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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL


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Carnet François Brousseau

28 février 2008

Simulacre d'élections en Russie


En Russie, l'élection présidentielle du 2 mars n'en est pas vraiment une. On connaît déjà le vainqueur: Dimitri Medvedev, l'homme qui a été désigné par le président sortant Vladimir Poutine pour occuper son siège dans les prochaines années. Un simulacre d'élections libres, qu'Amnistie internationale, dans un rapport diffusé le 26 février, décrit d'ailleurs comme tel. 
 
D'abord, au sujet des élections proprement dites, Amnistie écrit que ce sont des élections « sans véritable opposition et sans débat ». En Russie, en 2008, toutes les télévisions, toutes les radios sauf une et la plupart des journaux (avec deux ou trois exceptions) sont complètement à la solde du régime. 
 
Si vous ouvrez la télévision aujourd'hui, à Moscou ou à Vladivostok, que voyez-vous? Vous voyez Dimitri Medvedev à la ferme avec les paysans, Dimitri Medvedev qui visite des familles, Dimitri Medvedev qui fait une visite industrielle, etc. 
 
Des députés d'opposition au Parlement – parce qu'il y en a encore deux ou trois! – ont diffusé à la mi-février une compilation qui donne les chiffres du temps d'antenne consacré à chacun des quatre candidats à la présidentielle. Cela donne 85 % à Medvedev, 7 % à Vladimir Jirinovski, cet ultranationaliste un peu clownesque qui traîne dans le paysage depuis une vingtaine d'années, 5 % au communiste Guennadi Ziouganov, et 2 % au démocrate Andreï Bogdanov. 
 
Amnistie internationale parle aussi, dans son dernier rapport, d'espaces de libertés de plus en plus restreints. D'assassinats d'opposants, avec des enquêtes qui n'aboutissent jamais: on se souvient de la mort violente, à Moscou en octobre 2006, de la journaliste indépendante Anna Politkovskaïa. On n'a jamais trouvé les coupables.  
 
On cite aussi des cas de plus en plus nombreux de harcèlements policiers contre les opposants et les groupes indépendants. Dans un cas récent, la police a fait irruption dans les bureaux d'un petit groupe de défense des droits de l'homme. Elle y a confisqué les ordinateurs. Sous quel prétexte? Sous le prétexte que les copies de logiciels comme Windows ou Word dans ces ordinateurs n'étaient pas d'origine! 
 
Voilà comment, à Moscou, on défend vaillamment la propriété intellectuelle de Microsoft: en envoyant la police contre des groupes d'opposants... 
 
Un appui réel au régime 
 
Cela dit, beaucoup de Russes votent bel et bien pour Poutine et pour son parti Russie unie. Les résultats des législatives de décembre dernier l'ont bien montré. Et ces résultats ne sont pas strictement le résultat d'un bourrage d'urnes. 
 
Russie unie a officiellement obtenu 64 % du vote aux élections de décembre. On peut y ajouter les 8 % d'un parti satellite du nom de Russie juste. Ce qui fait 72 % – en passant, presque exactement le même score que Vladimir Poutine à la présidentielle de 2004.  
 
Mais il y a eu AUSSI un peu de bourrage d'urnes, notamment dans les régions périphériques. Par exemple, en Tchétchénie, Russie unie a obtenu, selon les résultats officiels, 99 % des votes! Dans plusieurs régions, il y a eu, comme ça, des scores de type « soviétique ».  
 
Des spécialistes occidentaux ont calculé qu'aux législatives de décembre, le véritable appui au régime aurait été de l'ordre de 50 ou 55 %. Avec des scores plus faibles à Saint-Pétersbourg ou à Moscou. Et que donc, pour faire monter le total à 65 ou 70 %, il y a dû y avoir un peu de fraude. 
 
Deux tiers des voix, c'est plus beau que la moitié. Et puis, cela permet, le cas échéant, de faire ce que l'on veut avec la Constitution.  
 
Dernière question: est-ce que Dimitri Medvedev, le prochain résident du Kremlin, sera vraiment une marionnette de Vladimir Poutine? 
 
