6 novembre 2007
Conflit d'intérêts?
Pourquoi Sylvain Toutant a-t-il choisi de se joindre à Kruger, l'entreprise à qui il a vendu la Maison des Futailles, lorsqu'il dirigeait la SAQ? Pourquoi Sylvain Toutant quitte-t-il la SAQ pour l'entreprise avec qui il a brassé des affaires? Pourquoi Sylvain Toutant s'expose-t-il ainsi à la critique, soulève-t-il ainsi des questions d'éthique? N'aurait-il pas pu se joindre à une autre entreprise? Il y en a des milliers au Québec.
De toute évidence, l'homme d'affaires aime le risque et la controverse. Sous son règne, la SAQ a connu le meilleur et le pire. Le meilleur, ce sont les excellents résultats financiers, le succès des différentes bannières, l'approche « marketing », qu'on peut contester, mais qui marche, et l'adoption d'un système d'ajustement des prix en fonction des fluctuations du dollar canadien. C'est sans doute l'un des meilleurs systèmes d'ajustement des prix au Canada.
Le scandale des prix gonflés
Mais si cet élément fait partie de la colonne du positif dans le dossier de Sylvain Toutant, c'est parce qu'il y a un gros point négatif à son actif: le scandale des prix gonflés. Contre vents et marées, Sylvain Toutant est demeuré accroché à la barre de la société d'État en 2006, lorsque le journal La Presse a mis au jour une pratique inacceptable à la SAQ. Le quotidien a révélé que de hauts dirigeants demandaient à des fournisseurs européens de monter leurs prix pour éviter de baisser ceux des produits sur les tablettes. Les produits que vous et moi, nous achetons.
Le vérificateur général du Québec Renaud Lachance a conclu que cette pratique était choquante et que le PDG Sylvain Toutant, bien qu'ignorant de ces pratiques, aurait dû s'occuper beaucoup mieux de la planification de son entreprise. Malgré ce blâme, Sylvain Toutant est demeuré en poste. Et, depuis, on l'a peu revu. En fait, il a donné récemment une entrevue au journal Les Affaires, dans laquelle il expliquait ses projets visant le rajeunissement des bannières et succursales de la SAQ. Il faisait également son mea-culpa sur le malheureux épisode des prix gonflés: « Ce genre d'événement majeur est parfois un mal nécessaire. Il faut parfois qu'une telle crise survienne pour qu'une organisation en arrive à se remettre en question et à mieux définir ses objectifs. »
Il ne faut pas oublier également le conflit de travail de Noël 2004, quelques mois après son arrivée à la barre de l'entreprise. Près de trois mois de grève, un conflit très médiatisé, des employés en colère, un négociateur, Lucien Bouchard, intransigeant. Au cours de cette période, Sylvain Toutant et son équipe ont misé sur les ventes de vins en épicerie. Ces vins sont, en partie, embouteillés par la Maison des Futailles, que Sylvain Toutant va maintenant diriger.
Selon le commissaire à l'éthique, cité par la ministre des Finances Monique Jérôme-Forget en Chambre mardi, le passage de Sylvain Toutant de la SAQ à Kruger est tout à fait convenable. On ne trouve pas de conflit d'intérêts dans cette affaire, selon le commissaire. Il est toutefois permis de se demander si Sylvain Toutant avait l'intention de se joindre à Kruger au moment de la transaction, si des discussions avaient déjà eu lieu et si, durant le processus de vente, la possibilité d'aller travailler à la Maison des Futailles a été soulevée. À titre de dirigeant de l'une des plus grandes sociétés d'État du Québec, Sylvain Toutant devrait donner quelques réponses.
De 2001 à 2004, Gérald a été journaliste-annonceur à la Bourse de Toronto, d'où il présentait les nouvelles économiques. Avant de se joindre à la Société, il a couvert les nouvelles internationales et économiques à TVA. Il est diplômé de l'Institut des valeurs mobilières du Canada et titulaire d'un baccalauréat en communications de l'Université du Québec à Montréal.
On peut le voir du lundi au vendredi au Téléjournal (à 21 h HE à RDI et à 22 h HE à la première chaîne), au Téléjournal Montréal (18 h HE) et à RDI (16 h 15, 17 h 15 et 18 h 30 HE). On peut aussi l'entendre à 18 h 30 à L'heure des comptes et dans les émissions du retour à la maison partout au pays.
8 novembre 2007
Voulez-vous une solution simple à ce conflit d'intérêts. Eh bien voilà, le prochain PDG de la SAQ n'a qu'à mettre fin aux contrats qui lient la Société avec Kruger (Maison des Futiles). On veut plus que des belles paroles en matière d'éthique, on veut des gestes concrets. La balle est maintenant dans le camp de la SAQ.
Richard Lapointe, Québec
7 novembre 2007
C'est , je pense , en position de pouvoir que les conflits d'intérêt commencent.
Mr Chevrette en est un exemple parmi tant d'autres .
Je n'approuve pas ce genre de situations , mais c'est ainsi.
Autre exemple.Jean Charest .Avant conservateur , maintenant libéral...
Guy Roy, Sherbrooke
7 novembre 2007
La démission de M. Toutant et son embaûche par Kruger, une compagnie avec laquelle il a déjà traité alors qu'il était à la SAQ, n'a rien de nouveau pour moi. Cela semble être une mode au Québec. On a qu'à penser M. Guy Chevrette, ex-ministre des ressources naturelles, qui est maintenant président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec. En tant que ministre, son rôle consistait, entre autre, à servir de chien de garde contre les abus possibles de certaines compagnies forestières et voilà que maintenant, il défend leurs intérêts ! Je suis un peu mal à l'aise face à cette idée: pas vous ?
Alors que M. Toutant joigne les rang de Kruger, cela le regarde, mais j'avoue ne pas être en accord avec ce genre de pratique.
Louis-Gabriel Toupin, St-Célestin
6 novembre 2007
Comment pouvait-il ne pas être au courant du gonflement des prix à la SAAQ alors qu'il en était le pdg?De plus,quoi qu'en disent le commissaire à l'éthique et madame Jérôme-Forget,il y a apparence de conflit d'intérêts,pour ne pas dire de magouille pure et simple, dans son passage à Kruger.
Jean Corbeil, Québec
6 novembre 2007
Où est la limite du convenable de l'inconvenable? Vous savez bien ,que les raisons financières et personnelles,sont parmi les grands vecteurs des migrations contemporaines.Mr.Toutan,étant fatigué et las,des récents problèmes qui ont touchés la S.A.Q,a préfèré déployer ces ailes et prendre son envol ,pour la grande aventure.Je serais très heureux ,si on m'offrait son poste à la S.A.Q,pour la quelle,j'ai une grande attirance.Alors,de grâce,faites part de mon attention particulière au conseil d'administration.Salutations amicales.
Kamel Beldjoud, Montréal













