21 janvier 2008
Le spectre de la récession
Une collègue de travail me demandait la semaine dernière si le fait de parler autant de la possibilité de récession aux États-Unis n'allait pas finir par nous conduire directement en récession. Les acteurs politiques et économiques en parlent. Les médias en parlent. Peut-être que les gens, qui écoutent tout cela, changent leurs habitudes de consommation et se placent en mode « attente » ou « hibernation », craignant un ralentissement trop important de l'économie et un impact sur leur vie.
Peut-être, ai-je répondu à ma collègue. Mais, en même temps, qu'est-ce qu'on fait? On évite de parler de ces gens qui perdent leur maison aux États-Unis, incapables de rembourser leur hypothèque consentie par des prêteurs sans scrupules? On minimise la portée d'une chute de 25 % des mises en chantier en 2007, de 56 % depuis janvier 2006? On évite de parler de la chute de 15 à 20 % du prix moyen des maisons aux États-Unis et des ventes au détail décevantes du temps des fêtes?
Et quand c'est Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale américaine, qui exprime son inquiétude, on fait quoi? Et quand c'est George W. Bush, Jean Charest ou Stephen Harper? On laisse faire? Certains analystes, qui se prononcent dans les médias, affirment que cette histoire de récession, c'est de la fiction pour faire peur aux gens et influencer le résultat de l'élection présidentielle de novembre prochain. Croire aux complots à ce point, c'est refuser de croire à la science économique, aux calculs des experts du département du Commerce et aux chiffres sur lesquels se basent les gouverneurs de la Réserve fédérale américaine.
C'est refuser de voir que le revenu disponible des Américains est en baisse, que les profits des entreprises ont reculé au troisième trimestre 2007, que les statistiques sur l'activité dans les services font état d'une croissance de moins en moins rapide, et que celles du secteur manufacturier démontrent clairement que l'industrie est en décroissance. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Y aura-t-il récession? Peut-être que oui, peut-être que non. Tout ce qu'on peut affirmer avec certitude, c'est que les États-Unis vivent un ralentissement économique.
Surconsommation et endettement
La réalité, c'est que les Américains – et les Canadiens devraient aussi le réaliser – consomment et s'endettent trop. Aux États-Unis, au troisième trimestre 2007, l'endettement moyen d'une famille atteignait 128 000 $US, selon un calcul des économistes du Mouvement Desjardins. Au Canada, en 2005, ce niveau s'élevait à 82 000 $, d'après Statistique Canada. Être propriétaire et posséder des biens sont considérés comme des réussites sociales. Et, pour y arriver, des millions d'Américains se sont endettés à mort auprès de prêteurs qui ont su les envoûter.
Comme l'expliquait l'économiste en chef de la Financière Banque Nationale Clément Gignac la semaine dernière, nous assisterons peut-être à une « récession de consommateurs ». Autrement dit, bon nombre de citoyens américains vont annuler ou reporter des achats, inquiets de l'impact du ralentissement sur leurs revenus.
La consommation compte pour 70 % du PIB américain. Et, c'est pourquoi le président des États-Unis George W. Bush a annoncé vendredi un plan visant à baisser les impôts pour permettre aux Américains de garder plus d'argent dans leurs poches et donc d'en dépenser encore autant sinon plus. Dépenser et consommer, c'est bon pour l'économie, paraît-il. Mais ça conduit souvent à dépenser et à consommer encore, et à s'endetter toujours plus, parce que plus on en mange, plus on en veut!
L'endettement moyen aux États-Unis d'une famille représente 138 % de son revenu. Le nombre de faillites personnelles a bondi de 40 % en 2007. Ça s'arrête où? À quelle heure exagère-t-on?
De 2001 à 2004, Gérald a été journaliste-annonceur à la Bourse de Toronto, d'où il présentait les nouvelles économiques. Avant de se joindre à la Société, il a couvert les nouvelles internationales et économiques à TVA. Il est diplômé de l'Institut des valeurs mobilières du Canada et titulaire d'un baccalauréat en communications de l'Université du Québec à Montréal.
On peut le voir du lundi au vendredi au Téléjournal (à 21 h HE à RDI et à 22 h HE à la première chaîne), au Téléjournal Montréal (18 h HE) et à RDI (16 h 15, 17 h 15 et 18 h 30 HE). On peut aussi l'entendre à 18 h 30 à L'heure des comptes et dans les émissions du retour à la maison partout au pays.
