22 janvier 2008
Le parti de la récession
Pour les gouvernements, les récessions sont un couteau à deux tranchants. D'un côté, le gouvernement en place risque d'être blâmé pour la récession ou de payer pour la mauvaise humeur d'un électorat qui doit en subir les effets.
De l'autre, les priorités des électeurs peuvent soudainement changer, et le parti perçu comme le plus apte à gérer les effets de la récession devient un choix logique.
Les avantages des libéraux
Ce que cela signifie, sur la scène électorale québécoise, c'est que si une récession devait se confirmer au Canada et au Québec, c'est le Parti libéral qui serait sans doute le mieux placé pour en profiter.
D'abord, parce qu'il serait difficile de prétendre que le gouvernement Charest est responsable du ralentissement économique. D'une part, s'il y a récession qui atteint le Québec, ce sera essentiellement à cause d'une récession made in USA, qui touche notre principal marché d'exportation. D'autre part, les facteurs internes, comme la hausse du dollar, ne sont pas directement du ressort du gouvernement du Québec.
En plus, le gouvernement du Québec pourra toujours dire qu'il a été prévoyant. Il a demandé la convocation d'une conférence fédérale-provinciale sur l'économie, et il n'avait pas attendu Ottawa pour lancer ses propres programmes d'aide aux secteurs forestier et manufacturier.
De même, le gouvernement Charest ne s'est pas privé pour critiquer le gouvernement Harper, qui, à son avis, s'est traîné les pieds dans tout ce dossier. Au prix de mettre fin à une amitié politique entre les deux premiers ministres.
Mais surtout, ce qui donne un avantage au gouvernement Charest, c'est que les questions économiques occupent l'essentiel de son discours depuis le début de l'automne. Que ce soient les investissements en infrastructures ou l'aide aux secteurs en difficulté.
L'avantage d'être au gouvernement est également un facteur. Un ministre des Finances ou du Développement économique aura toujours plus d'impact quand il parle d'économie que le critique de l'opposition officielle ou du second groupe d'opposition.
L'opposition, bien mal placée
L'opposition a d'autres problèmes. Au cours des derniers mois, tant l'Action démocratique que le Parti québécois ont donné l'impression d'être prêts à parler de tout, sauf d'économie.
L'ADQ a, bien sûr, soulevé la question des placements risqués de la Caisse de dépôt et placement. Mais les réponses du président, Henri-Paul Rousseau, auront eu pas mal plus de poids que les questions du porte-parole adéquiste, Gilles Taillon.
Et l'ADQ s'est fait un allié embarrassant, le premier ministre Stephen Harper. Depuis que M. Harper est allé à Rivière-du-Loup, Mario Dumont se sent très mal à l'aise de critiquer son nouvel ami. Même quand ses initiatives sont presque unanimement critiquées au Québec, comme ce plan d'aide aux industries manufacturière et forestière, dont l'adoption est conditionnelle à celle du prochain budget fédéral.
Quant au Parti québécois, il semble beaucoup plus préoccupé par les questions identitaires et linguistiques que par la situation économique. Le jour où le monde entier se demande si les États-Unis vont tomber en récession, la chef du PQ, Pauline Marois, doit rappeler à l'ordre certains de ses députés pour qui la chose la plus pressante, c'est d'imposer l'obligation d'envoyer les poupons à une garderie de langue française!
Le PQ a toujours des porte-parole qui ont une expertise reconnue en matière d'économie et une chef qui a déjà été ministre des Finances et présidente du Conseil du Trésor, entre autres. Mais quand on entend parler du PQ, depuis quelques semaines, c'est parce qu'on veut renforcer la loi 101, pas aider le Québec à passer au travers d'une récession.
Or, quand les problèmes économiques pointent à l'horizon, les questions d'identité et les amitiés idéologiques tombent soudain très bas dans la liste des priorités des électeurs.
Pendant 30 ans, Michel C. Auger a couvert l'actualité politique québécoise et canadienne pour une multitude de médias écrits, autant en français qu'en anglais. Il aura passé dix ans à la Tribune de la presse à Ottawa ce qui lui aura permis de couvrir huit campagnes fédérales, six élections au Québec, sans oublier trois référendums, plusieurs élections présidentielles aux États-Unis et même celle... d'un pape.
