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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL


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Carnet Alain Gravel

1 février 2008

Taser: tuer le messager!


C'est bien connu dans le milieu journalistique. Quand le message dérange, il faut museler celui qui le transmet. Les dirigeants de la compagnie Taser l'ont compris. 
 
Depuis la mort de l'immigrant polonais Robert Dziekanski qui a reçu deux décharges du pistolet électrique lors d'une opération policière à l'aéroport de Vancouver, ils ont multiplié le nombre de mises en demeure. Une soixantaine touchent spécifiquement les médias. 
 
Cette fois, ces mises en demeure ne visent pas uniquement les journalistes, mais aussi des coroners, des médecins et des chercheurs. 
 
Si bien que mon collègue Frédéric Zalac a eu toutes les misères du monde à convaincre des gens connaissant le dossier de parler dans le cadre de son reportage sur le pistolet Taser, diffusé cette semaine à Enquête
 
Il a visité plusieurs grandes villes américaines, pour se rendre compte à quel point les gens ont peur des représailles de la compagnie.  
 
Il s'est même rendu dans un petit village de Georgie, dans le sud des États-Unis, pour recueillir le témoignage d'un policier blessé après l'utilisation de l'arme Taser, lors d'un entraînement. Là aussi, il s'est buté au mutisme le plus complet. 
 
Les menaces de poursuites afin de faire taire les opposants à un projet ou à un produit sont de plus en plus fréquentes. 
 
Les environnementalistes en font les frais depuis quelques années. La tactique est simple. Les grosses compagnies les attaquent systématiquement en justice aussitôt qu'ils critiquent leurs projets. Que les motifs de ces entreprises soient fondés ou non n'a aucune importance. L'idée, c'est de tuer dans l'oeuf toute contestation, quel qu'en soit le prix.  
 
Il faut dire que ces compagnies ont les moyens de « faire durer le plaisir », le temps d'essouffler leurs opposants qui n'ont pas les reins assez solides pour leur résister.  
 
Acheter la paix 
 
À l'inverse, l'autre tactique des dirigeants de Taser est de conclure des ententes à l'amiable lors de litiges avec des personnes ou des groupes. 
 
Dans le reportage de mon collègue Zalac, le président de la compagnie admet avoir acheté la paix dans au moins deux cas pour éviter de longs et coûteux procès. 
 
Une de ces ententes a été conclue auprès d'actionnaires qui avaient lancé un recours collectif contre la compagnie pour leur avoir caché des informations remettant en question la sécurité des pistolets électriques. Taser leur a versé au printemps dernier la rondelette somme de 20 millions de dollars. 
 
On se demande si ces ententes n'ont pas pour but d'acheter le silence pour ne pas nuire à la réputation de la compagnie ou de son produit. 
 
Quoi qu'il en soit, le débat autour de l'utilisation du pistolet Taser est loin d'être terminé. 
 
Il n'y a pas qu'au Canada où il fait rage. 
 
Mais pour qu'on puisse aller au bout de la réflexion et de la discussion, il faudrait que tous les points de vue puissent être exprimés sans chantage, sans pression ni menaces.

Vous avez des questions, des remarques ou voulez me suggérer des thèmes que je n'ai pas abordés?

Écrivez-moi à : carnets@radio-canada.ca

Alain Gravel est journaliste depuis 30 ans. Il s'amuse à dire qu'il est « le spécialiste des généralistes », puisqu'il a touché un peu à tout dans sa carrière. Il a fait de l'information locale, régionale, nationale et internationale, tant à la radio qu'à la télévision, en nouvelles comme en affaires publiques.

Il a étudié en arts et technologies des médias au cégep de Jonquière, puis en sciences politiques à l'UQAM, sans avoir terminé son baccalauréat (il tient à le préciser).

Alain Gravel a commencé sa carrière à la radio en 1978, tout d'abord à Québec, puis à Jonquière et finalement à Montréal à CKAC-Télémédia. Là, durant les années 80, il a fait ses premières grandes couvertures journalistiques, comme l'histoire des soeurs Lévesque et le massacre des élections ratées en Haïti en 1987.