23 janvier 2008
M. Boulianne à mon avis le clergé c'est vous, vos frères vos oncles. Le roi de France leur a confié une tâche difficile, un peuple a éduqué dans un pays difficile. Et en plus la majorité était retournée en France. Ils ont fait ce qu'ils ont pu avec un peuple vaincu, sous-gouvernance anglaise. En tout cas nous les aimons les Québécois. Simplement la révolution n'était pas si tranquille que ça.
Personnellement j'aime beaucoup le catholicisme et ma famille était très riche et très attachée aux valeurs chrétiennes.
Sonia Assioun, St-Laurent
23 janvier 2008
`M. Fillion, vs terminer votre carnet avec la question ou s'arrêtera l'endettement et le nombre de faillite qui s'en suit et bien pendant un récent passage(après les fêtes) aux U.S.A. je lisais les journeaux locaux et ce qui était frappant c'est que toute la publicitée des marchands d'autos neuves et usagées, d'articles ménagés, d'appareils électroniques, meubles, animaux de compagnies,vacances et j'en passe étaient orientés vers les mauvais pailleurs et la traduction libre se lisait ainsi " TU AS FAIT FAILLITE, TU AS UN MAUVAIS CRÉDIT, PAS DE PROBLEME, VIENT NOUS VOIR ET AMMENE TON BULLETIN DE PAIE" et bien M. Fillion voilà le message transmit aux américains, tu veut ta petite maison, ton cinéma maison, ta pas le cash, no problemo, pr un taux "LÉGEREMENT" supérieur on va te financer et puis gest what si jamais t'est pu capable de faire les paiements sur ta maison, ton auto ou ton cinéma maison tu refera faillite so what on vend aussi aux gens qui ont eu 2,3,4 faillites. certains américains sont a se point rendu loin ds la pshycose de la consommation que l'endettement ne constitue meme plus une responsabilité ou une dicipline personnelle. pour ma part, cette mentalité gagne de plus en plus adeptes aidée,encouragée suggérée et maintenue par la publicitée agressive de grandes corporations, donc en ce qui me concerne,j'ai l'impression que c'est pas demain la veille que ns allons voir un plafond ds l'endettement "Sky is the limit" comme dirait les amaricains.
Alain Dumas, Sherbrooke, Qc
23 janvier 2008
Mme ASSIOUN,
Peut-être mais-je mal exprimer, mais je parle justement de ce retour du balancier, comme vous dite de cet éloignement des valeurs de partage et de cohésion sociale promu par la religion chrétienne. Ce que je tentais de dire est que justement, en réaction a de nombreuses années d'oppression par le clergé, les populations ont renversés la vapeur et ont adopté des comportements qui allaient à l'opposer complet de ceux des générations qui les précédaient. Ainsi, les valeurs d'entraide,d'humilité et de partage ont été massivement remplacé par un sentiment de compétitivité, d'accumulation de biens et d'individualisme qui a , a plusieurs point de vue, dégradé le tissu social qui était autrefois plus cohésif et a promu une idéologie que la richesse et l'accès aux ressources pour son bien-être personnel était un droit acquis à la naissance. Le concept de partage et de distribution plus équitable des richesse s'éloigne toujours de plus en plus de notre réalité (malheureusement).
Alain Boulianne, Le Bic
22 janvier 2008
Récession, crash et endettement collectif!
Pouquoi les citoyens sont-ils si endettés? Bien avec le capitaliste sauvage que nous avons laissé aller depuis 10 ans, faut pas se surprendre. Profits excessifs des banques avec des tarifs sur tout, des pétolières avec des prix fixés que sur de la spéculation ( ne sommes nous pas autosuffisant en pétrole au Canada?) et des milliards en profits, des baisses d,Impôts, subventions et taxes pour ses 2 dernères. Des CIO qui empochent des millions en quittant les compagnies + des bonus en actions (l'un a recu 68 millions au départ même si la compagnie a perdue des millions en bourse), la montée des taxes camoufflées en augmentation de tarifs (hydro, permis de conduire, taxes municipales, soins de santé etc.) Il faut payer pour l'eau embouteillé car celle du robinet contient du clore, produit poison et cancérigène et j'en passe!
Tout cet argent n'est pas dans les poches des citoyens pour payer les produits de consommation, l'éducation de leurs enfants alors à la fin, ils doivent s'endetter de plus en plus. Le capitaliste sauvage américain (argent, profits à tout pris et n'importe comment) les milliards pour une guerre illégale en Iraks et l'autre, prêts pour des maisons sans garantie que les gens ne seront capable de rembourser à des taux monstrureux, endettement du gouv. américain = récession. Faut pas oublier Exron, Norbourg non plus. Les milliards que harper dépense en armenet qui serait bien mieux d'aller en santé, éducation, infractuture etc. pour laisser respirer les citoyens. Il y en aura toujours qui s'endetteront juste pour consommer mais ce n'est pas la majorité alors le système capitaliste sauvage a fait son temps en me ce qui me concerne. Et on parle de récession!