Mais la politique n'est pas son seul intérêt. Il a également été affecté à la couverture de la Cour suprême du Canada dans les années qui ont suivi l'adoption de la Charte canadienne des droits et libertés. Il a également assuré la couverture de plusieurs grandes commissions d'enquête, dont celle sur le dopage dans le sport qui avait suivi la disqualification du sprinter Ben Johnson et la commission Keable sur les activités des services de sécurité au Québec après la crise d'Octobre 1970.
Au cours des 15 dernières années, il a rédigé des chroniques pour plusieurs journaux dont Le Journal de Montréal, Le Soleil, The Edmonton Journal et The Globe and Mail et tenu un blogue sur Cyberpresse.ca.
Au printemps de 2007, il est devenu chef de bureau de Radio-Canada à l'Assemblée nationale, après des années à commenter l'actualité sur les ondes autant de Radio-Canada, de RDI, de CBC, de Télé-Québec et de TVA, où il a coanimé l'émission d'affaires publiques Larocque-Auger avec Paul Larocque.
Il tient maintenant ce carnet sur Radio-Canada.ca, en partie pour ne pas trop s'ennuyer de l'écriture...
31 janvier 2008
Je lit ses commentaires tres peut souvent et il n'y a pas de changement , il y a les pours Jean Charets et les pours Pauline Marois et les autres de l'ADQ . Ont ne veux pas admettre la bonne administration des liberaux par leur gouverne ,le fanatiste des separatistes et les oportunistes des ADQ qui tire sur tout ce qui bouge. Si ont appelle ca de l'opositon , c'est vraiment de l'opposition a la bonne marche d'un gouvernement qui aimerais plairere a tout le mond et se faire re-elire toute en admisitrant bien. Les oposants qui ne veulent pas a tout prix que M.Charest marque des points. Combien nous coute la demo- crassie ?
Gilles Talbot, Sherbrooke
27 janvier 2008
est-ce que le Québec avec ses demandes répétées d'Autonomie, de séparations,de reférendums, des lois et autres demandes de reconnaissances du fait français à fait que la perception d'une chose normale comme la reconnaissance du Québec comme nation ,au lieu de rassembler tous les parlants français du Canada, à fait qu'Il y à encore des tensions ,des frictions infinies et ben ben fatigantes pour tout le monde,Les gens des autres provinces, pays percoivent parfois les québecois comme des grands plaignards qui ont tous les moyens de faire leur lois et de faire commerçe avec tous les pays ou provinçes sans demander la permission...peut-etre ont-ils raison? serions-nous plus libre finaçièrement pour faire du commerce avec les USA,? à Cuba, il y à des interdits,et je ne sais pas si c,est cela qui attend notre province,,, il faut y penser maintenant...et tant pis pour la récession, ce n,est pas la première ni la dernière et nous avons passé au travers, merci.
Marie l. Tremblay, Laurentides
26 janvier 2008
Qui a dit que le gouvernement libéral performait bien en économie?S'il vous plaît un minimum de rigueur intellectuel. Durant les crises tant linguistique que financière que nous traversons actuellement John James Charest s'enfuie en Europe pour perdre son temps selon The Gazette. Ignoré et ridiculisé par ses hôtes qui ne lui accordent que la crédibilité réel qu'il a à savoir aucune.Une province colonisée restera une province colonisée. Vivement l'indépendance qui nous permettra de faire nos lois et conserver nos impôts que diable. Diantre est-ce si difficile à comprendre?
André Côté, La Plaine
24 janvier 2008
J'aime bien votre commentaire. Je ne connais pas trop la politique provinciale du Quebec, mais nous avons entendu parler du programme racisme de citoyennete quebecoise de Mme. Marois (desole du terme, mais c'est comme cela qu'on nous l'a presente).
Le PQ n'a jamais ete genial en economie. Je comprends que la culture est importante et je dois avouer qu'il serait genial que la scene culturelle vancouveroise soit meilleure, par contre les taux de chomages sont tres bas et on ne quete pas Ottawa lorsqu'il y a un probleme economique. Que ferait le PQ s'il etait au pouvoir dans un Quebec souverain?
Bien sur, le PQ essait de raviver des passions pour un futur referendum. Par contre, dans le contexte actuel, si les Quebecois ont a choisir entre raison et passion, j'espere qu'ils feront le bon choix.
Mathieu Spenard, North Vancouver, C.-B.
23 janvier 2008
Admettons que le gouvernement Charest est efficace en matière d'économie.
Rien ne le prouve hors de tout doute jusqu'à présent, mais admettons que...
Profitera-t-il vraiment de ces politiques et de ses réformes ?
Pas sûr.
