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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL


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Carnet Gérald Fillion

12 septembre 2007

Le chômage des immigrants


Je ne sais pas pour vous, mais moi, j'ai sursauté. Statistique Canada a publié, lundi matin, des statistiques à la fois révélatrices et inquiétantes sur le taux de chômage des immigrants. Un immigrant sur 5, arrivé au Québec il y a moins de 5 ans, est au chômage. Très exactement, 17,8 % de ces nouveaux arrivants sont au chômage au Québec, 18,1 % à Montréal. Ce sont les taux les plus élevés au Canada. C'est trois fois le taux de chômage des gens qui sont nés ici. 
 
En marge de la commission Bouchard-Taylor, où l'on s'interroge sur les pratiques d'accommodements raisonnables et où les discussions s'étendent à l'intégration des immigrants au Québec, il me semble y avoir possiblement un début de réponse dans ces statistiques. D'ailleurs, un participant à la tribune publique de la commission, lundi soir à Gatineau, expliquait que l'intégration des immigrants au Québec devait assurément passer par l'intégration au marché du travail. Sans emploi, expliquait-il, il est difficile pour les nouveaux arrivants de s'intéresser à leur société d'accueil, de l'aimer, de l'habiter, de la vivre. A-t-il raison? 
 
Que signifient ces statistiques? 
 
Au Québec, nous avons la particularité de parler français. Le Québec est officiellement unilingue français, la seule terre du genre en Amérique. Un immigrant qui arrive au Québec doit parler français ou doit l'apprendre pour y vivre. Mais l'anglais étant la langue de la mondialisation, plusieurs croient — et ils ont raison — qu'ils doivent aussi parler anglais. Parler deux langues, c'est une difficulté de plus pour un homme ou une femme qui choisit de changer de pays.  
 
Aussi, dans l'étude de Statistique Canada, on explique que 60 % des immigrants au Québec sont aux études, un taux plus élevé que dans les autres provinces. Cette donnée explique sans doute le bas taux d'emploi, mais pas nécessairement le taux de chômage, qui ne compte que la population en recherche d'emploi active. 
 
Que se passe-t-il alors? Est-ce que les patrons d'entreprises sont moins enclins à embaucher des immigrants? Est-ce que notre système de reconnaissance des diplômes est trop rigide? Qu'est-ce qui fait qu'on n'arrive pas à répondre de façon convenable aux défis présentés par l'intégration des immigrants, en particulier sur le marché du travail?  
 
Comment accepter et expliquer un tel taux de chômage chez les nouveaux arrivants, quand on sait que la majorité est plus diplômée que la moyenne des gens nés ici, que le Québec a besoin d'immigrants pour combler les besoins en main-d'oeuvre actuels et à venir et qu'un nombre important de gens qui choisissent le Québec le font parce qu'on y parle français et qu'on peut y vivre librement et en paix?  
 
Ces chiffres sont consternants, et il est souhaitable que cette situation change. 
 
====  
 
Autre sujet : je vous signale que j'ai interviewé Aminata Traoré, altermondialiste, essayiste et ex-ministre de la Culture et du Tourisme du Mali, la semaine dernière. Elle nous a parlé de l'importance pour l'Afrique de développer par elle-même ses outils économiques. Je vous invite, si ça vous intéresse, à voir et à écouter l'entrevue en cliquant sur ce lien:  
 
Entrevue de Gérald Fillion avec Aminata Traoré 
 

Vous avez des questions, des remarques ou voulez me suggérer des thèmes que je n'ai pas abordés?

Écrivez-moi à : carnets@radio-canada.ca
Gérald Fillion présente et analyse l'actualité économique à Radio-Canada. De 2004 à 2006, il a animé l'émission Capital Actions, où ont été abordés plusieurs enjeux socio-économiques: vieillissement de la population, dette publique, impact des réductions des émissions de gaz à effet de serre sur l'économie, etc. Il y a reçu Henri-Paul Rousseau, Sir Richard Branson, Jacques Séguéla, Thierry Vandal, Frank Dottori, Éric Laurent, Laurent Beaudoin, Stephen Jarislowsky et Lino Saputo fils, pour ne nommer que ceux-là! 
 
De 2001 à 2004, Gérald a été journaliste-annonceur à la Bourse de Toronto, d'où il présentait les nouvelles économiques. Avant de se joindre à la Société, il a couvert les nouvelles internationales et économiques à TVA. Il est diplômé de l'Institut des valeurs mobilières du Canada et titulaire d'un baccalauréat en communications de l'Université du Québec à Montréal. 
 