Richard Denis, Montreal
22 janvier 2008
Le facteur le plus inportant dans ce dossier, c'est évidemment l'endettement démesuré que les familles occidentales ont contractés, la croissance économique va de pair avec l'endettement des gens...mais il y a un point de rupture, un moment ou toutes ces dettes deviennent trop importante. Je crois que nous vivons tous, bien au dessus de nos véritables moyens ( mais les banques et les économistes ne vous le dirons jamais, ils font leur argent sur votre dos, ne l'oubliez pas! ) Alors, il serait souhaitable que les gens commencent à rembourser leurs dettes et consomment avec une grande modération, mais si tout le monde fait ça, on s'en va directement vers une SUPER récession, le modèle capitaliste est ainsi fait ( une croissance soutenue, mais elle doit etre infinie ) si ce point de rupture est effectivement à nos portes, préparez vos mouchoirs...mais la génération Boomer, va tout faire pour que ce délai s'éternise. Comme le disais le célebre économiste R. Waters au début '70 ( ...when the great economic collapse happens, and it's gonna happen... ) c'est juste une question de temps, peut-etre est-ce une fausse alarme, mais ce qui doit arriver, arrivera!
Jean-François Vachon, longueuil
22 janvier 2008
La longue période de la politique du contrôle de l'inflation en baissant au maximum les taux d'intérêt, a favorisé le surendettement. L'inflation va récupérée le terrain perdue aussi.
Donc après la baisse de l'immobilier et de la rentabilité des entreprises, et les fallites, il y aura une grosse montée inflationnisteé L'inconnu est de deviner le bon moment d'entrer et de sortir. à mon avis aujourd'hui il faut sortir et aussitôt que ca recommencerait à monter de revenir.
Mr. Alain Boulianne parle d'un héritage judéo/chrétienqui nous porte à croire....Je ne sais pas d'ou il a sortit cette croyance qui n'existe pas à mon avis. Jesus était avec et pour les pauvres, il était socialiste. Mr. Bouliane parle d'un système capitaliste.
Voilà le résultat de l'éloignement de l'église. C'est malheureux. Ignorer une si belle religion.
Sonia Assioun, St-Laurent
22 janvier 2008
Bonjour!
Wow je suis surpris de voir le TSX monter; surtout que ca descend aux USA. Comment interpreter cela? Est-ce que cela veut dire que la confiance des investisseurs revient au Canada? Est-ce temporaire?
Mathieu Spenard, North Vancouver, C.-B.
22 janvier 2008
Je trouve monsieur Clément Gignac très sage dans ses propos, parce que les États-Unis sont déjà en récession,sauf que leurs économistes et les nôtres tardent à le dire sinon les bourses Nasdaq et compagnies perdraient le Nord.
Monsieur Bush, non content d'avoir semé la zizanie en Irak, s'attaque maintenant à l'Iran pour sa bombe atomique. Il a récemment déposé devant le Congré ses ORDRES: d'envoyer aux pays avoisinant l'Iran, qui sont tous des pays arabes, des armes sophistiqués,--(qu'il est donc naïf ce président Bush, des groupes comme le Hamas pourraient lui servir un autre World Trade Center, pourquoi pas, ils ont la technologie à portée de la main),--tout ça coûte de l'argent et des vies humaines.Où va le pays?Il a l'air à s'en foutre en autant que la vente d'armes rapporte à son administration.
Alors, ce n'est pas à un petit ralentissement économique qu'il faut entendre de la bouche des économistes, mais à une éruption volcanique de magnitude 5, le reste dépendra de l'autorité morale et patriotique des intervenants.
En ce qui à trait pour le Canada:Nous tirerions bien notre épingle du jeu, si notre premier ministre mettaient son orgueil dans sa poche et s'entendait avec le Québec et l'Ontario, sinon ce qu'il a fait à Paul Martin risque fort de lui arriver aussi.
Ani Kassabian, Montreal
22 janvier 2008
Ce n'est pas tant la crise qui sévit aux USA qui me dérange. Ce sont les dettes liées à la consommation. Ça fait des années que l'on s'attend à une récession et personne ne s'attendait à ce qui s'est passé aux USA. Une récession ammène souvent une hausse des taux d'intérêts et c'est ce qui cause la faillite de plusieurs personnes qui n'ont plus les moyens de payer leur hypothèque. Mais ce qui se passe chez nos voisins est quand même beaucoup plus particulier. Ceci étant dit, les Canadiens s'endettent afin de consommer, tout commes les Américains et c'est ça qui est inquiétant. Quand tu es obligé d'emprunter pour payer ton cellulaire (au lieu de le couper...), ça ne marche plus. C'est ainsi que le Canada devrait connaître une récession et si ce n'est pas en 2008, ça sera en 2009 ou 2010.
