nuit au développement agricole en Afrique ces dernières années, en y entrainant une désagricolisation. Maintenant, l'Afrique doit se relever et replanter pour survivre.
On doit également compter qu'avec un prix du grain plus élevé, l'économique même de l'éthanol peut être affectée. Si le prix du grain atteint un certain seuil, l'éthanol ne sera tout simplement plus rentable à produire. Les céréales seront alors utilisées totalement pour l'alimentaire.
Comme toutes les sciences, la science des biocarburants a besoin de temps et d'investissements. On a qu'à penser à la barrière azéotropique du 94 %, qu'il faut outrepasser pour faire des biocarburants. À l'ingénierie des automobiles qu'il faut repenser pour accommoder cet éthanol azéotropique (94 % EtOH/6 % H2O). De la recompression mécanique de la vapeur utilisée pour la distillation de l'éthanol. En maintenant une industrie des biocarburants en santé, on y favorise la recherche. Couper les vivres au bioéthanol maintenant serait couper la source de financement de la recherche sur le déchethanol, entre autres.
Sans aucun doute, l'économique de faire de l'éthanol avec des déchets y sera. Toutefois, avant de crier au crime contre l'humanité et de faire le jeu des pétrolières, laissons la science faire son oeuvre.
Frédéric Picard, St-Jean-sur-Richelieu
19 avril 2008
Je suis de formation Ingenieur en Chemie, Agriculteur de vocation, coseiller Agricole et environemental de profetion, et ecologiste de conviction. Pourtant je suis tout a fait dacord avec Mr. Jean Ziegler qui califie cette crise de crime contre l' humanitee comme vous l' avez mencioner Mr. Villedieux. Le probleme avec tout groupe et mouvement est que souvent ceux si se font prendre hotage par la Politique, les medias, les entrepreneur qui veulent faire de grands profit et meme par des fanatique qui on besoint d' une cause ou d' un cheval de bataille. Je fut a un point membre de Greenpeace et travaillais meme pour eu pour une courte dure il a 18 ans. Je vois que nous avons besoin de gens ou de mouvement comme Greenpeace pour cintre les Exon et les Bush, mais j' ai toujour deplorer que Greenpeace et bien d' autre ne s' entour pas plus de techniciens, d' Ingenieurs et de Biologiste et ne travaille pas plus avec les Universitees au lieu de raconter des sotise basser sur des information a demis vraie et en faire une mode! Les bio carburant son benefic en effet et vont faire partie du future de nos source d' energie, mais par ces bio carburant issue de produit premier ou alimentaire, mais les bio carburant issue de dechet organic ou industriel sont une solutions parmie bien des solutions. le Future sera une multitude de system et de sources a un poucentage reduits et devant etre combiner, tel le Solaire, le Methan, le neolien, exct... Mais en premier lieu sera la reduction de consomation, de meilleur isolation, des methode plus performantes. Non a Lethanol de Mais ou de blee! Mais attention dire non au Bio carburant tout court due a se soudait reveille en chock serais une grave erreure!
Uwe Paschen, Soka, Japon
18 avril 2008
C'était plus que prévisible, cette crise.
Ce qui l'était moins par contre, c'était la continuité du message véhiculé par d'influents écologistes, sans nuaunce aucune: du biocarburant pour nos véhicules, coûte que coûte... Crise alimentaire mondiale vs écodictature, je commence à craindre une véritable folie environnementaliste demusurée et destructrice pour l'humanité...
Caroline James, Montréal
18 avril 2008
Je ne me serais pas attendu à ce que les manipulations des marchés de l'alimentation créent aussi rapidement tant de conséquences, probablement parce qu'en quelque part je préférais ignorer des règles de comportement que je dois à un de mes mentors, Abraham Maslow : les cinq niveaux de la pyramide des besoins.
Touchez aux besoins physiologiques, premier niveau d'organisation de la réalité, et vous touchez à une des motivations les plus spontanées qui regroupent les Sapiens.
Souvenons-nous des grèves générales immédiates et de l'occupation de la rue par des foules hurlantes dans la Pologne de Gomulka et du Général Jaruzelski, grèves chaque fois causées par de fortes augmentations des prix de la nourriture.
Les scènes que rapportent les journalistes de guerre ressemblent souvent à ce qu'on constate dans ces mouvements spontanés créés par le manque de nourriture, soit parce qu'il n'y en a pas, soit parce qu'elle est inaccessible parce qu'elle coûte trop cher.
Même les stratégies de l'ONU changent présentement alors que les tenants de l'orientation «Tout le monde doit manger» prennent le dessus sur les tenants du «Il fait trop chaud» pour l'obtention des budgets.