On peut le voir du lundi au vendredi au Téléjournal (à 21 h HE à RDI et à 22 h HE à la première chaîne), au Téléjournal Montréal (18 h HE) et à RDI (16 h 15, 17 h 15 et 18 h 30 HE). On peut aussi l'entendre à 18 h 30 à L'heure des comptes et dans les émissions du retour à la maison partout au pays.

23 octobre 2007

Bonjour M Fillon 
 
Je suis une immigrante de longue date, 9 ans.... et depuis presque 2 ans que je suis en chômage pour seulement mâitriser l'anglais au niveau fonctionnel...(3 cours de perfectionnement en paralèlle à mes études faites ici au Québec).  
 
J'ai compte avec 5 ans d'éxpérience de travail au Québec (quelqu'un m'a fait confiance une fois,cependant, je vois que c'est tout à fait un phénomene marginal!), j'ai un diplôme universitaire canadien, un excellent niveau de français que mêmme si ce n'est pas ma langue maternelle, 
 
J'ai une formation en linguistique et littérature française dans mon pays d'origine)mais je me rends compte au fur et à mesure que les entrevues d'embauche se passent et que je me fais dire non à chaque fois, que mon très bon niveau FRANÇAIS ne m'aide guère à convaincre que je serais capable de faire bien mon travail et à m'empliquer dedans. 
 
 
C'est une réalité!

Paz Carrasco, Montréal

18 septembre 2007

La différence du taux de chômage immigrant entre le Québec et le Canada est très facile à expliquer: la précarité de la pérennité du fait français au Québec et la concurrence féroce de l'anglais dans un continent massivement anglo-saxon. 
 
Bien sûr, autant le Canada que le Québec ont développé une opinion plutôt défavorable envers les immigrants à cause de la précarité grandissante des emplois et des problèmes d'intégration à la société d'accueil. Cependant, si ultimement les pressions environnantes font en sorte que les immigrants finissent par s'intégrer à l'anglais en dehors du Québec, la situation équivoque du français auprès des immigrants (causée par la désinformation des ambassades canadiennes et des fonctionnaires d'Immigration Canada) et la fragilité de son statut de seule langue officielle commune du Québec (suite aux jugements des tribunaux canadiens soi-disants "impartiaux" pour invalider des pans entiers de la Loi 101) font en sorte que l'intégration des immigrants à la communauté francophone est plus lente, voire compromise, ce qui exacerbe les réflexes de méfiance des Québécois, incluant beaucoup d'employeurs. Contrairement à l'Ontario qui compte beaucoup d'emplois bien payés dans l'industrie manufacturière et les multinationales, la majorité des emplois au Québec sont au sein de PME dirigées par des francophones, tout aussi conscients de cette réalité que l'ensemble de la population et donc sensibles aux préjugés entretenus par les médias. 
 
Selon moi, cette situation durera tant et aussi longtemps que ne sera pas réglée de manière durable et satisfaisante la question du statut du Québec vis-à-vis du Canada.

Luc Bertrand, Pointe-aux-Trembles

17 septembre 2007

C'est vrai que le bilinguisme (et surtout la connaissance de l'anglais) est indispensable pour se trouver un emploi et/ou évoluer au sein d'une compagnie. 
mais cela ne devrait pas remettre en cause l'exigence de la maitrise du français pour les immigrants dans le quebec. Il est important pour le Québec de mettre tout en oeuvre pour assurer l'avenir du français sur son territoire. 
L'anglais est une exigence pour l'emploi,alors prenons des cours et trouvons des moyens pour améliorer notre bilinguisme. Ce ne sont pas seulement les immigrants qui font face à cette exigence. les québécois aussi se mettent aux cours d'anglais pour des besoins d'emploi et autres. Pour éviter la surprise à certains, immigration quebec devrait spécifier que la français est obligatoire mais que la connaissance de l'anglais peut s'avérer utile une fois sur place.  
 
Pour le problème des ordres professionnels, immigration quebec devrait informer plus en détail les gens. Je connais quelques ingénieurs, membres de l'OIQ, qui ont commencé les démarches d'inscription au sein de l'ordre en même temps que leur demande d'immigration à partir de leur pays. Il n'y a pas d'exigence de citoyenneté ou de résidence permanente pour adhérer à ces ordres (je connais mieux l'OIQ) donc le processus d'adhésion peut-être entamé plus tôt.  
 
Je rejoins M Pierre Dubois sur les détails de ces statistiques. Il faudrait faire un descriptif des profils des immigrants chômeurs et ceux en emploi. peut-être il y a un écart entre leurs qualifications (des chômeurs) et les besoins en ressources humaines sur le marché actuel de l'emploi au québec.

