Pauline Marois

À quelques heures du déclenchement probable des élections, la ministre des Finances, Pauline Marois, a présenté pour l’an prochain un budget équilibré, sans hausse de taxes ou baisse d’impôt. Pour l’opposition, le gouvernement a fait les mauvais choix.

D’après vous, le budget présenté mardi par la ministre des Finances, Pauline Marois, va-t-il aider ou nuire au Parti québécois, qui demande à la population de lui confier un troisième mandat?


FAITS SAILLANTS : Économie

Le plein emploi d'ici 2005

Sur le plan économique, Québec débloque 170 millions de dollars en nouvelles initiatives. Le gouvernement vise toujours l’atteinte du plein emploi d’ici 2005, et pour y parvenir, il augmentera de 60 millions en trois ans le budget d’Emploi-Québec. L'objectif est d’accélérer la formation pour des métiers en forte demande. Le gouvernement veut aussi aider les gens de 45 ans et plus à retourner sur le marché du travail en facilitant le développement des compétences.

Au chapitre des entreprises, le gouvernement va consacrer 20 millions de dollars en trois ans aux coopératives pour améliorer leur capitalisation et leur financement. Un travailleur d’une coopérative, par exemple, pourra bénéficier d'assouplissements fiscaux lui permettant de capitaliser son entreprise. Une mesure attendue par le chantier de l’économie sociale et les réseaux de coopératives.


Progrès technologiques

Le gouvernement veut aussi faciliter l’expansion des entreprises de biotechnologie en créant un fonds de 300 millions de dollars et en augmentant de 21 millions les budgets de recherche au cours du prochain exercice financier.


Saupoudrage de mesures dans les régions

Québec consacre 27 millions de dollars annuellement à différentes mesures destinées à favoriser le retour des jeunes en région. Ainsi, un crédit d’impôt maximum de 8000 $ sera accordé aux jeunes diplômés qui vont travailler en région. Les jeunes habitant les régions éloignées pourront aussi bénéficier d’un crédit d’impôt sur les intérêts de leur prêt étudiant. Québec ajoute également 17 millions de dollars pour les projets nés des contrats ACCORD, 24 millions pour les conseils régionaux de développement, 11 millions pour l’industrie agricole et 6 millions pour le tourisme hivernal au Québec.

 

Réactions

Selon Gilles Taillon, président du Conseil du patronat du Québec, il s’agit d’un budget raisonnable, mais qui comporte une lacune de taille pour les entreprises.

 

Pour Jean Robitaille, du Chantier de l’économie sociale, les entreprises d’économie sociale et les coopératives ont obtenu dans ce budget de nouveaux outils pour se développer.

 

De son côté, le vice-président de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, Richard Fahey, a dit avoir poussé un soupir de soulagement en apprenant que les mesures visant à concilier le travail et la famille dans le budget Marois n'incluait pas la semaine de quatre jours.

Les Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ) accueillent favorablement les mesures contenues dans la stratégie de développement des exportations du gouvernement du Québec. Les MEQ constatent l'augmentation de 350 % sur trois ans du budget de soutien aux exportations. « Nous sommes d'accord avec l'approche générale de la politique qui fixe des objectifs précis et clairs », a dit le président-directeur général de l'organisme, Paul-Arthur Huot.

Le vice-président de la Fédération québécoise des municipalités, Michel Giroux, s'est dit heureux que le gouvernement ait compris l'importance d'aider les régions, entre autre pour y favoriser le retour des jeunes.

« Ce budget est prudent, bien dosé et ouvre la voie à une foule de nouvelles initiatives qui ne peuvent que nous faire progresser socialement si le financement est au rendez-vous », estime René Roy, secrétaire général de la FTQ. Selon lui, le maintien, pour une sixième année consécutive, de l'équilibre budgétaire sans augmentation de taxes ou d'impôt constitue un défi de taille qu'a relevé la ministre si on tient compte qu'elle a augmenté les dépenses de 3,8 milliards de dollars par rapport au dernier budget. La FTQ est particulièrment satisfaite des 60 millions sur trois ans alloués à Emploi Québec, une demande spécifique de la FTQ.

Pour sa part, la Fédération des chambres de commerce du Québec est heureuse de constater que l'équilibre budgétaire est maintenu pour une sixième année consécutive. Elle est toutefois déçue qu'il n'y ait aucune marge de manoeuvre pour réduire les impôts, alors que le budget démontre en réalité qu'au cours des six derniers mois, les dépenses ont augmenté de plus de 500 millions de dollars. Les propositions budgétaires ont cependant suscité une réaction mitigée de la part de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. « Le budget donne le ton à la campagne électorale avec des mesures qui s'adressent principalement aux individus. Le gouvernement est quelque peu porté à négliger les premiers créateurs d'emplois et de richesse au Québec, les entreprises, tout particulièrement celles de la région de Montréal », a déclaré le président permanent de la Chambre, Benoit Labonté. « Heureusement, la nouvelle stratégie québécoise de développement des exportations constitue une exception à cette tendance et c'est ce qui permet à Mme Marois de s'en tirer avec la note de passage », a poursuivi M. Labonté. Néanmoins, aux yeux de la Chambre, l'inaction dans le dossier de la taxe sur le capital demeure inquiétante dans la mesure où cette taxe décourage les investissements, nuit à la compétitivité des entreprises et étouffe la création d'emplois.