L'autre problème, c'est que notre économie dépend de cette surconsommation. Il faut donc revoir le système... Comment? Je n'ai pas la réponse. J'en vois se réjouir d'une éventuelle récession en disant qu'il était temps, que ça ne pouvait durer... Le problème, c'est que ces mêmes personnes ne réalisent pas que si tout le monde arrête de consommer demain, eh bien eux aussi perdront leur emploi! La réjouissance sera de court instant! Il n'y a pas grand monde qui peuvent se venter de travailler dans des secteurs à l'abri de la récession. Je prône l'arrêt de la surconsommation, mais il faut réaliser les conséquences qui vont avec... Si on veut cesser la surconsommation, il faut réaliser que ce ne sont plus tous les ménages dont les deux conjoints pourront avoir un emploi...
Stéphane Paquette, Montréal
22 janvier 2008
J'ai deux minutes pour partager une réflexion sur les événements économiques des derniers jours. Il se trouve qu'en octobre, au moment où j'ai négocié mon prêt hypothécaire, j'avais décidé de faire un choix le plus éclairé possible quant aux différents taux proposés par les banques et ceux pouvant être espérés en faisant plier celles-ci. Je me suis donc intéressé à la macroéconomie pour comprendre comment l'inflation, le taux de chômage, le PIB, etc. pouvaient orienter mon choix de prêt hypothécaire. J'ai découvert un monde fascinant! Ce qui rend la chose plus intéressante encore pour moi, c'est que ce petit bagage de connaissances nouvellement acquis arrive où la base du système (la consommation) craque quelque peu. Maintenant, là où je veux en venir, c'est que je me réjouis d'en connaître un peu plus afin de mieux cerner ce qui arrive présentement, mais là où j'ai un problème ... c'est que je ressens une satisfaction profonde à chaque mauvaise nouvelle économique annoncée (sauf pertes d'emplois bien sûr ... bien qu'inévitablement entraînées) ... n'est-ce pas contratictoire avec un désir, encore mal pratiqué, de vouloir le bien dans le monde. Pourtant, est-ce moralement et spirituellement acceptable de souhaiter un malheur pour initier un départ sur de meilleures bases? Les Grands Sages de ce Monde étaient-ils d'éternels optimistes, croyant en l'humanité à un point tel qu'il pourrait y avoir autocorrection sans destruction? Reste néanmoins que je me sens coupable ... mais tout de même ... en serions-nous rendu aux premières prémices d'un éventuel Jour de Paye ... où nos excès égoistes collectifs reposeront enfin sur une balance de Justice Sociale ... ah ah ah ah ah ! Bonne fin de journée ... et en passant ... hum ... le TSX remonte ... mais bon, il avait tellement baissé hier !
Martin Guay, Havre-St-Pierre
22 janvier 2008
RÉPONSE : Après cette quinzaine de commentaires, je me dois de souligner la pertinence et la profondeur de vos propos. J'apprends une tonne de choses avec vous, merci, continuons.
Je vous signale que la banque centrale américaine a annoncé une baisse surprise de son taux directeur ce matin (mardi) de 3/4 de points, ce qu'elle n'avait même pas fait après les attentats du 11 septembre 2001 et après le krach boursier d'octobre 1987. La FED démontre clairement par ce geste qu'elle veut éviter une panique générale et une récession. Mais, ce geste confirme en même temps les craintes sérieuses de dérapage économique.
Continuons la discussion.
Gérald Fillion, Montréal
22 janvier 2008
Vous avez bien raison Mr. Filion et j'ajouterai que la future récession sera très ardue et longue. Le grand éconimisque et politicien Mr. Lyndon Larouche l'a bien prévu depuis assez longtemps. Je déplore de la faiblesse des conseillers financiers qu Québec qui sont trop optimiste seulement Mr. Jarilowski qui aborde dans le même sens.
