16 octobre 2006
L'éloge de la minceur?
« Je suis une professeure de 24 ans et je suis en arrêt de travail pour raison d'anorexie... Tout le monde me dit: mange, c'est simple! ». Personne ne comprend cette maladie-là ». Ces mots sont ceux de Julie, un pseudonyme. Elle répondait à la question posée vendredi dernier à l'émission Au coeur de l'actualité: « Quand l'obsession de la minceur devient maladie, que faire? »
Julie, craignant que l'on reconnaisse sa voix, a demandé que l'on transcrive ses propos comme si c'était un courriel. Difficile de sortir du placard. Toutes les victimes qui ont appelé à l'émission ont elles aussi tenu à conserver l'anonymat. On ne peut qu'imaginer la détresse de toutes les Julie qui souffrent d'anorexie, une maladie honteuse.
Un mal complexe que le pédiatre Jean Wilkins décrit comme une impasse dans le développement à l'adolescence. Ses patientes sont de plus en plus jeunes. Selon la Société canadienne de pédiatrie, plus de la moitié des filles de 8 à 10 ans et 21 % des petites de 5 ans se disent insatisfaites de leur poids. Pour certaines, la maladie persiste à l'âge adulte. Avec tout ce que cela signifie de détresse, d'isolement, de tabou. Près de 10 % en meurent.
Des mannequins, des cintres pour les vêtements
Oui, les mannequins sont trop maigres, rachitiques parfois. Pour ses défilés, la designer québécoise Marie Saint-Pierre choisit des femmes qui ont l'air en santé. Elle reconnaît toutefois qu'un mannequin a avantage à être filiforme, car il sert de cintre au vêtement. Cela dit, il serait simpliste de penser que le monde de la mode est l'unique responsable de cette obsession de la minceur.
L'anorexie est aussi présente dans le monde du sport. Une part importante des patientes du Dr Wilkins viennent de programmes sport-étude, un monde où le poids est indissociable de la performance.
L'accessibilité des soins
Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a été interpellé pour savoir si on devait réglementer, comme à Madrid, le poids minimum des mannequins appelés à défiler sur les podiums.
Que cette mesure soit mise de l'avant ou non, ce qui ressort des témoignages à l'émission, c'est l'accessibilité des soins en région et aussi le manque de professionnels spécialisés.
Des soins accessibles, n'est-ce pas l'urgence? Ne faut-il pas aussi sensibiliser les entraîneurs de sport et les parents? Autrement dit, faire de la prévention?
(Vous pouvez réécouter l'émission sur l'anorexie sur le site de l'émission Au coeur de l'actualité.)
À la télévision de Radio-Canada, elle a animé le magazine d'enquête Contrechamp avant de se joindre à l'équipe du Point et de prendre la barre d'Aujourd'hui dimanche. À partir de 1993, elle a animé plusieurs émissions à Télé-Québec, dont Droit de parole, La dictée des Amériques, Québec plein écran, Les règles du jeu, Points chauds et l'Effet Dussault.
Parallèlement, elle a animé à la Première Chaîne de Radio-Canada pendant quatre saisons l'émission Beau temps mauvais temps et Le Coeur à l'été. La saison dernière, elle a pris le micro du magazine À Vous la terre.
Son travail lui a valu plusieurs récompenses, dont les prix Anik, Judith-Jasmin et Wilderness, l'Ordre de la Pléiade et sept prix Gémeaux. Elle a été présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec de 2001 à 2004.
Elle anime Au coeur de l'Actualité, du lundi au vendredi de 11 h 30 à 12 h et de 12 h 30 à 13 h à la télévision de Radio-Canada.
25 octobre 2006
" On ne peut qu'imaginer la détresse de toutes les Julie qui souffrent d'anorexie, une maladie honteuse. "
Tant que cette maladie restera tabou et "honteuse", l'accessibilité des soins n'y changera rien. La partie la plus dure n'est pas de trouver un spécialiste (deux grands organismes communautaires, l'ANEB et la Maison l'Éclaircie, offrent leurs services gratuits et confidentiels à Montréal et Québec) mais de trouver le courage de se faire aider, de reconnaître que l'on a ce problème.
N'arrêtons pas d'en parler !
Je suis sûre que la vague de nouvelles concernant l'anorexie et les mannequins trop maigres, ainsi que la sortie du film "La peau et les os après" aide actuellement de nombreuses jeunes filles à sortir de ce cocon mortel qu'est l'anorexie.
(J'en souffre depuis l'âge de 12 ans et j'en ai maintenant 20.)
Mélanie Longchamps, Trois-Rivières
18 octobre 2006
Dernièrement j'ai vu, sur 2 chaines de t.v. différentes 2 émissions contradictoires.
La première parlait de l'extrême maigreur des manequins et des petites filles qui dès leur jeune age, 7 à 12 ans surveillaient leur poid pour ne pas engraisser même si elles étaient petites.
La deuxième parlait des ado qui ont en majorité des problèmes d'obésité, trop d'ordi, trop de jeux vidéo, bref pas assez d'activité physique.