Il est passé par la suite à TVA, où il a couvert entre autres la crise d'Oka de 1990 et la guerre du golfe Persique en 1991.

En 1993, il s'est joint à l'équipe de l'émission Le Point à Radio-Canada, animée à l'époque par Jean-FrançoisLépine. Il y a réalisé des reportages aussi divers que la légalité des «danses à 10$» ou les premières élections présidentielles en Afrique du Sud.

En 1997, Alain Gravel est devenu animateur de l'émission Enjeux. Il y est resté 10 ans, en multipliant encore les sujets d'intérêt public.

Il a signé ces dernières années quelques documentaires, tout en assumant une charge de cours en journalisme à l'UQAM.

Avec ses collaborateurs, il a remporté au fil des ans six prix Gémeaux, le Prix Italia 2004 pour un reportage sur la téléréalité, et un prix au New York International Documentary Festival pour un documentaire sur les délateurs.

Depuis l'automne 2007, Alain Gravel anime l'émission Enquête à la télévision de Radio-Canada.

Il préside la Fédération professionnelle des journalistes du Québec depuis 2004.

6 février 2008

Par balistique, on arrivait à savoir à qui appartenait l'arme qui avait causé la mort. Avec le Taser, sans doute pourra-t-on savoir la date et l'heure (seconde) d'une décharge, mais si mon collègue tire à peu près en même temps, et à côté, personne ne pourra plus dire qui a visé le foie, qui a atteint l'orteil ou l'oeil. Combien de temps reste-t-il une trace identifiable comme provenant d'un Taser si je dois me présenter à un hôpital pour des soins qui pourraient donner suite à des réclamations? Voilà l'outil qui permet d'éviter la prise au corps et qui permet aux policiers de sauter une coche sans avoir à rendre de comptes.

Michel Johnson, Laval, Qc

2 février 2008

Quand la justice se situe entre les mains du pouvoir d'achat, pouvons-nous toujours nommer cela une démocratie...Le terme de ploutocratie est à mon sens plus exact...Laissez-moi vous citer Franklin D. Roosevelt (32 ème président états uniens) 
« Des évènements malheureux à l'étranger nous enseignent de nouveau deux simples vérités sur la liberté d'un peuple démocratique .La première vérité c'est que la liberté d'une démocratie n'est pas en sécurité si le peuple tolère le développement d'un pouvoir privé au point qu'il devienne plus fort que l'état lui-même. Ceci, par essence, est le fascisme, propriété du gouvernement, par un individu, un groupe, ou tout autre pouvoir privé de contrôle. »La question se pose. Dans quel système de représentation sommes-nous. Dans cette culture du secret qui semble faire loi, je soupçonne le ministère de la justice d'être coté à Wall Street 
 

Denis Miron, abitibi

2 février 2008

Monsieur votre commentaire sur Zallac et TASER est indigne. Cela s'appelle du terrorisme journalistique. 
M. ZAllac dont j'ai vu le reportage sur TV est une honte pour notre profession qui je vous le rappelle doit énoncer des faits vérifiés et non pas monté de toute pièce pour faire passer une info qui relevè de ses propres fantasmes que de la vérité historique. En France les médecins et cardiologues réunis en congrès ont apporté les TASER comme "l'arme la moins dangereuse au monde et que dans toute la littérature médicale mondiales aucun décès n'avais jamais pu lui être imputé. Pour M. Diagenski si vous êtes journaliste qu'attendez vous pour réclamer l'autopsie qui n'est toujours pas publiée au lieu de jeter l'anathème sur une arme qui semble et de loin savuer de vies...Frederic

Frederic Dupont, Paris

1 février 2008

Mais dites-moi? Vais-je recevoir une mise en demeure si j'écris quelque chose sur ce carnet qui concerne les pistolets Taser?  
 
Sans blague, c'est là qu'on se rend compte que ce genre de produit, potentiellement dangereux puisqu'il s'agit d'une arme de poing, ne devrait pas être fabriqué entièrement par le secteur privé. J'imagine que si une agence gouvernementale ferait fabriquer ces produits en sous-traitance, les gens auraient davantage le droit de se plaindre ou d'exprimer leur point de vue.

François Simard, Québec

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