Sonia Assioun, St-Laurent
22 janvier 2008
Nos sociétés occidentales perpétuent un mythe qui malheureusement, comme le souligne M. Dubois, est en train de faire des adeptes partout sur la planète, jusque dans les derniers bastions communiste. Alors que je constatent que le modèle communiste n'est ni enviable ou souhaitable, nos sociétés capitaliste perpétuent un mythe centennaire qui est à la source de plusieurs de nos problèmes, tant économique qu'environnementale (parce que oui, ces deux réalités sont intimmement lié...). Ce mythe est le suivant: si vous êtes nu et dans la rue, avez faim, êtes malades et avez froid vous serez malheureux. Si par contre, vous pouvez vous habiller, pouvez vous nourrir et vous soigner et que vous êtes au chaud, vous êtes heureux. Le mythe est que si vous avez 10 manteaux, mangez 10 fois par jour et êtes perpétuellement soigné par 10 médicaments, vous serez 10 fois plus heureux. 100 manteaux, 100 fois plus heureux. Il n'y a pas de fin a ce cycle. Le problème que soulève Monsieur Fillion tient spécifiquement a cette constatation. L'exagération mène aux problèmes que nous vivont, mais la construction de notre système économique et social valorise ce type de comportement et, spécifiquement dans le cas nord-américain (québécois en particulier), le retour du balancier qui s'opère de notre héritage judéo-chrétien qui nous porte a croire qu'il n'y a rien de mal à être riche et que nous ne sommes pas né pour un petit pain porte à des excès qui engendrent plusieurs problèmes. Les problématiques de nos sociétés sont intimmement lié à la (sur)consommation et à l'accès aux ressources; la situation est la même qu'il y a 100 ans, qu'il y a 1000 ans. Revoyons l'histoire pour comprendre ce que nous vivons (croissance et chute de tous les empires, directement lié au concept d'accumulation, d'inégalité et de recommencement).
Alain Boulianne, Le Bic
22 janvier 2008
Comment s'y retrouver quand tant d'analystes donnent des opinions si différentes et même contradictoires?
Certains prédisent une récession d'autre pas, les uns affirment que le Canada et/ou l'Europe seront affectés d'autre disent le contraire. Etc...
Je ne suis pas un savant analyste mais je pense qu'après plusieurs années de croissance parfois fortes il est peut-être normal que l'économie ralentisse, serait-ce pour reprendre son élan.
Je crois aussi qu'après plusieurs années de croissance des prix de l'immobilier à un rythme bien plus rapide que celui de l'inflation et que la croissance des revenus il est normal de s'attendre à de l'action (...) dans ce secteur. C'est vrai ici et c'est vrai partout dans le monde. Certaines économies sont d'ailleurs bien plus vulnérables que celle des USA car la construction y représente une part plus importante (c'est le cas en Espagne et même au Québec je crois).
Je crois que l'économie n'a jamais été aussi mondialisée et il est impensable qu'une crise à un endroit n'ait pas de répercutions sérieuses partout ailleurs.
Je crois que l'effet mondialisation (arrivée massive de travailleurs bon marché) qui a produit des années "faciles" de désinflation (et de bas taux d'intérêt -> boom immobilier mondial) tire à sa fin. Les risques d'inflation sont de retour.
Je crois que la dénatalité et les retraites massives en occident causeront des pénurie de main d'oeuvre, ce qui stimulera l'inflation.
Personne n'est à l'abri mais à terme, de tous les pays, les USA s'en tireront sans doute mieux car leur économie est plus libre, plus flexible et plus résiliente, de plus la dénatalité les affecte moins et les ainés travaillent plus, ce qui augmente la productivité et aide à contenir l'inflation.
Pierre Brasseur, Vaudreuil
22 janvier 2008
Il est évident que nous sommes trop endettés, toutefois le système actuel fait la promotion de l'endettement. Tout le monde veux avoir sa piscine, son chalet, son tout terrain, sa motoneige et ses vacances dans le sud. Et toutes les banques et entreprises de financement vous harcèle pour vous prêter de l'argent beaucoup succombent et se dise que de toute façon il vaut mieux en profiter et faire faillite si nécessaire.
Alain Roy, St-Félicien
21 janvier 2008
Je pense que les États-Unis devraient considérer davantage l'importance de l'épargne que la consommation pour avoir une croissance saine à long terme. Ce n'est pas la surconsommation qui fait augmenter le PIB potentiel, mais l'amélioration de notre main-d'oeuvre, nos investissements en capital (infrastructures) et la technologie. L'investissement dans l'économie est important pour améliorer le PIB potentiel.
Le hic, c'est que l'investissement repose sur l'épargne des ménages qui est très faible aux États-Unis, l'épargne du gouvernement qui est négatif et l'épargne des étrangers qui est positif pour financer l'excédent des importations sur les exportations.