A priori, il semble que oui. Mais on pourrait toujours être surpris. Après tout, on disait la même chose de Poutine lorsqu'il avait été coopté par Boris Eltsine, fin 1999. On a vu ensuite que Vladimir Poutine, ce n'était pas tout à fait ça!  
 
Est-ce qu'il y aura un tandem qui fonctionne entre le jeune quadragénaire nouveau président, et son premier ministre Poutine? Avec de belles ficelles manipulées par ce dernier? Peut-être. Mais ça fait des siècles que le pouvoir en Russie, c'est au Kremlin qu'il se trouve. Alors, peut-être Medvedev y prendra-t-il goût. Peut-être voudra-t-il affirmer son pouvoir et son indépendance par rapport à son mentor... À suivre!

Vous avez des questions, des remarques ou voulez me suggérer des thèmes que je n'ai pas abordés?

Écrivez-moi à : carnets@radio-canada.ca

François Brousseau est le chroniqueur-analyste de Radio-Canada pour les affaires internationales.

François Brousseau est souvent allé sur le terrain à l'étranger. Il a notamment signé, surtout dans Le Devoir, des reportages d'Haïti, d'Italie, de Pologne, de l'ex-Tchécoslovaquie et de l'ex-Yougoslavie, d'Israël, de Taïwan et de Cuba. Au fil des ans, il a pu interviewer des personnalités comme Mikhaïl Gorbatchev, Lech Walesa, Jean-Bertrand Aristide, Kim Dae-Jung, Shimon Peres, Ariel Sharon, José Ramos-Horta, Oscar Arias et Giulio Andreotti.

Entré à l'emploi de la première chaîne radio de Radio-Canada en 2002, il avait déjà une longue expérience en journalisme écrit. Il a notamment fait sa marque comme reporter et éditorialiste aux affaires internationales pour le quotidien Le Devoir de 1991 à 1997, journal dans lequel il a également tenu une chronique hebdomadaire de 2005 à 2007.

En 1994, il a reçu la Bourse Michener pour journalistes. Cette récompense lui a permis de mener un séjour prolongé de recherche en Italie et de ramener plusieurs reportages de ce pays.

Après un mandat de trois ans (1997-2000) comme directeur des communications à la Délégation générale du Québec à New York, il est revenu à Montréal où il a retrouvé sa passion: le journalisme. D'abord à l'écrit en tant que reporter au magazine L'actualité en 2001-2002. Il a été récipiendaire, à ce titre, d'un National Magazine Award pour l'article «Sommes-nous seuls dans l'Univers?», paru en août 2001. Mais aussi et surtout à la radio, qui est devenue, à partir de 2002, son nouveau médium de prédilection.

En 2003 et en 2004, il a été responsable de la revue de presse internationale quotidienne à l'émission Maisonneuve en direct. De 2004 à l'automne 2007, il était responsable des affectations des correspondants, envoyés spéciaux et collaborateurs à l'information internationale pour les nouvelles à la radio.

Passionné des cultures étrangères, François Brousseau parle six langues: français, anglais, espagnol, italien, portugais et polonais.

7 mars 2008

Bien que n'ayant pas d'alternatives à Russie Unie, le peuple russe a accordé sa légitimité au régime en participant à la dernière présidentielle. Si ma mémoire m'est fidèle, un taux de participation de 65% est comparable aux résultats obtenus dans plusieurs démocraties. Le peuple russe déstabiliserait grandement le gouvernement s'il s'abstenait d'aller voter, mais voilà, les russes sont allés voter. Un système différent du nôtre n'est pas nécessairement mauvais, il peut n'être que différent. Poutine, avec ses méthodes expéditives, a réussi à redonner la fierté à son peuple alors que moi j'ai toujours honte de mes dirigeants aux molles résolutions. Étant canadien, je suis tout de même inquiet face à une Russie expansionniste et peu encline à la collaboration, lui préférant la domination. Poutine est un démotzar!

Patrick Golding, Montréal

4 mars 2008

J'habite à Moscou depuis deux ans et je crois que les gens qui s'intéressent a la politique sont assez ironiques à propos de Poutin, Medvedev et les élections courantes. 
 
C'est Eltsine qui était le seul libéral président de la Russie. 
 
