11 février 2008
Réconciliation électorale
Un mois plus tôt, on aurait pu dire que leur relation était au plus bas. Jean Charest était littéralement en guerre ouverte avec son homologue fédéral, Stephen Harper, sur la question de l'aide aux secteurs manufacturiers et forestiers. Mais vendredi soir dernier, les deux hommes se rencontraient, question de donner l'image d'une certaine réconciliation.
En fait, campagne électorale imminente oblige, c'est Stephen Harper qui a fait les premiers pas et qui a demandé la rencontre. Parce que le chef du Parti conservateur a besoin de l'aide — ou, au moins, de la neutralité bienveillante — des libéraux provinciaux en vue de cette campagne.
Plus proche de Mario Dumont
Idéologiquement et même au plan personnel, Stephen Harper a toujours été plus proche de Mario Dumont. Même quand M. Harper était chef de l'opposition à Ottawa et que M. Dumont était chef d'un parti sans statut officiel à l'Assemblée nationale, les deux hommes se parlaient souvent. Dans l'entourage de Stephen Harper, certains se plaignaient même qu'il ne voyait plus le Québec que par les yeux de Mario Dumont.
Mais, une fois élu premier ministre, M. Harper a vite vu son intérêt à se rapprocher de Jean Charest, ne serait-ce que pour éviter l'élection d'un gouvernement souverainiste à Québec, ce qui aurait été un véritable cauchemar pour M. Harper.
Pendant ses premiers mois au pouvoir, M. Harper a fait des gestes pour donner une image concrète de ce qu'il avait appelé son « fédéralisme d'ouverture ». Mais la campagne électorale provinciale de mars dernier est venue briser les bonnes relations entre les deux premiers ministres.
À Ottawa, on n'a pas compris comment M. Charest a pu utiliser tout l'argent du déséquilibre fiscal pour donner une baisse d'impôt dans la dernière campagne électorale et n'en tirer aucun profit politique. « Il n'est même pas capable de vendre une baisse d'impôt », soupirait-on à Ottawa.
D'où le rapprochement avec Mario Dumont, un conservateur idéologique qui semblait en pleine ascension. Un allié naturel pour Stephen Harper, quoi.
L'aide des libéraux
Le seul ennui, à l'approche des élections, c'est que M. Dumont s'est mis à dégringoler dans les sondages et, surtout, qu'il ne pourra pas beaucoup aider les conservateurs sur le terrain pendant une campagne électorale.
Là où l'ADQ est désormais fortement implantée, c'est dans les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, là où il y a déjà des députés conservateurs. Ailleurs au Québec, particulièrement dans les couronnes nord et sud de Montréal, ce qu'on appelle le « 450 », il n'y a pas véritablement d'organisation électorale de l'ADQ. Plusieurs des députés qui y ont été élus, le printemps dernier, n'ont pas encore mis en place une association de comté digne de ce nom.
Pour M. Harper, donc, le seul allié potentiel qui ait une organisation électorale bien établie dans toutes les régions du Québec est le PLQ. Dans la région de Montréal, c'est une organisation qui sera largement au service des libéraux de Stéphane Dion, mais dans le reste du Québec, c'est une tout autre affaire.
D'où l'intérêt pour M. Harper de se réconcilier au plus tôt avec M. Charest. Sans compter qu'il y a, au sein du cabinet conservateur, des ministres québécois qui n'ont jamais été très heureux de ce rapprochement avec l'ADQ. Quant à M. Charest, il sait bien que des députés du Bloc québécois seraient ses adversaires lors de sa prochaine campagne électorale. Alors, pourquoi ne pas accepter l'invitation de Stephen Harper?
Cela dit, M. Charest est loin de vouloir montrer que tout va bien et que les relations sont revenues au beau fixe. La rencontre a eu lieu à huis clos et loin des caméras, laissant M. Harper aux soins du Bonhomme Carnaval pour des fins d'image.
Ce n'est pas encore le grand amour, mais c'est le début d'une réconciliation. Le temps d'une campagne électorale, tout au moins...