Je ne pense pas que l'aide de 145 milliards de baisse d'impôt de Bush pour stimuler la consommation est bonne à moyen terme. C'est sûr qu'à court terme les dépenses de consommations vont augmenter et la récession va être peut-être évitée? Toutefois, la hausse de l'endettement du gouvernement va servir à financer des dépenses de consommations qui vont faire hausser les importations. Alors, la balance commerciale va être négative et si les étrangers n'achètent pas assez de devises pour financer la dette, le taux de change va baisser et l'inflation va augmenter, car il va couter plus cher pour importer des biens.
C'est sûr qu'à court terme, c'est payant pour Bush d'essayer de remonter la croissance à court terme d'ici la fin de son mandat, mais à moyen terme la stagflation va survenir. Il s'agit d'un ralentissement économique combiné à de l'inflation! Donc, ça va être pire!
Daniel Côté, Québec
21 janvier 2008
Ce n'est pas une crise « inventée » par les médias, loin de là. C'est une crise du modèle de fonctionnement des banques et notamment d'une pratique qui s'était développée au cours des années : la titrisation. Ce nouvel instrument financier a radicalement bouleversé le fonctionnement de l'industrie bancaire. En clair, il s'agissait de transférer des paquets de crédits, immobiliers notamment, dans des structures qui en assumaient le risque. Comme ces crédits ne figuraient plus au bilan, elles pouvaient octroyer de nouveaux crédits tout en continuant à respecter les ratios de capitaux, donc leur solvabilité. Cette technique ne fonctionne plus aujourd'hui, parce que plus personne ne veut de ces titres adossés. D'où le besoin actuel de liquidités et le blocage du marché interbancaire.
Les premières responsables sont les banques centrales. Elles n'ont absolument pas assumé leur fonction de prévention. Elles doivent revoir leurs objectifs, c'est à dire modifier la hiérarchie de leurs finalités et faire de la stabilité financière une priorité au même rang que la lutte contre l'inflation. Elles sont actuellement complètement dépassées par ce qui arrive et leurs injections de liquidités ne servent qu'à éteindre momentanément le feu mais il couve toujours.
Guy Agin, Saint-Pie de Guire
21 janvier 2008
Dans votre article vous m'entionnez qu'il y a des américains qui perdent leurs maisons;je pense que la majorité d'entre eux n'ont rien perdu du tout ;pour la bonne et simple raison qu'ils n'ont rien investi, les institutions financières leur prêtais la totalité de l'achat ; dans le fond ils étaient que des locataires car ses maisons là appartenaient en totalité aux institutions financières.
Dans bien des cas se sont des gens qui n'avaient pas le moyen de s'acheter une maison.
Je suis beaucoup plus désolé pour les petits épargnants qui ont fait confiance au système capitaliste américain et qu'ils ont investi leur économie sans savoir se qui se passaient réellement.
Ja vais en Floride régulièrement et je trouvais ça illogique de constater a quel vitesse le prix des condos augmentaient ,ca n'avait pas de sens....
Sarto Rodrigue, Sherbrooke
21 janvier 2008
Mr Fillion.
A la lecture de votre éditorial , je ne trouve rien dans votre écrit d'alarmiste ou de pessimiste.
Il faut écouter les commentaires d'ici pour comprendre qu'il est minuit moins 5 .
Je serais surprise de savoir combien de cartes de crédit possèdent une famille car tôt , les ados ont accès au crédit.
La récession est chez nous , il ne faut pas se leurrer.Nous n'avons qu'a prendre une marche , regarder maisons à vendre .
Je serais aussi surprise de connaître l'endettement moyen d'une famille de 4 personnes avec études supérieures ou à venir.
Ce qui se passe ailleurs peut être chez nous.
Et l'endettement est là , pas besoin des américains car american dream est terminé .
Claire Thibaudeau, Sherbrooke
21 janvier 2008
Le commentaire fort juste de M. Boivin me rappelle le magnifique film de Hal Ashby, "Being there" (Bienvenue, Mister Chance), avec Peter Sellers. Ce jardinier, un peu inculte, conseille le président des É.U. sur la récession qui sévit: "il y a, M. le Président, l'hiver, le printemps, l'été et l'automne...et puis tout recommence...! et le Président de comprendre tout d'un coup la successsion des cycles.
Nous ne sommes pas obligés de tout remettre en question, la société, l'environnement, la planète, etc., à chaque fois qu'il y a un problème...récurrent par dessus le marché! Il me semble que cela devrait être une valeur québécoise, nous qui avons survécu aux Plaines d'Abraham: Ne pas s'énerver pour "rien".
Notre monde économique est fondé sur la consommation et le marché...sur quoi d'autre voulez-vous qu'il se fonde?