Soyez vigilants, à nouveau l'histoire s'apprête à nous surprendre.
Michel Samson, St-Émile de Suffolk, Qc
18 avril 2008
À première vue, on pourrait y voir une occasion pour récolter les branches et le feuillage des arbres qui sont présentement laissées sur les parterres de coupes. Ces « résidus forestier », qui représentent de 20 à 40% de la biomasse totale des arbres, pourraient être ainsi valorisés avec ces nouvelles méthodes de production de biocarburants.
L'ennui c'est que les « résidus » forestiers ne sont pas des déchets et du gaspillage du point de vue de la forêt. Ces branches et ces feuilles qui recouvrent le sol des zones de coupes ont une utilité capitale au sein de l'écosystème forestier. La décomposition des branches et des feuilles remet en circulation leurs éléments nutritifs dans le sol et crée ainsi un environnement favorable à la régénération. Étant donné le contenu élevé de nutriments contenus dans les branches et le feuillage, la récolte entier d'un arbre peut doubler, voir quadrupler l'exportation de nutriments hors de l'écosystème. Cette exportation, en altérant les cycles biochimiques et en entrainant une diminution des réservoirs nutritifs des sols, peut affecter négativement la croissance des prochaines cohortes d'arbres. La fertilité des sols et la productivité à long terme sont donc susceptibles de se détériorer lorsque les résidus forestiers sont récoltés.
De plus, le bois mort sous forme de chicots et de résidus aux sols, joue un rôle essentiel dans la conservation de la biodiversité forestière. Plus de 25% des espèces de la forêt boréale en sont directement dépendantes du bois mort comme habitat ou source de nourriture. Ainsi, la récolte des branches et du feuillage des arbres pour produire de l'énergie pourrait avoir un impact énorme sur la biodiversité des forêts.
De grâce, ne répétons pas nos erreurs et prenons le temps de mesurer le rôle des résidus forestier dans les écosystèmes avant d'entreprendre leur récolte à grande échelle. Séduisante au premier coup d'oeil, cette avenue pourrait perturber durablement le paysage forestier québécois.
Jean Philippe Michel, Montréal
18 avril 2008
C'est bien d'évoquer la responsabilité des grands consommateurs de carburants mais j'aimerais souligner la part de responsabilité des écolos et de toute l'hystérie autour du CO2...
Parce que actuellement, à cause de tout le battage autour de cette question, on se lance dans toutes sortes de petites mesurettes à gauche et à droite pour diminuer de quelques molécules le CO2 rejeté dans l'atmosphère. Comme par exemple favoriser l'éthanol au lieu du pétrole, ce qui, comme on le voit, contribue à faire très mal à ceux qui en arrachent le plus...
On accuse certains chercheurs «négationnistes» d'être sur la liste de paye des multinationales mais la «liste de paye» de tous ceux qui vivent de la «menace» climatique est considérablement plus longue et plus impressionnante...
Schübreit Martin, Montréal
17 avril 2008
Selon les estimations de la compagnie Toyota, le cout énergétique pour construire une voiture correspond à 30% de celle que cette dernière va utiliser durant sa vie utile.
Aux États-Unis, le bilan routier annuel oscille autour de 40,000 morts (La guerre de Vietnam a duré 10 ans et 55,000 morts américains). Pour ce qui est du bilan mondial des victimes de la route, on parle de 1,2 millions de morts par année (chiffres de l'organisation mondiale de la santé). Cela ne tiens pas compte de problèmes de santé attribuables à la pollution atmosphérique. Maintenant, il faudra ajouter la famine à la longue liste des calamités engendré par l'automobile.
Je ne sais pas s'il est réaliste d'envisager son replacement par un réseau de transport en commun universel et efficace. En tout cas, il ne serait certes pas inutile de commencer à y penser, au moins pour réduire le nombre de voitures individuelles.
Bien-sur, il faut trouver des alternatives au pétrole. Mais il est tout aussi important de réduire la consommation d'énergie.
Jacques Mercier, Rouyn-Noranda
17 avril 2008
il y a peu, on croyait que l'éthanol serait la solution parfaite. On se rend compte de l'erreur mais déjà, on est prêt à lancer des fleurs à cette nouvelle génération de carburants. En utilisant des plantes sur des terres de pauvre qualité ou en utilisant les résidus d'exploitation forestière qui jonchent le sol, ne risquons-nous pas d'augmenter l'érosion des sols ou de les appauvrir encore plus? Est-ce qu'on se pose seulement la question des répercussions? Il faudrait apprendre de nos erreurs.
Gael Laliberte, Montreal

