Je partage l'avis de cet article totalement.

Igor Deruga, Moscou

2 mars 2008

Plusieurs personnes, au Canada, sont enfermées dans leur propre maison avec interdiction d'utiliser Internet sous le coup d'un certificat de sécurité depuis des années sans avoir été accusé ou jugé. Ces personnes n'ont même pas accès à la preuve retenue contre eux : poser le même geste en Russie ou en Chine c'est une atteinte aux droits de l'Homme mais au Canada nous avons toutes les excuses possibles pour justifier le geste.  
 
À la chute de l'URSS, la Russie de l'époque avait modifié du jour au lendemain son régime politique : elle avait rempli sa part du contrat mais l'Occident n'a jamais donné suite à ses promesses. L'Occident est en partie responsable de la montée de Poutine car les Russes n'ont pas confiance en nous. À qui un Russe fait-il le plus confiance à l'Occident avec ses promesses creuses ou à Poutine qui livre la marchandise : redonner à la Russie son lustre et sa place dans le monde ?  
 
On oublie que les droits de l'Homme ne se résument pas aux droits politiques : selon la Déclaration universelle des droits de l'Homme nous avons des droits politiques, économiques et sociaux. Nulle part dans la déclaration il est fait mention que les droits politiques sont plus importants ou supplantent nos droits économiques et sociaux. Au contraire, ils (les droits) sont d'égale importance selon la déclaration universelle des droits de l'Homme. 
 
Affirmer que les droits de l'Homme ne sont pas respecté en Russie me semble fallacieux car c'est tenir compte d'un seul élément (droits politiques) reconnu dans la Déclaration universelle et lui accorder une importance démesurée qui ne se retrouve nulle part dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme. Il s'agit de la perception de l'Occident qui s'imagine pouvoir faire la leçon car on se croit intouchables en ce qui concerne le respect des droits politiques. Tout en fermant les yeux sur nos autres droits reconnus. 
 
Le respect des droits politiques dans un État ne signifie pas que les droits de l'Homme reconnus soient respectés dans ledit État.

Dennis Neault, Gatineau

29 février 2008

J'ai vécu en Russie pendant les quatre premières années Poutine et entretiens des amitiés ici et là-bas avec des Russes. Presque tous ceux que je connais sont pro-Poutine. Pourquoi en serait-il autrement? 
 
C'est sous Poutine que la Russie s'est développée (surtout les grandes villes, mais cela commence à s'étendre), qu'elle a repris une place dans les relations internationales, que les méga-magasins sont apparus, que le crédit hypothécaire est arrivé. Le salaire du Russe moyen a augmenté considérablement, il recommence à faire des enfants, il voyage au soleil et a souvent une voiture: une classe moyenne est définitivement présente. 
 
Les Russes sont conscients que Poutine a probablement été simplement au bon moment, au bon endroit. Mais comme c'est sous lui que cela s'est passé, on se demande bien pourquoi on changerait de chef. Après une promotion et une augmentation de salaire, changez-vous de patron? 
 
Qu'est-ce que la vraie démocratie, celle qui permet de dire que le Président est une ordure ou celle qui met du saucisson sur votre pain? La majorité des Russes que je connais ont opté pour la seconde option cette année.

Claudine D'Anjou, Montréal

29 février 2008

La majorité de la population russe n`a tout simplement pas la même vision que nous avons, étant à l`extérieur de ce pays. Quand nous sommes innondés par la propagande d`un parti, on ne voit que l`image et on ne boit que les paroles de nos dirigeants. 
 
Un des commentaires précédents, mentionne que Poutine n`était pas le toutou de Yeltsine. Il faudra toujours se souvenir que Yeltsine avait la tendance facile à l`alcool et aux bons plaisirs de la vie. Poutine, lui, avec la rigidité du travail tel qu enseigner au KGB, pouvait toujours préparer sa venue sur le terrain politique, en étant à l ombre de Yelstine. 
 
La Russie n`est pas une démocratie. Comment peut-on se prétendre une démocratie quand on ne respete pas les lois/règles de l`Union Européenne, le droit de la population à critiquer le régime, en éliminant les dissidents de ce pays, en bafouant leurs droits de parole et d action. 
 