J'étais au Vietnam en février dernier...un régime communiste jusqu'à tout récemment. Que se passe-t-il dans la vrai vie là-bas? Le jeune homme de 15 ans rêve d'avoir un vélo, puis l'obtient. Il rêve ensuite d'avoir une mobilette, il l'obtient. Il rêve d'avoir une vraie moto, il l'obtient. Il se marie (la moto aide!) avec la permission de son père et de l'astrologue (!). Sa femme et lui rêvent d'avoir une maisonnette. Ils l'obtiennent à coup de labeur. Ils rêvent d'en avoir une plus grande avec un petit commerce au RC...et ainsi de suite. C'est la nature humaine. Ils ont sousestimé les dépenses et surestimé les revenus? C'est la nature humaine aussi!
Pierre DuBois, Laval
21 janvier 2008
La récession est carctérisée par un recul de la production d'un pays, engendrée par le fait que la croissance du produit intérieur brut est inférieure à sa croissance potentielle. Donc on peut constater que tous les indicateurs économiques montrent que la probabilité d'une récession mondiale, je dis bien mondiale, devient de plus en plus forte car elle menace les USA. Est-ce que ça été amplifié par les médias? En mon humble avis, non, car si les médais auraient refusé d'en parler, ce serait failli à sa mission première qui est de former et informer.
Ainsi qu'est-ce qui nous attend au Canada? C'est aberrant de penser que si les États-Unis tombent en récession, le Canada peut faire mieux, car il y trop de liens commerciaux entre les deux pays. La confiance des consommateurs au Canada sera affectée par la crise qui sévit chez nos voisins du sud. Q'en est-il de l'Union Européenne?La récession aux états-Unis va toucher directement l'europe, par plusieurs voies et notamment celle de la devise. Avec une baisse du dollar américain, l'euro va continuer à augmenter et cela va freiner la croissance européenne en malmenant ses exportations.
Ainsi, pour cette récession, on peut dire merci à la mondialisation et à l'administration de G. W. Bush pour les milliards de dollars jetés dans la guerre en Irak. Car dans un monde ou les marchés financiers sont de plus en plus intégrés, il est de plu en plus dangereux de suivre des politiques qui n'encouragent pas la stabilité financière comme la guerre.
De plus, les investisseurs à court terme peuvent rester confiants dans les perspectives d'un pays comme les États-Unis de continuer de recevoir des capitaux même lorsque sa politique monétaire est devnue trop laxiste. Mais cela ne peut pas durer ad vitam eternam, et il se peut qu'en cas de revirement d'opinion, les capitaux quittent brutalement aussi...et c'est ce qui est en train d'arriver. Donc on ne peut pas blâmer les médias...
Jocelyn Casimir, MBA,CMA, Ottawa
21 janvier 2008
Bonjour,
Ceux qui croient que l'idee d'une recession n'est qu'une propagande politique sont completements gourres et n'ont aucune connaissance des indicateurs economiques comme vous le dites si bien.
Peut-etre vous pourriez me dire s'il y avait recession aujourd'hui, si les effets seraient sentis de facon differente a travers le pays. Je travaille au centre-ville de Vancouver et je dois avouer que je n'ai vu aucun ralentissement en construction immobiliere. Mon meilleur ami a Calgary m'a dit la meme chose. Les taux de chomages sont toujours tres bas (environ 4%) en C.-B. et en Alberta. Le prix des evaluations provinciales des maisons a encore augmente de maniere significante selon BC Assessment a travers la province entiere.
Lorsque ca allait mal au debut des annees 90, nous avons ete moins touches vu l'apport de nombreux immigrants de Hong Kong, craignant un retour de Hong kong a la Chine. Qu'arrivera-t-il cette fois-ci? On entend parler de fermeture de scierie dans le nord; mais lorsqu'on parle de mise en chantier et de taux de chomage, tout semble aller pour le mieux. Soit Mr. Campbell (notre premier ministre) nous cache que ca va mal pour ne pas faire trop peur; ou peut-etre que ca va vraiment bien a l'Ouest des Rocheuses! On verra en fevrier.
Mathieu Spenard, North Vancouver, C.-B.