On se demande où est le problème, on serait porté à croire que les petites de 5 ou 6 ans vont devenir grosses a 17 ou 18 ans. Je sais très bien que nous avons les 2 problèmes sur les bras en tant que société.
Il faudrait peut-être expliquer à toutes les filles qui ont ce genre de problème qu'une belle fille est celle qui est bien proportionée et que les gars, s'ils ont le choix ,entre une fille un peu trop maigre et une autre un peu trop enveloppée à 90% ils vont choisir la deuxième.
Will Bossé, La Pocaiière
17 octobre 2006
Lorsque j'étais adolescente, j'étais ce qu'on pourrait appeler "un peu moelleuse". Ma mère étant diabétique, on m'a éduqué à bien manger pour être en santé mais jamais pour être mince. Par ailleurs, ayant été assez insensible à tous les archétypes de la femme mince, je n'ai pas développé de complexe même si je m'entraîne aussi pour être mince. Ma fille de 6 ans m'a demandé pourquoi je l'obligeais à manger fruits et légumes, yaourts, fromage en abondance et pas beaucoup de liqueur, chips, bonbons. Je lui ai répondu que c'était pour avoir de bonnes dents et de bons os...et pour être en santé. Je tente de commencer son éducation de manière positive; les commentaires négatifs sont ceux qui s'imprègnent le plus facilement et le plus longuement...
Lucie Lemire, Québec
17 octobre 2006
En réponse à Mme Tessier,
La sensibilisation à la problématique du poids (obésité, embonpoint, préoccupation extrème pour la minceur) peut en effet devenir une arme à deux tranchants. Il est important durant ces campagnes de sensibilisation que les personnes obèses ne soient pas pointer du doight comme responsable de l'épidémie de surplus de poids qui affecte nos populations occidentales. En fait, les études montrent que nous sommes tous responsables. Une augmentation du poids corporel s'observe chez tous les individus de la société, peu importe l'âge, le sexe, le niveau de revenu et le niveau d'éducation. L'aspect génétique ne peut expliquer ces augmentations sur des courtes périodes de temps, comme une décennie. Malgré qu'une majorité de personnes voit les problèmes reliés au poids comme des problèmes individuels, il s'agit également de problèmes collectifs qui nécessistent des actions collectives des différents acteurs de la société (gouvernement, associations professionnelles, milieu communautaire, milieu municipal. secteur privé (milieu de la mode, industrie agro-alimentaire)...). N'est-il pas ironique que la publicité pour cette rubrique annonce un hamburger?
Jean Ramsay, Montréal
17 octobre 2006
Bonjour Mme Dussault,
L'anorexie est à mon avis une maladie qui est encouragé par notre société d'aujourd'hui.
Les Standards imposés de beauté sont malsains et peuvent conduire à l'anorexie ou boulimie. On veut comme société stopper les changements corporels de l'humain qui sont naturels parce qu'il représentent le vieillissement et que cela n'a aucune valeur sociale. Si l'on pouvait valoriser les étapes de la vie comme étant un processus normal où l'on peut se trouver comme individu unique avec toute sa valeur, cela pourrait valoriser les différences et encourager à l'acceptation de notre coprs et valoriser l'identité de chacun face aux autres.
La prévention et l'éducation sont nécessaires à tous les niveaux afin d'éviter de tomber dans l'anorexie ou la boulimie. Il faut aussi instruire la population sur les facteurs de risques : Génétique, environnement social,
gestion du stress, donner des moyens de mieux communiquer ses inquiétudes et faire l'éducation auprès des jeunes et chez les adultes.
L'on devrait faire des publicité télévisés sur la prévention du développement des problèmes alimentaires au même titre que la prévention des drogues ou de la cigarettes. Voilà ou le gouvernement pourrait investir: 1) programme de prévention, ex:. TV, Radio. Posters dans les écoles.
2) Développer les ressources et fournir une meilleure formation aux intervenants dans le domaine.
3) Aide aux parents qui doivent faire face à un tel problèmes dans leur familles.
Merci pour votre émission,
J'aimerais beaucoup que vous en reparliez dans une autre de vos émissions, c'était trop court.
Ginette
ginette renaud, gatineau
16 octobre 2006
Je me questionne quant à l'impact de tous les reportages sur l'obésité dans la population. Comment ces messaes sont-ils reçus de la part des personnes anorexiques ou susceptibles de le devenir?
Bien qu'il soit pertinent de sensibiliser la population aux risque du surplus de poids, ne participe-t-on pas à l'augmentation des problèmes d'anorexie?
Je me pose cette question depuis que mon garçon de 8 ans m'a demandé très sérieusement s'il risquait de devenir obèse, lui qui n'a aucun problème de poids et qui n'est pas très préoccupé par son apparence. Qu'en est-il des adolescentes? Comment reçoivent-elles tous ces messages sur les dangers de l'obésité?
Sylvie Tessier, Québec