Ngassa Simone, Montréal

14 septembre 2007

1. Immigrants avec des gros diplomes: 
Il ne faut pas oublier que Immigration Quebec accepte seulement les immigrants avec diplomes. Je penses que c'est un probleme parce que la majorite de ces immigrants ont un boulot dans leur pays d'origine et quand ils immigrent ici, tout ce qu'on voit c'est des emplois comme serveurs, concierge, ... 
 
2. Racisme: 
Il ne faut pas oublier que dans toutes les societes du monde, il y a du racisme. C'est juste le niveau qui est different. Un exemple est celui d'un ingenieur marocain qui a envoye 2 CV avec des noms differents. Celui qui a un nom arabe n'a jamais eu de reponse. Celui qui a un nom quebecois, il a eu un entrevue. Pourquoi? c'est la racisme. 
Il y avait un sondage ca fait pas longtemps disant que 57% des quebecois se voient racistes. Biensure c'est pas un sondage scientifique mais ca donne quand meme un bon message. 
 
3. Tolerance: 
J'entend tout le temps que les quebecois sont tolerants. Je dis c'est faux. Les quebecois sont INDIFFERENTS. Cela veut dire qu'on s'en fou pas mal de ce que se passe dans la cuisine d'un immigree, mais des qu'il est dans ma cours, on n'accepte plus ca. On appelle ca l'indifference et pas la tollerence. 
 
J'ai beaucoup de choses a dire mais malheureusement, j'en ai pas beaucoup de temps. Alors mon conseil a tout les immigrants c'est de quitter le Quebec ou de rester chez eux. Il vaut mieux tot que tard.

Abdel Said, Ottawa

13 septembre 2007

J'avoue que la lecture de votre article m'a 
laissée plutôt sceptique, M.Filion. Sans douter de la véracité de vos informations, j'aimerais , comme M. Pierre Dubois de Laval, que vous ou l'un de vos collègues examiniez de plus près certaines données non-officielles (ex. marché noir). Ce qui changerait la validité de bien des résultats... Ceci est aussi valable pour les non-immigrants d'ailleurs !!

Mariette Payeur, Sherbrooke

13 septembre 2007

Bonjour Mr Fillion. 
Pas facile a expliquer ce chomage.  
Si je me réfère au collège des médecins, très peu de médecins immigrants pratiquent au Québec .Ils échouent a l'examen requis.Je suis sceptique devant ça.Si l'on pense a la facilité des médecins québécois a pouvoir travailler hors Québec , et celui des infirmières , serait-ce que notre médecine est infaillible?  
Je connais un médecin cubain , vivant au Québec .Son emploi : massothérapeute ¹ 
N'est ce pas sujet a reflexion.

Jeanne Pigeon, Hull

12 septembre 2007

Je crois que le dilemme entre inciter les nouveaux immigrants à bien parler français et bien les intégrer au travail est un faux dilemme. On peut très bien faire les deux : il ne suffit que de volonté politique. 
 
On pourrait commencer par reconnaitre leur compétences ici : ce serait déjà un bon début!

Christian Trempe, Montréal

12 septembre 2007

Mr Fillion . 
Désolée , je me suis mal exprimée ce qui a crée confusion.Merci de votre intervention et bon carnet.

Claire Thibaudeau, sherbrooke

12 septembre 2007

RÉPONSE à Claire Thibodeau: attention, je ne dis pas que le français doit disparaître pour faciliter l'accès au marché du travail. Au contraire. Je décris simplement un fait, une réalité, sans la juger. Statistique Canada écrit: « Les répondants ont évoqué le manque d'expérience de travail au Canada, le manque de reconnaissance de leurs titres de compétences et la barrière linguistique comme les principaux obstacles à l'intégration des immigrants récents au marché du travail au Canada. » 
 
RÉPONSE à Pierre DuBois: Statistique Canada développe depuis peu des informations sur le travail des immigrants. Je pense qu'il faut continuer de lire ces documents statistiques pour nous aider à comprendre ce qui se passe. Permettez-moi d'exprimer mon total désaccord avec vous sur votre commentaire concernant la population maghrébine. Le travail au noir est répandu au Québec et ça n'a absolument rien à voir avec l'origine de chacun.

Gérald Fillion, Montréal

12 septembre 2007

@ M. Maxime Schinck 
Vous vous trompez royalement M. Schinck. L'exigence de l'anglais à l'emploi est assez rependue au Québec. Lors des entrevus, on n'hésite pas de posez quelques questions pour s'assurer de la maitrise de la longue de Shakespear par le candidat ou même passer tout l'entrevu en anglais!!