21 janvier 2008
Bonjour
Pourtant, si ma mémoire ne me fait défaut, la croissance économique tient spécifiquement sur ce concept qu'est l'endettement. Sans le consommateur qui contracte une dette, il ne peut y avoir croissance économique; c'est ainsi (et c'est la seule façon) que l'argent est "créé". L'impression physique de billets vert ne fait que faire croitre l'inflation (l'augmentation des prix, demander plus de billet vert pour le même produit/service). Je m'intérogge depuis plusieurs semaines a savoir les causes première de cette crise du crédit. Mon constat présent est que la crise du papier commercial n'est pas une crise causé par l'emprunteur qui fait défaut sur ses obligations de remboursement, mais plutôt sur un système qui, toujours avare de faire plus de profit et stimulé par un désiquilibre générationnel et démographique de la distribution de la richesse (génération baby-boomer vs. reste de la population) a permis la construction d'outil financier pour faire "rapporter" toujours plus toute ces sommes $ qui devaient être "investies" (pauvres épargnants qui se contente de 6% d'intérêt.... ) Le concept d'intérêt sur les placements doit se faire dans une dynamique de payant-payé. Hors, lorsque le système permet un abus dans cette relation de pouvoir, les payés doivent s'attendre a encaisser les coûts. Notre société nord-américaine qui ne "produit" presque plus des biens qu'elle consomme (déséquilibre commercial plus important que jamais - voir WAL KART, TEchno-électro-machin, Sandales multi-colore plastikCHINA et cie.), votre question finale prend tout son sens lorsqu'on parle de sur-consommation: quand "exagère" t-on? Si nous ne pouvons plus emprunter, sommes-nous condamner a subir cette contraction du système, cette affreuse récession. Et ça s'arrête ou? Ça ne s'arrête pas, ça ne s'arrête jamais. La Sainte croissance infini, TOUT est construit la-dessus.
Alain Boulianne, Le Bic
21 janvier 2008
L'économie semble bien aller seulement quand la majorité des gens surconsomment. Si les dépenses diminuent, si les gens se rapprochent plus de consommer seulement ce dont ils ont besoin, l'économie est malade... N'est-ce pas là un signe troublant?
Les économistes peuvent-ils nous proposer une économie durable? Avant les années '50, le modèle exigeait-il une surconsommation? Est-il pensable de développer une économie des années 2000 qui est plus proche du gros bon sens? On le sait, surconsommer est néfaste pour l'environnement, la santé et l'endettement...
Que faire?
Oliveir Rémillard, Montréal
21 janvier 2008
Le contexte économique dans lequel nous évoluons est soumis à des cycles. La récession est une étape, un passage obligé. Bien que les bonzes des banques centrales font de leur mieux pour tenter de limiter les dégâts, il y aura toujours des sommets et des creux, de la croissance, et de la contraction. Heureusement qu'il en soit ainsi! Ces creux sont le prélude d'occasions phénoménales d'achats. Ces creux sont souvent associés à des baisses significatives dans les valeurs mobilières et immobilières. C'est une période bénie, et attendue ardemment par les gens préparés, dans le but de faire le plein d'actifs à prix réduits. Que la récession puisse se poindre le bout du nez et s'installer pour quelques temps. Les gens préparés y trouveront leur compte! Quant aux autres, ils subiront l'intelligence de ceux-ci et apprendront peut-être à se préparer pour le prochain cycle. À bon entendeur, salut! Un conseil: N'empruntez jamais de l'argent pour financer autre chose que des biens mobiliers ou immobiliers. Ces actifs prennent de la valeur dans le temps, toutes choses étant égales par ailleurs. N'empruntez pas pour vous achetez des biens de consommation (Auto ou autres biens) dont la valeur se déprécie de 30%, et plus, la seconde où vous sortez du détaillant. Oubliez les offres promotionnelles alléchantes sur des articles dont vous n'avez pas besoin. Oubliez les écrans Plasmas, les meubles de remplacements, et autres actifs similaires, si vous ne pouvez pas les payer en argent comptant!
Denis Boivin, Montréal
21 janvier 2008
Bonjour Monsieur Fillion, et bravo pour votre "carnet".
Vous soulevez ici le paradoxe ultime de la croissance, notamment américaine dont la consommation est le moteur : le monde se rend enfin compte à quel point la surconsommation (notamment énergétique) est néfaste pour la planète, et tout est tenté pour la freiner, mais dans le même temps, dès que la (sur)consommation diminue, l'économie s'affole par crainte de récession...Il faudrait savoir ce que l'on veut! À mon sens, la décroissance (synonyme de récession?) pourrait être positive si les indicateurs, et notamment le sacrosain PIB (qui augmente avec les dépenses de santé et de dépollution!)., étaient modifiés pour intégrer (internaliser diraient les économistes) les effets néfastes à long terme de la croissance, sur l'environnement, la santé, etc. Un "indice de développement humain" serait ainsi plus représentatif de la croissance du bien être que le simple cumule des dépenses qu'est le PIB...et éviterait aujourd'hui de parler de récession!
Jean-Philippe Détolle, Montréal