Je sais que monsieur Auger croit dur comme fer - pour l'avoir lu et entendu autre part de sa part - que les gouvernements minoritaires forment nécessairement des gouvernements souffrant de paralysie chronique.
Hors, suite à la dernière session parlementaire, plusieurs observateurs et le premier ministre lui-même claironnaient sur tous les toits à quel point les projets de loi présentés étaient relativement nombreux et bien vus par la population.
Alors, au-delà de la question économique, lorsque les électeurs auront à voter - et ce n'est pas demain la veille - ceux-ci le feront avant tout sur le bilan d'un gouvernement Libéral qui aura eu bien de la chance de pouvoir s'inspiré des idées de l'ADQ et du PQ afin de conserver le pouvoir et bien servir les intérêts du Québec.
Et ça aussi c'est une arme à double tranchant . Car on pourrait aisément croire qu'un gouvernement majoritaire Libéral, ce n'est payant pour personne. Alors que deux groupes d'opposition, ça garde son politicien en éveil... ;-)
Steve Boudrias, Vaudreuil-Dorion
23 janvier 2008
Monsieur Auger, pour un homme qui a couvert la politique depuis une trentaine d'années, nous nous serions attendu à un peu plus de vision dans votre analyse.
Comme si le fait de parler de la langue français empêcherait un parti politique de parler d'économie. Marcher et mâcher de la gomme est-il si difficile pour le peuple québécois ? C'est de voir un peu petit que de penser à l'État de cette façon. cela veut dire que nous sommes condamnés à ne pas s'affirmer à cause du système de santé, de la possible récession, des viaducs qui tombent, de la hausse du dollar, de la baisse du dollar ? Heureusement que les pays indépendants ont fait leur souveraineté avant les années 1900, ils ont évité tous ces problèmes...à moins qu'ils les vivent comme nous dans leur propre pays !
Martin Dupuis, Gatineau
23 janvier 2008
Votre jupon dépasse tellement que s'en est pathétique. Bientôt la récession mondiale sera de la faute du PQ. Qu'est-ce qui vous a fait Charest pour que vous l'aduliez comme ça?
Guy Agin, Saint-Pie de Guire
23 janvier 2008
Cette analyse est excellente. Trop souvent, les Partis politiques sont lents à faire face aux problèmes économiques: priorités partisanes obligent!
J'espère que cette fois, le Québec saura tirer son épingle du jeu!
David Gregoire, Montréal
23 janvier 2008
Bonjour M. Auger,
Effectivement, je crois que, entre un partie en perpétuelle recherche de sa propre identité et un parti qui semble incapable d'ébaucher une politique cohérente, le parti Libéral m'apparaît celui qui pourra le mieux affronter les turbulences en provenance de nos voisins du sud. D'autant que depuis l'arrivée au pouvoir de M. Charest, le bilan économique du gouvernement est très révélateur. Que ce soit la croissance du PIB, la création d'emploi ou le taux de chômage qui est à son plus bas en plus de 30 ans. En plus, avec des investissements majeurs dans les infrastructures, le Québec s'est donné les outils pour résister aux contrecoups d'une hypothétique récession.
Jocelyn Roy, Montréal
22 janvier 2008
Étrange... Il me semblait, sans être expert, que la politique économique du parti Libéral du Québec avait tendance à être alignée sur la politique économique de Bush. Que l'on pense aux promesses de baisses d'impôts, des partenariats public-privé ou de la réduction de la taille de l'état par le nébuleux procédé de la réingénierie de l'État, les similitudes sont tout de même nombreuses.
Peut-être que les Libéraux de Charest ne sont pas responsables de cette récession qui pointe à l'horizon 2008, ils possèdent toutefois une idéologie économique semblable à celle qui enfante la crise actuelle. Il faut donc se poser la question à savoir s'ils font partie de la solution ou du problème? Je crois qu'ils font partie du problème et que leur vision économique pour le Québec est tout à fait néfaste à long terme. Thermodynamiquement parlant, le mythe du mouvement perpétuel est justement un mythe, contrairement à une réalité physique. Et si l'économie ne pouvait échapper aux lois de la thermodynamique? Malheureusement, les Libéraux ne nous ont jamais caché leur foi en ce mythe...
Pierre-Yves L'Espérance, Mtl
22 janvier 2008
Par pitié, cessons d'agiter le spectre de la récession pour justifier d'une politique plutôt qu'une autre et de l'habileté d'un parti plutôt qu'un autre à gérer la crise. La réalité est que nous ne sommes pas encore en récession. La réalité est qu'il existe deux types de récession. Une récession créative est une récession apocalyptique. La question est de savoir quelle récession nous voulons advenant que nous entrions en récession.