Pendant 30 ans, Michel C. Auger a couvert l'actualité politique québécoise et canadienne pour une multitude de médias écrits, autant en français qu'en anglais. Il aura passé dix ans à la Tribune de la presse à Ottawa ce qui lui aura permis de couvrir huit campagnes fédérales, six élections au Québec, sans oublier trois référendums, plusieurs élections présidentielles aux États-Unis et même celle... d'un pape.
Mais la politique n'est pas son seul intérêt. Il a également été affecté à la couverture de la Cour suprême du Canada dans les années qui ont suivi l'adoption de la Charte canadienne des droits et libertés. Il a également assuré la couverture de plusieurs grandes commissions d'enquête, dont celle sur le dopage dans le sport qui avait suivi la disqualification du sprinter Ben Johnson et la commission Keable sur les activités des services de sécurité au Québec après la crise d'Octobre 1970.
Au cours des 15 dernières années, il a rédigé des chroniques pour plusieurs journaux dont Le Journal de Montréal, Le Soleil, The Edmonton Journal et The Globe and Mail et tenu un blogue sur Cyberpresse.ca.
Au printemps de 2007, il est devenu chef de bureau de Radio-Canada à l'Assemblée nationale, après des années à commenter l'actualité sur les ondes autant de Radio-Canada, de RDI, de CBC, de Télé-Québec et de TVA, où il a coanimé l'émission d'affaires publiques Larocque-Auger avec Paul Larocque.
Il tient maintenant ce carnet sur Radio-Canada.ca, en partie pour ne pas trop s'ennuyer de l'écriture...
20 février 2008
Pour être moi même au courant, je doit vous contredire et affirmer que les associations adéquistes de la couronne nord sont bien implantées et très actives. De plus, elles sont financièrement en santé.
Mathieu Lacombe, Le Gardeur
15 février 2008
Pouvu qu'il n'y ait pas de crise durant sa campagne électorale,monsieur Harper est un fin stratège, il est proche de celui qui peut lui servir à rester premier ministre du Canada lontemps.
Quant monsieur Charest, depuis qu'il fait affaire avec monsieur Harper, il a très bien compris sur quelle note jouer pour accorder et desaccorder sa gamme d'octave.Tant et aussi lontemps que le premier ministre ne touchera pas à ses acquis, il le laissera se parader avec son bonhomme carnaval.
Ani Kassabian, Montréal
12 février 2008
Il se peut que le peuple se soit aperçu que Dumont est un opportuniste,non?Les propos qu'il tient sont à peu près vide de sens, quoique lui et Charest vont sûrement mettre beaucoup d'emphase sur l'environnement pour la prochaine campagne électorale.Au pire,Dumont fait un mandat et change-up!Il ne faut pas oublier que c'est le Peuple qui vote et les menteurs,peut-être que le Peuple est écoeuré.On est entrain de s'étouffés,il nous faut revirés debord.Merci!
Yves Filiatrault, Lac Vert, Ste-Véronique
12 février 2008
Ahem. 'Littéralement en guerre ouverte'? Peut-être ma mémoire est devenu un peut comme celui d'Alberto Gonzales mais, je ne me souviens pas de l'utilisation de fusils et bombes, ni à Ottawa, ni à Québec.
John David Stanway, Ottawa
12 février 2008
Vous avez raison de dire que cela va durer le temps d'une élection. Après tout nous sommes en démocratie et rien de mal à s'organiser ensemble pour le bien du peuple. Hum! Harper est là pour les gros producteurs de pétrole, suivre le chemin d'envahisseur de bush, les fabriquants d'armes, les banques et le secteur des assurances avec la privatisation de notre système de santé, aussi pour quelques amis du parti et les lobbyistes de l.industrie. Faut se mettre à genoux parfois et faire des pirouettes avec nos adversaires, tendre la main, donner quelques subventions (des bonbons pour le peuple ) si l'on veut se faire re-élire surtout avec un bilan favorable qu'aux plus munis de la société.
J'espère que les canadiens et surtout ceux du Québec ne se laisseront pas endormir encore une fois pour voter conservateur lors du prochain scrutin. Ca nous prend un gouvernement pour le peuple et non pour la haute finance et la machine de guerre. Et si certains Québécois-ses se mettaient à régléchir un peu, verrait-on du changement?
Richard Denis, Montréal













