Sur
le plan économique, Québec débloque 170 millions
de dollars en nouvelles initiatives. Le gouvernement vise
toujours l’atteinte du plein emploi d’ici 2005,
et pour y parvenir, il augmentera de 60 millions en trois
ans le budget d’Emploi-Québec. L'objectif est
d’accélérer la formation pour des métiers
en forte demande. Le gouvernement veut aussi aider les gens
de 45 ans et plus à retourner sur le marché
du travail en facilitant le développement des compétences.
Au chapitre des entreprises, le gouvernement va consacrer
20 millions de dollars en trois ans aux coopératives
pour améliorer leur capitalisation et leur financement.
Un travailleur d’une coopérative, par exemple,
pourra bénéficier d'assouplissements fiscaux
lui permettant de capitaliser son entreprise. Une mesure attendue
par le chantier de l’économie sociale et les
réseaux de coopératives.
Progrès technologiques
Le gouvernement veut aussi faciliter l’expansion des
entreprises de biotechnologie en créant un fonds de
300 millions de dollars et en augmentant de 21 millions
les budgets de recherche au cours du prochain exercice financier.
Saupoudrage de mesures dans les régions
Québec
consacre 27 millions de dollars annuellement à
différentes mesures destinées à favoriser
le retour des jeunes en région. Ainsi, un crédit
d’impôt maximum de 8000 $ sera accordé
aux jeunes diplômés qui vont travailler en région.
Les jeunes habitant les régions éloignées
pourront aussi bénéficier d’un crédit
d’impôt sur les intérêts de leur
prêt étudiant. Québec ajoute également
17 millions de dollars pour les projets nés des
contrats ACCORD, 24 millions pour les conseils régionaux
de développement, 11 millions pour l’industrie
agricole et 6 millions pour le tourisme hivernal au Québec.
Réactions
Selon Gilles Taillon,
président du Conseil du patronat du Québec,
il s’agit d’un budget raisonnable, mais qui comporte
une lacune de taille pour les entreprises.
Pour Jean Robitaille,
du Chantier de l’économie sociale, les entreprises
d’économie sociale et les coopératives
ont obtenu dans ce budget de nouveaux outils pour se développer.
De son côté, le vice-président de la Fédération
canadienne de l'entreprise indépendante, Richard Fahey, a
dit avoir poussé un soupir de soulagement en apprenant que
les mesures visant à concilier le travail et la famille dans
le budget Marois n'incluait pas la semaine de quatre jours.
Les Manufacturiers et exportateurs du Québec
(MEQ) accueillent favorablement les mesures contenues dans
la stratégie de développement des exportations du gouvernement
du Québec. Les MEQ constatent l'augmentation de 350 %
sur trois ans du budget de soutien aux exportations. « Nous
sommes d'accord avec l'approche générale de la politique qui
fixe des objectifs précis et clairs », a dit le
président-directeur général de l'organisme, Paul-Arthur Huot.
Le vice-président de la Fédération québécoise
des municipalités, Michel Giroux, s'est dit heureux que le
gouvernement ait compris l'importance d'aider les régions,
entre autre pour y favoriser le retour des jeunes.
« Ce budget est prudent, bien dosé
et ouvre la voie à une foule de nouvelles initiatives qui
ne peuvent que nous faire progresser socialement si le financement
est au rendez-vous », estime René Roy, secrétaire
général de la FTQ. Selon lui, le maintien, pour une sixième
année consécutive, de l'équilibre budgétaire sans augmentation
de taxes ou d'impôt constitue un défi de taille qu'a relevé
la ministre si on tient compte qu'elle a augmenté les dépenses
de 3,8 milliards de dollars par rapport au dernier budget.
La FTQ est particulièrment satisfaite des 60 millions
sur trois ans alloués à Emploi Québec, une demande spécifique
de la FTQ.
Pour sa part, la Fédération des chambres de
commerce du Québec est heureuse de constater que l'équilibre
budgétaire est maintenu pour une sixième année consécutive.
Elle est toutefois déçue qu'il n'y ait aucune marge de manoeuvre
pour réduire les impôts, alors que le budget démontre en réalité
qu'au cours des six derniers mois, les dépenses ont augmenté
de plus de 500 millions de dollars. Les propositions
budgétaires ont cependant suscité une réaction mitigée de
la part de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
« Le budget donne le ton à la campagne électorale
avec des mesures qui s'adressent principalement aux individus.
Le gouvernement est quelque peu porté à négliger les premiers
créateurs d'emplois et de richesse au Québec, les entreprises,
tout particulièrement celles de la région de Montréal »,
a déclaré le président permanent de la Chambre, Benoit Labonté.
« Heureusement, la nouvelle stratégie québécoise
de développement des exportations constitue une exception
à cette tendance et c'est ce qui permet à Mme Marois
de s'en tirer avec la note de passage », a poursuivi
M. Labonté. Néanmoins, aux yeux de la Chambre, l'inaction
dans le dossier de la taxe sur le capital demeure inquiétante
dans la mesure où cette taxe décourage les investissements,
nuit à la compétitivité des entreprises et étouffe la création
d'emplois.