Que voulons-nous ? – Une nouvelle crise de 1927 ou bien voulons nous créer et produire de l'abondance autrement ? J'entends pas autrement la possibilité de produire de la richesse qui profite vraiment à tout le monde. Aujourd'hui, nous sommes à la merci de spéculateurs, la question est de savoir jusqu'où ils pourraient aller. Cela illustre une fois de plus combien nos sociétés, aussi évoluées soient-elles sont fragiles et combien finalement nous sommes divisés, entre ceux qui détiennent le véritable pouvoir économique et ceux qui produisent la richesse. Ce qui est terrible dans tout cela, c'est que même d'excellentes entreprises sont fragilisées par cette réalité des marchés. Le cas de Nortel est assez significatif ou celui très récent de Québécor World.
Il n'y a pas « d'ordre économique » mais plutôt un désordre économique organisé. Je ne croix pas qu'en cas de crise économique grave qu'un gouvernement provincial ou fédéral mené par quelque parti que ce soit puisse apporter quelque solution que ce soit s'il n'existe pas un véritable consensus populaire. Aucun parti n'est mieux placé qu'un autre, ni aucun leader plus que tout autre. Alors avant d'agiter le spectre de la catastrophe, il vaudrait mieux se croiser les doigts et envisager sereinement comment passer cette zone de turbulence.
Ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain. Ne soyons pas alarmistes au point de vouloir détruire ce qui fait notre fierté.
Serge Drouginsky, Montréal
22 janvier 2008
Bonsoir Mr. Auger
Je me souviens de quelques récessions qui sont survenues dans l'ancien millénaire dont les plus récentes,ou les taux d'intérets s'étaient élevés à plus de 20%.Je crois qu'on veut bien nous faire une peur bleue. tous les politiciens,de toute politique confodue ne cesseront de nous endetter même à l'annonce d'une récession, et une bonne, à moin qu'ils en soient IMPUTABLE
Stello Claveau, Blainville
22 janvier 2008
Bonjour M. Auger,
Vous semblez croire que lorsqu'une nation affronte des difficultés économiques, elle oublie ses valeurs, son identité.
C'est sous-estimer la nation québécoise.
J'ai remarqué que l'on vous invite souvent sur les tribunes des medias anglophones CBC, CTV, etc...
Je ne vous ai jamais entendu défendre notre nation.
Est-ce une coincidence???
Michel Lemieux, n-d-g
22 janvier 2008
Mr AUGER
Il serait inadmissible que Jean Charest ne soit pas le i ier a parler d'économie : c'est lui et sa gang qui gouvernent,
Je sais pertinnement que si le pq était au pouvoir, ce serait le même exercice .
Et idem pour l'ADQ .
Cela ne veut rien dire , les coups à venir nous donneront un aperçu des actions et réactions à prévoir si récession il y a .
Jean Charest doit suivre ( ça c'est très facile pour lui) ce que son ministre dira !
A part ça , le parti libéral n'a rien d'épatant sinon vous séduire !
Claire Thibaudeau, Sherbrooke
22 janvier 2008
Malgré la mer houleuse qui semble maintenant atteindre nos berges, force est de constater que les mois à venir seront mouvementés et passionnants. L'arrivée des conservateurs au pouvoir, même en position minoritaire, a apporté un vent de fraicheur dans notre monde castrant et féminisé, ou la parole semblait avoir été donnée uniquement aux groupes marginaux, maillons faibles de notre société. Il n'est pas dans l'intérêt d'une collectivité d'élire des dirigeants qui se mettent constamment et systématiquement au diapason des gens défavorisés par le système. On sait où cela nous mène. Quant à savoir si untel ou si unetelle a un bon agenda adapté aux circonstances, c'est aux électeurs de juger, le jour J venu. L'important, c'est le bilan, c'est la création de la richesse dans le but de réduire la dette et le fardeau de cette dette pour les générations qui ne sont pas encore nées. Mettons en place des nouvelles taxes, pour que les baby-boomers ne puissent pas s'en sauver et qu'ils puissent éponger leurs dettes avant de quitter notre monde. Les conservateurs semblent bien en selle pour cela, alors longue vie aux gens de bonnes volontés ayant ces desseins dans l'agenda.
Boivin Denis, Montréal