Azizi Rachid, Montreal

12 septembre 2007

Bonjour. 
Aberrant de lire votre éditorial.Il est évident que parler français n'est pas la facilité même .Cependant , nous sommes une province distincte et devons garder notre langue.Comment expliquer ce taux si élevé de chomage ? A mon humble avis , c'est de parler français.L'ontario étant a proximité est une occasion plus accessible pour les immigrants.De plus , pour réussir les examens du ministère , les tests en français sont difficiles et beaucoup de Québécois ne sont pas capables de performer.Si j'étais immigrant , quelle serait ma réaction et action.Voila 2 questions a se poser. 
Je suis assurée que les Québécois sont accueillants et ne boudent pas les immigrants mais n'oubloins pas qu'un secondaire 5 est obligatoire pour avoir un emploi.Je ne connais pas les exigeances de 'Ontario mais je sais que parler et écrire en anglais ne pose pas de réel obstacle .Nous avons besoin d'immigrants , mais pas au détriment de perdre notre langue.Les accommodements raisonnables ne pourront pas nous enlever notre identité .Et cela ne fait pas du peuple québécois des xénophobes.

Claire Thibaudeau, Sherbrooke

12 septembre 2007

Il manque des statistiques importantes pour se faire une tête sur la situation des immigrants au travail. 
Quel est le profil distinctif des chômeurs immigrants (échec) et des travailleurs immigrants (succès), de moins de 5 ans? 
Quelles sont leurs qualifications et leur formation professionnelles de base? Quel est leur niveau de connaissance du français? de l'anglais? Quel est leur statut civil? Quel est leur âge? Quel pourcentage de "chômeurs" travaillent au noir? Dans les milieux magrébens, par exemple, c'est une pratique courante de travailler au noir chez des cousins...en restauration, dans les commerces. 
Comment a évolué la statistique du chômage chez les immigrants depuis les 10 dernières années ?  
L'économie du Québec va très bien et nous faisons face à une pénurie d'employés qualifiés...il n'y a aucune raison d'avoir ce genre de statistique...

Pierre DuBois, Laval

12 septembre 2007

Ces chiffres m'ont frappé aussi! Mais dans le fond c'est logique. 
 
Ca fait des années qu'on répète aux québécois que l'immigration est menaçante. N'est-ce pas le message implicite derrière la loi 101: Obligeons les immigrants à fréquenter nos écoles sinon nous serons assimilés. 
 
Le débat sur les accomodements n'arrive pas par hasard. Il arrive parce que l'immigration est perçue par beaucoup comme une menace alors que les changements démographiques deviennent de plus en plus évidents.  
 
Regardez ce cirque qu'est la commission Bouchard-Taylor, qu'est-ce sinon une publicité fleuve qui dit aux immigrants: Le Québec c'est un paquet de troubles, déménagez donc en Ontario ou ailleurs (ce qu'ils ne se font pas prier pour faire en passant). 
 
Aussi il faut dire que l'économie du Québec est moins dynamique et moins capable d'intégrer les nouveaux arrivants (on sait pourquoi: grosses taxes, gros état, grosse dette, gros syndicats, gros réglements, gros monopoles, etc...) 
 
Le Québec ne fait plus d'enfants donc l'immigration est la seule alternatique de croissance. Or sans croissance de graves problèmes nous attendent avec notre vieillissement rapide. 
 
On a pas la choix, c'est nous par notre comportement qui nous sommes rendu à ce point dépendant de l'immigration, il faut donc les accepter, avec leur différences, même si cela signifie la dilution de notre identité. 
 
Si nous ne le faisons pas les problèmes seront encore bien plus sérieux de toute façon.

Pierre Brasseur, Vaudreuil

12 septembre 2007

Je vous cite M. Fillion : « Mais l'anglais étant la langue de la mondialisation, plusieurs croient — et ils ont raison — qu'ils doivent aussi parler anglais. » 
 
Au contraire, c'est se tromper que de penser qu'il faut parler anglais pour travailler au Québec. En effet, la Charte de la langue française stipule à son quarante-sixième article qu'« il est interdit à un employeur d'exiger pour l'accès à un emploi ou à un poste la connaissance ou un niveau de connaissance spécifique d'une langue autre que la langue officielle, à moins que l'accomplissement de la tâche ne nécessite une telle connaissance. » 
 
Je doûte que tous les emplois au Québec sans exception nécessite la connaissance de l'anglais ou d'une toute autre langue. Le contraire serait terriblement malheureux.

Maxime Schinck, Sherbrooke

12 septembre 2007

Il ne faut surtout pas parler de racisme. Il est bien connu qu'au Québec il n' y a pas de personne raciste et qu'on est face à la "bonté personnifiée". 
 
Il ne faut pas non plus paerler de corpoeratisme car il ets bien conmnu que les ordre professionnels protègent la population et non pas leurs membres. 
Maudits immigrants qui ne font pas d'effort! et en plus ça veut faire la loi icitte

Salim Haouari, Québec

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