Poutine étant dans cette Russie contemporaine, un dictateur à la cravate bien bouclée, à l`allure de star/tsar et surtout avec une intelligence qui parfois, nous amènes à nous demander si nous ne sommes pas en train de revivre la renaissance du communisme, mais d un communisme nouveau. 
 
Medvedev n est qu une poupée/une babiole, que Poutine pourra contrôler tout en continuant à contrôler les ficelles de Russie, ses droits de veto à l`ONU et à placer ses pions pour les intérêts de la Russie à l`étranger. 
 
Le prochain grand conflit sera peut être entre la Chine et la Russie. Deux zones en émergence. Car la Russie n`est riche qu`à Moscou, tout comme la Chine n est riche que dans ses grandes villes. Les américains n etant maintenant qu une marionnette sur l échiquier mondial, ne pourront controler l`échiquier mondial comme il le faisait avant l`ère BUSH et CHENEY....... 
 
Medvedev ne sera que la poupée au bout du fil.......

Yves Bourgault, Gatineau

29 février 2008

Je suis d'accord avec M. Paschen sur le point de la jalousie. J'attends avec impatience le jour ou un journaliste fera un portrait aussi incisif de nos alliés. 
 
Je ne vois guère de retenue quand on parle du Liban, du Hamas, des Talibans, du Pakistan, de la Russie, de la Chine, de la Coré pour ne nommer que ceux-là. C'est une litanie à sens unique dont la redondance n'a d'égal qu'a son manque de crédibilité. Chaque fois que je lis une histoire sur ces groupes ou pays je dois systématiquement vérifier plusieurs médiums pour obtenir une vision objective. 
 
Parlez-moi donc de Bush et de ses écoutes électroniques, de Blair et du système de surveillance démesuré établit en Angleterre, de la quasi immunité dont les policiers jouissent en France lorsqu'il vous tabasse à leur bon plaisir, qu'on m'explique comment le conflit est né au Darfour : la barbarie occidentale à apporter ses ‘'lumières colonisatrices'' et des années plus tard, une fois que la bête est déjà mourante, on voit Stephen Spielberg accuser la Chine d'être un acteur important dans la continuité de ce conflit ! 
 
Prends-t-on la peine d'expliquer le contexte délirant dans lequel Poutine doit pratiquer le pouvoir ? 
 
Toute cette désinformation est une sombre comédie. 
 
Des injustices, il y en a partout et en masse dans notre propre court. Je ne m'insurge pas tellement contre vote analyse que votre participation à un exercice qui se déroule depuis des mois : Appliquer une image à sens unique. L'occident = bien avec ses ''p'tits défauts'', le reste du monde = obscurantisme et on est gentil de penser à eux.

Hugo Manningham, Montréal

29 février 2008

Ce que je trouve ironique face a cette question est le mutisme de Washington et du 'Leader of the free world'. Bush passe ses points presse entier a répondre par les mots Liberty, Freedom, Democracy a chacune des questions qu'ils lui sont posées incluant celles qu'ils ne comprend pas.

Martin St-Pierre, Sherbrooke

28 février 2008

Rien n'est jamais parfait dans la Democratie, mais malgret toute les mauvaise langues et l' opposition Americaine et celle des etant membre de l'OTAN a Mr. Poutin, il reste que la grande majoritee des Russes aprouve de leur President sortant et de sa politique. Que son Dophin soit une marionette de celuis ci ou non, n'a que peut importance, car les electeures Russes ne sont pas dupe et semble prefere une marionette plustot que de devoir coir Poutine quitee la Politique et perdre le pouvoir reel! 
La Russie exprime sa volontee populare et democratique, que cela nous plaise ou non, n'a auqu' une importance! Poutine est tres populaire et les Russes lui font confience, en tout les cas la grande majoritee entre eux! Meme si Poutine est peut etre abusife de sont pouvoir et meme represife, il l'est avec la benediction de l'electora Russe! 
Les Democrate Occidentaus sont fou de jalousie en sorte car auqu'un ne peut se vanter d'avoir un si grand suport ni une confience presque aveugle de sont electora!

Uwe Paschen, Soka, Japon

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